vendredi 20 novembre 2009

Human Anomaly : the blind juggler


On a tous un ami momie toute molle avec une tête de mongol - non ? Un truc étrange, orange et qui dérange, alors ? Une grosse mygale avec une tête de poule ? Voici son jazz. Tout mou, caoutchouteux, loungey, et pervers. L'impression que c'est cinq fois le même morceau, mais de plus en plus génialement dégoulinant, claudicant tout en souplesse et en coolness, que ça dure depuis des heures et que c'est génial, et que ça fout salement les nerfs en pelote aussi. En pelote de chewing-gum fondu. Ou bien ptèt bien que c'est ton cerveau qui traîne à digérer tout ça - quoi, au fait ? tais-toi cherche pas, mâche - parce que c'est lui qu'il digère - 'scuse, un fil - tu disais ? Ça se mord la queue ? Ôte tes pieds de ma queue, tiens, pendant que t'y es. J'ai déjà repris de ce truc tout à l'heure, ou pas ? C'était quoi, déjà ? Rends-moi ma tête, voir, deux secondes - hein ? je disais quoi ? Attends, faut que je retrouve mon treizième doigt, ça me grattouille, là, le ...

Paradise Lost : fduduu


Se fût-il maintenu dans le ton de sa première grosse moitié qu'on eût tenu là une sorte de meilleur album. Ces sept premiers morceaux ont tout de l'album dit "de la maturité", de la maîtrise des moyens. Il a de ceci les qualités et les défauts. La dernière partie du disque n'en a que les défauts.
Certes, Nick est à présent assez sûr de ses techniques (pouf, pouf) pour ressortir sa bonne vieille rocaille, en juste ce qu'il faut de plus peaufinée, patinée aux quinze ans d'âge de qualité supérieure probablement, et aussi il réussit enfin à faire du bon Gahan ; certes les mélodies sont épiques, grandiloquentes, blessées ; certes, on recommence à envoyer du gras héroïque et de la moquette musquée. Mais vous pouvez ajouter, à chacun de ces charmes pleins d'assurance, la mention trop. Manquent ici, fatalement, la naïveté juvénile mais déjà dépourvu de lèvres, ce sont tout de même des Britanniques, les riffs qui grincent comme un essieu gauchi, les cols remontés dans le vent, qui barrent l'expression de six pieds de long et la rendent plus torve, le rut de plomb qui obstrue la gorge d'une boule de colère.
Et puis, la fin vire à l'américain.
On me dira et l'on aura raison, que c'est le ton de l'album, l'efficacité, les vis partout resserrés. Fort bien. J'attendrai encore un peu l'album de vieux, et que la panse relâche de force cette ceinture de marque.

Paradise Lost : one second


Quand on a un gabarit un peu hors norme, mieux vaut opter pour la sape sur mesure. Du prêt-à-porter cintré, un peu trop cintré, c'est tout de suite la catastrophe et le four, les rires assourdissants, on sent d'ici le fard qui picote les joues. Ça boudine, ça s'écarte entre les boutonnières, et ça n'a seulement pas le bon goût d'artistement mouler le paquet.









jeudi 19 novembre 2009

Paradise Lost : host



Au moins Symbol of Life aura la décence et la lucidité de s'abandonner avec fièvre à une vulgarité qu'on aurait avec peine pu qualifier de sous-jacente, tellement elle est un mur maître chez Paradise Lost, alignant en tout munificence reprises de Dead Can Dance, Bronski Beat, Korn et Rammstein (hein ? pas du Rammstein ? moi je dis y bluffe), et des Choses de la trempe de Perfect Mask, excusez du peu - y a pas, Rhys Fulber, ça se reconnaît à des kilomètres, et pour faire du toc grandiose c'est le banco, on se croirait dans Pandemonium ; encore plus INXS en cape que Draconian Times, croyez-le ou pas.
Mais là, quand je capte dès l'entame, comment faire autrement, ce qui se joue, je - gasp ! Je dis stop, je mets le holà.
Les gars, Depeche Mode a la distinction ; vous, vous avez une certaine élégance. Faut pas tout confondre.
Autre chose : l'electro-wave est une musique sexy. Même congelée en Autriche, même vert-de-grise chez les frisons. C'est sexy. Le metal peut être sexy, regardez Megadeth, le doom peut être sexy, voyez Reverend Bizarre ; c'est pas le problème. Le problème est que vous n'êtes pas sexy, et ne le serez pas. Continuez donc plutôt à nous rouler des Monchéri en pierre de taille.

Nile : in their darkened shrines


Cérémonie traditionnelle du méchoui au fin fond du cul de la pyramide. Sur la broche un petit type, prénommé Indiana, à tourner la broche un grand, prénommé Conan.

Paradise Lost : draconian times


Ce que la bande à notre Chris Cornell réincarné en ours a pu dégueuler de plus proche de la conception ordinaire de la grâce - sans se croûter à grand fracas, s'entend.
Bon, c'est Paradise Lost, donc ça ressemble tout de même à Anthrax circa White Noise qui chante du Sisters et sonne comme du old U2, pas d'affolement.
A hairier kind of slumber, sort of.











Paradise Lost : icon


Sans même parler de cette pochette qui me fait du gringue depuis maintenant une quinzaine d'années, il ne se pouvait point que, amateur comme je suis de Napalm Death et Cathedral, je passasse à côté de ce groupe, cela n'aurait su éternellement être. Pareille mâle absence de grâce orgueilleusement voire saxonnement arborée ne peut que me fasciner et finir par me subjuguer ; d'autant plus que désormais grâce au compère Little-Axe, je ne vois plus la bouteille à moitié vide, i.e. le James Hetfield i.e. le miel, dans la voix de Nick Holmes, mais l'à moitié pleine, aka les grosses couilles de chat en meraude, dans la susdite. C'te façon d'aboyer (si j'ose dire) la jérémiade romantique comme un soudard susceptible, tout de même, c'est quelque chose ... Il module, pourtant, et ça ne produit jamais rien qu'on puisse sérieusement appeler de la mélodie, jamais de la juste en tous cas, , soutenu qu'il est par ces riffs aberrants de Metallica dépressif, de Type O dénué de verve et de vert fluo, de doom au format tube heavy metal lorgnant sur le goth d'un regard terne, le tout résultant en une tristesse épaisse austère comme la pierre, qu'on dirait du Rammstein récent avant même Symbol of Life - et ça leur va beaucoup mieux que lorsqu'ils s'essaient à l'aérien et au délicat, mais nous ne sommes pas là pour parler des misérables viandages nommés One Second et Host, seulement de l'élégance de cet album à la lourdauderie non pareille, au naturel, sans aucun recours à l'extrême et au fleuve ; la mocheté naturelle de la gravité et du saturnisme laconiquement ampoulé, dans toute sa splendeur. La plus grande partie d'entre nous après tout n'est Dave Gahan que dans ses rêves, et Claude Corti ou Nick Holmes en vrai, non ?

lundi 16 novembre 2009

Nick Oliveri : death acoustic



Ah merde ... juste là en-dessous, je viens de cramer toute ma verve et votre indulgence, concernant quelque sorte d'éloge du boulet que ce soit ...
Pourtant j'ai pas envie d'attendre des semaines ni même des jours que ça se tasse, pour vous parler de cet amour de Nick. Oh puis après, pourquoi, déjà ? Pour préserver une quelconque fraîcheur, pour vous laisser respirer, savourer le changement, la diversité ? Respirer c'est très surfait, et le changement, ça sert à rien. Nick il fait pas dans le neuf, il fait de la country burnée de jeune guedin coreux-monboule rattrapé par sa beauferie congénitale, du rock acoustique vulgaire à souhait, il fait ça avec l'élégance des mecs à poil, des relous classe américaine qu'ont bu et gerbé toute honte mainte fois, et moultes fois, et pur malt fois. Il a le charme de Johnny et GG Allin en un seul homme, ce petit con de blondin à barbiche, la séduction fatale des gonzes qui vous braillent des trucs outrageux pas sérieux une seconde plus vrais - qu'est-ce qu'on en a à foutre au fait de la vérité au fait ? plus vibrants que n'importe quelle apoplexie cathartique, le charme des vrais soûlots, les odieux. Dans mes bras, Oliveri fils de pute.

