dimanche 31 août 2008

Haus Arafna : Butterfly


Magic, vous commencez à situer. Sinon, moi je vais me pendre, l'humanité ne mérite pas les efforts qu'on fait pour s'adresser à elle. Maintenant, vous imaginez une nuit d'insomnie dans cette même maison de repos. Le moment où vous vous réveillez, sans le moindre sursaut, sans savoir pourquoi. Et vous constatez très vite le malaise, vous saisissez pourquoi les somnifères, vous comprenez pourquoi vous n'êtes pas censé vous réveiller à cette heure-là. La farandole de gélules, pilules, comprimés, qu'on vous dispense avec largesse toute la sainte journée, est digérée depuis longtemps, elle n'a plus aucun pouvoir sur vous - sur vos compagnons de la nuit, sur les esprits qui se lèvent, qui montent du sol, des murs, qui s'extirpent des contours de la réalité diurne chimiquement cadenassée. Il sont curieux, avides de toucher enfin, enchantés de sortir de leur claustration, brûlants d'excitation de trouver ici une âme éveillée, pantelante, toute vive. Il en sort de partout, et on vous a désappris assidûment à reconnaître le moindre d'entre eux, mais quelque chose en vous les connaît, connaît du moins que la seule chose que vous éprouvez à leur parage est l'envie de hurler à en perdre le sens, une terreur absolue, et la certitude que nul n'entendra. Ils sont là, ils sont passés à travers ; Il vient vous prendre.

1 commentaire:

raoulito a dit…

Merveilleux. Enfin, non, mais on se comprend