mardi 3 juin 2008

The Twilight Singers : Powder Burns


Le costard célio est froissé. Comme le teint bouffi et autant bleui de barbe que de dérives. Les cernes sont lourdement violettes. L'haleine est aussi moisie que la bouche est cartonneuse, et on allume une autre clope, tiens allume-toi sur la mienne, parce que celle d'y a 30 secondes nous manque déjà. Combien de paquets descendus, cette nuit, déjà ? De quoi on a parlé, déjà ? De tout j'imagine, mais à part ça ? Est-ce que j'ai dit beaucoup de conneries ? Je veux dire, trop pour te rester sympathique, un peu ? Attendrissant, ah ... J'étais pas assez parti pour te faire ma déclaration, rassure-moi ? Si, bien sûr ... On a dû se frotter, non, forcément un peu ? Sans doute pas grimpés ; quel con putain, avec ce que je me suis mis pour être à ma hauteur j'en aurai même pas le souvenir pour le chérir les jours où on a envie de se gratter amoureusement les croûtes ... Mais là, on a tellement grotesquement passé toutes les prudences élémentaires, et on a tellement ramassé et le jour qui se lève par-dessus avec sa brutalité impitoyable, qu'on se regarde dans les yeux et même pas mal, sans même y songer, comme une évidence, on a cette putain de sensation désabusée et enivrante, comme un douloureux assouvissement de tout, de s'être toujours connus aussi parfaitement, que ça sent la mort autant que la grâce le peut, en contemplant la route qui part vers l'horizon, par la baie vitrée de cette cafète. On pourrait faire n'importe quoi, de là, ça n'a aucune espèce d'importance quand c'est ce genre d'aube du monde et de fin de tout, et on ne fait rien, on jouit à en crever de ces minutes interminables qui s'enfuient dans le vertige et la panique sourde, la certitude que "la vie" ne saurait tarder encore longtemps à défoncer laconiquement la porte, violer et assassiner ce moment, et nous, y a qu'à voir ce matin métallique qui s'amène comme le bourreau. Putain. On préfèrerait même avoir rêvé tout ça, être en train de rêver encore. "M'sieurs dames, ne vous affolez pas, ceci est un hold-up, couchez-vous tous bien gentiment par terre sans faire les marioles et tout se finira bien pour tout le monde ..."
Se relever lentement du lino, en portant la main à une poche, et ne pas la quitter des yeux jusqu'au dernier moment ...

2 commentaires:

Jean-Jean aka Raven a dit…

"nicotine" - comme qui dirait que les jeunes ont parfois raison, et que pour ce disque c'est on ne peut plus évident - pute de chro sinon, j'en ai encore mal au bide, il assure grave le vieux quand il met un frein sur la cool attitude. Bon et sinon, vu que le daron crois que personne est capable de laisser un com a cause du système trop complexe, en fait c'est très con: au cas où un gutsien ou autre novice qui sait pas comment ça marche passe ici, mode d'emploi: pour laisser un com, clique d'abord sur "Nom/URL", ensuite tape ton nom dans la case "Nom", puis valide (rentre ton commentaire dans la case prévue à cet effet avant, sinon ça sera vide !)... je sais , ça a l'air difficile comme ça, mais en fait nan. et si tu y arrives pas, rentre ton com en anonyme, c'est encore plus facile.

gulo gulo a dit…

nicotine, oui ; je pensais bien que ça ne t'échapperait pas ; je suis tyrannique ET capricieux ;la cool attitude il en faut bien, je m'en voudrais de déclencher une vague de suicides dans le corps chronical