Todd : comes to your house


Avant que son noise-rock mongolien ne vire tout dernièrement (ou tout bientôt, pour ceux qui n'ont pas plongé les yeux fermés) à la catastrophe naturelle d'ampleur maximisée, Todd était déjà un cramouze de gabarit intergalactique, et dangereux avec ça. Et il serait déplorable que cette page ne salue pas la chose ainsi qu'elle le mérite, peu me chaut que la probable totalité des badauds ici soit déjà au courant. De toute ce sera raccord avec Todd et le ci-devant album : Todd débarque dans ta cagna, c'est le désastre assuré - mais ça peut encore empirer pour ta dentition et ton teint de pêche si jamais tu causes un peu trop haut et gras, ou même si tu a simplement l'œil un peu trop haut, d'ailleurs. Todd c'est LE poivrot de catégorie préoccupante ; dans toute sa gloire ; sa pestilence, son indélicatesse, sa brutalité, sa cochonnerie de tempérament pour laquelle "de merde" est ... comment on dit, l'euphémisme d'un euphémisme ? Je me rappelle que l'année de sortie de ceci j'avais caressé l'idée de le fourrer dans l'un de ces palmarès qu'on échafaude à l'arrivée des fêtes, avant de me dire, dans une embardée de plaisir stéréophonique (on est dans le bus, on se tient, mon pépère, il est onze heures) que ce serait un contresens, tellement ce disque personnifie, non le no future, mais le no tout à l'heure, le no tout de suite même, le juste maintenant ! fais n'importe quoi ! et si tu peux le faire avec ton crâne dans le nez du citoyen d'à côté, hésite surtout pas, sac à merde, de toute façon demain t'auras même plus de potes pour te faire le compte-rendu de ta soirée ; vomis, bouscule, houspille, piétine, écroule, intimide, cisaille, les neurones et les museaux ... Todd est plus teigneux et gratuit que Kickback et Knuckledust réunis, Todd est le bordel, et plus encore. Todd est la misère, Todd est une plaie, Todd est le tournis ignoble avant le renvoi, Todd fait pitié, Todd fait chier, Todd gâche la vie, Todd nuit à la fertilité, Todd rend alcoolique, Todd mange les enfants et les orteils, Todd te pisse dessus et se pisse dessus, Todd pédale dans la semoule et t'éborgne avec les grumeaux qui giclent à la parpaing, Todd headbangue avec ta tête - louder, sissy ! - d'ailleurs, ne dit-on pas "the more fuckoff the name, the more FUCKOFF THE BAND !" ?
Todd, il t'encule.
Bienvenue, Todd, entre donc je t'en prie, fais comme chez toi ...

dimanche 15 novembre 2009

C'est doomanche

Il fait moche, on se blottit les uns contre les autres chez soi et on écoute nos invités, qui se souviennent, et qui savent raconter les histoires ...



The Pogues : rum sodomy & the lash

Soyons bref, mais soyons honnête ... Je n'ai pas toujours aimé Rum Sodomy & The Lash, déçu que j'étais au lycée par ce disque, copieusement gravé sur un ami du genre fiable musicalement, sans même l'avoir écouté. Je m'attendais à du Stranglers en plus crade encore, vu cette pile de corps éplorés et à bout sur la pochette, invraisemblable blasphème à la gueule du grand Géricault, ce pervers pépère qui se faisait amener des bouts de macchabées dans son atelier pour mieux peindre la pas très reluisante condition humaine. Bien sûr, niveau corps empilés, morts ou vifs, je fus servi. Niveau crasse, aussi. Mais en ce temps-là, je chiais sur les textes... Ce fut donc l'étagère, et la prise de poussière qui s'ensuit. Puis, des années plus tard, je pêchai la bête en vinyle. La pochette dégageait quelque chose de plus malsain encore, et si je me laissais aller je ferai des lignes et des lignes dessus. Mais back to the music. Enfin, je fis connaissance avec la prose laminée par la vie de Shane McGowan, véritable pilier de ce comptoir mal famé. Il y a là quelque chose, je me suis dit. Quelque chose qui n'a rien demandé à personne, un genre d'image d'épinal de l'Irlande et du temps des marins, avec force drames et moult malt. Si j'étais un tant soi peu professionnel je me serai murgé la face avant de vous écrire cette broutille (une autre fois qui sait?), histoire de pouvoir beugler ces refrains qui semblent tous dirent "t'as le droit de chanter d'être heureux pour ce soir, corniaud, demain ça sera ton heure"... L'immanence de la mort est partout dans les histoires de McGowan, ainsi que la promesse du malheur certain. D'où l'idée de jouir du moment sans entrave, ce dont nos mièvres modes de vies manquent tant, finalement. Mais je m'égare à nouveau... Il y a aussi pas mal de chansons traditionnelles bien sur, et ce ne sont pas les moins bien gaulées sous leur tablier de serveuse, voire sous leur tenue de hussard, comme la bassiste, qui entonne un I'm a man you don't meet everyday à vous faire virer de l'autre bord derechef ... Ah Cait O'Riordan... "elle était mince, elle était belle, elle sentait bon la guiness chaude..."

libellés : houblon, whisky

Innamorato




Katatonia : brave murder day

Les vieux parlent aux vieux. Et de quoi parlent-ils ? Et ben de trucs de vieux... Et plus précisément de tous ces groupes que vous avez écoutés pendant dix ou quinze ans, que vous avez connus lorsqu'ils jouaient du black metal cradingue, du doom poisseux ou du death qui colle. Ces mêmes groupes dont les derniers disques vous pouvez emballer de la nénette dessus tellement il y a des tubes. Vous voyez de quoi je cause ? Oui, de tous ces mecs qui sont partis d'un truc primaire et borné pour arriver avec les années à quelque chose de plus rock, voire de pop pour certains et de carrément électro pour d'autres.... ces keums à la Paradise lost, Tiamat ou Katatonia. Et ben moi s'il y a bien un truc que je kiffe dans la vie, c'est à coup sûr les albums de transition, ceux où on voit apparaître les premières tentatives de changement mais dans lesquels résident encore la patte et la hargne des débuts, voire la maladresse. Oui pile poil ceux qui ont le cul entre deux chaises en fait, ou mieux entre le rocking-chair et le pouf, une fesse sur chaque et le trou de balle qui prend l'air. Alors coup de bol pour nos gueules le Brave murder day il est en plein dedans. Pas dans le trou de balle, bande de vicieux, mais dans la catégorie. Genre Entombed quand ils commencent à faire du rock'n roll et qu'ils vous sortent un Wolverine blues que tout ce temps après vous vous en êtes pas encore remis. Putain celui là aussi va falloir que je vous en parle un de ces quatre parce que merde. Ben ce disque, contrairement au blues du glouton sus-nommé, c'est l'antigroove par excellence. La batterie minimaliste, les riffs froids et monotones, la voix qui vous prend là, oui juste là où ça fait un putain de mal et qui appuie dessus parce que ça la fait marrer. Et pourtant ce truc déborde d'une espèce de feeling, catchy qu'il en peut plus, avec le pied qui commence à taper tout seul comme un con, phénomène aussi inexplicable que quand vous moshez au ralenti sur du Bolt thrower. Brave murder day, c'est une rondelle qui en a chamboulé plus d'un, croyez-moi, avec son mélange de dénuement extrême, d'esthétisme rachitique et de bon goût clairement assumé. En plus, la pochette elle va trop bien avec le fond mauve du site. Meilleur moment pour écouter le disque: les soirs d'automne.

libellés : strychnine, cognac, cire fondue.

