lundi 28 juillet 2008

Nine Inch Nails : With Teeth


Pour cet album du grand retour avec la cheupé, on a beaucoup reproché à Trent de faire un truc de vieux, empâté, émoussé, laconique et indulgent ; tout comme on me reproche souvent de dégoiser des trucs de vieux, de me prévaloir d'un supposé grand âge, d'être blasé, réactionnaire et paternaliste.
Mon vieux Trent et moi, on vous merde. On n'a jamais prétendu être votre voix de la vérité, votre voie de l'intégrité sombre et auto-destructionniste. Mon cher Trent et moi, on en a réchappé, et appris à l'accepter ; était-ce le puits le plus profond du monde ? C'était le nôtre. On commence à se connaître ; à un stade ; transitoire ; prérissable ; on va pas faire semblant ; d'être ailleurs ; on va pas se remettre à essayer avec fureur d'être quelqu'un ; on sait ce qu'on est, ce qu'on peut être, pas besoin d'aller tous les matins se fourrer le bras jusqu'au coude au fond de la gorge pour savoir que rien n'a changé, de place ou de nature (comme qui dirait que tout est right where it belongs). En bien ou en mal, bon gré mal gré, on se présente à ce qui arrivera - entier ? Certainement pas, la vie mord encore plus qu'on ne la mord, entame, emporte, corrode, cautérise, encore et encore. Et on fera de la disco big beat indus pop de stade sur les jours de dépression, sur une existence d'amertume, et des guitares vrombissantes sur la brûlure de la lumière éblouissante, et on dégainera le "Nothing can stop me now" sur des plans fervents, lavé de l'acharnement maladif, délavé de l'innocence masochiste, sur des hymnes salés, malgré ces sacrés bon sang de frissons.
Je suis évasif ? Je ne rends pas compte de tout l'album ? Vous comprendrez un jour, des jours il y en aura beaucoup, c'est tout ce que je puis vous souhaiter ; je ne vois pas bien ce que je pourrais dire de plus, ce que Trent pourrait lâcher de plus explicite qu' "Only".
Je vous souhaite All the love in the world.

samedi 26 juillet 2008

DANS TON CUL, FILS DE PUTE

(Glass Candy, Social Club, Paris, 25/07/08)
C'a commencé gentiment bien, en terrasse, à siffler du rouge, avec mon chat mort préféré et un briton fort soyeux à regarder - ç'avait commencé vers 19h pour être franc, avec mon ami carmin.
Ensuite ? J'ai assez seriné à qui devait l'entendre qu'on ne discutait pas avec le physio, que le physio est comme l'arbitre, à prendre comme une loi de la physique.
Je n'ai donc pas cherché à savoir, s'il n'y avait réellement plus de places, ou si ça valait seulement pour les osseux avec un sale tricot de corps Integrity, pas attendu pour filer sous la pluie vers le noctambus, de savoir quand mes réactions d'aï en hibernation s'ébroueraient qui l'emporterait, de l'envie de pleurer d'épuisement de mon inépuisable foi, ou de celle de tuer - noooon ... de tabasser, quelqu'un.
Et ç'a mis le temps, à venir ; mais le temps on l'avait, hein ma couille, avec ce trajet, pour sentir les paupières se faire pesantes, creuses les joues, langoureuse la mâchoire, intranquilles les phalanges. J'ai aussi un peu explosé le pauvre O'dogo sur du mobilier urbain, je crois.
Par chance, c'est à dire par un instinct de l'absurde qui m'est propre, j'avais laissé une lampée de morgon dans la bouteille en quittant mon gourbi, il est là bien aigre comme il convient.

