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Affichage des articles du juin, 2008

Sheep on Drugs : Greatest Hits

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Cet album porte on ne peut mieux son nom, il contient plus de tubes que n'importe quelle compile de n'importe quelle usine à tubes. Mais avant tout, cet album EST la moustache. Tribal disco house hard rock batcave ebm. Les textes causent de passer à la télé, des drogues ou d'amours motorisées. Parfois des trois. A quatre pattes, morue, et pense à l'Angleterre ...

Vive la Fête : Nuit Blanche

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Il faudrait sans doute la plume infatigable de notre prodigieusement prolixe invité pour dire la naïveté de mauvais goût et les vingt mille lieues sous le maquillage à la truelle de ce disque. Car on se noie pour cette nuit blanche dans la cheapitude tartignole, le culte nymphomane des années 80 - et non du kitsch, on est suffoqué, strangulé par l'amour vrai de ces années-là, de ces rythmes qui entraînent jusqu'au bout de la nuit, dégoisé à tue-tête avec le mordant girly des années techno, la furie des générations post-X, post-tous les extrémismes et les dernières extrémités du quart d'heure de gloire, les drogues de synthèse, les passages au noir et au nihilisme fashion. Oui, je ne suis pas Jean-Jean, mon Jeannot ... Et surtout, surtout il y a, en huitième position, "Noir Désir". Ah ; une absolue boucherie de la vulgarité la plus éperdue de sentimentalisme, qui ouvre le bide sans aucun ménagement.
Punk is dead ; new wave's not ; sweeeeeet.

ONG

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J'ai aussi été goth et j'en traîne encore des choses que d'aucuns utilisent sans doute pour pocher les oeufs, so ...

UMBRA ET IMAGO – Mea CulpaQuestions boulets, j’ai à revendre. Ne croyez pas que j’en fasse un faire-valoir ou une marginalité de bon teint, non : ce serait mal me juger. N’imaginez pas un seul instant que j’écoute le moindre de ces groupes (dont je tairai la liste par souci de concision - Philou, merci de baisser la tête) au second degré. Hola ! pas de ça chez nous, grands dieux ! Ce serait m’insulter purement et simplement, ça reviendrait texto à dire à notre vioque adoré qu’il écoute Hatebreed parce que c’est rigolo (l’amour à ses raisons que la raison ignore, vous connaissez la chanson). Donc, Umbra Et Imago. Asseyez-vous, inspirez profondément, cachez ce sourire moqueur que je ne saurais voir. Gothique ? Je veux mon n’veu ; et jamais masqué, que Saint-Augustin & les catins de Gomorrhe m’en soient témoins ; masqué non, peinturluré, oui, et « maquillé c…

Krisiun : Conquerors of Armageddon

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Du brutal death, à ce qu'on dit. Une connerie, si vous voulez mon avis, puisqu'il est bien connu que le brutal death est une musique illisible par des oreilles qui aiment un tant soit peu le groove. Conquerors of Armageddon, c'est plutôt un Slayer qui n'alignerait que des latinos - il paraît qu'ils sont brésiliens, pour moi je sens des quintaux de Colombie là-dessous, see what i mean - ou un Morbid Angel bodybuildé comme sur Gateways, pris d'un véritable berzerk. C'est primaire, répétitif, monocorde sur le blast, ça ne dissone ni ne sweepe ni ne tappe ni rien, obrigado. Il suffit d'être evil et d'exploser ; et pour ça, todo match ! Car, à savourer au casque, sous ou plutôt sur les riffs menaçants qui font le boulot sans imagination, puisqu'il suffit d'une poignée de notes de préférence proches et dans le bas de la gamme, il y a le flow du growler, à la personnalité bien trempée et débordant dans tous les coins, son timbre rauque et inhumain…

Concours de bites chez les hobbits

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Spéciale dédicace liminaire qui me fait penser qu'il y a une star que j'ai omis d'inviter céans et que je vais devoir réparer cet oubli catastrophique bien vite, mais ceci nous éloigne du sujet du jour, qui est :
une Battle, mesdames messieurs (la soumienne est au moins aussi rare que la gutsienne, d'ailleurs la seule recensée est les deux, on la salue tendrement - cette intro est en train de tourner au putain de pince-fesses, à croire que je me fais dessus)