Little-Axe

samedi 14 novembre 2009

Mythical Beast : scales


Du même sang que To Bring You my Love, Lapsed, Immortal Memory, Jex Thoth, et Penis Envy.
Le point commun chacun le voit, bien entendu. De la musique telle qu'on en fait rarement de plus femelle. De la musique qui est nuit, et gestation. Calme et liquide comme le ciel nocturne, aube et crépuscule embrassés dans un puits matrice de tous les prodiges, calme comme l'une de ces nuits qui sont aussi bien recueillement suivant épique périple, que précédant non moins glorieux voyage. Méditation de toute la chair, étale et infinie jubilation, sérénité délivrée de toute syntaxe, que la psalmodie modulée par le feu de camp du pèlerin, son rythme labile, sa puissance folâtre, sa patience mystérieuse, sa souplesse fauve ...
La sorcellerie ouvre toute les portes, tout est affaire de confiance, de lâcher-prise. Laissez-vous aller, tremblez.

Todd : big ripper


Tudieu, ce boucan d'enfer. Ce disque, c'est kif-kif le Rot in Hell, c'est un live. Pas un disque live, je déteste les disques live, leurs notes approximatives, leur son approximatif, leur étouffement, leur absence de saillant, de contondant, j'aime mon confort et respirer la musique. Mais Todd ne joue jamais que des notes approximatives, et Todd déchire toujours tout ; et ce disque, c'est toi à un concert de Todd ; moi, en tous cas.
Ce disque déchiquète, ponce, démantibule, et tangue à tous les diables ; ridiculise tous les groupes de noise qu'on voudra, et ceux de sludge-machin aussi, il remet les White Mice et les Shit & Shine là d'où ils viennent, le pays de Jacques Brel, renvoie l'apocalypse de toute cette merde de neurocore sous sa bouillotte avec sa narcolepsie, rappelle le chaos de tous les groupes porte-manteaux à flashbooks à son algèbre verbeuse. A l'heure où sort 2012, il est bon de remettre certaines choses à leur place, et de tout envoyer en l'air. Ce groupe est un des très rares à pouvoir jouer avec Oxbow ou Harvey Milk sans faire sous lui. Ce disque le prouve : la teuf que David Yow en plein delirium tremens a improvisée pendant the Big One. Festif, oui, jusqu'à la terreur ; lunatique, au sens plein, voire pleine lune, du terme.
Satan est revenu.

mercredi 11 novembre 2009

The Gates of Slumber : hymns of blood and thunder


La peste soit de ma précipitation à boucler mes prêches et les publier derechef ... J'ai omis dans mon enthousiasme un mot seul qui s'impose à présent comme une évidence, et manque cruellement au dithyrambe de ce disque qui ainsi qu'on pouvait le supposer vu le groupe dont il est l'œuvre, grandit d'écoute en écoute.
Un nom, plus précisément (je reconnais ce nom ...). C'est pourtant limpide. Ce Cimmérien flamboyant, gourmand, bagarreur, altier, ce roi des voleurs qui monte à l'assaut de l'horizon sur son Earthride pailletée à la suave pétarade, ce bellâtre ultra-gaulé en toutes mensurations qui miaule son rut impérieux, et débusque entre les étoiles et au fond de la gueule de la folie les laiteux rivages du lac de paix violette et scintillante ... je le connais, et je connais son nom. Glen.

mardi 10 novembre 2009

Oxbow, 8/11/9, la Maroquinerie, Paris


samedi 7 novembre 2009

Joie, mes frères

En cette auguste journée, ce n'est pas une mais deux doux agneaux que la Church of Soum se fait fête d'accueillir. Vous le reconnaîtrez peut-être puisque vous venez en grand nombre d'un triste site communautaire où il erre, et que sa flamme est notoire et unique ...


Led Zeppelin "when the levee breaks"

J'ai jamais essayé de faire un top 5 des intros les plus mandalesques, les plus menhiresques, les plus stonehengiennes de tous les temps, mais si j'en faisais un, ce When the levee breaks figurerait surement en bonne place (genre 1 ... par exemple). Bonzo la brute épaisse qui tronçonne un beat bien épais, genre tronc d'épicéa centenaire, avec ça chérie on va faire turbiner la cheminée pendant des siècles, et copuler au coin du feu aussi longtemps... Et le pire c'est que le bovin batteur tient la cadence pendant les 7 minutes, en lâchant juste quelques breaks d'une primitivité crasse. La première fois que, jeune puceau ivre d'une musique que j'étais trop jeune pour avoir vécue (comme Led Zep avec le blues, le pucelage en moins quoi), je tombai sur ce truc à la fin de Zoso, ce fut le drame : qu'est ce que c'est ? pourquoi Stairway to heaven et pas ce truc ? et bordel, mais c'est bien le beat de Rhymin & Stealin ou je rêve ? Oh oui c'est bien lui, dans toute sa grandiosité dépravée. Aujourd'hui encore, ce titre me laisse groggy. D'un vieux blues relatant la plus grande crue du Mississipi de l'histoire, le Zep fait une bande-son pour rite occulte à la Crowley, façon Eyes wide shut ou Neuvième porte, mais avec un gros Bonzo farci à la coco (qui sniffait par joyeuses pognées dans sa main de yéti), judicieusement placé au pied de l'escalier de Headley Grange (manoir de villégiature du zep pour l'enregistrement du Zoso) pour obtenir cet écho nordique et titanesque. "Crying won't help ya, prayin won't do you no good"... et Smurfin', ça par contre, c'est ce qu'il y a de mieux à faire en écoutant un tel truc. Sur ce beat carré comme du Dr Dre, probablement l'un des meilleurs de l'histoire du hip hop(encore une fois si je faisais un top...) il fallait oser coller cet harmonica grinçant comme une vieille caravelle prise dans un tourbillon, vous entendez pas comme cette guitare TOURNE, comme Plant semble se débattre contre un océan débordant de rage, l'écume aux entournures ?? Et puis ce passage presque festif à 2min30, réminiscent du solo de Lemon Song, déjà pompé à Howlin Wolf mais bon on va pas revenir dessus : c'est SATAN, celui du carrefour (pas le supermarché, bande de kevins!!!), de Robert Johnson, c'est festif comme le doit d'être une messe noire : orgies, orgasmes, bouc, boucan. HEAVY.

Innamorato


En plus il invente tous les mots en -ivité et -isité qu'il lui faut, c'est un bon, lui aussi ...

The Gates of Slumber : hymns of blood and thunder


La voix est toujours la même, ruisselante de religion, et exubérante de cossardise ; en même temps, naturellement.
Les riffs sont toujours les mêmes, manowarmotards, flasques et enthousiastes.
Mais il se passe quelque chose de neuf, de plus, cette fois. Est-ce d'avoir avec Conqueror goûté à autre chose que la grandeur de la misère crasse, ce qui dirait-on leur fend encore plus largement la poire que ladite poissarde défaite ? Est-ce d'avoir vu comme une courtisane s'ouvrir le ciel étoilé devant leurs fringantes mélodies à faire aussi mal aux yeux que Judas Priest ?
Gates of Slumber a repeint son chopper destrier en mauve, accroché une Vertèbre à son porte-clefs, et a décollé loin par-delà l'Etrange Horizon, en une boule incandescente comme un énorme fou rire de bonheur, toujours plus enflé et liquide.
Le doom est la loi.

