mercredi 11 novembre 2009

The Gates of Slumber : hymns of blood and thunder


La peste soit de ma précipitation à boucler mes prêches et les publier derechef ... J'ai omis dans mon enthousiasme un mot seul qui s'impose à présent comme une évidence, et manque cruellement au dithyrambe de ce disque qui ainsi qu'on pouvait le supposer vu le groupe dont il est l'œuvre, grandit d'écoute en écoute.
Un nom, plus précisément (je reconnais ce nom ...). C'est pourtant limpide. Ce Cimmérien flamboyant, gourmand, bagarreur, altier, ce roi des voleurs qui monte à l'assaut de l'horizon sur son Earthride pailletée à la suave pétarade, ce bellâtre ultra-gaulé en toutes mensurations qui miaule son rut impérieux, et débusque entre les étoiles et au fond de la gueule de la folie les laiteux rivages du lac de paix violette et scintillante ... je le connais, et je connais son nom. Glen.

mardi 10 novembre 2009

Oxbow, 8/11/9, la Maroquinerie, Paris


samedi 7 novembre 2009

Joie, mes frères

En cette auguste journée, ce n'est pas une mais deux doux agneaux que la Church of Soum se fait fête d'accueillir. Vous le reconnaîtrez peut-être puisque vous venez en grand nombre d'un triste site communautaire où il erre, et que sa flamme est notoire et unique ...


Led Zeppelin "when the levee breaks"

J'ai jamais essayé de faire un top 5 des intros les plus mandalesques, les plus menhiresques, les plus stonehengiennes de tous les temps, mais si j'en faisais un, ce When the levee breaks figurerait surement en bonne place (genre 1 ... par exemple). Bonzo la brute épaisse qui tronçonne un beat bien épais, genre tronc d'épicéa centenaire, avec ça chérie on va faire turbiner la cheminée pendant des siècles, et copuler au coin du feu aussi longtemps... Et le pire c'est que le bovin batteur tient la cadence pendant les 7 minutes, en lâchant juste quelques breaks d'une primitivité crasse. La première fois que, jeune puceau ivre d'une musique que j'étais trop jeune pour avoir vécue (comme Led Zep avec le blues, le pucelage en moins quoi), je tombai sur ce truc à la fin de Zoso, ce fut le drame : qu'est ce que c'est ? pourquoi Stairway to heaven et pas ce truc ? et bordel, mais c'est bien le beat de Rhymin & Stealin ou je rêve ? Oh oui c'est bien lui, dans toute sa grandiosité dépravée. Aujourd'hui encore, ce titre me laisse groggy. D'un vieux blues relatant la plus grande crue du Mississipi de l'histoire, le Zep fait une bande-son pour rite occulte à la Crowley, façon Eyes wide shut ou Neuvième porte, mais avec un gros Bonzo farci à la coco (qui sniffait par joyeuses pognées dans sa main de yéti), judicieusement placé au pied de l'escalier de Headley Grange (manoir de villégiature du zep pour l'enregistrement du Zoso) pour obtenir cet écho nordique et titanesque. "Crying won't help ya, prayin won't do you no good"... et Smurfin', ça par contre, c'est ce qu'il y a de mieux à faire en écoutant un tel truc. Sur ce beat carré comme du Dr Dre, probablement l'un des meilleurs de l'histoire du hip hop(encore une fois si je faisais un top...) il fallait oser coller cet harmonica grinçant comme une vieille caravelle prise dans un tourbillon, vous entendez pas comme cette guitare TOURNE, comme Plant semble se débattre contre un océan débordant de rage, l'écume aux entournures ?? Et puis ce passage presque festif à 2min30, réminiscent du solo de Lemon Song, déjà pompé à Howlin Wolf mais bon on va pas revenir dessus : c'est SATAN, celui du carrefour (pas le supermarché, bande de kevins!!!), de Robert Johnson, c'est festif comme le doit d'être une messe noire : orgies, orgasmes, bouc, boucan. HEAVY.

Innamorato


En plus il invente tous les mots en -ivité et -isité qu'il lui faut, c'est un bon, lui aussi ...

The Gates of Slumber : hymns of blood and thunder


La voix est toujours la même, ruisselante de religion, et exubérante de cossardise ; en même temps, naturellement.
Les riffs sont toujours les mêmes, manowarmotards, flasques et enthousiastes.
Mais il se passe quelque chose de neuf, de plus, cette fois. Est-ce d'avoir avec Conqueror goûté à autre chose que la grandeur de la misère crasse, ce qui dirait-on leur fend encore plus largement la poire que ladite poissarde défaite ? Est-ce d'avoir vu comme une courtisane s'ouvrir le ciel étoilé devant leurs fringantes mélodies à faire aussi mal aux yeux que Judas Priest ?
Gates of Slumber a repeint son chopper destrier en mauve, accroché une Vertèbre à son porte-clefs, et a décollé loin par-delà l'Etrange Horizon, en une boule incandescente comme un énorme fou rire de bonheur, toujours plus enflé et liquide.
Le doom est la loi.

On se détend et on boit frais

Comme il sait s'amuser et se défendre, le bleubite : pif-paf, gauche-droite. Bon gars ça.



Merauder : master killer

Pim pam poum dans ta face, tu prends la mandale, tu ramasses tes dents et t'essaies de te relever: voilà en gros l'état d'esprit du machin. Ce bon dieu de disque, mes biens chers frères, est un de ces albums qui inaugurent la mixture metal hardcore telle que la pratiquaient les groupes New-Yorkais des 90's, Madball ou All out War en tête, avant que ça vire au grand n'importe quoi. Alors ok, avec un morceau comme divine intervention, et une production à la... divine intervention, l'écoute renvoie forcément au metal des quatre thrasheux amateurs d'aigles. Un peu comme si les mecs de Merauder avaient eu dans l'idée de faire du Cro-Mags... et s'étaient retrouvés au stud de répète en train de tomber à leur corps défendant des plans à la Slayer. Vous êtes donc prévenus, ça va être du gros riff carré midtempo, du lyrics à base de “à moi on me la fait pas, je viens de la rue” et du latino en plein trip shaolin qui montre ses tattoos et gonfle les biceps. Ça fleure bon la naïveté, oui, si vous voulez. N'empêche que l'album est une putain de machine de guerre en armure de samouraï façon tempête des dieux qui vous fera crasher votre zero sur le premier porte-avions qui passe. Alors je ne vais pas vous faire le coup du « c'était mieux avant, un genre bien galvaudé depuis, Hatebreed tout ça... », mais dans l'idée, ce serait pas complètement faux. Le groupe a d'ailleurs perdu la recette depuis en changeant son line-up, pour enchainer des disques d'un potentiel chiantesque rarement atteint. Meilleur moment pour écouter le disque: quand arrive le printemps.

Little-Axe

Tas de lopes


Les hommes, les vrais, n'ont pas peur du mauve, ni de causer gras. Vous le saviez déjà si vous perdez votre temps ici, mais, comme disait Machin, real recognizes real, on en a trouvé un autre, de mohican ...