mercredi 23 juillet 2008

Leech Woman : 33°


T'en as pas marre d'écouter du bruit? Non? Hé bien ça tombe à point, parce que c'est le moment ou jamais d'en remettre une couche. Tu penses être venu à bout de tout ce qui se fait en matière de tapage de bidon, froissage de taule et autres guitares insalubres? Toi et moi faut qu'on cause d'un groupe à rajouter à ton tableau de chasse. Démerde-toi pour me le caser là, quelque part, entre tes Big Black, Godflesh, Skinny Puppy et autre Sielwolf. Leech Woman c'est tout ça et sans doute d'autres trucs non identifiables, des influences à priori diverses mixées en une masse compacte de chez compacte. Ici, chaque élément fait partie d'un tout indissoluble. Brutal, suintant, étouffant. Et surtout bruyant. Très bruyant. On sent d'ailleurs nettement les fans de Discharge, même s'il est pas ici question de D-beat, plutôt de cette fâcheuse aptitude à exploiter à fond chaque instrument pour en tirer un maximum de boucan. La prod' ne gâche rien, torchée par un certain Martin Atkins, un vrai keupon, celui-là, il s'est sans doute pas foulé pour le mixage, vu comme ça sonne cru. 
C'est bon, ça t'a fait envie ou j't'en remets un peu? Percus métalliques allant de cliquetis hystériques à cadence tribale, à du tabassage de taule -qui rappelle parfois Pain Teens- sans causer des accélérations hystériques, qui viennent t'écraser la gueule, oui, comme quoi, pas besoin de pachydermie cathartique pour ça *kof kof*. Guitares dégueulasses, limites inaudibles, dont le principal intérêt est surtout de rajouter une croûte de saturation et de larsens dans un magma sonore déjà bien arrangé façon fournaise. Allez, je m'arrête là, j'pense que t'as saisi le tableau.

Lustmord : [other]


Ronronnant.
Dans le genre, pour le dark ambient qui fait greu-greu sous le lit, Riton N. Bjorkk fait bien mieux (j'ai récemment passé des nuits assez désagréables, comme un con à vouloir le mettre fort pendant que je dormais), et pour les guitares qui font miaou-j'ai neuf queues et l'estomac qui fait des nœuds sur de l'electro ambient, les trois gros noms ricains indie sont des enfants devant l'almighty Eraldo Bernocchi (je vous renvoie au nauséeux live Whine de Scorn).
Brian au musée.

mardi 22 juillet 2008

Lab° : Derrière la Pluie


Comment voulez-vous chroniquer des disques, je vous le demande un peu, quand le contenant et l'intitulé, comme ci-devant, sont si explicite et confondamment appropriés ? Que peut-il bien nous rester, à nous autres frimeurs de Gradus, à dire ? Que c'est du dub ? Je devrais même pas vous l'indiquer. Alors puisque j'ai lâché le morceau, précisons même que c'est du dark dub à l'ancienne, à la Witchman, malgré les balafres qui sentent bien leur passé no-wave noise indus cold machin, moite de groove et sur de lancinance rastafarienne.
Ce que vous ne soupçonnez pas encore, c'est que cette âcre cadence lourde comme la chair vous emmène pour un western psychique tropical voire torride.

European Conquest, Trabendo, Paris, 21/07/08

Amen Ra : splendide, quand même, ce petit groupe ; vous pouvez me croire, je venais de caler un litre de guinouze en 30 minutes, le test ne pardonne pas aux groupes juste bons vite fait ; assez clair toutefois pour voir les défauts, et les mêmes se défaire d'eux-mêmes ;
d'une, il y a des projections ; oui, mais elles sont tellement anémiées du projo et troubles sur leur drap, qu'on met la moitié du set à les calculer, et qu'elles e sont presqu'abstraites, en noir et blanc comme il faut, et bien moins gratinées que leurs artworks ;
de deux, c'est un peu tout pareil que sur disque (une légère déception en passant : le chanteur ne se gratte pas comme me l'avait décrit l'estimé camarade cité dans la chro à laquelle je vous renvoie, tas d'incroyants), mais comme le disque est un miracle ... du neurocore qui fait pas chier, infiniment pas tenté par les carrières de la poste malgré les riffs épiques employés, sublimement terne et gourd.

Black Haven : eux, par exemple, ils ont très mal vécu le test du litre

Coliseum : fuckin' (sic) punk rock ; 'n'roll ; mélodique, mötorheadien, moderne ; hmmm ; peut-être un brin trop moderne pour que je supporte à la zouam, mais en live ça passe plutôt bien l'épreuve de la céréale.

Le Moignon et son Pixel Pourri (qui ne va pas tarder à constater façon Vanish Oxy Action et une fois de plus, que là où je suis le concert est bon) d'acolyte ayant débarqué, on passe à l'étude de la fermentation des fruits en grappe, et, partant, aux chose sérieuses.

Integrity : quoi ? vous voulez savoir si c'était la guerre ? c'était la guerre, malgré une setlist total medley faisant forcément la part aux albums les plus manowaresques, Dwid est prophète et ce n'est pas nouveau ; le pit, pathétique et prévisible, foisonnait de mikazuki, yoko tobi geri et autre tetsui, j'ai pas tiré y avait personne dans ma caté.