On se détend et on boit frais

Comme il sait s'amuser et se défendre, le bleubite : pif-paf, gauche-droite. Bon gars ça.



Merauder : master killer

Pim pam poum dans ta face, tu prends la mandale, tu ramasses tes dents et t'essaies de te relever: voilà en gros l'état d'esprit du machin. Ce bon dieu de disque, mes biens chers frères, est un de ces albums qui inaugurent la mixture metal hardcore telle que la pratiquaient les groupes New-Yorkais des 90's, Madball ou All out War en tête, avant que ça vire au grand n'importe quoi. Alors ok, avec un morceau comme divine intervention, et une production à la... divine intervention, l'écoute renvoie forcément au metal des quatre thrasheux amateurs d'aigles. Un peu comme si les mecs de Merauder avaient eu dans l'idée de faire du Cro-Mags... et s'étaient retrouvés au stud de répète en train de tomber à leur corps défendant des plans à la Slayer. Vous êtes donc prévenus, ça va être du gros riff carré midtempo, du lyrics à base de “à moi on me la fait pas, je viens de la rue” et du latino en plein trip shaolin qui montre ses tattoos et gonfle les biceps. Ça fleure bon la naïveté, oui, si vous voulez. N'empêche que l'album est une putain de machine de guerre en armure de samouraï façon tempête des dieux qui vous fera crasher votre zero sur le premier porte-avions qui passe. Alors je ne vais pas vous faire le coup du « c'était mieux avant, un genre bien galvaudé depuis, Hatebreed tout ça... », mais dans l'idée, ce serait pas complètement faux. Le groupe a d'ailleurs perdu la recette depuis en changeant son line-up, pour enchainer des disques d'un potentiel chiantesque rarement atteint. Meilleur moment pour écouter le disque: quand arrive le printemps.

Little-Axe

Tas de lopes


Les hommes, les vrais, n'ont pas peur du mauve, ni de causer gras. Vous le saviez déjà si vous perdez votre temps ici, mais, comme disait Machin, real recognizes real, on en a trouvé un autre, de mohican ...


Enslaved : vertebrae

Vertebrae, c'est un peu comme attaquer le black metal par la face sud. Il y a bien du riff beumeu et de la vocalise de gremlin, mais en quantité finalement négligeable. Ah, et si du coup vous cherchez des accointances avec les groupes norvégiens estampillés avant-guardo machin, mouaif... là aussi vous risquez d'être déçus. Bon moi faut dire, Arcturus ça m'a toujours collé la migraine. Non là, quitte à lâcher tout de suite le nom banni entre tous dans le domaine du name-dropping, bah je vous dirai: pensez “Neurosis”. Genre les derniers. Parce que j'ai beau vous entendre gueuler d'ici, rien à faire moi je trouve une parenté. Le côté poilu peut-être, ou l'intensité mise dans quelques accords, ou le son tout simplement énorme, ou la surprise quand déboule une accalmie à la beauté saisissante. On vous a probablement vendu le disque comme un truc très Floydien, prog 70's et tout le tremblement. Effectivement il y a de ça... mais ce serait occulter complètement le côté rock'n roll, celui du “on joue sur des Rickenbacker et on se lisse la moustache”. Alors je dis pas qu'avec une chemise à carreaux sur le dos ils nous feraient du Mastodon mais enfin, les vikings de Vertebrae je les vois aussi bien au volant d'un pick-up que dans un drakkar. Meilleur moment pour écouter le disque: les matins d'hiver un peu secs.

Little-Axe

vendredi 6 novembre 2009

Suicide Silence : no time to bleed


Les vrais, ceux qui ont enfin vu la lumière du vrai metal, celui de Nile, Cynic et autres Tsjuder (ah, désolé, vous veniez de manger ?), aiment à dire que le deathcore, c'est le neo des années 00. Ils ont sans doute raison (je n'écoute ni l'un ni l'autre), et le deathcore vient ici de trouver son "Slipknot" - dont il semble par son titre se gausser du Wait & Bleed tel un sauvageon sur le point de se payer une Malcolm McDowell sur l'ancêtre. Soit : le petit frère écoeurant. Fashion depuis les slippers-sneakers jusqu'à la coiffure éjacfacialstyle tout comme sa parentèle, mêmement malade de stroboscope, de chugga-shuggah et de films gore over the top of the larger than the torture, propre, léché, toutou, comme l'obèse cané de Seven ...
Et comme lui fascinant ; de vide insondable, vertigineux, à s'en faire dessus, de violence gratuite, juvénile et morne comme une pollution nocturne, comme une façade qui vous vaut le surnom de calculatrice dans la cour à l'interclasse, et les yeux caves et barbouillés qui lui servent de fenêtres, et le fantôme hostile qu'elle laisse derrière elle même des années après les dernières traces évanouies, la même sociopathie avortonne de tout romantisme que chez Ion Dissonance, impuissante de tout appétit un tant soit peu mieux que mollasson de la vie et de la chair malgré une obstination autiste à jouer à Cannibal Corpse, et des singeries indussoïdes black & decker qui ne parviennent qu'à réunir la sensualité d'une version racaille vicieuse des bourreaux eunuques d'Origin ...
Flippant, totalement.

A tous ceux qu'écoutent les trucs en mono

Psychopomps : assassin DK united


Nanard militaro-SF de série Z 2, le retour.
Même décor, mêmes accessoires, mêmes acteurs. Que voulez-vous, c'est du à petit budget, ici, on travaille en famille, on fonctionne au forfait et on rentabilise au max.
Ce coup-ci, il est question de règlements de compte entre mercenaires mutants, dans une société post-nucléaire ou il s'avère que tout le monde est mercenaire, et mutant de surcroît. Pourquoi ils se mettent sur la gueule, on s'en branle, tu t'es déjà posé des questions existentielles en matant ce genre de connerie, toi ? Tout ce qu'il faut retenir, c'est que ça bastonne, ça atomise, le mutagène coule à flot, les blondasses mercenaires mutantes ont des gros nichons multipliés par 4 et l'on se pète les neurones sur des scènes d'action à cadence épileptique, chorégraphiées sur fond d'indus post-new wave en plastique, façon Giorgio Moröder en mode Quake III Arena. Et si vous voulez mon avis, qu'est-ce qu'on se fend la poire.

Klute : excepted


DOLPH LUNDGREN VA AUX ENFERS. Il descend flinguer quelques vampires-démons-nazis-zombis sumériens en caoutchouc, vêtu de son plastron en polystyrène expansé, et armé de son lance-grenade à positrons atomique en pvc allégé. Au programme, récurage de grotte du sol au plafond façon tornade blanche du désert, ass-kicking de tout c'qui passe - femmes et enfants compris - histoire de dire qui c'est qu'est le boss ici, étalage d'hémoglobine et de tripes démoniaques en latex-bubblegum sauce vaseline, partouzes SM et hardcore fistfucking avec une demi-douzaines de blondasses siliconées dans le cercle des luxurieux, et pourquoi pas en fin de journée, un duel en grandes pompes avec Satan himself dans un contest de shots de téq' arrosé au kerosène.

Bordel, j'ai jamais vu quelques joujous en plastique faire autant de dégâts.