Le jeune beau gosse teigneux et logorrhéique que vous avez appris à connaître et à craindre est back de son bac à sable, avec la ferme intention de clasher papy sur une plate qu'il n'aurait jamais eu la chance de révérer sans ledit ancêtre, ainsi le veut l'éternel changement des générations, depuis que le monde est monde, allez ...
Comme je suis un mec qui écoute Hatebreed sans rire, je vous la balance et je la prendrai en même temps que vous :

NN – MagicLa fin de ce tunnel je la connais. Le stade terminal,…

Lifelover : Pulver

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Lifelover fait du depressive beumeu emo-coldisant, Lifelover n'aime donc pas la vie, Lifelover est suicidaire cynique, et nanani et nanana. Foutaises. Lifelover vaut bien mieux que cette façon de se présenter en contrepied débile. Lifelover n'est pas anorexique, Lifelover ne passe pas sa vie de merde dans sa chambre à ruminer sa rancœur contre tous ces connards dehors, qui reluquent goguenards sa mine de porte-manteau constipé et déplumé. Pas moyen qu'ils soient ce genre de curistes-là, à la Xasthur ; pas avec cette folie, non. Du vrai curiste à l'ancienne, déjanté, alcoolique, avec le cachet nordique en sus.
La consanguinité entre la cold et le raw norwegian, d'autres l'avaient déjà chouettement prouvée, mais jamais de cette façon complètement torchée, pour évoquer les misères sexuelles et les amours en vrac, et vice et versa, avec ce fatras où titubent dans la plus grande fluidité, renversant tout sans jamais se viander, les riffs en scie, les pianos neuneus…

Amen Ra : Mass IIII

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Ne croyez pas ce qu'on vous racontera ailleurs, Amen Ra ce n'est pas du postcore, et je le prouve.
Primo j'ai un poteau, le pauvre il en a trop écouté du posttruc et aujourd'hui il peut plus, il reconnaît volontiers qu'Amen Ra c'est du bon. Deuxio moi qui n'ai jamais réellement pu en écouter, après avoir dit tant et plus d'horreurs sans avoir écoutés les Belges dont il est question je suis tombé sous le charme comme une pucelle à la sortie de ce quatrième volume. Troizio il est de notoriété publique que le -core dans postcore est un résidu vidé de sens qui aurait dû suivre le même chemin que le hard-, et que le postcore ne prend rien d'autre que du chichon, et Amen Ra c'est du hardcore, du hardcore monotone, planant et qui rame, avec un chanteur qui vocifère crassement comme on se gratte des démangeaisons sans fin. Amen Ra n'a que foutre de vagues colossales et des mondes engloutis y attenants, en dépit de leurs artworks aux penchants monum…

Primordial : To the Nameless Dead

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Primordial fait partie de ces groupes rares, comprenez précieux à mon cœur, plus uniques que les autres. A la façon de Neurosis. Avec peut-être la différence que, pour ce que j'en sais, les Irlandais n'ont pas inventé le style dans lequel ils officient ; je devine qu'existe toute une branche, pagan-folk-celtic-black-dark-metal de mes deux ; peu importe : c'est comme si ; tout comme Neurosis, ils devraient, dans un monde lucide et digne, être les seuls investis pour jouer ça, tant nul ne saurait prétendre porter la sincérité à ce point d'incandescence.
Folk, pagan, black, le reste ? Sans doute, à la base ; mais raffiné à mesure des albums il y a surtout un style à part entière qui n'est qu'à eux de plein droit : heroic metal. Un genre de heavy, oui, dans ce goût de ce que l'on a envie d'appeler larger than life ... si ce n'est que non ; que la force miraculeuse de Primordial, c'est de faire se sentir en vie ni plus ni moins, vivre ce qu'…

Pneumatic Detach : Ko.mor.bid

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Pneumatic Detach, qui fait ici enfin péter tout son potentiel, a quelque chose de Nordvargr, dans cette façon dont la pureté douloureusement limpide du son fait d'autant jaillir à la face comme qui vous savez la saleté de l'intention. On pourra également, à fin de borner cette étrange et maligne musique, citer Hecate, pour le goût du staccato dans le breakcore, et Cdatakill, pour la couleur nocturne futuriste et hantée, et puis Zymosiz, pour cette manière de faire cogner les beats synthétiques comme une impro de percus qui tourne à la transe ultraviolente, et même Exclipsect, pour le mitraillo-pilonnage chirurgical, avec moins de fioriture systématique ; et aucun de ces pénibles et innombrables projets indus-rythmiques à qui la saturation tient lieu de méchanceté ; tout est dans la sécheresse impitoyable des impacts, la précision de la matraque et la lubrification parfaite des pistons.
On le ferait, et il faudrait ensuite vous dire que tout ça c'est des conneries et que vo…