On essaye le trab shot, je dirais un genre de punch, pas mauvais.

Converge : faites excuse, mais pour une fois le mot s'impose : abrasif ; chaos plus accrocheur que dans mon souvenir de l'antépénultième tournée, et puis ils ont joué un (peut-être deux) morceaux de Poacher Diaries, et puis surtout ils ont joué le morceau de Godflesh, là ...
Dix bonnes minutes de bonheur sans mélange.

Après, j'ai trouvé ça presque trop long, je finis par préférer les concerts type ci-dessous, la frustration y a rien de plus chaleur.
Mais le petit bonhomme a toujours un charisme renversant, et il est de plus en plus au point vocalement - et au niveau jonglage de micro aussi, mais ne persiflons pas, tous ces ricains étaient si remarquablement désireux de communiquer qu'ils en paraissaient pas loin de sincères, ce soir.
Et, avec un passif de 5 heures de sommeil sur lino et un déménagement depuis la veille, ils m'ont déchaîné sans faire de manières, alors comme dirait ma copine Mylène, c'est une bonne journée.

jeudi 17 juillet 2008

Oxbow + Harvey Milk, la Maroquinerie, Paris, 16/07/08

Ça se décrit, une soirée pareille ? De toute façon j'étais fait et sur-fait, donc je n'ai pas retenu grand'chose de concret, que le souvenir béat d'une jubilation d'une intensité rarissime.
Harvey Milk a attaqué direct avec le concert de l'année à égalité avec celui de mémé Galas, jouant tout ce qu'ils savent jouer sur leurs albums à la fois, en quelques pauvres dizaines de minutes : grunge belliqueux, pataugeage lentissime, et chansons de fête des mères illuminées, un brutal orgasme d'une demie-heure ; et puis, Oxbow, les seuls qui pouvaient honorablement prendre la suite, les seuls qui puissent ne pas se ridiculiser instantanément après un tel massacre ; j'ai même trouvé qu'ils jouaient dans une veine assez proche d'HM, pleins de majestueuse gravité ; mais bref, comme le dit ailleurs un estimé confrère, ce genre de concerts est indescriptible, les grands moments d'une vie ne se décrivent pas, ils se vivent.

dimanche 13 juillet 2008

Referendum

Sur certain site cher à mon coeur et aujourd'hui plongé dans le coma, les rédacteurs se présentaient entre autres procédés par les 3 albums qui avaient "changé leur vision de la musique". La question n'est pas inintéressante à se poser, même si 3 comme n'importe quel autre chiffre est toujours une contrainte contraignante, on accepte plus volontiers de s'y plier que pour le sempiternel coup de l'île déserte et autres tops toujours un peu étriqués aux entournures. Encore faut-il savoir accepter avec honnêteté de n'y pas voir nécessairement figurer qui l'on voudrait, nos chouchous revendiqués n'y figureront pas toujours ...
Or donc, pour ma part et autant que je puisse ne point théoriser et proratiser, ce serait probablement :

Einstürzende Neubauten : strategien gegen architektur II
Sister Iodine : adn 115 (ou plus exactement le concert consécutif, au Théâtre de Verdure, fin 94)
Neurosis : enemy of the sun

Et comme je suis dictatorial mais grand seigneur, la communauté soumiesque (rire hystérique au fond de la salle) se voit offrir l'insigne privilège de se plier à l'exercice. Tombe le masque et exprime-toi, lecteur, je le veux.
(Toute réponse contenant plus de 3 disques sera évidemment sabrée, si je me suis fait violence y a pas de raison que vous y coupiez, soyons honnêtes y en a pas tant que ça des albums qui ont vraiment bouleversé des horizons, 3 pucelages c'est déjà beaucoup alors faites pas chier)

dimanche 6 juillet 2008

Sing for war

Pléliste des albums qui m'ont porté et tenu en mode narvalo fini tendance un peu vénèr pendant une foutue semaine de stage de survie et plus si affinités :

Gorgoroth : ad mayonnaise gloriam ça tatane
Binaire : bête renoi
Entombé : gulo gulo blues

et dans une moindre mesure :
Enemy Ground : in memory of them all
Hate Eternal : fury & flames
Krisiun : black force domain

Et pour la redescente ? Vive la Teuf, what else ?
Bizarrement ou pas, "Noir Désir" me donne pas envie de baiser à moi, plutôt de déchiqueter. Remarque que c'est pas incompatible.