dimanche 31 août 2008

Haus Arafna : Butterfly


Magic, vous commencez à situer. Sinon, moi je vais me pendre, l'humanité ne mérite pas les efforts qu'on fait pour s'adresser à elle. Maintenant, vous imaginez une nuit d'insomnie dans cette même maison de repos. Le moment où vous vous réveillez, sans le moindre sursaut, sans savoir pourquoi. Et vous constatez très vite le malaise, vous saisissez pourquoi les somnifères, vous comprenez pourquoi vous n'êtes pas censé vous réveiller à cette heure-là. La farandole de gélules, pilules, comprimés, qu'on vous dispense avec largesse toute la sainte journée, est digérée depuis longtemps, elle n'a plus aucun pouvoir sur vous - sur vos compagnons de la nuit, sur les esprits qui se lèvent, qui montent du sol, des murs, qui s'extirpent des contours de la réalité diurne chimiquement cadenassée. Il sont curieux, avides de toucher enfin, enchantés de sortir de leur claustration, brûlants d'excitation de trouver ici une âme éveillée, pantelante, toute vive. Il en sort de partout, et on vous a désappris assidûment à reconnaître le moindre d'entre eux, mais quelque chose en vous les connaît, connaît du moins que la seule chose que vous éprouvez à leur parage est l'envie de hurler à en perdre le sens, une terreur absolue, et la certitude que nul n'entendra. Ils sont là, ils sont passés à travers ; Il vient vous prendre.

samedi 30 août 2008

Die Form - Sadist School : The Visionary Garden


Le jardin où tout est douceur. Les incisions ; la nausée ; la noyade ; la strangulation ; la putréfaction ; les chairs, voluptueuses, blettes, gonflées, outragées ; les pétales ; la torpeur ; les visions, troubles, difformes ; le poison ; tout est doucereux dans l'eau verdâtre du jardin flottant ; doucereusement acéré, doucereusement toxique, doucereusement ensorcelant. Oubliez Eden, laissez-vous couler dans les méandres glauques du jardin des rêves. N'escomptez pas en revenir.

jeudi 28 août 2008

Neurosis : Times of Grace


Neurosis est fatigué aujourd'hui, oui.
Mais il ne s'agirait pas d'oublier que, par le passé, Neurosis a été ronronnant, ce qui est beaucoup moins excusable.

Neurosis : Given to the Rising


Neurosis sur scène, aujourd'hui, ça assure pas le belin, c'est tout mou, à ce qu'on raconte. Je vous dis ça, j'en ai pas la moindre idée, la dernière fois que je les ai vus, c'était 1995.
On les range à l'hospice, les barbus, qui ne sont même plus foutus de nous donner l'apocalypse, pensez donc.
Oh pauvre ! l'apocalypse ... Il y a beau temps qu'il n'y a plus d'apocalypse à espérer, que les yeux se sont éteints à force de la chercher à l'horizon. Tout ce qui en viendra, de cette ligne inhumaine, c'est la mort. Et il faut se battre pour parvenir jusqu'à elle ; toujours ; brutalement, cruellement, quand bien même on n'y croit plus, qu'on aspire qu'au repos, que chaque élan n'est qu'élancements, que les membres sont lourds, les articulations gourdes, les crocs émoussés, l'esprit hagard déjà en partance rêveuse. Tout est devenu souffrance et cendre sur la langue ; et il faut encore assommer, équarrir, démembrer, péniblement, balbutiant, dans la nuit qui vient, sans savoir quand enfin l'on sera mis à bas.
Bien sûr que cet album sent la fatigue, une fatigue immense. Bien sûr qu'il est sublime.

Die Form : Confessions


Quand on songe un instant à toute cette vulgarité ...
Nul besoin d'y songer, au reste, elle s'expose sans pudeur aucune, frontalement, sauvagement. Le sacré qui aboie à la Enigma, les beats qui mettent des coups de bite, les sonorités en rubber, les pouic-pouics du gel, les tremolos anthemiques, le pire du grouft, de la moustache, de la backroom, styles déjà pirisants par essence.
Oui mais ; mais la ferveur, mystique, qui porte un nom. Eliane P. . Partout ailleurs les nonnes pâmées, les croix dans la foufe, les résilles sous la bure, sont une panoplie, laide, un ressort, flasque. Pas chez Eliane et son Philippe ; Eliane n'est pas en proie à une figure de style quand elle gémit sous les coups de tisonnier des démons, sous les coups de fouet redoublés de la boîte à rythme de son possédé de Philippe ; quand elle se disloque spasmodiquement sous les soufflets des visions fantasmagoriques dont elle est tourmentée ; quand la fièvre a raison de sa raison et qu'elle exulte d'obscénité, hoquète et geint dans l'expiation comme une jeune chienne moqueuse ; quand tout se laisse renverser dans l'orgie où se perdent les cris de détresse avec l'humanité. Oubli de soi, de toute barrière, de toute crainte, soumission à la douleur et à la délivrance de tout.
L'amour est un miracle ? Je ne sais pas. Il n'est pas pudique. Je le sais.

