vendredi 20 juin 2008

Concours de bites chez les hobbits

Spéciale dédicace liminaire qui me fait penser qu'il y a une star que j'ai omis d'inviter céans et que je vais devoir réparer cet oubli catastrophique bien vite, mais ceci nous éloigne du sujet du jour, qui est :
une Battle, mesdames messieurs (la soumienne est au moins aussi rare que la gutsienne, d'ailleurs la seule recensée est les deux, on la salue tendrement - cette intro est en train de tourner au putain de pince-fesses, à croire que je me fais dessus)

Le jeune beau gosse teigneux et logorrhéique que vous avez appris à connaître et à craindre est back de son bac à sable, avec la ferme intention de clasher papy sur une plate qu'il n'aurait jamais eu la chance de révérer sans ledit ancêtre, ainsi le veut l'éternel changement des générations, depuis que le monde est monde, allez ...
Comme je suis un mec qui écoute Hatebreed sans rire, je vous la balance et je la prendrai en même temps que vous :

NN – Magic

La fin de ce tunnel je la connais. Le stade terminal, je l’ai entrevu – quand la douleur s’estompera c’en sera fini. Je le sais – je sais également que où ce corridor me mène – je sais où vous me conduisez, je sais ces choses que vous taisez, je sais ce que ces flacons contiennent ; et ces aiguilles scintillant dans la pénombre, et ces pilules de nacre, je sais quel sera le compte-rendu – le verdict – ma sentence pour une vie trop courte passée à attendre un déclic. Ma libération je la nommerai en murmurant, je n’en laisserai aucune image, aucun souvenir ; ni à cet écran qui me dévisage ni à ces patients qui n’en ont que le nom ; les cris des enfants se résorberont dans des notes lointaines, seul subsistera un squelette de chaos, un soupir diffus, un chuchotis glacial, celui d’une femme, ou ce qui ressemble à une femme. Il n’y aura rien que le métal et la lumière l’éclairant. Un halo de lumière – cette lumière qui fait les morts – et l’horreur du gouffre sans fond, du vide, la fin de tout – ici l’horreur ne naît pas dans l’ombre mais sous une lumière blanche, nue, celle des néons ; les notes sont froides ; les notes tombent au goutte à goutte – celles d’un scanner, d’un cardiogramme, d’une humanité en passe de rendre l’âme - le grésillement d’une ampoule qu’on croira orchestré par les phalènes tournoyant autour. Croyez-moi quand je vous dit que j’ai peur ; peur de cette fin. Je ne parlerai pas ; j’effacerai tout souvenir salissant ; de ce manège je ne retiendrai rien – ni la douleur ni ses échos ; ni le temps trop long entre deux injections, ni ces plaintes sourdes surgissant des étages me tenant prisonnier, ni cette langueur glaciale, au centre de ce colosse de verre et de béton quadrillé par les hommes, au cœur de ce bâtiment dans lequel vous prétendez guérir l’inguérissable ; dans lequel vous vous acharnez à maintenir dans la lumière tous ces enfants appelés par la nuit ; à l’épicentre, j’apprendrai à parler avec lui tandis que mes chairs s’affaibliront ; sa présence sera totale, de ces présences qui font tomber les barrières, rendent muet, annihilent toute cognition; le temps n’aura plus d’emprise, ni le ballet de vos lames ni cette vie assourdissante ; lui seul l’aura sur moi, près de ce lit blanc, de ces geôles d’argent - il tournera autour de ma carapace, un sourire à peine voilé, son regard me renverra ma propre image : celle d’une ombre qui fût autrefois un homme. Il prendra l’apparence d’une femme pour me tromper, m’approcher, amplifier la lumière blafarde des néons jusqu’à la rendre aveuglante ; une voix de femme, oui – hypnotique ; neutre et dépourvue de pathos car inhumaine, froide, une voix gelée entre les murs et, étrangement, érotique – aussi érotique que peut l’être un gouffre sans fond ; cette voix qui murmurera des choses à travers les rideaux de plastique, appelant magie ce que d’autres nommeront mort cérébrale ; plus aucune frontière alors ne nous séparera, mon corps disparaîtra, la pâleur de son visage, sa blondeur, ses gestes lents et son regard de porcelaine, tout sera ainsi : neutre. Sans douleur. Incolore. Mort. Vide.

Jean-Jean

3 commentaires:

Raoul a dit…

par contre le jeu de mot ultra foireux made in lelo c'était pas obligé

gulo gulo a dit…

je confirme, personne m'a obligé ;
au reste, c'est le passage que je préfère

Raoul a dit…

conflit de génération, sans doute...