Enslaved : vertebrae

Vertebrae, c'est un peu comme attaquer le black metal par la face sud. Il y a bien du riff beumeu et de la vocalise de gremlin, mais en quantité finalement négligeable. Ah, et si du coup vous cherchez des accointances avec les groupes norvégiens estampillés avant-guardo machin, mouaif... là aussi vous risquez d'être déçus. Bon moi faut dire, Arcturus ça m'a toujours collé la migraine. Non là, quitte à lâcher tout de suite le nom banni entre tous dans le domaine du name-dropping, bah je vous dirai: pensez “Neurosis”. Genre les derniers. Parce que j'ai beau vous entendre gueuler d'ici, rien à faire moi je trouve une parenté. Le côté poilu peut-être, ou l'intensité mise dans quelques accords, ou le son tout simplement énorme, ou la surprise quand déboule une accalmie à la beauté saisissante. On vous a probablement vendu le disque comme un truc très Floydien, prog 70's et tout le tremblement. Effectivement il y a de ça... mais ce serait occulter complètement le côté rock'n roll, celui du “on joue sur des Rickenbacker et on se lisse la moustache”. Alors je dis pas qu'avec une chemise à carreaux sur le dos ils nous feraient du Mastodon mais enfin, les vikings de Vertebrae je les vois aussi bien au volant d'un pick-up que dans un drakkar. Meilleur moment pour écouter le disque: les matins d'hiver un peu secs.

Little-Axe

vendredi 6 novembre 2009

Suicide Silence : no time to bleed


Les vrais, ceux qui ont enfin vu la lumière du vrai metal, celui de Nile, Cynic et autres Tsjuder (ah, désolé, vous veniez de manger ?), aiment à dire que le deathcore, c'est le neo des années 00. Ils ont sans doute raison (je n'écoute ni l'un ni l'autre), et le deathcore vient ici de trouver son "Slipknot" - dont il semble par son titre se gausser du Wait & Bleed tel un sauvageon sur le point de se payer une Malcolm McDowell sur l'ancêtre. Soit : le petit frère écoeurant. Fashion depuis les slippers-sneakers jusqu'à la coiffure éjacfacialstyle tout comme sa parentèle, mêmement malade de stroboscope, de chugga-shuggah et de films gore over the top of the larger than the torture, propre, léché, toutou, comme l'obèse cané de Seven ...
Et comme lui fascinant ; de vide insondable, vertigineux, à s'en faire dessus, de violence gratuite, juvénile et morne comme une pollution nocturne, comme une façade qui vous vaut le surnom de calculatrice dans la cour à l'interclasse, et les yeux caves et barbouillés qui lui servent de fenêtres, et le fantôme hostile qu'elle laisse derrière elle même des années après les dernières traces évanouies, la même sociopathie avortonne de tout romantisme que chez Ion Dissonance, impuissante de tout appétit un tant soit peu mieux que mollasson de la vie et de la chair malgré une obstination autiste à jouer à Cannibal Corpse, et des singeries indussoïdes black & decker qui ne parviennent qu'à réunir la sensualité d'une version racaille vicieuse des bourreaux eunuques d'Origin ...
Flippant, totalement.

A tous ceux qu'écoutent les trucs en mono

Psychopomps : assassin DK united


Nanard militaro-SF de série Z 2, le retour.
Même décor, mêmes accessoires, mêmes acteurs. Que voulez-vous, c'est du à petit budget, ici, on travaille en famille, on fonctionne au forfait et on rentabilise au max.
Ce coup-ci, il est question de règlements de compte entre mercenaires mutants, dans une société post-nucléaire ou il s'avère que tout le monde est mercenaire, et mutant de surcroît. Pourquoi ils se mettent sur la gueule, on s'en branle, tu t'es déjà posé des questions existentielles en matant ce genre de connerie, toi ? Tout ce qu'il faut retenir, c'est que ça bastonne, ça atomise, le mutagène coule à flot, les blondasses mercenaires mutantes ont des gros nichons multipliés par 4 et l'on se pète les neurones sur des scènes d'action à cadence épileptique, chorégraphiées sur fond d'indus post-new wave en plastique, façon Giorgio Moröder en mode Quake III Arena. Et si vous voulez mon avis, qu'est-ce qu'on se fend la poire.

Klute : excepted


DOLPH LUNDGREN VA AUX ENFERS. Il descend flinguer quelques vampires-démons-nazis-zombis sumériens en caoutchouc, vêtu de son plastron en polystyrène expansé, et armé de son lance-grenade à positrons atomique en pvc allégé. Au programme, récurage de grotte du sol au plafond façon tornade blanche du désert, ass-kicking de tout c'qui passe - femmes et enfants compris - histoire de dire qui c'est qu'est le boss ici, étalage d'hémoglobine et de tripes démoniaques en latex-bubblegum sauce vaseline, partouzes SM et hardcore fistfucking avec une demi-douzaines de blondasses siliconées dans le cercle des luxurieux, et pourquoi pas en fin de journée, un duel en grandes pompes avec Satan himself dans un contest de shots de téq' arrosé au kerosène.

Bordel, j'ai jamais vu quelques joujous en plastique faire autant de dégâts.

Liferuiner : no saints


Chaque homme a un testicule plus gros que l'autre.
Chez Chuck Norris, chaque testicule est plus gros que l'autre.
Liferuiner n'a qu'une corde a sa guitare et qu'une note à cette corde, et elle est accordé plus bas que ... ah, fait chier. Euh, Liferuiner n'a qu'une moshpart, et elle est plus baveuse que ... mais bordel, pourquoi chaque fois ça marche pas ?!

jeudi 5 novembre 2009

Slayer : world painted blood


Sautillant. Voire dandinant.
Aime.

mercredi 4 novembre 2009

Spiderpact : goatspeed into magenta vacuum


Lifelover dans son jeune temps buvait immodérément pour noyer ses plaies, ou les attiser, ou il ne savait plus, enfer ou ciel qu'importe la chanson est connue, on est jeune on est écorché.
Spiderpact dans son costume froissé ne se préoccupe plus de rien, roi au fond du bastringue où toutes choses tanguent et ondoient dans l'air huileux et glauque - que de boire, de se saouler, comme une cérémonie, avec rigueur et application, jusqu'à la transe et aux visions, obsédé par l'ivresse de voler, jusqu'à en perdre toute mesure et forces.

Fistula : we, the beast


Fistula, c'est la garantie obscénité ; l'assurance d'un album douillettement scatologique et toxicomane.
Cette fois pourtant, ils ont grimpé d'un cran ; si je puis dire ; la semoule où leur pédalo est au mouillage commence à sentir sérieusement le cadavre.
Nous la bête, on patauge dans une cuve de merde scorieuse, cendreuse, froide et pégueuse, qui n'est rien autre que l'horizon bouché de nos terminaisons nerveuses saturées, entartrées, cramées, toutes cellules prises de cancer tuberculoseux et à quatre pattes balbutiantes.
Le disque se downtune irrésistiblement tout seul à mesure qu'il avance (voir plus haut), le beugleur même n'est rapidement plus capable de réunir la fureur turgescente qui faisait la marque des précédents, et se borne à gadouiller de plus en plus vainement dans un lisier mouvant au goût de limaille, en meuglant çà un This is happenning again, là un When will this end, on situe le genre de trip.
Suicidal party-crashcrust, c'est déjà pris ?

mardi 3 novembre 2009

Brame : tenaille


Si jamais l'envie t'en prend d'en parler, n'oublie pas qu'on a pas seulement ton adresse, mais aussi un tournevis et un marteau, et Jose, avec un tournevis, c'est pas un manchot ...
Je cite de mémoire.