Liferuiner : no saints


Chaque homme a un testicule plus gros que l'autre.
Chez Chuck Norris, chaque testicule est plus gros que l'autre.
Liferuiner n'a qu'une corde a sa guitare et qu'une note à cette corde, et elle est accordé plus bas que ... ah, fait chier. Euh, Liferuiner n'a qu'une moshpart, et elle est plus baveuse que ... mais bordel, pourquoi chaque fois ça marche pas ?!

jeudi 5 novembre 2009

Slayer : world painted blood


Sautillant. Voire dandinant.
Aime.

mercredi 4 novembre 2009

Spiderpact : goatspeed into magenta vacuum


Lifelover dans son jeune temps buvait immodérément pour noyer ses plaies, ou les attiser, ou il ne savait plus, enfer ou ciel qu'importe la chanson est connue, on est jeune on est écorché.
Spiderpact dans son costume froissé ne se préoccupe plus de rien, roi au fond du bastringue où toutes choses tanguent et ondoient dans l'air huileux et glauque - que de boire, de se saouler, comme une cérémonie, avec rigueur et application, jusqu'à la transe et aux visions, obsédé par l'ivresse de voler, jusqu'à en perdre toute mesure et forces.

Fistula : we, the beast


Fistula, c'est la garantie obscénité ; l'assurance d'un album douillettement scatologique et toxicomane.
Cette fois pourtant, ils ont grimpé d'un cran ; si je puis dire ; la semoule où leur pédalo est au mouillage commence à sentir sérieusement le cadavre.
Nous la bête, on patauge dans une cuve de merde scorieuse, cendreuse, froide et pégueuse, qui n'est rien autre que l'horizon bouché de nos terminaisons nerveuses saturées, entartrées, cramées, toutes cellules prises de cancer tuberculoseux et à quatre pattes balbutiantes.
Le disque se downtune irrésistiblement tout seul à mesure qu'il avance (voir plus haut), le beugleur même n'est rapidement plus capable de réunir la fureur turgescente qui faisait la marque des précédents, et se borne à gadouiller de plus en plus vainement dans un lisier mouvant au goût de limaille, en meuglant çà un This is happenning again, là un When will this end, on situe le genre de trip.
Suicidal party-crashcrust, c'est déjà pris ?

mardi 3 novembre 2009

Brame : tenaille


Si jamais l'envie t'en prend d'en parler, n'oublie pas qu'on a pas seulement ton adresse, mais aussi un tournevis et un marteau, et Jose, avec un tournevis, c'est pas un manchot ...
Je cite de mémoire.

Mais c'est pas tant Jose qui m'inquiète. Plutôt tous ses potes traîne-la-patte sur ce chantier fantôme, dans l'aube du Far-West, qui revient à la vie avec langueur et tâtonnement, avec ce brame puissant qui peu à peu gagne en majesté, en envergure, en netteté menaçante. On s'affaire pesamment mais sûrement, invisibles dans ces vents rôdeurs, c'est une certitude, on forge et on rémoule des mâchoires irrégulières et de larges massicots, on s'étire en craquant péniblement d'un long sommeil poussiéreux dispersé par un l'estomac douloureusement creusé ; on hurle un tourment famélique, de loups restés égarés quelque part dans le temps, dans un souffle qui se perd dans le souffle vermoulu des machines et celui furtif de la nature paisible.
Passe le fracas d'un train, et le rêve maussade se dissipe, à regret, retourne au lointain ...

Voilà, les gars ; je vous avais dit la possibilité que je vous pile ou zappe ; j'avais omis celle où je chroniquerais votre machin sur la première écoute, s'il me saisissait d'une vision. Faut dire aussi que cette saloperie m'a mâchouillé le cerveau matin, sans prévenir ...

lundi 2 novembre 2009

Two Lone Swordsmen : wrong meeting II


Sur les docks un drôle de type efflanqué, l'élégance tranquille d'un vieux cowboy, un drôle de sourire flottant au coin des lèvres, flâne la nuit. Certaines fois, avec des yeux placides de vieux chat, il vous racontera comme il a fait visiter les bas quartiers à des Mark Sandman, des Trent Reznor, des Black Francis, des Bernard Sumner, ou d'autres endimanchés, et il les refait avec une telle narquoiserie qu'on y croirait presque.
Mais d'autres fois, il vous expliquera peut-être que la cold wave, c'est un truc funky, cool, séducteur, voyou, et limpide et puissant aussi et salin, et venteux, ça ouais, pour sûr - et vous vous demanderez s'il parle à l'eau noire qui lèche les quais de la Tamise, ou à la flasque de scotch pâle et hors de prix qui lui dépasse lascive de la poche, ou s'il l'invite pour une danse - et vous vous sentirez tout loin et ballot.

dimanche 1 novembre 2009

Disembodied : psalms of sheol


Allez, soyons honnêtes : les cocktails impayables, c'est ce qu'on attend de moi ici, j'ai pas raison ? Alors qu'est-ce que vous dites de ça : Pig Destroyer qui reprend Quicksand, sur le même ton qu'ils ont fait Helmet. Et accessoirement le seul groupe de hardcore, j'en mets ma main à couper, qui sonne aussi inhumain que du vieux Godflesh. Un disque bien rigide comme un moshdancer qui fait des gros copeaux avec les gens, choses, bâtisses, qui les piétine, concasse, lamine.

samedi 31 octobre 2009

Andrew Weatherall : a pox on the pioneers


Ah ... L'Angleterre.
La nation à qui nous devons, terrassés de gratitude humiliée (il y a là un pléonasme, maintenant que vous le dites) : New Order, Douglas McCarthy, l'eau chaude, Mick Harris, le club de golf, London Calling, la soul minière, le flegme, Jimmy Jazz, l'art sans pareil et jovial du gris lumineux, Renton, le nightclubbing, l'accent cockney ... Cette classe, la seule l'unique, quand on n'a pas eu l'heur de naître là-bas on sait que jamais on ne l'aura.
Par chance il est de ces disques, pénétrants comme le crachin, qui donnent la sensation bénie que c'est comme si qu'on l'était. Un putain de rosbif.

vendredi 30 octobre 2009

Skitliv : skandinavisk misantropi


Anacoluthe : procédé rhétorique consistant à rompre la syntaxe primitivement adoptée par une phrase, pour en emprunter une autre. Exemple fameux et double : Maniac, qui c'est, si tu savais comme j'en ai rien à cirer, t'aurais une idée de l'infini.
Des disques apparentés beumeu comme celui-ci en revanche, je m'en astique sans faiblir quand j'en rencontre. Des disques qui me rappellent, non pas l'hilarant défilé de couteaux de Musclor sur fond de blast qui marqua, il y a quelques dix ans à la Loco, mon initiation au "bm" (comment s'appelait ce groupe déjà, Mayhem je crois - ça existe, au moins ? un truc dans le genre en tous les cas), mais plutôt pourquoi j'ai plongé comme un couillon dans le gothique à ma première rencontre avec Das Ich, Virgin Prunes, Sigillum S, Skinny Puppy, Sopor, Sex Gang, Dive ... ce genre de merde, voyez, obsessionnelle et vile, dénuée de toute la pêche folâtre dont l'écrasante majorité des groupes de hard rock échoue à se défaire ; cet amour crasse de l'hypocondrie, cette complaisance toxique, irrésistible comme le vertige de Poe, comme jouer à la dinette avec la folie la plus ordinaire, qu'on ne retrouve qu'à la rigueur chez quelques groupes de sludge. Maniac est un type qui, malgré un pseudonyme gaulois comme du metal, est parvenu avec quelques compères, dont certains pourtant très en cheveux aussi, à nous barbouiller un beau disque qui tient de l'obscène donc du gothique ; voire de l'industriel, ce qui ne veut bien sûr pas dire garage à beats, non plus que riffs sortis d'un sac Dunlop, mais langueur de scier le métal (et le metal ?) et voix multi-mèches (je ne parle plus cheveux, là) ; et amoureuse nausée. Il serait aussi farfelu d'y chercher le black metal que chez, hmm, Shining, Funeral Mist, Urfaust ou Dodheimsgard. Il suffit pour se le prouver de contempler son propre soulagement lorsqu'avec Densetsu survient l'explosion de négritude, et le bol d'air énorme qu'elle charrie - malgré la tragédie qui continue de ramper sous le gospel - après le long marigot de riffs de cimenterie, doomy, arrogants de misérabilisme et de masochisme auto-indulgent - le gothique, c'est encore plus lourd que heavy, c'est lourdingue ... et juste avant le finale sur Scumdrug, dont le nom seul, et la teneur musicale pendant qu'on y est, explicitent mieux que tout mon fatras le propos de ce cloaque d'album, avec ses parfums de paradis sans fin.