mardi 26 août 2008

Now that's what I call GREAT news

REVOLTING COCKS (REVCO) founding member Alien Jourgensen is clearing up, once and for all, the rumors surrounding REVCO's future. "Much like MENUDO does or the BLUE MAN GROUP, I was going to hand the band over to this younger generation of REVCO's, to Sin [Quirin, guitars], Josh [Bradford, vocals] and Clayton [Worbeck, keyboards], kind of franchise it out. I think that these three knuckleheads capture the true essence and spirit of being 'a Revolting Cock,' if you will. But, this album turned out so damned good, I think I'm going to stick around for a while.
"This is the best REVCO album I've ever done," Al continued. "As a matter of fact, I think this is the best album — including MINISTRY, PAILHEAD, LARD — anything I've ever done, period. Production-wise, song-wise, I'm really, really happy with this record. It's the first CD I've ever gotten back from the mastering studio that I didn't have anything to bitch about. No complaints. I listened to the whole thing and just went, 'OK, that's a wrap.Let's go'!"
Now that "Sex-O Olympic-O" is in the can, Jourgensen and his "knuckleheads" plan to begin tracking yet another REVCO release in September at Jourgensen's 13th Planet Studios in El Paso, TX. As he did with "Sex-O", Jourgensen will produce this next release as well as be involved in writing and playing on the album. REVCO will then initiate rehearsals for the upcoming REVCO world tour, scheduled to begin in April 2009. While Jourgensen won't claim a bunk on REVCO's tour bus for the duration of the trek, he does plan to perform with the band on a few choice dates.
States Bradford, "The challenge will be coming up with a name for the REVCO tour, since Al already took all of the REVCO-appropriate tour names such as CliTour, Sphinctour, FornicaTour, and MasterBaTouR for MINISTRY. We'll probably have a contest on the REVCO MySpace site and ask the fans."
In addition to working with Jourgensen in the studio on his sophomore release with the REVCO project, Bradford is busy producing RevCo TV, a direct-to-Internet, weekly YouTube TV broadcast to be implemented in the fall. RevCo TV will feature new REVCO tracks, in-studio footage and will parlay all the REVCO antics as the band records and prepares for its world tour.
"Sex-O Olympic-O" retains the unmistakable REVCO industrial-dance-metal sound, and sees Quirin, Bradford and Worbeck let first-wave glam rock seep into their already rich sound. Case in point, the soon-to-be quirky anthem (and first single from the album), "I'm Not Gay", which debuted on MINISTRY's 2008 C U LaTouR" live shows and is now a solid staple on MySpace and Facebook homepages around the world.
Tracks such as "Hookerbot 3000" and "The Red Parrot" show evidence that REVCO's affection for frequenting strip clubs has certainly rubbed off on them musically, as many of the songs sound like a custom-made soundtrack for strippers worldwide to strut their stuff to. But if you dig deep into the lyrics, you'll be afforded a direct look into the warped and twisted mind of Bradford. "Josh recorded a lot of these vocals in his apartment, really thin walls with no soundproofing," points out Worbeck. "He was tracking in the middle of the night with headphones on, yelling at the top of his lungs these bizarre phrases that are in the song. If you think about it, his neighbors weren't hearing music, all they were hearing was him yelling these strange lyrics. His neighbors must think he's insane."

Tu as pris la bonne décision, hermano ; laisse tomber cette vieille chaussette essorée de Ministry, oui, mais l'avenir, la gloire et les minettes appartiennent aux Bites Révoltantes.
Chichi ! Prends la came !

Friends will be friends

Il vous a manqué, avouez. Mais si, pas de chichis entre nous, vous savez de qui je parle : il est beau, il aime le bon vin et les belles pièces montées comme lui, il est jeune, le futur est sien, il n'est pas qu'un des grands metteurs en scène de ce temps, il chronique, aussi, messieurs et chère mam'zelle, lemmy introduce :


Fields of the Nephilim : earth inferno

Les disques live, je sais pas vous, mais ça a jamais vraiment été mon truc ; disons même carrément pas, je les évite soigneusement, sans trop savoir pourquoi (en fait si : parce que j’aime pas). Pourtant il m’est arrivé d’en écouter, quand même, quelques uns, et même d’en acheter… deux. J’aurais pu vous parler de No Sleep Till Hammersmith, mais ce sera de Earth Inferno, moins réputé, et pourtant tout aussi hénaurme, un disque magnifique, le once upon the time in the west gothique – et puis un live qui surpasse tous les albums studios du dit groupe, on se doit d’en toucher deux mots.

