mardi 30 septembre 2008

Punish Yourself : sexplosive locomotive


Punish sur cet album, malgé la haute dose de rave-metal hi-nrg qui dénote l'écoute abusive de Cubanate, fait un peu la même chose que Revolting Cocks depuis deux albums (enfin, ça fera deux en février), à savoir une baraque à frites qui maximise son potentiel taches de gras en combinant Ministry et RevCo.
Hé, minute : on est en 2004 !
Reprenons : en 2004, en France, un troupeau de goths chargés comme des mules andines dessine déjà le futur de RevCo. Et, s'ils ne sont pas encore aussi surpuissamment rock'n'roll et ecstatiquement new wave qu'ils le seront bientôt, ils sont déjà bien meilleurs que Cubanate, tant ils ont audiblement compris l'origine batcave et gay de la sexitude débordante de Sheep on Drugs, contrairement à ce veau de Marc Heal, qui est tout de même le Jason Statham des dancefloors groufts, disons les choses comme elles sont.

lundi 29 septembre 2008

Mitra : all gods kill


Grossièrement, Mitra tient autant du bouse-metal de Corrosion of Conformity que du vasoline-thrash de Hail!Hornet. Et moins grossièrement ? Mais pour quoi faire, doux Jésus ?
Enfile-moi donc une salopette, on t'attend dehors dans le pick-up, avec les collègues et les pétoires - et active, ils sont chauds bouillants j'arrive plus à les tenir...

Enslaved : Vertebrae


Le Floyd des fjords.
Une horde de vikings allumés, un drakkar pastel sur une mielleuse mer d'acide lysergique, en partance élégiaque pour l'ailleurs : un peplum cosmique tout d'orgies sacrificielles enguirlandées de fleurs mauves.
Splendide.

Cavo : s/t

Quand les mecs de Corrupted mettent les doigts dans la prise, leur musique prend soudain une tournure à vous réveiller un mort. Fou non? Avec eux, on a plutôt l'habitude du contraire, sans parler de leur règle d'or des morceaux à rallonge pour disque à rallonge, là ou ici, c'est court et concis, un vrai concentré de barbarie. Par contre, forcément, ça laisse quelques bouts de cerveau en vrac ; mais, me direz-vous, on ne fait pas d'omelette sans casser les œufs. Au programme, Noise dépravée, grindcore nippon et Kabuki satanique, ou le traditionalisme japonais se fait mettre à sec dans un carnage ero-guro de première bourre. La bande-son parfaite pour les trips malsains d'un Maruo Suehiro ou d'un Daisuke Ichiba.

I Love You but I've Chosen Darkness : fear is on our side


Interpol, vous voyez ? Et la même chose avec un feeling plus U2 (j'aurais bien dit Tears for Fears, mais ç'aurait été par pur plaisir de faire de l'esprit), et une voix qui ne dégage rigoureusement rien, vous voyez ?
Pas d'autre question, Votre Honneur.

samedi 27 septembre 2008

Gorgoroth : Under the Sign of Hell


SOUM assume également une mission de service public, pour le rétablissement des vérités de salubrité collective.
Or donc, avec cet album, Gorgoroth nous propose une hypothèse très crédible d'Offspring version black metal. L'audace vaut d'être saluée - mais pouvait-on attendre moins de satanistes aussi chevronnés ?

vendredi 26 septembre 2008

Current Value : Frequency Hunt


L'autre grosse pointure drum'n'bass, avec Panacea, du Position Chrome de la bonne époque : la seule que je connais. Mais si les sonorités cherchent le même genre d'ambiance, elles sont beaucoup moins baveuses et ricanantes que chez le compère, la conception de la menace n'est pas du tout la même : l'explosion libératrice ? Jamais. Current Value est, primo, une sorte de sommet de la jungle futuriste qui sévissait alors, car il s'agit pour le coup de jungle très pure, l'accro du 4/4 rendra tripes et boyaux dans son scaphandre dès le premier début de beat, deuxio, un expert clinicien du petit son anxiogène qui goutte de la coursive, de la basse mutating intelligent lifeform in expansion, troisio, le spécialiste à ma connaissance du beat rémouleur, je n'invente rien c'est le titre d'un morceau - d'autres roquent bien les blocs, après tout ...
Résumons-nous : break pour enfuyage comme un dératé dans station désaffectée, très haut pouvoir spasmodique ; si vous ne dansez pas c'est que vous êtes mort, probablement d'arrêt cardiaque à force de vous retourner en sursaut, ou bien en vous rompant le cou à vous désarticuler tout en courant. Ce disque soulève une question scientifique très sérieuse : les aliens ont-ils des hanches ?