Ophiolatry : Transmutation

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Un album qui met mal à l'aise. Oh, pas que l'ambiance evil y soit surlignée, non, juste pesamment présente. On nage pourtant en plein ultrabrutal ; comme les mecs sont brésiliens, votre inculte serviteur pense vaguement à Krisiun, mais il ne trouve pas ici la même humeur martiale fulminante, avec ces trois inquiétants-là tout est fluide malgré les cassures plus nombreuses que chez les susnommés, à l'inverse des épaisses lignes mélodiques, ici obscurcies, chahutées, grimaçantes. Cascades sans répit de blast polypien, solos à la démence froide, morceaux brefs qui s'enchaînent à toute blinde, on se croirait au milieu d'une grotte pleine de chauves-souris, et on soupçonne qu'un truc pas immodérément sympathique se monte à mesure de ces incantations sans aucun lyrisme, ce marmottement caverneux affairé qui n'annonce rien de bon. Et il y a aussi, çà et là, ces interludes dissonants electro-mathcore, ou contemporain désaccordé, ces sons techno-stridulents, ces h…

The fall of Ministry, Bataclan, 15/06/08

Bombe à merde, alors. 
Finalement, notre G.G. national - heureux, l'homme de mauvaise foi - de rechigner d'en être, il a gagné sur tous les tableaux. En même temps, j'y serais pas non plus allé, si ce n'était cet estampillage "tournée d'adieu" sur l'affiche. Bah ouais, en général, quand ce genre de connerie est indiqué, ça veut aussi dire que tu vas en prendre plein le cul, et que tu vas repartir la larme à l'oeil, après avoir supplié cent fois, mille fois le groupe que t'es venu voir une ultime fois de rester encore un peu, de réfléchir, est-ce bien raisonnable, il est peut-être encore un peu tôt, tout ça tout ca. Un moment magnifique en somme, que si tu l'as pas vécu, tu peux pas comprendre. Alors oui, on en a pris plein le cul, la larme à l'oeil : 30 euros dans le fion, ouais, t'as mal. par contre le reste, non, bizarrement. Bon, déjà, je vous passe la première partie, y paraît que c'était naze, moi j'y étais même pas com…

Gored : Human

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Sombre ? Hé, par ma foi ! Oui. Lol ? Pas vraiment, non. Pas fondamentalement à cause des samples de cours de dissection compassés - mais pas en dépit non plus, hé ho. Car si au début on enregistre leur présence comme un cliché débonnaire, ils finissent à force par vous plomber le moral bien comme il faut, et contribuent insidieusement à cette sale ambiance de terne sauvagerie, de bestialité sans rut, que dégagent les morceaux de carne, et les vocaux - qui eux aussi font une entrée trompeusement anodine, toute pitchée, avant que d'abattre leurs sordides cartes sur la table dans un marmonnement de charogne. Pareil pour la batterie grind typique à base de blasts de pots de yogourt, ses coups de sang pathétiques sont finalement peau de lapin au milieu du marigot de groove putréfié bien death qui suffoque cet album, enseveli qu'il est de basse ignoblement douillette de crunch, qui donne à ce goredeath une touche nauséeusement industrielle - voire death industrial - Great Death, qu…

Tricky : Knowle West Boy

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2008, l'année du retour gagnant avec l'audace ? Après Aaron, qui nous donne ces jours-ci la dernière chose qu'on attendait, un (free)party album en béton explosé, Adrian est back dans les bacs, avec un album pas mauvais du tout, ce qui est aussi la dernière... Alors oui, les beats asthmatiques et la respiration claudiquante sont toujours portés manquants, on est en territoire nonchalamment pêchu, une sorte de rap-ragga'n'b, indus-rockisant à la Bubblegum de Master Lanegan version booty, les morceaux sont variés comme sur Blowback, voire Maxinquaye (que j'aime encore moins, en fait), y a même un morceau de trip-hop dites donc, et un bien ténébreux encore, et puis ça sent le sud, à mi-chemin entre le quartier et la cambrousse, laid back, écrasé de soleil, les dents en or de sortie dans les sourires égrillards, la chanteuse est émouvante quand bien même elle n'a pas l'hygrométrie amazonienne de Martina à la grande époque, et cette chronique ne ressemble …