Earth Inferno, c’est quoi, Jean-Jean ? c’est déjà un son, mon Jeannot – un son brumeux, trouble, qui t’entoure et t’habille de fumée comme un épais smog, dense & enivrant, des volutes de havane all around you – c’est ensuite une présence, occulte, et une ambiance : celle d’un rituel, on se sent illico dans le trip et on se mord les doigts de pas y avoir été, avec ses gaillards planqués sous leurs longs manteaux de cow boys – oh, rien de malsain, de glauque, non, seulement du grand cérémonial, ténébreux, envoûtant, de la réunion de vieux briscards goths tout juste sortis de leurs années 80, on est bien avec les darons, bien au chaud dans cette grande taverne, on est bien parce que c’est comme les vieux festins de porcs avec la tribu après la grande guerre, ça te fait des frissons de partout, t’as survécu, le goût de la terre et du sang mêlés a laissé place à celui du vin et des victuailles, et la fumée des calumets qui t’entoure et qui engourdit tes sens, la camaraderie, les rires bien gras qui fusent, les mains qui claquent dans les dos, et soudain, brutalement, les regards respectueux qui s’allument dans l’insouciance de la jeunesse cavalière, devant la gravité solennelle, celle du Grand Chef qui raconte ses vieux souvenirs de guerre ; puis la fête reprend, les torches flambant le long des murs, le plafond haut, la chaleur qui monte inexorablement, plus l’ivresse grandit plus les corps se sentent immortels, la vie grouille, peu importe le lendemain, le jour pue du bec, seule compte la nuit, seule compte la lune, seuls comptent nos démons, nos terres noircies, nos chevauchées, pendant que les destriers dormiront, on chantera ad vitam, se saoulera, les tubes n’en finiront pas de ne pas finir, de partir en breaks rock’n’roll, en cavalcades, en ralentis pesants de gravité, en solo, les échos caverneux du père McCoy qui nous bramera ses récits antiques de grimoires, et lâchera les bons gros hymnes à reprendre en chœur avec la fratrie, celui du Preacher man, du Moonchild – Lower me DOWN DOWN DOWN DOWN DOWN.

Se l’écouter en pleine nuit prend tout son sens – La classe, tout simplement.

Jean-Jean

lundi 25 août 2008

In Slaughter Natives : Sacrosancts Bleed


J'avais hésité, pour parler de ce disque, à vous rediriger vers ma chronique du Psalm 69 de Ministry. En effet, Sacrosancts Bleed pourrait être, d'une certaine façon, le "way to suck seeds" de l'ami Jouni. Son summum apocalyptique, oui, son épopée de la déchéance humaine et de la folie, de l'effondrement de toutes les bases de la société, enfin ce genre de truc, voyez. Oui mais bon, c'est pas comparable, puis pas le même style surtout, alors faudrait pas donner l'impression que tes chroniques sont interchangeables, alors casse-toi le cul bordel, ponds-nous en une, et pas trop vite torchée, merci. Alors voilà. Mais on va quand même causer fin du monde, si ça vous gêne pas.
Jouni, son truc, c'est pas forcément la violence. Quoiqu'il peut être bourrin aussi, des fois, seulement son apocalypse à lui a quelque chose de bien moins brutalisant que de pervers et sacralisant, au sens blasphématoire du terme bien entendu. Sacrosancts Bleed n'est pas ce bloc de béton armé qui vient nous écraser sur l'asphalte, non, lui a quelque chose de plus mou et charnel, carnassier et sexuel. Musique sacrée et orchestrations martiales viennent ici se mêler à quelque chose de plus inhumain, à des sons moites et visqueux, à des voix tordues, hurlantes, grimaçantes. C'est la décadence rituelle, la célébration orgiaque, la naissance de l'Antéchrist, je vous le donne en mille. La chasse à l'homme est ouverte dans les rues, les xénomorphes ont signé une alliance avec les ténèbres et débarquent de l'espace pour faire un grand festin de chair. Au menu, tripes humides et sang millésimé, un vrai repas de roi! On embarque des jeunes vierges pour le grand barbecue religieux de la place des fêtes. Plus bas, dans les caveaux, ça partouze à s'en gargariser de foutre : hécatombe scatophile et courtoisie sadomasochiste. On fait monter des donzelles en chaleur à des boucs abrutis de substances douteuses et des sécrétions femelles qui saturent l'air, tandis que des brebis vivantes sont crucifiées sur la table de banquet pour le repas des convives, à base de viande crue délicatement arrachée à même la carcasse, à coup de dents. Le reste de l'humanité encore décent et entier se terre dans l'église, ou l'organiste joue, le plus gracieusement possible, quelques airs de recueillement, dans l'espoir de faire oublier les hurlements que l'écho fait résonner par-delà les parois. Retournons dehors, c'est plus amusant voulez-vous. Un concert de rock satanique se termine dans l'hystérie collective, sacrifice de porc et sang faisandé balancé dans la fosse, on ouvre grand la bouche pour recevoir son saint breuvage, et on a même pas le temps de se rendre compte qu'il est un peu trop chargé en gasoil que la grande carbonnade est lancée. Plus tardivement dans la soirée, la cérémonie se fait plus nette et précise, les cantiques plus articulés ; vient alors l'ultime incantation, haleines de soufre et vers stridents, Ligeti fait son overdose de cocaïne, plus personne pour s'en rendre compte, car tout le monde occupé à hurler à la mort... Et ce final mes amis, ce final. Ce tintement macabre, ce glas fatal. Bizarrement, il ne semble pas provenir du clocher de l'église. En fait il vient d'en-dessous. Et ces chants glacés qui l'accompagnent ne sont certainement pas ceux de ses occupants, qui contemplent maintenant, pour leur plus grand déplaisir, une luminescence sinistre filtrant au travers du sol dallé.. .
Le disque ne raconte pas la fin de l'histoire, mais avec tout ce remue-ménage, pas besoin de s'appeler Nostradamus pour savoir de quoi il retourne.