The XX : self titled


mercredi 28 octobre 2009

Gorse : bovine soul


On y a presque cru, ce coup. Que Gorse (si vous suivez, vous les avez déjà repérés cet été dans les parages) s'était ébroué pour de bon de sa torpeur ensaturnée, avachie mélancoliquement sur le tracteur vermoulu, qu'il avait dépoussiéré icelui et allait soit foutre le champ sens dessus-dessous, soit descendre au bourg solder quelques ardoises en souffrance, avec quelques Rose et quelques Maggie, et aussi quelques Randall et quelques Gavin, de cette humeur qu'on croirait d'un QotSA fruste et frais, la barbe comme une fleur au vent.
Mais bientôt bon sang ne sut mentir, et on le retrouve à tracer benoîtement perdu dans le vaste vert, gelé de rosée, à se grattouiller distraitement l'âme d'un doigt terreux, à caresser la brume qui l'entoure telle un chien fidèle, à humer le matin qui lui souffle des rataillons de mélodies et lui met sa douce rouille au coeur. Incorrigible rêveur.

dimanche 25 octobre 2009

Lava, 24/10/09, le Parvis de Bagnolet, Bagnolet


Apprendre la vie avec Lava ... On n'est donc jamais au bout de ses surprises avec ces poissards-là et leurs morceaux à personnalités multiples. Et comme un vrai sludger n'est à la maison que dans la claire et présente poisse, ce concert partait sous les meilleurs auspices : des heures de poireautage, des cymbales grattées in extremis, un go-go dancer bourré dans le public, deux grattes en moins ou peu s'en est fallu ... il n'en fallait pas plus, justement, pour que le Moignon nous révèle l'Evangélisateur de frontman intenable qui se cachait en Lui, tous les spectateurs présents en ont été choqués d'évidence, et les gaziers derrière, discrets tels les Jean-Louis derrière Tonton Yow, ont assuré avec la même fermeté que les susdits, galvanisés aussi par la présence cultissime sur leurs arrières de Le Batteur Historique de Lava pour une date exceptionnelle à tous points de vue, qui, si elles ne nous a pas donné droit au désormais rare sludgeabilly, nous a fait oublier le manque avec une tout bonnement époustouflifiante tranche de semoule Griefique, avec les fausses accélérations et le tempo flottant et tout, et sans rien de l'application plagiaire de tous leurs pathétiques correligionaires. Lava c'est ça, un groupe qui fait du Grief dans l'esprit et pas la lettre, tout en jouant du swamp punk plus gluant que Pissed Jeans, et qui peut faire passer son finale pour un inédit incunable de Celtic Frost composé avec Lee Dorrian, hold-up total. Mes cervicales ont subi leur pillage habituel.
Il est grand temps de lancer cette carrière internationale.

Marduk : rom 5:12


L'album par qui le scandale arrive. A la faveur d'un certain Arioch, Marduk, la fidèle Renault Fuego du black metal, se transmue en Aston Martin V16. Pour peu qu'on goûte l'armagnac aussi profond que la ronce de noyer, les chromes aussi amoureusement lustrés que la loupe d'orme, et le chaud craquement du Connolly, c'est à ronronner.

vendredi 23 octobre 2009

Rammstein : rosenrot


R+ (oui, ce machin que tous les gosses arboraient il fut un temps, ça ne me pose aucun problème et vous ?) est de ces groupes dont on peut avoir plusieurs meilleurs albums, pour différentes raisons et différentes humeurs.
R+ (oui, ce machin ...) abattait avec Rosenrot son album le plus ... adulte ? Le plus vieux et fatigué, même, arthritique, voire, courbattu, raide, déprimé, maugréant, usé de l'espoir, du bel esprit et du bel entrechat, le plus linéaire et empâté : rouillé, et pris par la glace de l'âge, très exactement.
Le moins germanique, dans le cliché qu'ils s'appliquaient avec amour à en donner à la galerie jusqu'ici, le moins folklorique, touristique, exotique, le plus européen au sens Europe 2 du terme, admettons-le, et pourtant il renferme ce qu'ils ont pu écrire de plus ridicule et dépassant toutes les bornes dans l'exotisme wtf : Te Quiero Puta. Le plus germanique, dans le cliché qu'on peut en avoir sans s'appliquer, dans cette roideur binaire et épaisse du riff et de la tristesse, dans cet envol lourd de chansons à-la-triste-figure sans grâce aucune. Rammstein ne joue pas de son identité, ne cabriole ni ne parade ni ne pavanne avec, ni même ne l'assume : il la subit, comme vous et moi, sapristi ! Irai-je jusqu'à dire que si vous n'aimez pas cet album vous n'aimez pas Rammstein ? Irai-je jusqu'à vous dégainer cette vérité bien tassée au coin du lieu commun sur les clowns, qu'on connaît tous ? J'irai jusqu'à dire que cet album de Rammstein est leur plus Kickback (oui, ça devient une manie, et vous savez ce que je vous dis) : tu kiffes pas, tu remballes.
Rammstein, qui n'a jamais eu de grâce ou de distinction que de singées et second degrées pour assumer sa lourdauderie et en rire avec la galerie, Rammstein est triste hélas et a lu tous les culs, et plus d'humeur à feindre, Rammstein est vieux et triste, un vieux ça n'est ni beau ni drôle et même si c'est ce qui est beau Rammstein a juste envie de dévider la longue plainte comme un long étron, un terne et puissant rouleau de morose douleur.
Ah, au fait, c'est Till Lindemann, le chanteur, sur cet album aussi. Vous voyez, ce type carrossé comme un homme de main spécialisé dans les recouvrements de fonds délicats retraité en crooner moujik, cet oeil hanté, cette peau itou, cette mèche à la gomina fatiguée à la sueur rance ? Avec un autre, peut-être bien toute cette maturité m'eût-elle assommé moi-même ; lui rend plus que touchante et aimable cette tuile de vie, et même une pantalonnade aussi extrémiste et vilement pathétique que Te Quiero Puta (R+ se gausserait-il cruellement à cet endroit, de sa propre sempiternelle dérision ? je suis pas loin de le penser, dépressifs comme ils sont).
¡ Hombre, me gustas !

jeudi 22 octobre 2009

PY : PPP


Punish est d'humeur ministérielle. Et ne vous y trompez pas, ce n'est pas pour repeindre l'identité nationale en rose. C'est le Ministère de la Punition qui est à portée de main - de poing - et celui-là personne le mettra en cage, c'est Rabies avec du lubrifiant, c'est glissant comme un constricteur. PPP, comme dirait Emmanouel l'Obskourrr, a plus à voir avec une recontextualisation de 1969 Was Fine dans une toponymie cyberpunk, qu'avec la Monstermagnétisation des lieux de ribaude interstellaires de GBG. Finie la rigolade rock'n'roll, les ratonnages de hippies dans la nuit incendiée d'Altamont. La nuit appartient ici à la ronde implacable des replicants, l'escouade sillonne toute la Metropolis, leurs uniformes de vinyl vont être rayés de sang, et les sourires ne sont pas prévus par leur pseudo-tissu facial. Pan-Pan cucul, le SM n'est pas ici housey et moustachu à la Asche ou Die Form, on désarticule et on écartèle avec rudesse, Purge, ce soir on va pas danser à Naziland quand la milice rose mais noir va arriver en ville, et ce sont les contusions qui vont être sévèrement fluorescentes. Welcome to now.

