vendredi 20 juin 2008

Lifelover : Pulver


Lifelover fait du depressive beumeu emo-coldisant, Lifelover n'aime donc pas la vie, Lifelover est suicidaire cynique, et nanani et nanana. Foutaises. Lifelover vaut bien mieux que cette façon de se présenter en contrepied débile. Lifelover n'est pas anorexique, Lifelover ne passe pas sa vie de merde dans sa chambre à ruminer sa rancœur contre tous ces connards dehors, qui reluquent goguenards sa mine de porte-manteau constipé et déplumé. Pas moyen qu'ils soient ce genre de curistes-là, à la Xasthur ; pas avec cette folie, non. Du vrai curiste à l'ancienne, déjanté, alcoolique, avec le cachet nordique en sus.
La consanguinité entre la cold et le raw norwegian, d'autres l'avaient déjà chouettement prouvée, mais jamais de cette façon complètement torchée, pour évoquer les misères sexuelles et les amours en vrac, et vice et versa, avec ce fatras où titubent dans la plus grande fluidité, renversant tout sans jamais se viander, les riffs en scie, les pianos neuneus, les guitares aqueuses, les comptines de marelle, les basses chagrines, le shoegaze fracassé, les vociférations des bois et les brames d'amour en chien qui se vautrent mais ne lâchent pas l'affaire. Et dans le débraillement généralisé de sentiments sanguinolents, grisé de bile et de larmes, on ne peut que sentir, furieux, l'amour de la vie à en avoir des crampes d'estomac ; comme par une de ces nuits qui sont des plongeons tête la première dans le tunnel, sans le moindre espoir, que l'attente fervente qu'au matin quelque chose d'autre en ressorte, ou rien du tout.
Peu importe, alors ressers-nous un mètre, et repasse-moi les cachets.

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