Incantation : Diabolical Conquest


Non, tous les bons Incantation n'ont pas le son de casserole à bouillir du titan, de ceux aux pochettes noir et violet. Celui qui nous occupe a un son de fournaise. Si gras il y a, ce n'est pas celui de la mousse dantesque qui prolifère dans tous les recoins de quelque grotte mal famée, c'est la graisse brûlée qu'on hume ici, celle qui grésille en dégouttant sur les brandons. Cet album est douloureusement sec, aride, âcre, il se déverse à pleins tombereaux de cendre brûlante. Parlez-moi donc encore d'Under the Sign of Hell, qu'on rie un peu.

jeudi 25 septembre 2008

Croustibat'


Qui peut prétendre faire plus evil sur le beat qu'Incantation ?
Incantation. Blasphemous Cremation, sorti cette année, est en fait le director's mix d'Onward to Golgotha. Plus rough comme ils le voulaient, qu'ils disent. Bourbeux, occulte, obscur comme poix, assurément.
Maintenant, il faudrait qu'ils se décident à ressortir Upon the Throne of Apocalypse, qui était le même tour de passe-passe appliqué à Mortal Throne of Nazarene - c'est qu'ils sont farceurs, les diables - parce que celui-là, il ne se trouve plus en-dessous de 40 boules. Et éventuellement, puisqu'ils aiment cette farce, qu'ils nous la refassent pour le petit dernier Primordial Domination, qui est certes puissant, mais se tape tout de même un son ultra-lisible et peu goûtu, surexposé, façon le Retour de la Momie, gros gros death moderne si vous préférez ... Ca manque d'échos et d'hallucinations, les gars !

Live on joy


Ah, si la cold wave avait su vivre (je n'ai pas dit bien vivre, notez bien, ni même mieux vivre : je ne maîtrise pas assez encor le nonsense) son graaaaand lingam ...
Aaah ... vous avez bien remarqué, je le sais, je n'ai ces temps-ci pas pour vous assez d'amour, ou trop, pour moi - pour ma paix - pour faire les choses bien pour vous, pour vous puiser le meilleur de moi, de mes quelques ressources, et quelques uns peut-être parmi vous en sont attristés, soupirent après plus ...
Si nous avions été granted du temps qu'il faut - pour goûter le hard rock, pour approfondir le fétichisme, le vrai, pas celui qui se sustente de bals masqués, si nous ne nous étions pas laissés prendre aux glaces chagrines de l'indulgence, mais nous étions pris avec la fureur et la peur, si nous avions vécu en somme, à la hauteur, à la fragilité pathétique de notre immense, grotesque, noble entre toutes, faim ...