Converge : axe to fall


J'ai beau me pressouiller le citron, je vois pas ce qu'il y aurait que la ci-contre ne dirait pas. Du Converge tout ce qu'il y a de classique et sympa comme tout, mais qui laboure en bleu électrique.
Ah, si : à la fin en bonus, vous avez gagné un morceau des Twilight Singers en méforme où un célèbre barbu vient faire son tristement habituel numéro de Tom Waits des steppes du Bronx - je vous confirme qu'à entendre aussi, c'est incongru - et un inédit très chouette de Genghis Tron, les élèves qui vont bientôt finir par dépasser le maître si ça continue à ce train, même s'il n'auront jamais la même couche de rouille sanieuse, à laquelle au reste ils ne prétendent pas, que Converge a ... eu.

mardi 20 octobre 2009

Rammstein : liebe ist für alle da



Bien sûr, l'ouverture n'est pas d'un chef d'œuvre. Normal, elle marie les moments les plus Garbit de Sehnsucht à l'ambiance schwarzwald de Herzeleid, la carpe et le lapin, même Rammstein peut pas réussir à tout coup que voulez-vous, elle a fini en face b ailleurs, d'ailleurs.
Mais tout le reste ... Une succulence ininterrompue, un genre de Mutter avec, à la place des maladresses, la délicatesse de Reise Reise, et le retour des grimaces de bidasse retourné à la vie des bois, de bûcheron violeur de fées, qu'arborait Herzeleid en couverture et en ambiance. A ce niveau-là, ce n'est plus du tube, c'est de l'oléoduc - à ce niveau-là, vous avez deviné qu'on ne vous épargnera aucun poncif du champ lexical sidérurgique et colossal, Rammstein est sidérurgique, colossal et poncif, et vous aimez ça, qu'ils vous poncent le postérieur, ja meine Hündchen ? Rien que Pussy, tube goth tout le monde sur la grande piste de la Loco comme ni Sisters of Merci Bien ni Apoptygma Berkberk n'en feront plus, avec en cadeau un refrain à révulser ontologiquement et typologiquement tout goth bon teint ; et les nombreux passages touchés par la grâce, par cet esprit naufrageons en Mer du Nord soit mais avec un sourire bravache et canaille, dont ils sont les artistes, eux qui nous offrent là leur album le plus généreux en refrains nautiques, le plus iodé tout en renouant avec les sapins les plus drus ... Et attendez d'avoir entendu les choeurs de crève-la-faim total rubber de Führe Mich, les drakkars sur Donaukinder et le Cecil B. De Mille gothmetal de Halt, car cet album est aussi le plus peplum - ah, oui, quand un album est aussi formidable, on ne mégote pas sur l'édition avec du rab, mâtin ! Et les petits entrechats villageoiso-Ace of Base de Waidmanns Heil, et les gimmicks de guitare sèche à faire verdir et reverdir même le premier Oomph!, et les touches electro bien au-dessus du niveau habillage metalinduslol - ho, on parle de Rammstein là ou quoi ? ces messieurs sont des bioniqués certifiés DDR, les skateboards ils les cassent avec deux doigts et le skater - et les multiples barrissements de Barbe-Bleue de Till, qui a l'air de jouer à loup-y-es-tu-m-entends-tu et d'avoir grand faim, et encore, et encore ... Et Till, tiens, il n'y a pas grand monde pour faire sonner et claquer l'allemand avec cette puissance, gourmandise, malice, conviction, Monsieur est ce qu'était Patton à la bonne époque, celle de Zombie Eaters et The Real Thing, un monstre de virtuosité à la coule et d'indécente expressivité, et à côté de ça quand il cite Edith Piaf c'est beau comme du Diamanda Galas, et il se permet encore de taquiner à plusieurs reprises en couinement sociopathe le canard revenu de l'amour de Stendal Blast, le compliment n'est pas mince, Rammstein non plus. Cet album assourdit tous les lance-flammes qu'ils pourront exhiber sur scène.
Bref, ce n'est pas dans l'une de mes chroniques, même la plus diarrhéique, que vous trouverez compte-rendu exhaustif d'un disque, ce n'est pas mon propos, j'ai seulement bien de la peine pour qui passe à côté, pour une raison qui m'est obscure, de l'évidence simple et saine de cette splendeur d'album. Tokio Hotel, m'a-t-on jeté avec mépris ? Je les ai encore vus l'autre fois chez Denisot, tiens : des petites tapettes goth avec même pas les balloches de jouer du goth. Rammstein c'est peut-être des gars de la marine mais ils jouent du vrai goth, radiophonique et stadier mais avec du romantisme, qui sent l'homme.
Dupont, qui vient de se viander avec un album guindé et aussi frigide que son titre, a intérêt à avoir gardé le ticket de caisse, parce qu'il va falloir ramener le cockring au magasin, et en prendre un à leur taille, bien plus petit.




P.S : à celui qui ne manquera pas de bouillir à la lecture de ceci, inutile de s'énerver encore plus que ce n'est déjà le cas, ceci a été écrit avant lecture de votre chronique mon ami, même la coda, il n'y a là aucunes représailles, juste la chronique que cet album méritait, tout comme vous lui avez donné la vôtre. Merci au passage de m'avoir épargné la corvée d'expliquer que Rammstein joue de la pop.

samedi 17 octobre 2009

Lingouf : ange et gruikk


C'est l'histoire d'une free dans un grand manoir baroque, Eyes Wide Shut style en mieux, dans certaines pièces y a même des cascades et des arcs-en-ciel de nuit gazouillants, grand raffinement, luxueux, vraiment, chapeau ; mais peu à peu tu saisis le twist, et pourquoi la musique est si diaphane et liquide, le beat si mol et dolent, pourquoi tous ces danseurs qui ne s'aperçoivent pas réellement de la présence les uns des autres comme dans toute free, vont jusqu'à régulièrement se passer au travers les uns des autres dans leurs divagations, sans en être le moindrement perturbés de leur lente contorsion, pourquoi tout flotte ici dans l'air glacé et l'indifférence, avec de sirupeux grincements et des scintillements d'os ...
Tu vois des dead people, mon petit pote. Tu es tout seul, ici, et les caresses subtiles et angéliques, ce sont les toiles d'araignées ; ou peut-être autre chose.

jeudi 15 octobre 2009

Yello : claro que si


Sur une idée originale d'Albator, adaptée par Roman Polanski. Série Noire. Sous les étoiles en plastique, par une pleine lune en plastique, des tangos au cabaret Non Stop Erotic aux étages du club The Knife, d'androïdes de la Stasi déguisés en barbouzes du KGB beurrés, en hommes en Ford Falcon, entre filatures de cultistes de Calva y Nada enturbannés, avec la Daytona, et vols planés sur la Twilight Zone laiteuse, j'en passe et des cha-cha-cha ... Canardo mène l'enquête, dégingandée et pédonculée, sur une ténébreuse affaire en plastique.

mardi 13 octobre 2009

Rammstein : liebe ist für alle da


Ils sont Rammstein, tout le monde les connaît. Ils sortent d'un album humilant, tout le monde sait ça aussi.
Ils sont de retour, pas du tout démontés. Achetez vous des élastiques d'avance, ça se fait plus du tout depuis longtemps d'avoir un sourire idiot aussi béat - moi ? Je me fais plus du tout depuis longtemps non plus.
Il en faut, de la distinction et de la délicatesse, pour faire une sauce aussi ... oh, et puis mettez l'adjectif que vous voulez, c'est Rammstein, j'ai à peu près espoir nul de parvenir à écraser les mots-mémoire homérico-méprisants que chacun s'est déjà choisi depuis beau temps pour les ramener à sa taille ; mais il en faut, vous pouvez me croire, même si vous ne le faites pas.


