mardi 26 août 2008

Friends will be friends

Il vous a manqué, avouez. Mais si, pas de chichis entre nous, vous savez de qui je parle : il est beau, il aime le bon vin et les belles pièces montées comme lui, il est jeune, le futur est sien, il n'est pas qu'un des grands metteurs en scène de ce temps, il chronique, aussi, messieurs et chère mam'zelle, lemmy introduce :


Fields of the Nephilim : earth inferno

Les disques live, je sais pas vous, mais ça a jamais vraiment été mon truc ; disons même carrément pas, je les évite soigneusement, sans trop savoir pourquoi (en fait si : parce que j’aime pas). Pourtant il m’est arrivé d’en écouter, quand même, quelques uns, et même d’en acheter… deux. J’aurais pu vous parler de No Sleep Till Hammersmith, mais ce sera de Earth Inferno, moins réputé, et pourtant tout aussi hénaurme, un disque magnifique, le once upon the time in the west gothique – et puis un live qui surpasse tous les albums studios du dit groupe, on se doit d’en toucher deux mots.

Earth Inferno, c’est quoi, Jean-Jean ? c’est déjà un son, mon Jeannot – un son brumeux, trouble, qui t’entoure et t’habille de fumée comme un épais smog, dense & enivrant, des volutes de havane all around you – c’est ensuite une présence, occulte, et une ambiance : celle d’un rituel, on se sent illico dans le trip et on se mord les doigts de pas y avoir été, avec ses gaillards planqués sous leurs longs manteaux de cow boys – oh, rien de malsain, de glauque, non, seulement du grand cérémonial, ténébreux, envoûtant, de la réunion de vieux briscards goths tout juste sortis de leurs années 80, on est bien avec les darons, bien au chaud dans cette grande taverne, on est bien parce que c’est comme les vieux festins de porcs avec la tribu après la grande guerre, ça te fait des frissons de partout, t’as survécu, le goût de la terre et du sang mêlés a laissé place à celui du vin et des victuailles, et la fumée des calumets qui t’entoure et qui engourdit tes sens, la camaraderie, les rires bien gras qui fusent, les mains qui claquent dans les dos, et soudain, brutalement, les regards respectueux qui s’allument dans l’insouciance de la jeunesse cavalière, devant la gravité solennelle, celle du Grand Chef qui raconte ses vieux souvenirs de guerre ; puis la fête reprend, les torches flambant le long des murs, le plafond haut, la chaleur qui monte inexorablement, plus l’ivresse grandit plus les corps se sentent immortels, la vie grouille, peu importe le lendemain, le jour pue du bec, seule compte la nuit, seule compte la lune, seuls comptent nos démons, nos terres noircies, nos chevauchées, pendant que les destriers dormiront, on chantera ad vitam, se saoulera, les tubes n’en finiront pas de ne pas finir, de partir en breaks rock’n’roll, en cavalcades, en ralentis pesants de gravité, en solo, les échos caverneux du père McCoy qui nous bramera ses récits antiques de grimoires, et lâchera les bons gros hymnes à reprendre en chœur avec la fratrie, celui du Preacher man, du Moonchild – Lower me DOWN DOWN DOWN DOWN DOWN.

Se l’écouter en pleine nuit prend tout son sens – La classe, tout simplement.

Jean-Jean

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