mardi 17 juin 2008

The fall of Ministry, Bataclan, 15/06/08

Bombe à merde, alors. 
Finalement, notre G.G. national - heureux, l'homme de mauvaise foi - de rechigner d'en être, il a gagné sur tous les tableaux. En même temps, j'y serais pas non plus allé, si ce n'était cet estampillage "tournée d'adieu" sur l'affiche. Bah ouais, en général, quand ce genre de connerie est indiqué, ça veut aussi dire que tu vas en prendre plein le cul, et que tu vas repartir la larme à l'oeil, après avoir supplié cent fois, mille fois le groupe que t'es venu voir une ultime fois de rester encore un peu, de réfléchir, est-ce bien raisonnable, il est peut-être encore un peu tôt, tout ça tout ca. Un moment magnifique en somme, que si tu l'as pas vécu, tu peux pas comprendre. Alors oui, on en a pris plein le cul, la larme à l'oeil : 30 euros dans le fion, ouais, t'as mal. par contre le reste, non, bizarrement. Bon, déjà, je vous passe la première partie, y paraît que c'était naze, moi j'y étais même pas comme ça c'est reglé, on est peut-être passé à côté d'un taillage de costard bis. Le temps qu'on rapplique dans la salle et qu'on prenne bonne place, une grille commence à se mettre en place. Une grille? Est-ce possible? Un espoir, une lumière? Ce truc légendaire que tu vois sur les vieilles vidéos live über-kvlt de Ministry, du temps ou ils t'en mettaient plein la tronche, et que t'espérais jamais voir en vrai? (en même temps le concert de l'an dernier m'a tellement peu marqué, j'ai peut-être pas capté qu'ils en avaient déjà une)... Là limite tu t'attends à voir Biafra débarquer fraîchement défoncé, marchant au pas martial sur fond de just one fix, aaah ce serait trop beau. Mais le temps que le concert démarre, t'y crois plus trop en fait. Bon déjà, un petit cadeau-surprise : un visionnage en méga avant-première exclusive du nouveau clip de RevCo!!!! Ah chouette, ç'aurait peut-être été plus sympa qu'ils nous la jouent, ça sent le foutage de gueule à plein nez. Puis viennent les hostilités. Ok. Faut pas se voiler la face, Al se fait vieux maintenant, et les vieux n'en font qu'à leur tête; même en France, il a envie de nous prendre la tête avec sa deuxième maman, ce bon vieux Bush, qui lui sert de poule aux oeufs d'or depuis quelques années maintenant, même si lui y croit à fond. Alors bon, voilà le set basé essentiellement sur les trois derniers albums, sans chercher plus loin. Un p'tit houses of the Mole dans ta face? Roulez, jeunesse! Le groupe enchaîne les morceaux, dans l'ordre du disque en plus, tu te dis okay, attendons au moins Warp City, histoire de se fendre la poire. Paf, non, on finit juste You're Wrong et on repart sur Rio Grande Blood, c'est l'exaspération, pas un seul vieux morceau, pour les fans de la première heure, du moins des premiers Ministry, ça fait mal au coeur. Alors bon, oui, c'est pêchu, ça fait sautiller, c'est distrayant tout ça. Mais, hum, c'était juste une tournée promotionnelle en fait, donc, c'est ça? Cette grille, c'était juste la poudre aux yeux, une excuse lamentable pour donner la plus-value "concert d'adieu" à une prestation quoi de plus banal qu'on me l'aurais dit je serais pas viendu. Meeerde! Le groupe se barre, On a même plus envie de les rappeler, maintenant, c'est malin. Mais bon, ils reviennent, c'est de bon coeur, c'était pas previou mais ils reviennent quand même. Et allez, de bon coeur, ils rattrappent un peu le coup avec des classiques, so what démarre. Et quand on ressort les vieux cadavres, les vautours reviennent prendre leur dû. Les vautours c'est nous bien sûr, les vieux fans grincheux qui n'attendaient que ça. On reprend un peu de sourire, c'est cool, avec un peu de chance, c'était juste une mauvaise blague, ils vont encore nous pondre 1h30 de show, avec des morceaux qu'ils ont jamais joué, ça y est je revis, quel bonheur wahou. Ca enchaîne sec, du NWO, du Just one fix, un thief, hop, quelques joyeuseries du genre, sur lesquelles le groupe apporte quelques petites modifications, comme de mesquines façon de la part de Jourgensen pour dire merde à Barker : triste pour un concert d'adieu. Les réjouissances ne dureront pas longtemps, en fait, mais on en redemande, une dernière faible lueur d'espoir dans l'oeil. Oui? Une petite reprise? Un petit slow country à 2 francs six sous pour promouvoir notre album de reprises de merde, c'était bien ça que vous demandiez? Le temps de ces quelques minutes désagréable et Ministry dit au revoir une dernière fois et Al de déblatérer au mic : "c'est magnifique, c'est magnifique" à moitié hilare. Al n'en a rien à foutre, il s'est bien payé notre tête tout le long de cette soirée. Ce sera un adieu en mauvais termes, surtout la chute d'un groupe que je considérais encore il y a quelques années comme un mythe. Tu parles! le seul truc qui pourrait encore faire revivre ce mythe, ce serait qu'Al se fasse buter en public avant la fin de la tournée, ou mieux qu'il se fasse enlever par les extra-terrestres. Ministry s'en va, et on est bien forcé de le dire, c'est pas trop tôt.

4 commentaires:

gulo gulo a dit…

ils ont essayé de damer le pion à TG pour le concert industriel this is not what you want, ou quoi ?

Raoul a dit…

le cassage est devenu un art, putain !

dragibus a dit…

ah ben d'accord je vais les voir à Lyon la semaine prochaine et je n'aime pas du tout leur fin de carrière je sens que je vais être déçu comme tout

Le Moignon a dit…

pour rebondir sur la remarque de G.G. c'est sans doute leur façon aussi de nous dire merde, nous et nos petites attentes bien spécifiques : au moins, on lui enlèvera pas de vouloir faire ce qu'il a envie, au Jourgensen. Mais bon, ça n'enlève rien à la déceptivité du show, pis refaire le même concert deux soirs d'affilé, c'est quand même bien triste.