November Növelet : Cigam

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A-hem ; quelle heure est-il - quel jour sommes-nous ? Oh ; ils ont fini par m'y envoyer, sur cette station sur la Lune, alors ? C'est donc que j'ai bien fini par faire/subir quelque chose d'abominable ? Mais pourquoi d'ailleurs semblè-ce si évident ? Et pourquoi, dans ce cadre apaisant, lénifiant, clinique, hygiénique, curatif, où je me trouve apparemment, tout est-il si évidemment, limpidement douloureux, tranchant, lancinant, alors que mon cerveau, que toute la routine communément appelée âme, ou coeur, paraît court-circuitée, alors que tout vécu toute surface émotionnelle paraît pure et stérile tout est-il si source d'élancements aussi aigus que fantomatiques ?
Des fois, la chose qu'ils m'administrent par les côtés du crâne s'endimanche de pulsations gauches et caressantes, ça tire sur un boyau en moi mais il n'est tendu qu'au néant. Je veux pleurer, alors, mais j'aimerais encore mieux me rappeler ce que le mot veut dire. Je m'en…

Prince Harry, Binaire, This is Pop, La Miroiterie, Paris, 12/06/08

Est-il encore utile de présenter/décrire Binaire ? Les gens ne veulent pas aimer Binaire - c'est bien pire : ils aiment bien Binaire, ils trouvent ça sympa, ça envoie le bois, pouah - et ils dansent pas. En revanchent ils aiment - relativement aux proportions de certains cercles du www - écouter le vieux s'enflammer sur Binaire, taquiner la vieille groupie péremptoire. Alors en vlà : Binaire est toujours le meilleur groupe du monde, le seul dépositaire de cette programmation de boîte à rythmes imbéciloïde punk et tech de base qui tatane jusqu'à ce que tu déclares forfait, et articule je te prie pasque je suis complètement sourd de cette oreille, de cet amour pyromane des aigus liquides, les rois no-wave-noise-rock de la témon des familles qui fout dans les transes comme t'oses même pas en rêver quand tu te touches en écoutant Big Black, avant de te ressavater jusqu'à la nausée comme en 40 - quand on aurait jamais osé chier un Atari Teenage Tafiotte, exactement.
En m…

Venetian Snares : Detrimentalist

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Pas de sentiment. Fini les concepts esthétiques qui nous ont donné les plus grands frissons, d'émotion, d'amertume, de terreur, de beauté, de désir dégénéré, mais aussi quelques graves moments d'embarras dernièrement ; finis le gothique et le romantique ; finie aussi l'idm aussi relevée qu'une Budweiser qui nous a seulement causé une indifférence atterrée. Aaron Funk est de retour, et il est content ; de cette joie monstrueuse, inhumaine, impersonnifiée, qui gronde d'un seul spasme de la main galvanisée qui pousse le saphir aux pieds innombrables qui ruinent le champ ou le tarmac - comme qui dirait qu'Aaron a dû passer quelques week-ends en anglaise compagnie, sur des campings sauvages, si vous me suivez. S'il y a la moindre idée centrale ici, c'est le nihilisme chéper, ce truc qui n'a que faire du moindre machin qui fasse sens, que tout un tas de gens qui "n'ont pas besoin de ça" trouveront nauséeux et stérile, et ils auront rai…

Chrome bloody Hoof, punks !

Who's sorry now ?

Vilette Sonique, Vendredi 6/06/08 : Throbbing Gristle + Pan Sonic + Viva and the Diva

Soirée tête brûlée, donc.
Ca  commence mollo pourtant, avec Viva and the Diva, sous des auspices vraisemblablement kraut rock selon le petit guide de la Villette Sonique. Impossible de confirmer pour ma part, ce style est une lacune dans mes connaissances musicales. Trois zicos débarquent sur scène, je les distingue mal, un mec gueule après Genesis P.Orridge et là, en voyant débarquer une silhouette féminine sur la scène j'ai comme l'affreuse impression que les premières parties ont été zappées. Mais non, en fait c'est une femme, une vraie, -et foutrement sexy en plus de ça !! - et qui, par dessus le marché va foutre le feu sur scène pendant tout le set, que même les nanas du premier rang sont pas loin de mouiller leur culotte en la regardant faire. Tour à tour vulnérable et dominatrice, avec un sex-appeal surdéveloppé et une plastique que tu savais même pas que ça existait en vrai, style pin up amerloque des anées 50 tout droit sortie d'un film de David Lynch. Ca tombe…