Phallus Dei : cyberflesh

mardi 23 septembre 2008

Incantation : Onward to Golgotha


Tu apprécies ton death metal cyclopéennement evil, tu aimes les volcans de boue et les pandemonium colossaux avec des biscottos qui font comme des sacs de melon sous le cuir avarié, et pas d'yeux. Tu aimes bien Immolation, mais tu dois avouer que parfois le côté tout droit sorti du toilettage pour le concours de pedigree te pèse un chouïa. Oublie Immolation. Incantation leur a tout appris - tout ? ah, si seulement ... Las, Immolation a dû écouter un peu trop de mathcore, et beaucoup trop son prof de batterie, maudit soit-il ! ce qui trouves-tu a le don de gâter la subtile saveur ennemie du soleil qu'ils ne sont pas loin d'avoir. Tu ne courras pas ce risque avec Incantation, leur son de sanglier putrescent tient plus d'un Autopsy atteint de tetsuisme que d'un Morbid Angel qui a trop forcé sur ses séances de fitness, et si le batteur d'Immolation en fout partout, celui d'Incantation n'en fout qu'à un endroit : droit devant, dans ton museau de faible pourceau. Le blast, c'est fait pour bourrer, nom de d'là. Sinon, faites comme Slipknot, embauchez du percussionniste.
Je suis injuste, il y a aussi du bon gros passage doom qui escagasse, comme seuls les pépés du death savent en faire. Je n'oserais pas invoquer le nom d'Autopsy en vain, tu penses bien ...

Punish Yourself : gore baby gore


Ce coup-là, pour bien faire, faudrait que je m'esquinte le cul à vous brosser le tableau d'un restoroute miteux et pue-la-sueur sur un astéroïde paumé et tout aussi navrant, que je vous chiade la galerie de trombines chimiques, Hell's Angels de Bételgeuse et travelos rafistolés de Tau Ceti, que je soigne la truculence sur comment ce petit monde pérave et éxubérant braille aigrement, s'esbaubit grassement et se pelote à qui mieux mieux tandis que le juke box déglingué peine à faire entendre avec quelle enthousiasme il massacre Monster Magnet en le mixant avec Indochine, comment Revco et eurodance se vautrent l'un sur l'autre dans les canapés rouge pompier ... Je vous laisse juger si en ce moment j'ai envie de me faire chier la bite en trucs structurés pour votre pomme.
Et puis, je dirai que Punish est le seul groupe aujourd'hui (dieu merci, Cubanate n'existe plus pour qu'on soit obligé d'entendre des absurdités qui donnent envie d'être sourd) qui ait la classe que Sheep on Drugs a perdue avec King Duncan, ce qui est mieux encore.

lundi 22 septembre 2008

Slipknot : Slipknot


Hahahahaha. Quand je pense qu'à la sortie de cette chose, j'ai eu, oui, une sorte de peur à l'écouter, me suis figuré quelque chose de trop griffu, touffu, chaotique pour moi, qui tenait du grind et du brutal death, ou de leur fantasme puisque je n'avais alors entendu ni de l'un ni de l'autre.
En fait, Slipknot, c'est juste de la fusion. Slipknot c'est juste Korn comme j'ai désespéré à chaque tentative qu'ils soient, délestés de leur fâcheux travers, saveur male kinderwhore, emogoth b-boy - et avec un son de batterie plus ... disons pubescent. Slipknot en fait c'est super funky et frétillant, c'est hilarant tellement c'est vénèr, ridiculement groovy et survolté, c'est The Devil's Rejects au Carnaval de Rio - les batucadas, les costumes, les Cavalera raides à la coco, les cotillons, Anselmo qui fait des danses zouloues, les sifflets, ça donne envie de faire tourner les serviettes bourré sur les remparts de Carcassone.
Slipknot, en fait, c'est super bien.

Distorted Pony : instant winner


Noise-rock pluvieux, voire diluvien, pas un temps à foutre le nez dehors. Mais un pathos doux-amer entend bien nous y pousser, contre vents et marées. Sortir prendre la pluie, oui, pas pour aller à la cueillette aux champignons, non, ni pour sautiller sur les flaques en marmonnant des comptines à la gloire des grenouilles et des escargots, plutôt pour vérifier si le fond de l'eau est frais, voir la couleur que prend la flotte sur l'asphalte grisonnant, sentir les gouttes ruisseler sur sa nuque et son cuir chevelu, éprouver la violence de l'averse nous fouetter le buste, suffoquer, se noyer, sentir le froid extérieur nous mordre et le sang brûlant couler dans nos veines, frissonner, se sentir vivre. Pas de drogues pour celui-là, Instant winner a ce quelque chose d'enragé et de désespérément lucide, une remontée en surface après le grand plongeon, une douche froide dans toute sa splendeur.