Carpathian Forest : Fuck You All


Le dernier album en date.
Toujours plus laid ; toujours plus épais ; toujours plus lourd, toujours plus terne, toujours plus bovin, toujours plus borné, toujours plus navrant de saleté auto-satisfaite. Les riffs sont des blocs - pas du monolithe, non, on oublie ça presto, pas de l'ultra massif terrassant noir de chez noir et tout le saint-frusquin, si vous n'êtes pas jolis tâchez au moins de rester polis - n'est pas Nattefrost qui veut. Juste du bloc ; compact, obtus, impénétrable, stupide, carré ; comme un bloc. Le son est sale - pas du raw crapoteux, non, attention, ça fait deux fois, la prochaine fois c'est une droite dans la bouche. Juste du gras, dégoulinant, rance, épais, trop gros ; comme un poteau dans un fondement.
Fuck you all.

samedi 23 août 2008

Carpathian Forest : Strange Old Brew


CF, oui.
Comme Celtic Frost.
Sans la foi.

Carpathian Forest : Black Shining Leather


Le black metal, faut que ça suinte le malsain, on est pas d'accord ? Faut qu'on aie notre dose d'occulte, de dépravé, de trop vraiment malin, tu vois, le vrai truc. Faut que ça aille plus loin, tu vois ce que je veux dire, vraiment mais borderline, quoi, pas de pipeau, et puis qu'est-ce que je vous mets avec ça ? Une bonne livre de concept pas con et de philosophie, genre nihiliste sophistiqué, ça vous va ? Hein, ça se mange sans fin, l'originalité, mais oui madame allez, c'est pesé !

Amateurs de porno, de snuff movies, de sensations vraies (c), bon vent. Carpathian Forest met des doigts. Pas des super gloomy comme Hate Forest, même si également à coups de basse fouailleuse. Pas d'immonde jouissance lovecraftienne ici. Que de la brutalité gourde et gauche. De la haine, imbécile, sarcastique, d'une tristesse insondable. PROUT PIPI VOMI HOHOHO !!!! BOUARRRRRRRRRRRRRRblblblblblblglblbl .......

(P.S : le dernier morceau s'intitule "A Forest" ; si avec ça vous avez pas compris de quoi je parle, je ferais mieux de plus revoir vos sales gueules ici.
Je blague pas.)

vendredi 22 août 2008

Heavy Lids

Il y a ce disque, il me fait un peu penser à une histoire drôle que j'ai lue enfant, en fait.

C'est un chercheur qui étudie les puces. Il en pose une sur sa table de travail, et il lui dit : "Saute !".
La puce fait un bond. Le chercheur prend alors son crayon bien taillé, une belle feuille de papier blanc, et note avec application : "Quand on lui dit de sauter, la puce saute.".
Puis il cherche (c'est un chercheur) dans sa trousse sa belle paire de ciseaux, et coupe les pattes de la puce. Puis il dit à nouveau à celle-ci : "Saute !".
La puce ne saute pas.
Alors le chercheur retaille son crayon, reprend sa belle feuille de papier blanc, va à la ligne et note en tirant bien la langue pour ne pas faire de fautes : "Quand on lui coupe les pattes, la puce devient sourde.".



















