jeudi 22 mai 2008

Gorgoroth : Incipit Satan


Sans conteste possible l'album le plus troublant de ces fondus de Gorgoroth. On commence ... bon, par rire, comme relativement souvent avec eux - qui ne rient jamais. Non, mais tout de même, "A World to win", faites excuse ! Enfin, au moins ça va encore plus loi qu'Under the Sign of Hell dans le mélodisme playskool, ici on n'a même plus envie d'envahir la Pologne mais plutôt de chausser le sac à couilles en fourrure et de se pougner avec l'épée en plastique. On se dit aussi qu'ils vont jamais réussir à enchaîner un combo potable : à la pétrifiante "Litani til Satan" succède "Unchain my Heart" (oui, c'est aussi leur album lover), morceau certes bon tout comme l'incipit judicieusement intitulé "Incipit Satan", mais qui fait gentiment retomber dans le gérable l'ambiance sordide qui venait de nous saisir d'une prise gluante et lourde comme un noyé. Mais sitôt cette rugissante cavalcade branlée, on replonge encore pire avec an "Excerpt of X", à nouveau le peu rassurant Kristian passe en voix claire, moins stranguleuse que sur l'abominable incantation deux pistes plus haut, encore plus indifférente et gelée, sur une mélodie qui fleure bon la mort sans phrases perdu dans la montagne, sur le chemin de cette fameuse cahute, à l'évidence naïve du calibre de "Transilvanian Hunger", oui monsieur. Et puis le norvégien c'est idéal, on comprend que chi, on a toujours la sensation qu'il raconte des horreurs pas possibles.
Après une funéraille pareille, le barbecue qui suit est cette fois tout à fait bienvenu, on déglutit un peu, et puis les guitares sont tout de même toujours bien calcinées, il grêle et il blizzarde du métal tranchant à qui mieux-mieux, le heavy du début paraît bien loin derrière. Ça y serait-y, auraient-ils chopé enfin le timing d'une bonne dérouillée ?
Bingo ! J'espère que vous en avez bien profité pour respirer le peu qu'il y avait à, parce que la suite immédiate est une brutale apnée dans un épouvantable limon, une constriction immonde et vert-de-gris de tout avorton de sentiment qui pouvait subsister. Nausée, asphyxie, passage au noir, néant.
Cet immondice rituel est suivi d'une intro martialo-apocalyptique, à croire que les Gorgo ont décidé de quitter la Norvège pour la Suède de Roger ... Et là, je vous le donne en mille : c'est le retour du heavy ! Mais le meilleur heavy qu'ils aient jamais pu nous dégueuler - car pour une fois c'est, enfin, vraiment dégueulé, sans le moindre spasme au demeurant, sur un ton désinvolte, pure classe désespérée en barre (à mine), nonchalamment dégoûté, branlé par-dessous la jambe, surpuissant d'absence de conviction en rien ... Glps.
Ce coup on la tient la réponse à la question : oui, Gaahl y pète.

3 commentaires:

thelightcarrier a dit…

UTSOH reste pour moi un de leur plus vil glaviot (c'est un compliment)mais faut reconnaître qu'un calembour comme le tien me donne bien envie de retenter l'incipit.

gulo gulo a dit…

vil ? c'est dingue, je comprendrai vraiment jamais ce que vous lui trouvez tous de vil, à ce recueil de wagner sautillé pour enfants - la saturation ne fait pas tout, à part la batterie la plupart des autres gorgo a le même son de grattes façon orage métallique, les passages tristouilles y sont bien plus réussis et à petite dose, et y a de vrais moments de grande glauquitude ; UTSOH, c'est pas loin d'être leur plus mauvais je crois, quoique Pentagram aie l'air bien cheap et attendrissant aussi ; d'ailleurs j'ai aussi de l'affection pour UTSOH, les bébés satanistes c'est mignons comme tous les bébés

thelightcarrier a dit…

ahah " recueil de Wagner sautillé pour enfant"??

UTSOH c'est pour moi un des piliers de leur discographie. Sans tomber dans le cracra ou la débauche de violence ils servent quelquechose de vicié, d'acide et corrosif: une perversion totale de chaque mélodie, chaque riff tout en restant audible et travaillé.

Revelation of Doom c'est quand même un bon gros glaviot, une belle moukrène à la glaviouse.

Idem pour Twilight of the Idol, un peu plus "sérieux" et moins sautillant mais tout aussi excellent.

Cela n'enlève d'ailleurs aucun mérite à Incipit, faut juste que je repose les oreilles dessus.