Mais c'est pas tant Jose qui m'inquiète. Plutôt tous ses potes traîne-la-patte sur ce chantier fantôme, dans l'aube du Far-West, qui revient à la vie avec langueur et tâtonnement, avec ce brame puissant qui peu à peu gagne en majesté, en envergure, en netteté menaçante. On s'affaire pesamment mais sûrement, invisibles dans ces vents rôdeurs, c'est une certitude, on forge et on rémoule des mâchoires irrégulières et de larges massicots, on s'étire en craquant péniblement d'un long sommeil poussiéreux dispersé par un l'estomac douloureusement creusé ; on hurle un tourment famélique, de loups restés égarés quelque part dans le temps, dans un souffle qui se perd dans le souffle vermoulu des machines et celui furtif de la nature paisible.
Passe le fracas d'un train, et le rêve maussade se dissipe, à regret, retourne au lointain ...

Voilà, les gars ; je vous avais dit la possibilité que je vous pile ou zappe ; j'avais omis celle où je chroniquerais votre machin sur la première écoute, s'il me saisissait d'une vision. Faut dire aussi que cette saloperie m'a mâchouillé le cerveau matin, sans prévenir ...

lundi 2 novembre 2009

Two Lone Swordsmen : wrong meeting II


Sur les docks un drôle de type efflanqué, l'élégance tranquille d'un vieux cowboy, un drôle de sourire flottant au coin des lèvres, flâne la nuit. Certaines fois, avec des yeux placides de vieux chat, il vous racontera comme il a fait visiter les bas quartiers à des Mark Sandman, des Trent Reznor, des Black Francis, des Bernard Sumner, ou d'autres endimanchés, et il les refait avec une telle narquoiserie qu'on y croirait presque.
Mais d'autres fois, il vous expliquera peut-être que la cold wave, c'est un truc funky, cool, séducteur, voyou, et limpide et puissant aussi et salin, et venteux, ça ouais, pour sûr - et vous vous demanderez s'il parle à l'eau noire qui lèche les quais de la Tamise, ou à la flasque de scotch pâle et hors de prix qui lui dépasse lascive de la poche, ou s'il l'invite pour une danse - et vous vous sentirez tout loin et ballot.

dimanche 1 novembre 2009

Disembodied : psalms of sheol


Allez, soyons honnêtes : les cocktails impayables, c'est ce qu'on attend de moi ici, j'ai pas raison ? Alors qu'est-ce que vous dites de ça : Pig Destroyer qui reprend Quicksand, sur le même ton qu'ils ont fait Helmet. Et accessoirement le seul groupe de hardcore, j'en mets ma main à couper, qui sonne aussi inhumain que du vieux Godflesh. Un disque bien rigide comme un moshdancer qui fait des gros copeaux avec les gens, choses, bâtisses, qui les piétine, concasse, lamine.

samedi 31 octobre 2009

Andrew Weatherall : a pox on the pioneers


Ah ... L'Angleterre.
La nation à qui nous devons, terrassés de gratitude humiliée (il y a là un pléonasme, maintenant que vous le dites) : New Order, Douglas McCarthy, l'eau chaude, Mick Harris, le club de golf, London Calling, la soul minière, le flegme, Jimmy Jazz, l'art sans pareil et jovial du gris lumineux, Renton, le nightclubbing, l'accent cockney ... Cette classe, la seule l'unique, quand on n'a pas eu l'heur de naître là-bas on sait que jamais on ne l'aura.
Par chance il est de ces disques, pénétrants comme le crachin, qui donnent la sensation bénie que c'est comme si qu'on l'était. Un putain de rosbif.

vendredi 30 octobre 2009

Skitliv : skandinavisk misantropi


Anacoluthe : procédé rhétorique consistant à rompre la syntaxe primitivement adoptée par une phrase, pour en emprunter une autre. Exemple fameux et double : Maniac, qui c'est, si tu savais comme j'en ai rien à cirer, t'aurais une idée de l'infini.
Des disques apparentés beumeu comme celui-ci en revanche, je m'en astique sans faiblir quand j'en rencontre. Des disques qui me rappellent, non pas l'hilarant défilé de couteaux de Musclor sur fond de blast qui marqua, il y a quelques dix ans à la Loco, mon initiation au "bm" (comment s'appelait ce groupe déjà, Mayhem je crois - ça existe, au moins ? un truc dans le genre en tous les cas), mais plutôt pourquoi j'ai plongé comme un couillon dans le gothique à ma première rencontre avec Das Ich, Virgin Prunes, Sigillum S, Skinny Puppy, Sopor, Sex Gang, Dive ... ce genre de merde, voyez, obsessionnelle et vile, dénuée de toute la pêche folâtre dont l'écrasante majorité des groupes de hard rock échoue à se défaire ; cet amour crasse de l'hypocondrie, cette complaisance toxique, irrésistible comme le vertige de Poe, comme jouer à la dinette avec la folie la plus ordinaire, qu'on ne retrouve qu'à la rigueur chez quelques groupes de sludge. Maniac est un type qui, malgré un pseudonyme gaulois comme du metal, est parvenu avec quelques compères, dont certains pourtant très en cheveux aussi, à nous barbouiller un beau disque qui tient de l'obscène donc du gothique ; voire de l'industriel, ce qui ne veut bien sûr pas dire garage à beats, non plus que riffs sortis d'un sac Dunlop, mais langueur de scier le métal (et le metal ?) et voix multi-mèches (je ne parle plus cheveux, là) ; et amoureuse nausée. Il serait aussi farfelu d'y chercher le black metal que chez, hmm, Shining, Funeral Mist, Urfaust ou Dodheimsgard. Il suffit pour se le prouver de contempler son propre soulagement lorsqu'avec Densetsu survient l'explosion de négritude, et le bol d'air énorme qu'elle charrie - malgré la tragédie qui continue de ramper sous le gospel - après le long marigot de riffs de cimenterie, doomy, arrogants de misérabilisme et de masochisme auto-indulgent - le gothique, c'est encore plus lourd que heavy, c'est lourdingue ... et juste avant le finale sur Scumdrug, dont le nom seul, et la teneur musicale pendant qu'on y est, explicitent mieux que tout mon fatras le propos de ce cloaque d'album, avec ses parfums de paradis sans fin.

The XX : self titled


mercredi 28 octobre 2009

Gorse : bovine soul


On y a presque cru, ce coup. Que Gorse (si vous suivez, vous les avez déjà repérés cet été dans les parages) s'était ébroué pour de bon de sa torpeur ensaturnée, avachie mélancoliquement sur le tracteur vermoulu, qu'il avait dépoussiéré icelui et allait soit foutre le champ sens dessus-dessous, soit descendre au bourg solder quelques ardoises en souffrance, avec quelques Rose et quelques Maggie, et aussi quelques Randall et quelques Gavin, de cette humeur qu'on croirait d'un QotSA fruste et frais, la barbe comme une fleur au vent.
Mais bientôt bon sang ne sut mentir, et on le retrouve à tracer benoîtement perdu dans le vaste vert, gelé de rosée, à se grattouiller distraitement l'âme d'un doigt terreux, à caresser la brume qui l'entoure telle un chien fidèle, à humer le matin qui lui souffle des rataillons de mélodies et lui met sa douce rouille au coeur. Incorrigible rêveur.