Chrome Hoof, Folie Belvédère, Paris, 07/06/08

Allons bon ; comment rapporter ça ? Utiliser les références usitées ? Sunn O))) : à part les robes de scène, détournées à la mode disco, je vois grave pas, et c'est heureux si vous voulez mon avis. Funkadelic, ou Parliament (je confonds) : je connais pas, mais j'imagine que la puissante présence de la négresse au bodio aussi énorme que la quéquette à Eugene doit jouer.
Mes sempiternelles références à moi, alors ? Camper un Cop Shot Cop qui joue du funk satanique ? Qui cogne aussi hardi sur les répétitions qu'un Shub-Niggurath & Sister Iodine Big Band ? Sans omettre d'insister, qu'y a pas que la pigmentation que la dame partage avec Eugene, j'en ai encore chaud aux regrets ?
Dégainer les grands mots ? Dionysiaque ?
Panique, tout simplement.
Oui, je vis beaucoup de moments orgiaques. Je suis un privilégié, que voulez-vous que je vous dise ?
Ah ! et énorme, je l'ai dit, énorme ?

C'est con, parce qu'à ce point, j'étais bien partant pour une soirée d&#…

Chromatics, Jardin des Iles, Paris, 07/06/08

Difficile.
Difficile de jouer, entre le courant qui coupe et le synthé qui saute. Mais ça commence enfin.
Difficile de rentrer, passés les deux ravissants inédits d'entame, dans ces versions qui semblent retaillées pour le concert en contexte rock, des rêves de velours de l'album. Surtout en plein jour et malgré une rachitique bruine curiste à mort (salut à toi, l'ami). Difficile de se laisser aller serré au milieu de ce troupeau de nostalgiques rangés et de mômes surlookés mais aux guiboles remarquablement inertes, d'autant que stressé par l'horaire votre immodeste serviteur n'avait pas trouvé le moment de s'enfiler par-dessus cravate quoi que ce soit qui fasse le pied léger.
Difficile de ne point être déçu par concert si court et rappel encore plus court, qui reprend le thème de R.U.T.H ... sans Ruth, qui visiblement ... bah, pas grand'chose, d'ailleurs - hmm, j'entends déjà les gros sabots du JJ qui s'en vient chanter au GG l'air du &quo…

Roisin Murphy : Overpowered

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Atroce. Cette envie de me remettre à gober, à enchaîner les panachés dans le Marais jusqu'à deux heures, avant d'aller passer aux vodka-perrier au Gibus, et déployer mon envergure à la taille de l'univers sur la piste, y plonger et y danser comme un comprimé effervescent, exulter sans fin jusqu'au bout de chaque doigt au milieu du langoureux tressautement général, et pourquoi pas envisager de serrer, au moins d'un peu plus près, la petite blonde qui pète le feu et un sourire confondant, là-bas ... Où sont mes 23ans ...
Roisin Murphy est anglaise, aussi anglaise qu'Annie Lennox et que les Basement Jaxx, aussi anglaise que le UK garage - si vous vous acharnez à chercher où finit la soul et où commence la new-wave, comment on passe du disco au two-step, du garage à la pop, si vous ne savez pas dans votre pelvis que les Anglais sont les empereurs de la dance culture, les seuls capables d'envoyer une musique aussi pop-catchy et aussi club-smart à la fois, si vo…

Kill the Vultures : The Careless Flame

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Je vais pas vous la jouer urbain, flingues, renois patibulaires, flaques de sang, ni tout le saint frusquin. D'une, je sais pas faire, ou j'ai la flemme, ou c'est pareil, enfin y veulent pas. De deux, ça me fait pas du tout ça, KTV.
Bien sûr, ce disque sent la rue. La rue comme quand on y descend le cerveau en vrac, le coeur en scoubidou fondu, les nerfs en tartare, la mâchoire dépendue - je vous en foutrai moi du "au ras du bitume", vous avez déjà arpenté le pâté de maisons les bras à plusieurs tonnes chaque, façon gibbon, et le menton pire encore, avec le filet qui commence à dégouliner, les yeux qui scrutent tout par dessous ? Avec le cruchon qui saute qui bute, toujours sur la même phrase qu'il lui tourne autour, toujours aussi impossible, et y a pas moyen, il y revient, à se vénèr tout seul, chercher à piger - vraiment ? Ou juste à s'assommer dessus à force, à la faire rentrer quelque part qu'on en parle plus, qu'on oublie tout qu'on re…

Cavalera Conspiracy, Le Bataclan, Paris, 05/06/08

Bon petit pogo, presqu'aussi orgiaque qu'un teknival.
Et un miracle : je me suis entendu avec des Lyonnais.

