mardi 22 avril 2008

Seekness : Devious Destiny


Voyage au bout du monde, s'intitule l'intro, en référence à une bande dessinée que je n'ai pas lue. La pochette met la puce à l'oreille : ce n'est pas l'Australie qui est au programme. Enfin, la puce : si seulement ... On fréquenterait volontiers des puces en gros plan, plutôt que les ectoplasmes mal taillés et mal tangibles dont on en vient à peupler les présentes limbes pour s'y sentir moins sordidement seul. Et mal barré. Hello, is anybody there ? Anybody at all ? Le malaise est froid, poisseux, toxique, figeant. Cthulhu ? Faites moi rire. Rien n'a de nom ici - et commence donc par essayer de me dire où tu es. Tu sèches, pas vrai ? Quelle planète, peut-être ? Ah, mais est-ce seulement une planète qu'il faut chercher ? Ou bien ne serait-ce pas tout simplement le cauchemar de ton réseau nerveux ? Tu es sûr d'être vivant ? D'avoir un nom, peut-être - ou au moins une dénomination ? Dans quelle langue, quelle espèce, quel état de la matière ? As-tu seulement quoi que ce soit pour me prouver que tu avais une vie, une autre ? T'as queue d'al. T'es queue d'al. Tout horizon est ici, ne cherche pas à comprendre les lois d'ici il n'y en a pas, il y a des pulsations sournoises, il n'y pas de temps le temps est mort avant la création du monde - tu sens pas l'odeur ? - il n'y a que des modulations de la pression sur ton brimborion zézayant d'existence, des stridulations de la matière, des torsions grotesques de la texture de l'élément - le tien ou l'extérieur, ça fait sans doute une grave différence, sauf que t'arrives plus à la faire, même en t'imaginant retourné comme une chaussette. Pourtant il y a quelque chose ici - d'autre que ce que nous appellerons toi par commodité, veux-je dire. Une ignoble certitude, quelque chose d'inerte et qui te voit, que tu ne peux situer ni identifier, mais qui t'imbibe de partout, te digère, te glace, suce goulûment ce battement organique que tu crois bien t'appartenir. Ou bien est-ce ta peur qui te cerne de partout, brouillard gluant qui monte en traînant du pédoncule, et givre les lambeaux de ta lucidité ? Ton esprit qui se fait la malle en tâtonnant d'un gargouillement égaré ? Tu te poses trop de questions, tu te disperses - comme si ta substance assommée le faisait pas déjà bien assez ; allez je t'aide, la question essentielle : ousqu'est la sortie ?
Je t'ai dit que t'étais nulle part, vrai ? Du coup, je te laisse trouver ta réponse tout seul avant de passer complètement à l'état gazeux.

3 commentaires:

Raoul a dit…

Shamancore. Il me reste de la codéine, je la garde pour une session Seekness ce soir, tiens

Le Moignon a dit…

Bordel, ç'a l'air démentiel ce truc !

gulo gulo a dit…

c'est bien pire, mon bon, bien pire