dimanche 25 octobre 2009

Lava, 24/10/09, le Parvis de Bagnolet, Bagnolet


Apprendre la vie avec Lava ... On n'est donc jamais au bout de ses surprises avec ces poissards-là et leurs morceaux à personnalités multiples. Et comme un vrai sludger n'est à la maison que dans la claire et présente poisse, ce concert partait sous les meilleurs auspices : des heures de poireautage, des cymbales grattées in extremis, un go-go dancer bourré dans le public, deux grattes en moins ou peu s'en est fallu ... il n'en fallait pas plus, justement, pour que le Moignon nous révèle l'Evangélisateur de frontman intenable qui se cachait en Lui, tous les spectateurs présents en ont été choqués d'évidence, et les gaziers derrière, discrets tels les Jean-Louis derrière Tonton Yow, ont assuré avec la même fermeté que les susdits, galvanisés aussi par la présence cultissime sur leurs arrières de Le Batteur Historique de Lava pour une date exceptionnelle à tous points de vue, qui, si elles ne nous a pas donné droit au désormais rare sludgeabilly, nous a fait oublier le manque avec une tout bonnement époustouflifiante tranche de semoule Griefique, avec les fausses accélérations et le tempo flottant et tout, et sans rien de l'application plagiaire de tous leurs pathétiques correligionaires. Lava c'est ça, un groupe qui fait du Grief dans l'esprit et pas la lettre, tout en jouant du swamp punk plus gluant que Pissed Jeans, et qui peut faire passer son finale pour un inédit incunable de Celtic Frost composé avec Lee Dorrian, hold-up total. Mes cervicales ont subi leur pillage habituel.
Il est grand temps de lancer cette carrière internationale.

Marduk : rom 5:12


L'album par qui le scandale arrive. A la faveur d'un certain Arioch, Marduk, la fidèle Renault Fuego du black metal, se transmue en Aston Martin V16. Pour peu qu'on goûte l'armagnac aussi profond que la ronce de noyer, les chromes aussi amoureusement lustrés que la loupe d'orme, et le chaud craquement du Connolly, c'est à ronronner.

vendredi 23 octobre 2009

Rammstein : rosenrot


R+ (oui, ce machin que tous les gosses arboraient il fut un temps, ça ne me pose aucun problème et vous ?) est de ces groupes dont on peut avoir plusieurs meilleurs albums, pour différentes raisons et différentes humeurs.
R+ (oui, ce machin ...) abattait avec Rosenrot son album le plus ... adulte ? Le plus vieux et fatigué, même, arthritique, voire, courbattu, raide, déprimé, maugréant, usé de l'espoir, du bel esprit et du bel entrechat, le plus linéaire et empâté : rouillé, et pris par la glace de l'âge, très exactement.
Le moins germanique, dans le cliché qu'ils s'appliquaient avec amour à en donner à la galerie jusqu'ici, le moins folklorique, touristique, exotique, le plus européen au sens Europe 2 du terme, admettons-le, et pourtant il renferme ce qu'ils ont pu écrire de plus ridicule et dépassant toutes les bornes dans l'exotisme wtf : Te Quiero Puta. Le plus germanique, dans le cliché qu'on peut en avoir sans s'appliquer, dans cette roideur binaire et épaisse du riff et de la tristesse, dans cet envol lourd de chansons à-la-triste-figure sans grâce aucune. Rammstein ne joue pas de son identité, ne cabriole ni ne parade ni ne pavanne avec, ni même ne l'assume : il la subit, comme vous et moi, sapristi ! Irai-je jusqu'à dire que si vous n'aimez pas cet album vous n'aimez pas Rammstein ? Irai-je jusqu'à vous dégainer cette vérité bien tassée au coin du lieu commun sur les clowns, qu'on connaît tous ? J'irai jusqu'à dire que cet album de Rammstein est leur plus Kickback (oui, ça devient une manie, et vous savez ce que je vous dis) : tu kiffes pas, tu remballes.
Rammstein, qui n'a jamais eu de grâce ou de distinction que de singées et second degrées pour assumer sa lourdauderie et en rire avec la galerie, Rammstein est triste hélas et a lu tous les culs, et plus d'humeur à feindre, Rammstein est vieux et triste, un vieux ça n'est ni beau ni drôle et même si c'est ce qui est beau Rammstein a juste envie de dévider la longue plainte comme un long étron, un terne et puissant rouleau de morose douleur.
Ah, au fait, c'est Till Lindemann, le chanteur, sur cet album aussi. Vous voyez, ce type carrossé comme un homme de main spécialisé dans les recouvrements de fonds délicats retraité en crooner moujik, cet oeil hanté, cette peau itou, cette mèche à la gomina fatiguée à la sueur rance ? Avec un autre, peut-être bien toute cette maturité m'eût-elle assommé moi-même ; lui rend plus que touchante et aimable cette tuile de vie, et même une pantalonnade aussi extrémiste et vilement pathétique que Te Quiero Puta (R+ se gausserait-il cruellement à cet endroit, de sa propre sempiternelle dérision ? je suis pas loin de le penser, dépressifs comme ils sont).
¡ Hombre, me gustas !

jeudi 22 octobre 2009

PY : PPP


Punish est d'humeur ministérielle. Et ne vous y trompez pas, ce n'est pas pour repeindre l'identité nationale en rose. C'est le Ministère de la Punition qui est à portée de main - de poing - et celui-là personne le mettra en cage, c'est Rabies avec du lubrifiant, c'est glissant comme un constricteur. PPP, comme dirait Emmanouel l'Obskourrr, a plus à voir avec une recontextualisation de 1969 Was Fine dans une toponymie cyberpunk, qu'avec la Monstermagnétisation des lieux de ribaude interstellaires de GBG. Finie la rigolade rock'n'roll, les ratonnages de hippies dans la nuit incendiée d'Altamont. La nuit appartient ici à la ronde implacable des replicants, l'escouade sillonne toute la Metropolis, leurs uniformes de vinyl vont être rayés de sang, et les sourires ne sont pas prévus par leur pseudo-tissu facial. Pan-Pan cucul, le SM n'est pas ici housey et moustachu à la Asche ou Die Form, on désarticule et on écartèle avec rudesse, Purge, ce soir on va pas danser à Naziland quand la milice rose mais noir va arriver en ville, et ce sont les contusions qui vont être sévèrement fluorescentes. Welcome to now.

Converge : axe to fall


J'ai beau me pressouiller le citron, je vois pas ce qu'il y aurait que la ci-contre ne dirait pas. Du Converge tout ce qu'il y a de classique et sympa comme tout, mais qui laboure en bleu électrique.
Ah, si : à la fin en bonus, vous avez gagné un morceau des Twilight Singers en méforme où un célèbre barbu vient faire son tristement habituel numéro de Tom Waits des steppes du Bronx - je vous confirme qu'à entendre aussi, c'est incongru - et un inédit très chouette de Genghis Tron, les élèves qui vont bientôt finir par dépasser le maître si ça continue à ce train, même s'il n'auront jamais la même couche de rouille sanieuse, à laquelle au reste ils ne prétendent pas, que Converge a ... eu.