Evidemment, tas d'obtus, de quoi pensiez-vous donc qu'on parlât ?
Parce qu'après ce disque il n'y a rien.
Parce que tu me dois un sacré putain de paquet, enfoiré !

lundi 18 août 2008

Techno Animal : Re-Entry


Dub anémique, Abstract doom en phase terminale, l'austérité à son summum.
Il y a ce film, Soylent Green, ou l'on voit un type se laisser mourir dans un institut bizarrement spécialisé à cet effet. Ici c'est pareil.
Rituel en diptyque indissociable, re-entry est une invitation vers le néant. Sauf qu'au lieu d'y plonger dans une vague d'euphorie, et de plaisirs à jamais perdus, c'est dans la résignation et un désespoir dangereusement silencieux qu'on s'y abandonne. Il n'y a rien de bon ici-bas de toute façon. A quoi bon se battre? Attendre et mourir, c'est tout ce qu'il reste, à défaut d'espérer. Attendre, oui, respirer, oxygéner son corps, s'oxyder, laisser le temps à l'oxygène d'user ses organes vitaux, les sentir dépérir et s'oxyder encore, et encore, jusqu'à passer à l'état de cadavre, sinistre chrysalide de notre condition larvaire. Et le coeur de battre plus lentement à chaque pulse, sans qu'on puisse même s'en rendre compte.
Le tempo ralentit au fur et à mesure de l'album, même si sur la fin de la première partie, on croit entrevoir une lueur, un retour à la vie et à l'espoir. Mais très vite c'est la rechute, jusqu'à la disparition pure et simple de tout élément rythmique. Coma létal. l'attente est interminable. Le coeur oscille encore pourtant, mais de façon imperceptible. Sur un électrocardiogramme, la courbe embrasse l'horizon dans un élan de froide tendresse, d'une lenteur insoutenable. Puis, l'étreinte fatale, le dernier soupir.
Il devient alors urgent de passer à quelques chose de plus remuant pour reprendre son souffle, si tant est qu'on est certain de ne pas vouloir y rester.

Made out of Babies, Parween, HKY, Le Klub, Paris, 17/08/08

Pour un live report, ne pas négliger l'anecdote qui fait vivant - comme le fait qu'avant Glass Candy, j'ai passé une heure à boire des apéros avant de m'apercevoir que je le faisais à la place où ils avaient refroidi Jaurès. Ici, ce sera le fait d'avoir été confondu avec le chanteur de Remote : sympax.
Et donc, HKY, c'est chiant ; j'ai failli m'assoupir - aussi, quand on a passé les 3 nuits précédentes à dormir 3 heures, et les matinées attenantes à vomir de l'eau ...
Parween, ça pique les oreilles pour pas grand chose, j'ai joué deux fois les éclaireurs et deux fois suis remonté sur l'air de kaï-kaï.
Moube, enfin ; court, comme à l'accoutumée, un peu trop de monde pour se mettre à l'aise, mes cervicales du moins ne s'en plaindront pas, un peu trop de connards de pogoteurs sur le rappel (eh ouais connasse, je le sais bien que t'as pas fait exprès de me marcher sur le pied, sinon c'est pas poussé que je t'aurais), un peu trop de son perdu dans les bouts de kleenex vrillés dans mes oreilles, il avait pourtant l'air magnifique, mais un peu trop, ça cisaillait si formidablement que j'ai dû une fois n'est pas coutume jouer de prudence - mais l'exiguïté de la salle, comme espéré, nous a donné une intimité précieuse avec Pépée Noël et sa sincérité radieuse - et qu'on ne vienne plus me parler de photoshop, ou je vais rire bien haut.
Chouette concert, y en a des qu'on de chouettes invités, à leurs anniversaires ...

PS : Roddy, t'étais où ?

jeudi 14 août 2008

Hypnotizer : Everything is Nothing


Allons bon. Vous voulez, vraiment, que le vieux con vous raconte encore une fois l'histoire du k-hole ? De comment le tempo se fait pâteux, le beat gluant, la gravité néant, le corps chewing-gum dans la grande brasseuse, comment toute perception devient plastique fondu, comment tout devient sale et synthétique, comment on devient une bête capable de tout, un neurone dernier, connecté à nu avec l'univers, l'innommable, comme on devient pure voracité, pure énergie, pur désert, de morale, de sentiment, zombie opiniâtre, invertébré et invincible, avide et glacé, insensible et inextinguible, dans le jardin des cendres ? Si cette jaquette effroyablement explicite, le pataud appétit de sang, l'impureté et le désespoir qui y mugissent, ne vous ont pas déjà fait remonter dans le tarin une doucereuse odeur médicale, c'est, mes braves chéris, que vous n'êtes jamais morts.
Et maintenant, il faut dormir. Faites de beaux rêves.