jeudi 18 septembre 2008

Panacea : Twisted Designz


LE darkstep. Oubliez tout le reste, ça ne sert à rien, tout est là. Un gros allemand blond avec deux labrets et un nom ridicule (Mathis Mootz), de la rythmique jungle triple épaisseur qui bave sur la syncope, de la basse phat arrogante en veux-tu en voilà, des riffs de synthé horreur des Carpates qui embaument le rotterdamcore, un don inimitable pour caler plein de retombées vicieuses alors qu'on attend désespérément l'explosion salvatrice totale furia sur le dancefloor, un vrai album, construit, retors, ambiancé, tortueux, et non la suite de tubes bovins qu'on pourrait attendre du rondouillard (et qu'il nous servira souvent ailleurs) ... Je peux pas tellement vous dire mieux, si vous voulez vraiment en prendre toute la mesure, en palper et sentir toute la consistance et les volumes, comprendre de tous vos sens pourquoi il me fait penser à Indiana Jones et le Temple Maudit, profiter de plain pied du grand son et lumière pompier, du grand huit dantesque et monumental, il va falloir passer chez votre vétérinaire.

Bleed for you, sincerely



Pour son deux-centième post, SOUM fait un truc qu'il ne devrait pas, te dit un secret que tu ne sauras pas révérer, te donne un disque que tu ne pourras pas adorer. Mais il doit être ici, et pas n'importe où, si j'y suis, en place de despote.


Je me tranche un membre, et pas un dont je puisse me passer ; je vais pas en plus devoir en faire l'article, non ?

mardi 16 septembre 2008

ZymOsiZ : virust


Premier album. Esplendor Geometrico, SPK, Converter, Orphx. Ronnnnnn, zzzzzzz.

lundi 15 septembre 2008

ZymOsiZ : Noiy


Écoute tes cellules danser sous l'œil de l'irradiation tandis qu'elle vaporise ta conscience, tandis que le pitch viole ta cohésion élémentaire, regarde ton horizon se muer en une rafale d'impacts vitrifiés, ton individu se disperser dans la brutale palpitation de la matière hurlante à l'agonie, comme tu gargouilles, te dilacères, fonds, dans l'aveuglante puissance du faisceau. Ceci est le son de ton être au paroxysme de la panique structurelle, au cœur de la tourmente. Ceci est le sacre du cancer.

vendredi 12 septembre 2008

Infectious Grooves : Groove Family Cyco


Houga-houga-funk.
Si tu n'as jamais caressé rêveusement (oui, du dos de ton gros battoir) l'idée d'abaisser ton centre de gravité (le hara si tu préfères) jusqu'à avoir les jointures qui raclent par terre, d'avoir les deltoïdes qu'il faut sous le marcel (blanc éclatant, pose pas des questions bêtes) pour dodeliner de façon réellement cool et virile en écoutant pousser ton bandana, si t'as pas un sourire égrillard qui te démange quand je te parle de gangbanguer Zach de la Rocha en le fessant à grands moulinets ... ne passe pas ton chemin, tiens, non, écoute plutôt cet album, tu pourrais apprendre une chose ou deux sur toi.

Melvins, Big Business, Porn, Elysée Montmartre, Paris, 11/09/08

Il manquait un petit quelque chose ...
... à Porn, qui jouissait ce soir de deux batteurs olympiens, et qui sait envoyer du riff proto-je sais pas quoi, -zoaire je dirais, et qui pourtant, passées les deux premières minutes de chacun de ses morceaux à attendre en bouillant sur place l'explosion qu'on appelle de tous ses voeux, s'échine à nous endormir en ne changeant rien à son riff ni à sa cadence, laissant ses batteurs s'épuiser en roulements et variations ... un chanteur, peut-être ? ou est-ce moi qui manquait de la perchance nécessaire pour le suivre dans sa coolitude désinvolte ?
... à Big Business, qui jouait toutes ses splendides mélodies un brin trop vite, comme pressé de partir, qui autochâtrait toutes ces gorgeous envolées aigües du chanteur ... un jeu de scène, peut-être, pour meubler cette estrade trop grande pour eux, ou un plafond plus bas, et moins de lumière ? ou est-ce moi qui venait trop pour eux ?
... aux Melvins, qui, ne nous méprenons pas, m'ont collé le sourire jusqu'aux oreilles du début à la fin, jouent ludique, jubilatoire, futé, rock'n'roll, hard rock, grunge, imparable, m'ont même fait le plaisir d'enchaîner comme sur le disque les tubes de Senile Animal, et d'y ajouter un morceau de leur meilleur disque (Eggnog), et un Boris jouissivissime ... un peu plus de coeur et un peu moins de roublardise ou de QI, peut-être ? ou est-ce moi qui ai vu Harvey Milk cette année ?