mardi 20 octobre 2009

Rammstein : liebe ist für alle da



Bien sûr, l'ouverture n'est pas d'un chef d'œuvre. Normal, elle marie les moments les plus Garbit de Sehnsucht à l'ambiance schwarzwald de Herzeleid, la carpe et le lapin, même Rammstein peut pas réussir à tout coup que voulez-vous, elle a fini en face b ailleurs, d'ailleurs.
Mais tout le reste ... Une succulence ininterrompue, un genre de Mutter avec, à la place des maladresses, la délicatesse de Reise Reise, et le retour des grimaces de bidasse retourné à la vie des bois, de bûcheron violeur de fées, qu'arborait Herzeleid en couverture et en ambiance. A ce niveau-là, ce n'est plus du tube, c'est de l'oléoduc - à ce niveau-là, vous avez deviné qu'on ne vous épargnera aucun poncif du champ lexical sidérurgique et colossal, Rammstein est sidérurgique, colossal et poncif, et vous aimez ça, qu'ils vous poncent le postérieur, ja meine Hündchen ? Rien que Pussy, tube goth tout le monde sur la grande piste de la Loco comme ni Sisters of Merci Bien ni Apoptygma Berkberk n'en feront plus, avec en cadeau un refrain à révulser ontologiquement et typologiquement tout goth bon teint ; et les nombreux passages touchés par la grâce, par cet esprit naufrageons en Mer du Nord soit mais avec un sourire bravache et canaille, dont ils sont les artistes, eux qui nous offrent là leur album le plus généreux en refrains nautiques, le plus iodé tout en renouant avec les sapins les plus drus ... Et attendez d'avoir entendu les choeurs de crève-la-faim total rubber de Führe Mich, les drakkars sur Donaukinder et le Cecil B. De Mille gothmetal de Halt, car cet album est aussi le plus peplum - ah, oui, quand un album est aussi formidable, on ne mégote pas sur l'édition avec du rab, mâtin ! Et les petits entrechats villageoiso-Ace of Base de Waidmanns Heil, et les gimmicks de guitare sèche à faire verdir et reverdir même le premier Oomph!, et les touches electro bien au-dessus du niveau habillage metalinduslol - ho, on parle de Rammstein là ou quoi ? ces messieurs sont des bioniqués certifiés DDR, les skateboards ils les cassent avec deux doigts et le skater - et les multiples barrissements de Barbe-Bleue de Till, qui a l'air de jouer à loup-y-es-tu-m-entends-tu et d'avoir grand faim, et encore, et encore ... Et Till, tiens, il n'y a pas grand monde pour faire sonner et claquer l'allemand avec cette puissance, gourmandise, malice, conviction, Monsieur est ce qu'était Patton à la bonne époque, celle de Zombie Eaters et The Real Thing, un monstre de virtuosité à la coule et d'indécente expressivité, et à côté de ça quand il cite Edith Piaf c'est beau comme du Diamanda Galas, et il se permet encore de taquiner à plusieurs reprises en couinement sociopathe le canard revenu de l'amour de Stendal Blast, le compliment n'est pas mince, Rammstein non plus. Cet album assourdit tous les lance-flammes qu'ils pourront exhiber sur scène.
Bref, ce n'est pas dans l'une de mes chroniques, même la plus diarrhéique, que vous trouverez compte-rendu exhaustif d'un disque, ce n'est pas mon propos, j'ai seulement bien de la peine pour qui passe à côté, pour une raison qui m'est obscure, de l'évidence simple et saine de cette splendeur d'album. Tokio Hotel, m'a-t-on jeté avec mépris ? Je les ai encore vus l'autre fois chez Denisot, tiens : des petites tapettes goth avec même pas les balloches de jouer du goth. Rammstein c'est peut-être des gars de la marine mais ils jouent du vrai goth, radiophonique et stadier mais avec du romantisme, qui sent l'homme.
Dupont, qui vient de se viander avec un album guindé et aussi frigide que son titre, a intérêt à avoir gardé le ticket de caisse, parce qu'il va falloir ramener le cockring au magasin, et en prendre un à leur taille, bien plus petit.




P.S : à celui qui ne manquera pas de bouillir à la lecture de ceci, inutile de s'énerver encore plus que ce n'est déjà le cas, ceci a été écrit avant lecture de votre chronique mon ami, même la coda, il n'y a là aucunes représailles, juste la chronique que cet album méritait, tout comme vous lui avez donné la vôtre. Merci au passage de m'avoir épargné la corvée d'expliquer que Rammstein joue de la pop.

samedi 17 octobre 2009

Lingouf : ange et gruikk


C'est l'histoire d'une free dans un grand manoir baroque, Eyes Wide Shut style en mieux, dans certaines pièces y a même des cascades et des arcs-en-ciel de nuit gazouillants, grand raffinement, luxueux, vraiment, chapeau ; mais peu à peu tu saisis le twist, et pourquoi la musique est si diaphane et liquide, le beat si mol et dolent, pourquoi tous ces danseurs qui ne s'aperçoivent pas réellement de la présence les uns des autres comme dans toute free, vont jusqu'à régulièrement se passer au travers les uns des autres dans leurs divagations, sans en être le moindrement perturbés de leur lente contorsion, pourquoi tout flotte ici dans l'air glacé et l'indifférence, avec de sirupeux grincements et des scintillements d'os ...
Tu vois des dead people, mon petit pote. Tu es tout seul, ici, et les caresses subtiles et angéliques, ce sont les toiles d'araignées ; ou peut-être autre chose.

jeudi 15 octobre 2009

Yello : claro que si


Sur une idée originale d'Albator, adaptée par Roman Polanski. Série Noire. Sous les étoiles en plastique, par une pleine lune en plastique, des tangos au cabaret Non Stop Erotic aux étages du club The Knife, d'androïdes de la Stasi déguisés en barbouzes du KGB beurrés, en hommes en Ford Falcon, entre filatures de cultistes de Calva y Nada enturbannés, avec la Daytona, et vols planés sur la Twilight Zone laiteuse, j'en passe et des cha-cha-cha ... Canardo mène l'enquête, dégingandée et pédonculée, sur une ténébreuse affaire en plastique.

mardi 13 octobre 2009

Rammstein : liebe ist für alle da


Ils sont Rammstein, tout le monde les connaît. Ils sortent d'un album humilant, tout le monde sait ça aussi.
Ils sont de retour, pas du tout démontés. Achetez vous des élastiques d'avance, ça se fait plus du tout depuis longtemps d'avoir un sourire idiot aussi béat - moi ? Je me fais plus du tout depuis longtemps non plus.
Il en faut, de la distinction et de la délicatesse, pour faire une sauce aussi ... oh, et puis mettez l'adjectif que vous voulez, c'est Rammstein, j'ai à peu près espoir nul de parvenir à écraser les mots-mémoire homérico-méprisants que chacun s'est déjà choisi depuis beau temps pour les ramener à sa taille ; mais il en faut, vous pouvez me croire, même si vous ne le faites pas.


P.S : la vraie chronique viendra ; sûrement ; peut-être ; peu importe. Liebe ist für alle da.

Rions un brin

Mais pas avec n'importe qui


Heavenly : virus

Mouhahahahahahahahahahahaha.

Quand j'étais petit j'étais un jedi. Tellement nerveux que lorsqu'il
pleuvait souvent je m'électrocutais. Hélas, je ne parvins jamais à la
cheville de Maître Stratovarius et Maître Helloween. Depuis, je parcours sans relâche les Terres de Gaule, en quête du Saint-Album d'Angra qui, selon la légende, reposerait sur la plage arrière d'une Golf GTI. Seule une rhapsodie de feu pourrait éveiller la Force...