Warning : The Strength to Dream

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Doom. La simple évidence d'un sentiment déroulée, pas lent à pas lent, tout au long indifférent et sublime d'un album morne et dévitalisé, pesé de tout son bloc nu dans la batterie flegmatique, dans les riffs froids et durs comme la tombe au gré desquels le headbanging est hors de propos, le mol balancement irrépressible. Nulle glauquerie, nul vice, nulle violence à l'endroit de quoi que ce soit. Et toute la pureté de cet état dans une voix. En majesté dans son dépouillement absolu ; de toute couleur, de toute passion, de toutes humeurs mauvaises, de toutes macérations, de toute joie - car vous l'aviez compris, n'est-il pas ? Le sentiment est le dénuement parfait de tout espoir.

The Twilight Singers : Powder Burns

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Le costard célio est froissé. Comme le teint bouffi et autant bleui de barbe que de dérives. Les cernes sont lourdement violettes. L'haleine est aussi moisie que la bouche est cartonneuse, et on allume une autre clope, tiens allume-toi sur la mienne, parce que celle d'y a 30 secondes nous manque déjà. Combien de paquets descendus, cette nuit, déjà ? De quoi on a parlé, déjà ? De tout j'imagine, mais à part ça ? Est-ce que j'ai dit beaucoup de conneries ? Je veux dire, trop pour te rester sympathique, un peu ? Attendrissant, ah ... J'étais pas assez parti pour te faire ma déclaration, rassure-moi ? Si, bien sûr ... On a dû se frotter, non, forcément un peu ? Sans doute pas grimpés ; quel con putain, avec ce que je me suis mis pour être à ma hauteur j'en aurai même pas le souvenir pour le chérir les jours où on a envie de se gratter amoureusement les croûtes ... Mais là, on a tellement grotesquement passé toutes les prudences élémentaires, et on a tellement ram…

Sonic Youth : Rather Ripped

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Avant que de commencer cette chronique qui va sûrement en froisser, désamorçons-la direct, vous me ferez pas chier : or donc il est plus que probable que je ne serai jamais adulte et mourrai vieux petit con imbuvable.

Ceci posé, Rather Ripped. M'enfin ?! Je sais qu'on s'extasie un peu partout sur ce type de Sonic Youth, adult rock on appelle ça, des petits joyaux de composition je ne sais quoi, mature, voyez-vous ça, et patin et couffin. What the fuck ? Depuis que j'ai découvert Dirty il y a de ça ... une paye, j'ai toujours trouvé la musique de SY on ne peut plus adulte, ç'a même d'entrée tranché avec le reste de ce que j'écoutais, tellement ça sonnait nettement plus adulte, Music for Adults avant l'heure j'aurais même dit - et dieu sait si Dirty est un de leurs disques les plus ado. Prenez n'importe lequel des vieux, le premier, Sister, Confusion is Sex, celui que vous voulez, mais c'est incomparablement plus adulte et amer que ce dis…

Lava + Esoteric, Le Klub, Paris, 31/05/08

Fatum Elisum : du doom-death à l'anglaise, j'imagine - n'en écoute jamais ; musique qu'on devine sans surprise, donc, sobrement hard et sobrement goth, guitariste rythmique dans la grande classe quarantenaire, et chanteur habité, avec le sourire pile au moment où il faut ; un bon moment avec un groupe sans prétentions pour s'échauffer les cervicales au groove imparable du doom

Lava : j'avais un debriefing façon consulting complet pour le Moignon et le Moisi, ça ne vous concerne pas, surtout si vous lisez ceci parce que vous étiez absents ; vous saurez simplement que Lava, ça fesse ta maman ; pour les attardés, c'est du sludge, what else, en version bien à l'os, subtilement indussoïde, du power trio qui balance sec et droit au foie, Dimebag Lou je ne demande qu'à t'entendre intégrer le dispositif mais sache que la pression est mise, t'as intérêt à vite décrocher du mood crétois si tu m'en crois, bref Lava je dis raah, Cop Shoot Grief, et …