dimanche 25 mai 2008

... Et voilà le résultat

A force de les brimer, et trop longtemps, ils deviennent agressifs, ils mordent la main qui les nourrit, allez ... Je te foutrais tout ça en maison de correction, si j'étais pas aussi chrétien et bienveillant. Exprime-toi, jeune, ça soulagera ton coeur lourd, parle-nous de ton mal-être.


Les aguicheuses lipstick, j’en ai ras le braquemart


Je vous parlais de femmes à l’instant, avec mes éternelles manières de teenage broken heart ; faut dire qu’en ce moment, je suis dans ma période grognasses, alors ça rigole pas - et là, je me passe Sally Shapiro, pour panser les plaies que cette grosse péripatéticienne de Marianne vient de creuser profond dans mes veines. La chtite Sally, c’est mon Urgo à moi. D’aucuns disent qu’elle est scandinave. En réalité, c’est une italienne, déguisée en petite blondinette niaise des années 80. Des fois elle sonne comme Mylène Farmer, d’autres comme une petite gamine nippone gnan-gnan, mais on s’en fout, elle est vivante et unique, et j’ai envie de vous faire chier un peu, messieurs les gros durs de SOUM, fan de trucs iveule et supra-malsains qui font peur à mémé, avec un disque tout ce qu’il y’a de plus gentil, bête et chou ; et qui m’a désossé la tronche quand même. La Sally, je l’ai découverte un peu avant que cet infâme dealer dont j’ai heureusement oublié le nom ne me refourgue l’air de rien une compile titrant « After Dark », de chez Italians Do It Better. Y’a effectivement un lien entre Sally et ce revival italo disco, sinon j’en parlerai pas – dans les sonorités, surtout. Mais la petite reste très à part. Je m’explique… Y’en a qui aiment se vautrer jusqu’à plus soif dans Chromatics et Glass Candy. On ne saurait leur donner tort : c’est sensuel ; c’est beau ; c’est envenimé ; c’est bandant, oui ; mais ces femmes-là sont des icebergs, de loin tu penses pouvoir les atteindre, tu le veux, mais jamais tu ne pourras ; dailleurs elles ne sont là que pour que tous les regards soient tournés vers elles, les putes.

La petite Sally, elle, est aux antipodes de ce caractère mystérieux-érotique-insolent ; c’est une femme-enfant, enfermée dans sa bulle protectrice, son petit monde fait de peluches, de douceur, de chocolat… et de solitude. La vie ne l’a pas dotée d’une carlingue des plus affriolantes, ni gâtée question rencontres ; les hommes non plus. Instinctivement, elle cherche à aller vers eux, pour les enlacer, pour qu’ils se lovent contre elle ; pour en faire des poupées. Sa peau est pâle, elle vit dans un hiver éternel, et chante ses petites berceuses en forme de mignardises sur des synthés eighties, par moments revigorés par un peu de house, voire de beats dance - comme chez Glass Candy, du reste – sauf qu’ici rien n’est fait pour faire bander – l’érotisme n’a pas lieu d’être ici, tout du moins… pas dans l’immédiat. Disco Romance c’est un disque solitaire, tiens - un disque de solitaire, aussi - et son apparente niaiserie cache un certain malaise, voire un malaise certain : j’en veux pour preuve Time Goes By ; d’ailleurs, rien de bien étonnant à ce que l’intéressée aie avoué avoir puisé son inspiration dans Twin Peaks pour remplir son cahier de coloriage. En tout cas pour moi, le verdict est assez simple : à part Jackie Jackie (dont le refrain me file décidemment de l’urticaire, rien à faire), cet album est magnifique, je compte même plus les fois où je me suis endormi avec, bercé par cette petite voix innocente, ses mélodies scintillant comme du cristal ; gaga, tout simplement.

Et maintenant que le défrichage journalistique en bonne et due forme est fait, passons à l’essentiel, c'est-à-dire un paragraphe bien pompeux à l’intention des probables amateurs de revival disco-wave façon Johnny « Pimp » Jewel qui liraient ces lignes.

Toi. Oui, toi ! Les femmes ne t’ont pas fait de cadeau. Et pourtant, tu cherches toujours les plus féroces… comme cette soirée disco où tu avais fixé ton regard sur l’une d’elles… si si, je sais, petit coquin. Je vais resituer le cadre de cette triste nuit, pour mieux te faire comprendre ta bêtise, parce que je suppose déjà que tu feras ta légendaire moue quand tu l’entendras, la Sally – et ça n’a rien à voir avec la prévisibilité dixit doc.mes couilles, je le suppose, c’est tout, donc je préviens, plutôt que de guérir (c’est que je suis aussi médecin à mes heures, oui oui).

Le cadre, donc.

En général, tu préfères traîner ta carcasse de trentenaire romantique aux concerts, mais là, pourquoi comment, on sait pas, tu te retrouves dans une discothèque, et lol, tu tombes sur la femme fatale du disco, miss Ruth Radelet. Tu la mattes, t’aimerais y toucher. Sauf que c’est un Everest bien trop gros pour toi, t’as les yeux plus gros que le ventre mon Jeannot, on arrête pas de te le répéter pourtant … Mais dis-moi, au lieu de te fixer sur la jolie pétasse fardée qui chante trop bien et qui pose son miel envenimé sur des pulsations disco méga-classe et super élégantes qui te dresse le linga jusqu’au colback, la petite boulote au regard perdu, toute tremblotante et recroquevillée dans le coin du mur de cette putain de discothèque comme un ourson perdu dans la neige, au fond de la salle, t’aurais daigné la voir, ne serait-ce qu’une seule fois, gros connard de tatoué ?