Madonna ai Laghi

lundi 12 octobre 2009

Unsane : occupational hazard


... Le moins saillant, le moins identité proéminente, le plus terne, mat et anonyme, le plus casquettes, le plus work wear, et le plus nu, le plus blues à visière baissée, aride squelette de blues, ouvriers bluesmen opiniâtres qui jouent de l'essence de musique, sans carosserie, crue douceâtre écoeurante et puissante comme la viande, le moins souligné et le plus droit tendu, le plus sobrement, laconiquement maîtrisé et deadly, le plus low kick low kick low kick low kick low kick, le plus coup de trique, le plus effacé par son but, le plus l'oeil rivé à la cible et aux frettes et le moins à son propre oeil injecté de sang dans la glace, le plus abruti et acharné ... Et un radieux matin, donc, on dormira quand on sera mort, pour repartir au turbin avec l'égoût buccal en pâte de carton acide et les rayons de ce débonnaire enculé de soleil qui jouent au pistolet à clous entre les sourcils, dans l'infernal pli, et un absurde fou rire de vaurien en lieu de toute pensée ... Merde, mais c'est moi en randori, ce disque.

zZz : sound of zzz


J'aimerais, vous torcher un truc pas trop terre-à-terre pour parler de ce truc tellurique, ne pas déballer des banalités qui finissent en -ors, ni des énormités en -abilly ...
Mais je ne peux pas arrêter de penser à House of Sin, et à son putain de EY putain de EXPLOSIF, sans le moindre h.
Bon, allez si, je balance : Jim et Ray ont pris un taz, une fois. Il était carton et ils ont mis le feu à la piste avec un numéro de coqs endiablés.

Unsane : occupational hazard


Un gonze sur un site communautaire s'en faisait récemment la réflexion, je la soutiens vigoureusement : ce disque est le meilleur album d'Unsane. Lâchons-moi la grappe avec les sympathiques harmonicas bayou-y-es-tu de SSC, le feeling norwegian teen tape de Total Destruction, le post-rock de Visqueen : ceci est Unsane à son plus Godflesh, à son plus Kickback, à son plus AC/DC, à son plus joyeusement méthodique sur le démonte-pneu. Lumineusement urbain et acharné, un poumon bien dilaté pour engouler à grandes baffrées l'odeur de la pluie sur le goudron craquelé, les petits matins qui chantent les ordures sous les échangeurs routiers et la gnôle du matin, la meilleure, et le bonheur dans le mal aux cheveux qui fait mal aux yeux. Comme ils disent chez Saint Morêt, les meilleures choses dans la vie, sont les plus simples.

dimanche 11 octobre 2009

Portal : swarth


Tu es glaise dans les mains du Maître. Et le Maître a décidé que ta face aurait nom Tempête. Tourment. Et Peur.

jeudi 8 octobre 2009

Cop Shoot Cop : release


S'il m'était jusqu'ici impossible de déterminer lequel des trois premiers Cop Shoot Cop était leur meilleur, tant ceux-ci se font féroce concurrence, chacun à sa manière, une chose m'apparaît désormais évidente après écoute de ce dernier effort : c'est qu'il ne fait définitivement pas partie du podium.Tant mieux, vous me direz, ça me donnera moins matière à départager.
Release donc, dans cette folle course poursuite, s'avère effectivement le petit traînard de la foulée ; le groupe semble y avoir perdu de sa fraîcheur et de sa fougue de jeunesse, et lâche ici bien moins qu'un chant du cygne. On a certes toujours droit à cette vieille noise déglinguée, à ce son graveleux et corrosif, mais il manque la touche d'amidon, celle qui donnait une rigueur et une tension quasi flippante à la musique du groupe qui relâche désormais ses bourrelets en roulement libre : Cop Shoot Cop version pépère, les abdos en moins, la brioche kro en sus, le dos mal foutu et la mauvaise haleine qui commence sérieusement à pointer. Sans parler des remords, des bons sentiments, ceux qu'on aurait aimé exprimer auparavant pour éviter certaines erreurs passées, alors on se reprend comme on peut en espérant vainement que ça rattrapera quelque chose. Pauvre vieux.
Ceci dit.
Si Consumer Revolt était le balafré au sang chaud, qui ne commerce qu'au règlement de compte à la prune et au jeton - tatatatatatatatata, suivez mon onomatopée - , si white noise était le sale petit truand de corporation en chemise et costard cravate, OCP-style - cf Robocop bande d'incultes - , si Ask questions later était le gangster magnifique, photogénique à souhait, le méchant charismatique embelli et enlaidi à la fois, tout droit sorti d'un film de super-héros, Release lui n'est qu'un petit malfrat de bar à big bands fatigués, mal rasé, mal fagoté, accaparé tant bien que mal à oublier dans l'alcool son dernier hold up raté. Il est le plus humain aussi finalement, un peu le bad guy but good guy, voyou au grand cœur, celui qui finira par fléchir pour les yeux de la belle dont il avait auparavant espéré tirer une belle rançon ; son bon fond le perdra mais sauvera la mise aux gentils pour que l'histoire se termine bien. La brebis galeuse de toute cette association de malfaiteur, en somme. Et c'est finalement pour ça qu'on a envie de lui rendre justice ; faillible, oui, mais humain après tout, et aussi terriblement attachant.

Orthodox : sentencia


Est-ce le crépuscule ou l'aube, ce gris fantasmagorique sur la steppe ? C'est l'histoire d'une bande de pithécanthropes pelés pris de tragique flamenco - et de panique sourde, entassés grelottants sur le piano de Keith Jarrett en train de naufrager, éventré avec la contrebasse et la clarinette, dans une fondrière ; d'un langoureux et torpide orage, au baroque primitif et onirique.

mercredi 7 octobre 2009

Devil's Blood : the time of no time evermore


Mon premier est un groupe des 00's.
Mon second le rock 70's qu'ils jouent.
Mon troisième l'à bout de souffle à l'assaut du soleil 80's avec lequel ils le jouent.
Mon tout est liquidement occulte, immodérément vibratile et fébrile, et, est-il besoin de le préciser, génial.
Mon tout est pour dire, une fois de plus, que pas fait exprès, le titre, tout ça. L'allitération ridicule, en revanche ...

mardi 6 octobre 2009

Elitist : self titled


Il faudra tout de même qu'on m'explique pourquoi cette brève chose est vendue comme black crust.
Il est vrai que le nom, et la jaquette. Il est vrai que de nos jours crust est fréquemment écorché en Cursed, et qu'on pense massivement pendant le disque à d'autres choses en jaquette noire, Weekend Nachos, Watchmaker, Complete Failure, pour les nommer (non je ne racolle pas, j'y peux quoi si vous avez les mêmes rillettes que moi ?).
Warcore eût tout de même été plus convenable, vu la fournaise.
Ça va sans le dire, les quelques minutes en question dépiautent plus proprement tes côtelettes que toute la discographie d'Anaal Nathrakh. Mais ça va mieux en le disant.

The Ruins of Beverast : foulest semen of a sheltered elite


Steeeeeeeeeiiiiiiiiiiiiiiiiiiin um Stein,
Maue Ich dich ein.