dimanche 10 août 2008

Danzig : Circle of Snakes


Flash forward, voulez-vous ?
J'ai vieilli, la morsure, quotidienne, de l'angoisse, s'est émoussée, s'est faite bruit de fond, une rage de dents amie, un acouphène familier, un membre fantôme ; mon membre, en revanche, s'est rappelé à mon souvenir, le nœud poétique (peace, Jimmy) ; la vitalité de Tommy, que j'ai vampirisé - arrivé à un certain millésime on est soit un mercenaire retors à patte folle soit un héros superbe mort.
Je retrouvais mon assurance, le poids pris aidant, une sorte d'aise relative à me mouvoir au milieu du troupeau, malgré le souffle court, malgré les balafres, la gangrène et la poussière dans le roc de mon organe.
Mais je suis cafardeux comme cette voix qu'on n'entend plus bien loin; Je sens la mort venir, et un écho loin dans le brouillard de mes sens, l'épaisse soupe que je suis devenu, mon âme, ullule : Johnny Favourite.
L'horizon, tâtonnant déjà, s'assombrit. Je suis perdu dans une forêt ; on m'appelle, je ne sais bien qui, si je dois chercher cet ange, des tentations m'assiègent, des religions exotiques, des promesses chargées d'antiques assurances - des délices, à nouveau, comme je m'en suis gobergé il y a ce qui paraît si loin ; elles poignent mon coeur mélancolique - un peu.
Rien à faire, je vois tout en sinistre. Sinistre, sinistre ... qu'est-ce donc que cela me rappelle, déjà ?

(à suivre ?)

Tu la vois celle-là ?

Le débât "sex appeal et dignité, Glen : mâle ou femelle ?", ça se passe et ici, venez nombreux, bisoux.


Pour résumer, si jamais vous étiez tentés de l'extrême obligeance d'insuffler un semblant de vie ici-même - et parce que j'ai eu la déplorable idée de réécouter le III alors que j'étais si indulgemment disposé envers le IV, thanks to our dearest Jean-Jean :
à côté de n'importe quel morceau du III, un du IV sonne furieusement comme du Bon Jovi, voire du Aerosmith.
Non mais sérieusement, Heart of the Devil ... Quel possesseur d'une face osera me soutenir que c'est la même ambiance (bien sûr que c'est le même gars et que ça s'entend, c'est ça qu'est douloureux, essayè-je de vous faire piger) que Until you call on the dark, Going down to die, qui aura le front d'aligner Devil's Plaything et I don't mind the pain - là c'est le jeté de gant froid et ferme, et on s'arrêtera pas au premier sang, cousin.
Les flammes, l'enfer, tout ça, et les délices ineffables, c'est pas que des métaphores, mon enfant ; des petits rondouillards tout boursouflés de biscotos qui te filent la chair de poule en geignant comme des chiennes qu'ils fricotent avec les dieux, qui pleurent sur les redoutables vents que peuvent te mettre les succubes, et qui restent plus crédibles et real que du Primordial ... citez m'en un seul autre.
Non, on ne peut pas juger et grâcier Glen comme on juge un homme. Celui qui porte la lumière expie toujours, à la fin ; et ce n'est pas la loi des hommes ; qui le choisit en supporte les conséquences.



SOUM, on t'avait prévenu, petit.

