lundi 9 juin 2008

Vilette Sonique, Vendredi 6/06/08 : Throbbing Gristle + Pan Sonic + Viva and the Diva

Soirée tête brûlée, donc.


Ca  commence mollo pourtant, avec Viva and the Diva, sous des auspices vraisemblablement kraut rock selon le petit guide de la Villette Sonique. Impossible de confirmer pour ma part, ce style est une lacune dans mes connaissances musicales. Trois zicos débarquent sur scène, je les distingue mal, un mec gueule après Genesis P.Orridge et là, en voyant débarquer une silhouette féminine sur la scène j'ai comme l'affreuse impression que les premières parties ont été zappées. Mais non, en fait c'est une femme, une vraie, -et foutrement sexy en plus de ça !! - et qui, par dessus le marché va foutre le feu sur scène pendant tout le set, que même les nanas du premier rang sont pas loin de mouiller leur culotte en la regardant faire. Tour à tour vulnérable et dominatrice, avec un sex-appeal surdéveloppé et une plastique que tu savais même pas que ça existait en vrai, style pin up amerloque des anées 50 tout droit sortie d'un film de David Lynch. Ca tombe bien, la musique l'évoque un peu, en plus grungy cependant, on dirait Sigmund und Sein Freund qui se serait mis au blues-rock ou un truc du genre. Synthé old-school, guitare chouettement dissonnante, même si plutôt inoffensive, et cette blondette pulpeuse qui n'en finit pas de gémir ou de brailler, toujours avec classe, j'en bave et re-bave, et qui conclut le set assise sur le rebord de la scène, une énorme capuche dissimulant sa jolie petite tête sous un apparat bizarrement funèbre. Charmant amuse-bouche.


Le temps de prendre l'air, je reviens prendre ma place pour Pan Sonic malgré mon mauvais à priori, ne connaissant à ce jour que leur collaboration live avec Merzbow, que j'avais trouvé par ailleurs soporifique. Ca tombe mal, je commence justement à piquer du nez mais l'arrivée des gus sur scène me remet direct les idées en place. Pan Sonic c'est pas soporifique, putain non, ça pourrait même te coller une bonne insomnie. Ca commence, non pas avec un bête mur de saturation comme je le craignais, mais plutôt une vibration, le genre bourdon monstrueux qui t'écrase comme un moustique, très vite accompagné d'une grosse rythmique bien virile : de là à faire péter le bombers et balancer les poings dans le vide, moustache powerstyle oblige, il n'y a qu'un pas. Le set se poursuit, moins musclé, mais on est encore tellement occupé à encaisser ce premier coup d'éclat qu'on ingère sans broncher la suite, qui reste totalement jouissive, et judicieusement rythmée. Sur le mur, une courbe sismographique nous donne une vague idée de ce qui est en train de nous niquer les tympans. P'tain, c'est beau! Enfin c'est fascinant en tout cas, on en oublie la présence des zicos, l'oeil rivé sur cette ligne convulsée. On la regarde, elle vibre, se tord, vibre encore, en corps, notre corps, qui se met à vibrer, à devenir courbe. On ne détecte plus la présence de ce qui nous entoure, mais le contact des autres peut nous sortir de cette torpeur, parce que tout le monde vibre, le moindre toucher nous fait vibrer encore plus. Et ça vibre et ça vibre, tout ça non stop! Les mec font tout vibrer sans prendre le temps de souffler, c'en devient absurde de les applaudir entre deux morceaux, ils en ont sans doute pas besoin, ils ont l'air de savoir ce qu'ils font et se foutent sans doute de notre opinion. Au pire, on les remerciera à la fin, après avoir gerbé toutes ses tripes, parce que bon, tout ça fout quand même salement la nausée. Mais bizarrement, c'en est presque réjouissant. À côté, SunnO))), c'est vraiment de la quéquette, et la dernière performance - pourtant déjà bien lobotomisante - de Scorn au Glaz'Art, c'est du bonne nuit les petits. On en ressort en tout cas avec les zygomatiques bloquées. Euphorisant. 