mercredi 10 septembre 2008

Darkthrone : the cult is alive


Foin de lyrisme houblonné cette fois, Darkthrone nous fait juste Celtic Frost plays Motörhead. En soi, c'est déjà suffisamment bandulatoire pour certains, dont bibi.
Mais ce qui fait de cet album un indispensable qui va un peu plus désengorger votre bourse - et vos bourses, bah tiens, t'as cru qu'y avait marqué finesse sur mon large front ?
Je parlais de quoi, déjà ?
Des solos, bien sûr. Ils sont tueurs, comme disent les gamins d'aujourd'hui, c'est bien simple on croirait Grief tellement c'est extatique dans le vautrage arrogant, l'auto-dégobillage n'importe quesque à la Slayer mais en plus débile encore et exubérant, et pantalonnesque, et mollusque, joyeusement aux fraises, juteux, fait comme un coin, impérial ... Comment vous dire ? Foutral ?
Qui a entendu celui de Graveyard Slut et n'a pas laissé flatuler un sourire de bienheureux, est un pisse-froid, et prié de se suicider bien gentiment.

Et puis, vous pourrez participer à mon impayable jeu : trouve le passage volé à RATM !

mardi 9 septembre 2008

Réactions à chaud dans le froid


Oh putain.
Bonjour l'ambiance, coincé parmi les clubbeurs en phase terminale, au beau milieu d'une dance party nécrophile dans les catacombes de Tchernobyl, avec un DJ shooté au plutonium. Dirk Ivens gobe son ecsta de travers, Brian Ericksson s'emmure vivant en chambre froide dans la morgue de son bled paumé.
Oui, je sais, on t'a déjà causé de ce disque, c'était juste une piqûre de rappel, ou un avertissement, pour les quelques derniers innocents qui n'auraient pas encore défloré leurs écoutilles sur cette galette ultime de living-dead body music : love it or get loathed.
Dark technorave necro-housecore. Jusqu'à la mort.

lundi 8 septembre 2008

Die Form : Corpus Delicti 2


J'aime celui-là. Pas de sensualité, tout dans la sexualité. Et la douleur. Pas de douces caresses, de poses lascives, de tendre murmures, ici Die Form se cambre, jambes écartées, sort ses outils. Le SM à son plus évident. Coupant comme un scalpel, carré comme une réclame pour voiture teutonne, sexy comme une séance télévisuelle du samedi soir. Philippe Fichot l'a bien compris, le sexe a un quelque chose de diaboliquement machinal, on pistonne, on pistonne encore, on pompe, on pistonne, on re-pompe, on ne s'arrête pas de donner du piston, on lubrifie, on vidange, on reproduit, etc. Les films porno se fabriquent à la chaîne à partir d'un même prototype, l'homme devient machine-outil, la machine-outil devient satyre. Avec pareille théorie, on pourrait baiser n'importe qui et surtout n'importe quoi. Même un poteau électrique, pourquoi pas? N'importe quelle machine en action peut prendre cette coquine connotation, fétichisme aidant. Alors quand Die Form se fait aussi froid et mécanique, pas question de penser frigide. Les rythmiques sèches, nettes et coupantes disais-je donc, sont contrebalancées par des basses acides mouillées du bout du doigt. voix robotiques et mélodies moustachues, énorme envie de bouger son boule dans cette énorme usine à gaz sado-maso sur fond de partouze high-tech, sexe anal-logique et torture chirurgicale, jusqu'à la barbarie sur le morceau-titre, découpage au hachoir en mode cybermédiéval, l'orgasme promet d'être violent. Love with machines? Tu l'as dit, Fifi.

