jeudi 28 août 2008

Die Form : Confessions


Quand on songe un instant à toute cette vulgarité ...
Nul besoin d'y songer, au reste, elle s'expose sans pudeur aucune, frontalement, sauvagement. Le sacré qui aboie à la Enigma, les beats qui mettent des coups de bite, les sonorités en rubber, les pouic-pouics du gel, les tremolos anthemiques, le pire du grouft, de la moustache, de la backroom, styles déjà pirisants par essence.
Oui mais ; mais la ferveur, mystique, qui porte un nom. Eliane P. . Partout ailleurs les nonnes pâmées, les croix dans la foufe, les résilles sous la bure, sont une panoplie, laide, un ressort, flasque. Pas chez Eliane et son Philippe ; Eliane n'est pas en proie à une figure de style quand elle gémit sous les coups de tisonnier des démons, sous les coups de fouet redoublés de la boîte à rythme de son possédé de Philippe ; quand elle se disloque spasmodiquement sous les soufflets des visions fantasmagoriques dont elle est tourmentée ; quand la fièvre a raison de sa raison et qu'elle exulte d'obscénité, hoquète et geint dans l'expiation comme une jeune chienne moqueuse ; quand tout se laisse renverser dans l'orgie où se perdent les cris de détresse avec l'humanité. Oubli de soi, de toute barrière, de toute crainte, soumission à la douleur et à la délivrance de tout.
L'amour est un miracle ? Je ne sais pas. Il n'est pas pudique. Je le sais.

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