mercredi 18 juin 2008

Ophiolatry : Transmutation


Un album qui met mal à l'aise. Oh, pas que l'ambiance evil y soit surlignée, non, juste pesamment présente. On nage pourtant en plein ultrabrutal ; comme les mecs sont brésiliens, votre inculte serviteur pense vaguement à Krisiun, mais il ne trouve pas ici la même humeur martiale fulminante, avec ces trois inquiétants-là tout est fluide malgré les cassures plus nombreuses que chez les susnommés, à l'inverse des épaisses lignes mélodiques, ici obscurcies, chahutées, grimaçantes. Cascades sans répit de blast polypien, solos à la démence froide, morceaux brefs qui s'enchaînent à toute blinde, on se croirait au milieu d'une grotte pleine de chauves-souris, et on soupçonne qu'un truc pas immodérément sympathique se monte à mesure de ces incantations sans aucun lyrisme, ce marmottement caverneux affairé qui n'annonce rien de bon. Et il y a aussi, çà et là, ces interludes dissonants electro-mathcore, ou contemporain désaccordé, ces sons techno-stridulents, ces hideuses voix déformées, qui passent comme des hallucinations, pas tout à fait perçues dans la stupeur qui gagne la perception ... Et puis, au bout de trente minutes, tout disparaît avec une espagnolade, troublante, glaciale, délicatement martelée de cruels points d'interrogation ...
J'ai dit "disparaît", vraiment ? Quel terme regrettablement inapproprié.

1 commentaire:

Raoul a dit…

Comme terme approprié je vois bien "catatonique". Et qui ose taquiner Hate Eternal en faisant du chaotic machin. Dingue.