C’est très con, parce que elle, elle avait envie de toi – et tu peux pas savoir à quel point elle t’aurais fait monter au septième ciel, en te susurrant des « je t’aime » au creux de l’oreille, pendant la besognade, et tout ça avec la naïveté chimique et perverse que peuvent avoir les femmes-enfant. Et elle t’aurait pas laissé tout seul, elle. Et elle aurait fini par t’engloutir tout entier dans son petit monde naïf et glacé, chose que t’aurais jamais soupçonné en la voyant pour la première fois, à peine capable d’aligner trois mots sans baisser les yeux. Elle t’aurait eu à l’usure, t’y aurais pas cru « roooh sérieux, qu’est-ce qu’on est loin des femmes fatales, et pis qu’est-ce que c’est mignon tout plein et inoffensif, hein, pas une once de vice, la musique en est même dépourvue, c’est trop gentil, y’a pas de venin, même pas d’érotisme, allez, fous moi la paix avec ton cageot, cette meuf est en plastique ! »… Raté : cette nana est magique, mais ça tu t’en rends compte à force de tours dans son petit manège en toc, et tu finis par piger que tout ce qu’elle voulait, c’était t’enivrer, te pousser jusqu’à l’orgasme, et ce sans avoir l’air d’y toucher, à la façon des gamines tu sais, avec ce petit œil pétillant qui en dit long, mais cette main qui n’ose pas descendre le zip, et pourtant rêve de voir ce qui se cache derrière – tout ce qu’elle voulait, la petite rondouillarde, c’était te pécho entier, jusqu’au goulot ; et puis te garder pour elle, t’enlacer, te protéger, dans la nuit, dans le froid, dans toute cette hivernale désolation, un cœur qui bat et s’approche vers toi, deux enfants qui se rencontrent, un retour dans les années 80, en mode Petite fille aux allumettes meets Cœur meurtri, mais surtout un come-back dans les pires nostalgies qui soient ; et ça mon pote, ça te caresse autant le cœur que ça le fout en l’air, crois-moi…

Sans drogues ? Naaaan, sérieux, c’est possible ?

Essaye donc, coño, au lieu de faire ton dur à cuire.

(P.S. : préférez la version américaine à la version européenne, donc cette pochette-là et pas l’autre avec la police de caractère façon tâche de foutre sur le chemisier)*

Jean-Jean

6 commentaires:

Raoul a dit…

Gulo a un droit de réponse, oui ?

gulo gulo a dit…

j'aime pas les mômes

gulo gulo a dit…

(non vraiment, le temps n'y fait rien, quelle agressivité) je suis chez moi dans presque n'importe quelle boîte (pas la Java, faut pas délirer) ; je suis pas dur-à-cuire, juste cuit ; et quel intérêt si elles sont pas fatales, si l'issue peut pas l'être, vraiment, comment appeler ça vivre ; c'est malin ça me coupe l'envie d'écouter cette SS

Jean-Jean a dit…

tiens tiens, je l'avais loupée celle-là - donc si, l'issue l'est, fatale - la fille ne l'est pas - en apparence du moins; mais si j'aime il y'a évidemment quelque chose de l'ordre du mystère ou de la perversion ou du moins quelque chose de l'ordre de la perversion larvé en dedans (mais vraiment profond), ça n'est pas qu'un disque gentil - puisqu'il est enfantin/infantile donc cruel, mais pour s'en rendre compte faut l'écouter à foise - et pis il a quelque chose de glacé, façon nocturne hivernal.

gulo gulo a dit…

je suis brave ? allez, je suis brave : d'une, je suis très susceptible ; de deux, je n'écoute jamais que ce que je veux, pas ce que je dois ; de trois, je n'ai jamais au grand jamais écouté personne sur le sujet de quel genre de femme me vaut mieux

RAVEN a dit…

de quatre, tu te braques pour un rien; prendre une pichenette amicale pour une agression, c'est au moins un truc qu'on a en commun tu en conviendras - du reste je ne fais que suggérer/proposer, même quand j'ai l'air de vouloir imposer (popopopop) je sais bien que t'es un susceptible (et encore le mot est faible) - et surtout ce que je sais c'est qu'il faut à chaque fois bien faire attention avec ce qu'on va te dire sous réserve d'engendrer un séisme si ça ne passe pas ou de travers, du coup je l'ai joué bourrin, mais j'y ai mis les formes quand même; j'ai l'air d'un mac avec mon boudin ? sérieux ? ça paye pas de mine, mais j'en suis amoureux, et quand j'aime il arrive que j'aie envie de partager, quitte à me persuader moi-même que je connais l'âme de l'autre dans ces moindres recoins (c'est un gros défaut), quitte à me croire toi (lol carrément ?) quitte à être un gros naïf (je suis aussi du genre à croire que ceux qui me font aimer ce qu'ils aiment aimeront ce que j'aime, oui je suis un gros con) quitte à avoir l'air désagréable, et paraitre on ne peut plus déplacé, faire du racolage - mais en réalité je pensais juste pouvoir pousser ta curiosité; le moins qu'on puisse dire c'est que j'ai fait fiasco (non non je ne suis pas triste)