Grosse appréhension sur Throbbing Gristle, le clou de la soirée. On avait entendu leur nouvel album l'an dernier, plaisant certes mais pas immortel. En fait, là moi, si je suis venu ce soir, c'est plutôt pour me prendre quelques vieux classiques dans la tronche, Discipline et Zyclon B Zombie en bonne place. Oui mais voilà, près de trente ans ont passé, la clique TG n'est sans doute plus ce qu'elle était, Peter Christopherson a pris de l'embonpoint et Genesis P.Orridge ressemble maintenant plus à une vieille pute fatiguée qu'au jeune détraqué qu'il avait pu être en cette époque dorée ; ça sans compter la vieille Cosey et le vieux Chris. Surprise pourtant, ce soir pas de endless knot qui tienne. Et alors que les premiers morceaux défilent, un truc nous pète à la gueule : pour leur premier passage en France, les cartilages pulsatiles nous font la performance live qui avait jadis constitué the Second Annual Report. Réjouissance pour certains, déception pour d'autres, ceux qui trouvent ce disque imbouffable -c'est vrai qu'il est chiant, mais bordel, qu'est-ce qu'il est bon. Pour ma part, sentiments partagés entre joie de me prendre cette énorme pièce old-school en pleine tronche, et légère amertume de constater que ça passe décidément mieux sur disque, bien posé, qu'en concert, debout dans la fosse - c'est vrai que c'est chiant quand même, mais bordel, qu'est-ce que c'est bon, aussi. Le groupe arrive quand même à nous sortir d'un certain état d'abrutissement à la fin du concert, avec after cease to exist, morceau qui servit à l'origine comme bande son d'une performance vidéo de Coum Transmission, un alter ego de Throbbing. Vidéo assez dégueulasse d'ailleurs, projetée pour l'occasion, où l'on assiste à une séance de castration aux ciseaux, plus vraie que nature. L'air sature de vibrations jouissivement malsaines, puis à la fin du morceau, le groupe se barre, merci et au revoir. On crie, on hurle, on acclame, Peter revient, me confirme qu'il s'agissait bien de la prestation du Second Annual Report, ce qui me laisse le temps de réclamer un petit Zyclon B Zombie à voix haute, ce à quoi un vieux de la veille à côté de moi, bien décidé à fermer le clapet des petits arrivistes dans mon genre, nés beaucoup trop tard pour avoir vécu le groupe à la vieille époque et acheté les vinyles édités au même moment, que le morceau susnommé n'était certainement pas sur l'album. Ouais, bon, mais sur la réédition... Peu importe, on s'en branle parce que c'est le bien nommé et attendu qui démarre en guise de rappel. Ô jouissance! Seul Genesis semble ne pas trop y mettre du sien, et déclame des lyrics qu'il/elle semble aujourd'hui regretter avec une mollesse qui rend le morceau encore plus zombie - tant mieux, donc. Le groupe se rebarre, on recommence à acclamer et le vioque à côté de moi, bien décidé à avoir le dernier mot, me fait comprendre que c'est pas la peine, qu'ils reviendront pas cette fois-ci, ce sur quoi il a raison, forcément. M'en fous, moi aussi quand je serais grand, je pourrai jouer les vétérans.

4 commentaires:

Damodafoblues a dit…

Ahahaha! Bon, pas tout a fait d'accord pour TG.
http://beyondthenoize.blogspot.com
la biz zincou(s).

Damodafoblues a dit…

hey! mais pourquoi "mais quel connard" ??? Qu'est ce qu'on a bien fait de mal ? hahahahaha

gulo gulo a dit…

c'est pas la traduction du pseudo de ce mec qui écoute à peu près les mêmes styles et groupes que moi mais qu'est jamais d'accord sur qui qu'il est le bon disque ? note-bien, l'article ci-dessus n'est pas de moi, zincou

Damodafoblues = A+B a dit…

Oué oué, j'avais remarqué.
Zincou, ca sonne moderne. non? faut faire un effort, putain...