samedi 9 août 2008

Danzig IV : Vorschau


Bien sûr, cet album est bon. Il est de moi, après tout. Les chiens ne font pas des chats - quelle expression à la con ; les loups deviennent des chiens, pourtant. J'étais si seul. Aux abois, si je puis me permettre. L'ivresse d'avoir été exalté entre tous les hommes passée, ça peut être assez perturbant, d'être initié ; savoir comment tuent - et aiment - les dieux. "And the pain you're feeling now is nothing compared to the pleasures I hide", ouais ouais, tout ça, sur le papier, à entonner en choeur au premier rang de mes messes, ça en jette, mais vous pouvez me croire que ça réserve des suées. Je me sentais suivi, dans la rue, dans la nuit ; mais n'avais-je pas promis mon âme à quelqu'un ? Pouvais-je vraiment me faire croire que je l'avais oublié, pouvais-je vraiment connaître la moindre ivresse compatissante, dans aucune grandeur et toute-puissance ?
J'ai tenté de fuir. Je me suis habillé, épilé, coiffé, maquillé, j'ai fait des pirouettes, des œillades de velours, des roucoulements, j'ai fait dans le patelin et dans le gimmick servile, j'ai soyeusement beuglé "I don't mind the pain" devant la compagnie des hommes - je parle des civilisés, des avortons, des châtrés, des agneaux du seigneur, ô comme je désirais faire partie à nouveau du troupeau - j'ai fait le roué, j'ai joué de leur veule appétit de soumis pour le picaresque sulfureux, avec une truffe de bon toutou je leur jetai des bribes délavées du monde de l'esprit, du monde où la chair pantelante se joue, et ils étaient aux anges, et ils battaient des mains, oh comme ils a-do-raient positivement, frissonner quand je leur psalmodiais avec des tremolos théâtraux des lambeaux d'incantations, ou que je leurs surjouais pour la énième fois des larmes dont ils ne sauraient connaître la brûlure vraie sans en être balayés comme feuilles ; j'ai même geint comme une femelle impuissante, vaincu, des "Let it be Captured" brisés.
Complaisamment, aimablement, j'ai joué le Glen Angel, et comme le fol que j'étais fui ce Glen Favourite qui me faisait horreur...
(à suivre)

vendredi 8 août 2008

Revolting Cocks : Sex-o Olympico


La suite logique de la petite sauterie privée Cocktail Mixxx. Au plus fort de l'émoustillement général, un tordu plus déchiqueté que les autres lance la fâcheuse idée d'aller en boîte ; et toute la satraperie déjà comme une baraque à frites de se jeter sur la trouvaille et de lui emboîter le pas ; tout le monde est déjà en fluo, on tombe vite les masques à gaz et les insignes militaires, contre toute attente personne n'a de sursaut inconvenant au moment de dire bonsoir au physio, et les voilà, excités comme des puces tropicales, dans le noir du Rex Club, au milieu des métrosexuels rougeauds et des allumeuses pincées tous en mode fous de leurs corps guindé ; à glousser, à danser les bras en l'air, à piauler d'hilarité ; forcément, ça se met à serrer de la radasse fashion d'une bonne touffe de poils trop près, à lui claquer popaul sur le derrière qu'elle a grincheux, tout en lui bramant des extravagances avec des poses Duran Duran certifiées, à répondre à sa gifle par une grosse mandale dans la bouche sans cesser de glousser avec imbecillité, et quand le coq déboule tout gonflé de mâle indignation, l'Uzi jaillit d'où on l'avait oublié.
En moins de temps qu'il n'en faut à Begbie pour virer cramoisi, c'est le chaos, tout le monde se piétine pour sortir de là dans la plus grande panique tandis que la horde de gremlins entre en extase sur le disque de dub que le dj a laissé tourner en prenant la fuite. Puis quelqu'un trouvera un bon vieux House of Pain dans les flightcases, et ce sera l'explosion de liesse générale, et tous de jumper around en pataugeant dans les cadavres ; la soirée est lancée.
La suite fatale du Cocktail Mixxx.

jeudi 7 août 2008

Danzig III : How the Gods Kill


The year of my discontent ? Quite not so. The Coming of me.
Le temps de mon avénement aura duré deux albums. Deux disques de ma splendeur. Avant que je ne succombe, à mes propres pestes, ne chute, comme tout ce qui porte la lumière aussi haut, aussi âpre. Après ma fuite, qu'il serait plus juste de nommer libération, je fus le seigneur du pays sauvage, de tout ce qui s'ouvre à une courte foulée de vos existences rabougries, de vos grelottements de moutons, je hantai souplement ce domaine qui s'étend offert à qui veut le prendre. Je cramai follement dans un pandemonium dont j'étais le maître en majesté. Affranchi de toute autorité, des rites du bayou de mon initiation, roi en hard rock, sans partage, sans conteste. Je ne craignais rien du moindre grand dadais, alors, je broyais l'univers dans ma main, et je riais et j'énonçais les vérités terribles et grandioses, terribles et sublimes comme était ma terrassante séduction.
C'était avant que je ne sois rongé, dévoré, roussi et mis à bas par mon propre feu dans la solitude du lion ; que l'inquiétude ne me gangrène, que je ne me livre tout apprivoisé au troupeau, mendiant une loque de leur affection plutôt que l'horreur des cîmes dantesques où pantelant j'aboyais en proie à la famine et aux visions.
Le vertige, et la chute. Je me suis remis au pento de ma jeunesse, cette fois à la truelle ; j'ai arrangé mes cheveux ; contrefait de mon mieux la façon des bellâtres châtrés, et flatté leurs sens de sybarites ; moi, la Séduction, je suis devenu charmeur ...
(à suivre)