Ainsi chantait Till L.
Ainsi faisait le golem agonisant ; avec infinie délicatesse, et le souffle rauque de sa minérale tendresse ; et un solennel harassement.
Avec des pierres de cathédrale.

vendredi 25 septembre 2009

Der Blutharsch : flying high


On pourra tortiller tout ce que l'on veut que ça n'y changera rien : The Blutharshes, sur scène, ils assurent pas le belin. Les albums de Der Blutharsch, en revanche, c'est un autre salami.
Qu'est-ce donc que nous avons là, que cette chose qui avale instantanément en son obscurité rougeoyante ? Deutsch Nepal qui filtre Ufomammut, ou l'inverse ? De nouveaux Swans qui copulent avec des Hybryds en lunettes mauves, ou Starfish Pool agonisant dans l'aube d'Altamont ? La suite d'A Night in Fear, peut-être bien, la fin de la nuit, au moment où il faut que Blub, Alzbeth, qu'importe son nom, le bavard de service, se taise, le moment de la stupeur cosmique, la paisible noyade dans les dernières braises de l'univers, dans les basses goudron et velours tout ensemble qui sont tout ce que les synapses parviennent encore à annoner à la tête d'épingle de la conscience, caressée par le mol flottement des filandres de voix et de guitares languides ?
La dope la plus massive d'année, très probablement.

jeudi 24 septembre 2009

Crucifist : demon-haunted world


Ce disque mérite l'achat rien que pour le son de la basse, d'une viscosité caoutchouteuse, glougloutante, rampante, fritouillante, réverbéreuse, remugléenne, à en donner des crises de jalousie épileptiques à Chris Reifert. De longs doigts globuleux de couleur indéterminable et gluante qui te fouinent les intérieurs.
Mais il le vaut aussi pour l'âcre nom du groupe. Et pour la vomiteuse jaquette. Et pour tous ceux qui aiment leur black metal suisse, leurs mélodies nwobhm, leurs gargouilles rouspéteuses et rudimentaires du pénis, leur thrash au beurre rance, leurs souris chauves, et leur Chris Reifert.
Et merde, j'ai même pas trouvé moyen à caser un petit Cathedral quelque part dans tout ce boniment indigne ...

La 600ème est pour un hôte rare ...


Yoga : megafauna


Marcher dans une forêt de nuit ça vous a jamais trop fait peur, après tout c'est juste quelques arbres, 2-3 hiboux à la con et quelques renards galeux. Mais tout ça, c'est seulement ce que vous pouvez voir. Symphonies minérales, chants fantomatiques, ectoplasmes étincelants... Le monde de la nuit sur lequel Yoga lève le voile est celui des mythes les plus anciens et la forêt dépeinte dans cet album, celle des folklores oubliés, faite de pierres qui chantent, des murmures du petit peuple souterrain, d'entités cosmiques festoyant dans des cavernes avant de sacrifier leur prêtresse dans le feu primordial. C'est celle des émanations spectrales d'une faune éteinte et celle d'un bestiaire monstrueux et encore inconnu.
Et vous, vous êtes là, au cœur de tout ceci, de ce monde où le minéral, le végétal et l'animal ne forment plus qu'une entité pour entonner une litanie sépulcrale glorifiant la Nature et le Cosmos, chant qui s'élève aux étoiles et fend l'éther. Vous ne pouvez rien faire d'autre, sinon observer. L'humain n'a plus sa place dans ce monde magique et rejoindre le Dieu-Cerf dans ses demeures célestes ne se fera qu'au prix d'un sacrifice ultime. Et c'est surement ce sacrifice qu'aura accompli Yoga pour rapporter ces sons de manière aussi brute.

Non, décidément, les nuits en forêt ne seront plus les mêmes.


Herr Doktor Null

mardi 22 septembre 2009

Der Blutharsch, Deutsch Nepal, Bain Wolfkind, 21/9/9, le Zèbre de Belleville, Paris

Bain Wolfkind : écoute, petit autrichien ... tes lunettes et tes rouflaquettes clonées sur Albin Julius, tes chansons intitulées My Name is Poison, Ride the Big Black Train et Baby I'm so Bad, ta voix rocailleuse de fond de cave, ton frottis sur le pied de micro, tes guitares surf à la Jack N'a Qu'un Oeil ... ne font de toi ni Khan Oral, ni Alan Vega, ni Jim Thirlwell, ni LB Doll. Tu n'as ni charisme ni sens, et tu ne fais pas rire longtemps. Tu remballes.

Il est 21 heures, je picole depuis 14, et suis donc dans l'état rêvé pour
Deutsch Nepal : Peter, déjà sur album je trouvais que tu faisais bien de nous exposer de plus en plus souvent ton organe, mais là tu m'as décoiffé. Deutsch Nepal live, c'est le Mexique sans escale en première classe, en mode Wardruna.

Der Blutharsch : pas entendu le Wonderland espéré ; dépouillé le cérémoniel des disques, de leur rigueur funèbre et érotique, reste un groupe qui joue du rock primaire de façon bien trop coincée et encravatée pour que ce soit primal. Pas d'aura, pas de voix, je ne sais pas si Pascal et Damien de Kickback ont aimé, moi pas.

Soirée Nazis, poil au zizi (au Zèbre de Belleville)

Bof.


Bain Wolfkind

De la surf musique sauce martialo-indus poil-à-l'anus, sympa deux chansons pas plus, un crooner grognard au charisme guère convaincant, et des vidéos de femmes dénudées s'agitant les excroissances mammaires, que l'on qualifiera ici de nichons ou roberts, tant la séance de voyeurisme vire à la vulgarité beauf et écœurante... De quoi "chauffer la salle" des façons les plus basiques et évidentes, très peu pour moi, ou alors juste 5 minutes pour rigoler.


Deutch Nepal

Merci à lui, le Général, Le Lina Baby Doll, seul bon élément de la troupe, sauveur de la soirée ; chouette setlist, empruntant au récent Erotikon mais aussi aux albums plus anciens, set appliqué, ce qui est surprenant, vu la réputation du bonhomme à saborder ses performances au même titre que son pote Roger, mais non, il nous en donne pour notre argent : trip total, avec ce chant mielleux du genre à cacher de vilaines saloperies, qui fera toujours son effet bœuf sur ma personne, une atmosphère plombée, mystique, psyché même oserait-je, une belle messe dark ambient qui finit en apothéose sur un morceau particulièrement rythmé et nerveux, vraisemblablement tiré de Benevolence.


Ka-Der Hussel

Flop.
Disons-le carrément, c'était pas fameux : la faute notamment au son de la salle, déjà un peu juste pour son prédécesseur, mais qui vire à la catastrophe ici, on distingue avec peine les parties vocales, le son des guitares est atrocement saturé, bref c'est la merde. La faute au son donc, mais pas que. Si les interprétations de deux morceaux de "when did wonderland end?" en guise d'ouverture passent encore, malgré une poussivité déjà flagrante, la suite laisse franchement perplexe : exit tout élément folk, on fait du rock, martial oui mais aussi psyché. Psyché ? Il y a autant de psyché là-dedans que de poils de cul sur le crâne de Tony, et ce n'est pas les quelques bidouilles space wah-wah et les autres riffs groovey vaguement stoner qu'on pourrait y trouver qui changeront quelque chose. Non, tout ça dégage quelque chose de trop facile, trop basique et surtout trop putassier, au mieux du sous joy division version rock saturé -j'ai bien dit sous. On se laisse prendre çà et là par deux ou trois passages efficaces, mais qui ne feront pas mouche longtemps. Je vous passerai les détails pour ce qui est de nous jouer le soi-disant tube de "When did Wonderland end?", so bring your iron rain etc., quant au rappel... Comme on dit, il arrive parfois un moment ou il faut savoir s'arrêter.
Cela dit, le disque qu'ils étaient sensés représenter ce soir n'est au final pas si excessif et insupportable, bien plus riche et moins caricatural que cette lamentable prestation, et j'irai même jusqu'à dire : rien à voir ; encore un groupe d'indus à ranger parmis ceusses qui ne brillent qu'en studio ?