P.S : la vraie chronique viendra ; sûrement ; peut-être ; peu importe. Liebe ist für alle da.

Rions un brin

Mais pas avec n'importe qui


Heavenly : virus

Mouhahahahahahahahahahahaha.

Quand j'étais petit j'étais un jedi. Tellement nerveux que lorsqu'il
pleuvait souvent je m'électrocutais. Hélas, je ne parvins jamais à la
cheville de Maître Stratovarius et Maître Helloween. Depuis, je parcours sans relâche les Terres de Gaule, en quête du Saint-Album d'Angra qui, selon la légende, reposerait sur la plage arrière d'une Golf GTI. Seule une rhapsodie de feu pourrait éveiller la Force...



Madonna ai Laghi

lundi 12 octobre 2009

Unsane : occupational hazard


... Le moins saillant, le moins identité proéminente, le plus terne, mat et anonyme, le plus casquettes, le plus work wear, et le plus nu, le plus blues à visière baissée, aride squelette de blues, ouvriers bluesmen opiniâtres qui jouent de l'essence de musique, sans carosserie, crue douceâtre écoeurante et puissante comme la viande, le moins souligné et le plus droit tendu, le plus sobrement, laconiquement maîtrisé et deadly, le plus low kick low kick low kick low kick low kick, le plus coup de trique, le plus effacé par son but, le plus l'oeil rivé à la cible et aux frettes et le moins à son propre oeil injecté de sang dans la glace, le plus abruti et acharné ... Et un radieux matin, donc, on dormira quand on sera mort, pour repartir au turbin avec l'égoût buccal en pâte de carton acide et les rayons de ce débonnaire enculé de soleil qui jouent au pistolet à clous entre les sourcils, dans l'infernal pli, et un absurde fou rire de vaurien en lieu de toute pensée ... Merde, mais c'est moi en randori, ce disque.

zZz : sound of zzz


J'aimerais, vous torcher un truc pas trop terre-à-terre pour parler de ce truc tellurique, ne pas déballer des banalités qui finissent en -ors, ni des énormités en -abilly ...
Mais je ne peux pas arrêter de penser à House of Sin, et à son putain de EY putain de EXPLOSIF, sans le moindre h.
Bon, allez si, je balance : Jim et Ray ont pris un taz, une fois. Il était carton et ils ont mis le feu à la piste avec un numéro de coqs endiablés.

Unsane : occupational hazard


Un gonze sur un site communautaire s'en faisait récemment la réflexion, je la soutiens vigoureusement : ce disque est le meilleur album d'Unsane. Lâchons-moi la grappe avec les sympathiques harmonicas bayou-y-es-tu de SSC, le feeling norwegian teen tape de Total Destruction, le post-rock de Visqueen : ceci est Unsane à son plus Godflesh, à son plus Kickback, à son plus AC/DC, à son plus joyeusement méthodique sur le démonte-pneu. Lumineusement urbain et acharné, un poumon bien dilaté pour engouler à grandes baffrées l'odeur de la pluie sur le goudron craquelé, les petits matins qui chantent les ordures sous les échangeurs routiers et la gnôle du matin, la meilleure, et le bonheur dans le mal aux cheveux qui fait mal aux yeux. Comme ils disent chez Saint Morêt, les meilleures choses dans la vie, sont les plus simples.

dimanche 11 octobre 2009

Portal : swarth


Tu es glaise dans les mains du Maître. Et le Maître a décidé que ta face aurait nom Tempête. Tourment. Et Peur.

jeudi 8 octobre 2009

Cop Shoot Cop : release


S'il m'était jusqu'ici impossible de déterminer lequel des trois premiers Cop Shoot Cop était leur meilleur, tant ceux-ci se font féroce concurrence, chacun à sa manière, une chose m'apparaît désormais évidente après écoute de ce dernier effort : c'est qu'il ne fait définitivement pas partie du podium.Tant mieux, vous me direz, ça me donnera moins matière à départager.
Release donc, dans cette folle course poursuite, s'avère effectivement le petit traînard de la foulée ; le groupe semble y avoir perdu de sa fraîcheur et de sa fougue de jeunesse, et lâche ici bien moins qu'un chant du cygne. On a certes toujours droit à cette vieille noise déglinguée, à ce son graveleux et corrosif, mais il manque la touche d'amidon, celle qui donnait une rigueur et une tension quasi flippante à la musique du groupe qui relâche désormais ses bourrelets en roulement libre : Cop Shoot Cop version pépère, les abdos en moins, la brioche kro en sus, le dos mal foutu et la mauvaise haleine qui commence sérieusement à pointer. Sans parler des remords, des bons sentiments, ceux qu'on aurait aimé exprimer auparavant pour éviter certaines erreurs passées, alors on se reprend comme on peut en espérant vainement que ça rattrapera quelque chose. Pauvre vieux.
Ceci dit.
Si Consumer Revolt était le balafré au sang chaud, qui ne commerce qu'au règlement de compte à la prune et au jeton - tatatatatatatatata, suivez mon onomatopée - , si white noise était le sale petit truand de corporation en chemise et costard cravate, OCP-style - cf Robocop bande d'incultes - , si Ask questions later était le gangster magnifique, photogénique à souhait, le méchant charismatique embelli et enlaidi à la fois, tout droit sorti d'un film de super-héros, Release lui n'est qu'un petit malfrat de bar à big bands fatigués, mal rasé, mal fagoté, accaparé tant bien que mal à oublier dans l'alcool son dernier hold up raté. Il est le plus humain aussi finalement, un peu le bad guy but good guy, voyou au grand cœur, celui qui finira par fléchir pour les yeux de la belle dont il avait auparavant espéré tirer une belle rançon ; son bon fond le perdra mais sauvera la mise aux gentils pour que l'histoire se termine bien. La brebis galeuse de toute cette association de malfaiteur, en somme. Et c'est finalement pour ça qu'on a envie de lui rendre justice ; faillible, oui, mais humain après tout, et aussi terriblement attachant.

Orthodox : sentencia


Est-ce le crépuscule ou l'aube, ce gris fantasmagorique sur la steppe ? C'est l'histoire d'une bande de pithécanthropes pelés pris de tragique flamenco - et de panique sourde, entassés grelottants sur le piano de Keith Jarrett en train de naufrager, éventré avec la contrebasse et la clarinette, dans une fondrière ; d'un langoureux et torpide orage, au baroque primitif et onirique.

mercredi 7 octobre 2009

Devil's Blood : the time of no time evermore


Mon premier est un groupe des 00's.
Mon second le rock 70's qu'ils jouent.
Mon troisième l'à bout de souffle à l'assaut du soleil 80's avec lequel ils le jouent.
Mon tout est liquidement occulte, immodérément vibratile et fébrile, et, est-il besoin de le préciser, génial.
Mon tout est pour dire, une fois de plus, que pas fait exprès, le titre, tout ça. L'allitération ridicule, en revanche ...