Ceci est, évidemment, dédié à quelqu'un qui a beaucoup contribué à mon amour du black metal, mais surtout et encore plus évidemment, à moi-même et à tous les gâchis.

mercredi 6 août 2008

Danzig II : Lucifuge


Je suis un kikou ; pas vous ?
Un putain de gominé bien kéké, pas bien haut, bien musculeux ; pas à escalader beaucoup l'arbre à grimaces familial pour tomber sur des extraits de naissance en italien. J'ai un authentique petit cœur de midinette, qui saigne, et pas une des cagoles mélodramatiques et glousseuses que j'ai encochées sur mon manteau de cheminée en chêne qui puisse espérer supplanter Maman. Maman était une salope. Elle m'aimait pas. Pardon, Mamma ; je suis un homme tu sais, je serais un loup c'était écrit. Je peux pas me permettre de faiblir, le fiasco, le moindre éclat dans ma chape massive, is not an option ; quand ça branle dans les fondations, le seul recours acceptable c'est howler à la lune, et bomber le torse, toujours ; l'abonnement à la salle de muscu, ça passe avant tout ; désolé ; vous tous. A man's gotta do what he's gotta do.
J'ai vendu mon âme au démon ; pas vous ?

mardi 5 août 2008

Motörhead "Overkill"


Ce morceau ...
Ce morceau, ce morceau, ce morceau ; ses je ne veux pas savoir combien de reprises, oh pas tant que ça, deux ou trois, juste ce qu'il faut, juste plus que n'importe qui oserait, parce que tu le vaux bien, parce que c'est trop juste bon seigneur, parce que vas-y Lemmy, parce que CE putain de riff de batterie bestial, sauvage, tribal - laisse tomber, tout est dans Motörhead, Steppenwolf, Entombed - et rajoute ce que tu veux, on a dit ces deux on a dit l'alpha et l'enculé d'omega - rock out, bordel de fils de pute de toi, with your cock out, comme il dit sur l'à venir Motörizer, sur un putain de morceau de par-delà l'anthologie qui te fait du hachis de ton côlon tout en te fouettant les guiboles mais tu vas bouger mon connaud c'est moi qui te le dis, qui te fait hasta lasagna avec ton cœur chaviré juste comme il fait aya sapapay avec tes knuckles, qui te fait plus que ronger les bornes de ton enveloppe physique que de la new-wave, un morceau pour baiser comme un acharné, bastonner comme un noyé, chialer comme un hooligan, un morceau à écouter dix fois in a row dès qu'on croise un nanogramme d'alcool dans sa plomberie, qui obsède toute la sainte journée le reste du temps, un morceau qui peut se comparer avec Ace of Spades et ça en fait pas des masses tu le sais, à écouter jusqu'à ce que something must break, jusqu'au fond de ton cul, jusqu'à ce que ce (ces ?) solo me dissolvent, enfin, que cette voix cocaïnée au dernier stade de l'absolute craving m'ait ramoné l'idéal jusqu'à l'asphyxie, enfin, mais cogne donc, enculé, écrase-moi ce champignon, cogne plus dur, plus vite, cogne ...



Alors, sur l'album, il y a d'autres morceaux bien sûr, des très bien même, certains pour dire la vérité mériteraient que je m'épanche sur eux presqu'autant. En emporte le vent.

lundi 4 août 2008

Revolting Cocks : Cocktail Mixxx


A priori, un disque crassement inutile. Des remixes electroïdes d'un poutral album d'indus hard graveleux zztop. Par d'illustres tâcherons qui ne sauraient prétendre à une once de la classe des remixeurs de la grande époque - Thirlwell, James, Balance, Ogilvie ... si vous ne voyez pas de quels disques je parle, moi je baisse les bras.
Et puis un beau jour, bien après sa sortie, on y refait un tour, comme on vérifie qu'une maison est bien vide avant que de la démolir ; au casque ; et on prend sa tarte ; on est assis, et on brûle de tortiller son body comme un coq au lait, on est tout caliente de partout, autour le décor s'est tout soudain transformé en boîte de night glitter jubilatoirement flippante, tout le monde dedans dégouline de verroterie, sur les stetsons, sur les strings, les basses font des bosses à tous les falzars en cuir - et tout ce zoo rivalisant de vulgarité exubérante, ce pince-fesse acidifié et enraybanné, se dandine et ondule insouciant en rangeos 25 trous. Cliquètements de quincaillerie et tintement des glaçons, murmure du champagne et timbres de cyborgs, chuintements de vérins, gloussements lubriques : les sauteries de ce cheeeeeeeeeer Alain sont toujours siiiiiiiiiiiiiii ex-tra-va-gantes, ne trouvez-vous pas ?