vendredi 18 septembre 2009

Funeral Mist : maranatha



Tout metalleux qui se respecte et comprend quelque chose au metal vous le dira : le black metal, ce n'est pas entraînant, pas mélodieux, pas varié, pas tout un paquet de trucs.
Ca tombe bien, le black metal, ça ne convenait pas à l'éxubérance d'Arioch, qui se privait de ses moyens, sur Salvation. Aujourd'hui, Funeral Mist joue enfin son blinding light-metal, tout en intros hippie-folk, en prédications enfièvrées, en choeurs religieux louchant avec ferveur tantôt dans Enigma, tantôt dans Bregovic, Vangelis ou Akira, en transes woodstockiennes tendance altamontiennes, tout ivresse, extase, exaltation, exultation - ex- encore et encore, oui, ex- tout un paquet de trucs. Une musique qui sort, qui vise ailleurs, plus haut en français, orgastique, du pink-metal sans l'ombre d'un doute, inondé de salives, brûlant, turgescent, palpitant, agité de saccades comme des lames de fond, montant sans fin ni satieté, rouge comme de grandes lampées au goût de fer, un divin tournis, une écumante poussée de cannibalisme, une éruption langoureuse de violence violemment hilare, qui saque et boute et hue et dia, déferle en dérapant allègrement, laboure dans le festin de chair, de graillon, d'ichor, d'entrailles au fumets musqués ...
Le metalleux, si on lui parle de joy-metal, il va voir des casques à cornes, des tresses et de la mousse. Arioch, lui, voit les choses en grand ; et surtout la communion.



P.S : quoi, vous l'aviez pas sentie venir, la vieille fatality ? Des disques pareils, vous en verrez pas des masses, et faudra bien que ça se sache. Mardraum, Incipit Satan ... Maranatha.

Marduk : wormwood


Pour son auteur, cet album est honnête voire bon. Ou plutôt, pour Marduk, dont on sait qu'ils n'ont de black que l'imbécillité, et de brutal que le nom. Le hic, c'est que son auteur, aujourd'hui, c'est donc, aussi, Arioch. Et que ça s'entend, mais que ce qui s'entend aussi, c'est qu'il n'est pas ici libre de sa dépravation et des fantaisies d'icelle, qu'il se contient tant bien que mal dans les bornes de la gentillesse guerrière qui sied à un album de Marduk, tout comme la navrance de la pochette.
Par endroits aussi tubesque que Maranatha, évidemment, mais assurément son petit frère qui ne sèche pas les cours et surtout pas d'EPS. Les odeurs de vestiaires ont sinon un charme certain, du moins un certain charme, mais ... enfin bref, vous m'avez compris.
Il va sans dire que je vais l'acheter, après tout ce site est rose, n'est-il pas ?

jeudi 17 septembre 2009

Funeral Mist : maranatha

Brainbombs : urge to kill


Mon voisin adore Brainbombs.
Sans déconner.
Il me l'a dit.

Il ignorait cependant qu'on pouvait trouver du Stooges là-dedans ; il y en a, vraiment ? Enfin peu importe, parce qu'il adore, franchement ; seulement, il voudrait savoir si c'est lui ou si le volume de ma chaîne n'est pas un peu fort, parce qu'il entend tout depuis son appartement, qui est contigü au mien. Pas que ça le dérange au contraire, il adore - parole! - , mais il essayait de dormir, compte tenu du fait qu'il est trois heures du matin et qu'avec le son qui filtre au travers les murs, il n'y parvient pas ; mais sinon, pas de problème, vraiment, il adore Brainbombs.

C'est ce qu'il me dit. Alors pourquoi ai-je l'impression, dans ses yeux hagards, que quelque chose le tracasse?

Hahaha. Mais non voyons, m'assure-t-il, tout va pour le mieux. Non, la puanteur qui embaume mon intérieur et qui vient maintenant pointer sur le palier ne l'importune aucunement. La déco ? Il adore, il trouve très jolis les collages photos de jeunes adolescentes décapitées copulant sur le papier peint ; je lui réponds fièrement les avoir fait moi-même, en découpant au hasard dans mes fanzines punk pédophiles. Oh oui, mon voisin adorerait que je les lui prête, à l'occasion peut-être ?

Mince alors. Un confrère.

S'il veut entrer prendre un verre ? Ce serait avec joie, mais mon voisin ne peut pas dans l'immédiat ; plus tard, peut-être ? Non, vraiment, ce n'est pas à cause du désordre qu'il se désiste, il a l'habitude, lui aussi, de laisser traîner des tessons de bouteilles de bière ensanglantés sur la moquette ; ce n'est pas non plus à cause de la jeune fi... - salope de traînée? D'accord, oui, si je veux - accrochée au porte manteau, il trouve ça même très décoratif. Sincèrement, mon voisin ne verrait aucun inconvénient à passer un peu de temps avec moi, mais il vient de se rendre compte qu'il avait une course urgente à faire. Si je peux garder la musique à haut volume ? Ca ne lui pose plus de problème, compte tenu du fait qu'il sort de chez lui et qu'il ne sera pas rentré avant un bon moment.

Ca tombe bien, parce que j'ai encore un pute en attente de se faire écorcher dans ma baignoire, et j'avais besoin de laisser le son à balle pour masquer ses cris ; surtout un disque avec des aigüs pareils, c'est l'idéal. Ce n'est pas mon voisin d'à côté que ça dérangera finalement - d'ailleurs, il faudra que je lui montre deux-trois trucs à l'occase, s'il veut pratiquer lui aussi - mais je ne connais pas encore bien mes voisins d'en dessous, peut-être n'approuveraient-ils pas ? Mais je suis probablement trop scrupuleux, en général, mes voisins approuvent TOUJOURS ce que je fais.

Et ils aiment TOUS Brainbombs.
Heureusement pour eux, tiens.

Jesu : infinity


Cet album est ici parce qu'il le doit, et qu'il sera peut-être dans mon palmarès de fin d'année. Et non parce que je sais fichtre quoi en dire. Pas envie de rassurer en déflorant, de donner des garanties aux gens de peu de foi, qui suivent Jesu d'une moue dubitative, de comparer, de cadrer, de rapprocher, d'analyser, et je ne suis pas non plus un bon éxégète de mon coeur d'artichaut. Que ceux qui placent encore tout comme moi une aimante confiance en Justin soient simplement persuadés qu'ils en seront récompensés et trouveront ici tout ce que promet le contenant : la grisaille de plomb, l'abrutissement gazeux, l'épuisement humide de la dépression, et l'élévation, la foi, la triste et lumineuse paix. Go spread your wings.









Oh, et puis si, je ne résiste pas : on la fait façon kyoku.
Ce morceau, qui fait voir Heartache pour le brouillon que j'ai toujours flairé, aurait pu (dû ?) sortir chez Godflesh - enfin, ça, on s'en fout, ceux qui savent entendre savent déjà le peu de différence entre Jesu et Godflesh - juste après Selfless.