The Horrorist : Attack Decay


Un disque qu'il a le défaut de sa qualité : c'est un album de DJ. Alors d'un côté, on passe une excellente soirée, variée et dirigée de main adroite, hop un Suicide Commando (hey, tu connais ce remix ?! c'est bien mieux que l'original !), plaf un New Order, boum un Nitzer Ebb, aïe un Klinik, hop un petit coup de Thunderdome début 90's, oh du November Növelet, SLAP du DJ Rush ! bref on se croirait dans une émission de télé-réalité (get it ?). De l'autre, certains morceaux durent un peu plus que la bonne idée simplette qu'ils peuvent apporter dans un mix. Mais peut-être est-ce là le vrai minimalisme, celui qui ne se cache pas du simplisme derrière une outrance ostentatoire en alibi arty de la chose.
Enfin, n'imaginez pas un mix pas mixé, non plus, il y a quand même pour unifier la discrète touche Horrorist : une froideur tordue pas bien rassurante mais bien tenue à l'orée du subliminal, un vice sardoniquement réservé qui pouffe sous cape tandis qu'il tire les fils de ses danseurs innocents. DJ Rush, en vérité, il y a de ça, dans cette inquiétante désinvolture.

Oui, cette chronique est rigoureusement chiante, mais je sens bien que nul par ici ne sait goûter la vraie préciosité grand teint.

dimanche 7 septembre 2008

Mobb Deep : hell on earth


Rap mortuaire.











Gluant, glacial, lugubre, sépulcral, funèbre, cave, roide, gelé, putain ... MORTUAIRE, OK ?

samedi 6 septembre 2008

Vive la Fête : République Populaire


J'écris toujours les chroniques en pensant à certains lecteurs ; quelquefois, ils n'existent seulement pas. D'autres, si. Présentement je pense à quelqu'un qui aime tellement la new wave qu'il va en chercher dans des sucreries disco bien sages - je ne nie pas que ce soit très doux, hein ... Bref, présentement, j'écoute un disque de vraie new wave, donc plein de regret de l'innocence perdue et tout et tout, mais sorti en 2001, et qui n'a pas oublié de sentir les fluides corporels. Et d'une reprise de Lemon Incest qui ne paraisse pas grotesque devant l'original - oooooh ça non ... Le genre de truc casse-gueule qui révèle le vrai talent.

Darkthrone : f.o.a.d


Tiens, Motörhead dans la forêt qui fait des grimaces horribles ! Oh, du heavy metal en casques à cornes ! Du war punk qui nage dans la bière ! Festif, grinçant, gelé. Et y a même du black metal, à des moments.

Jubilatoire est un peu faible. Carnassier. A bon entendeur ... salut.

vendredi 5 septembre 2008

Remote : dark enough


Fatal. Façon target is locked. J'ai bien essayé de trouver ça facile, convenu, ennuyeux, la première fois. Mais la chose était braquée sur moi, excessivement précisément : aussi planant et hypnotique (ai-je besoin de souligner que je ne dégaine pas volontiers le terme ?) qu'un mix d'after de DJ Warrio dans le temps, aussi cotonneusement pumping, et en version electro-isée par-dessus le marché. Le point de cristallisation parfait entre (backroom-)house, tech-house des petites heures, et electro, en fait, aussi obscur que la pochette, étouffé, pesant, insidieux, imperturbable dans sa pulsation langoureuse, interminable coït torve et soyeux, le truc à moitié anesthésié qui ralentit au lieu d'accélérer, qui engourdit la conscience, turgesce le cerveau, engloutit tout indistinctement dans une mélasse de plaisir sans issue ; tout le dancefloor, les uns au bord de la tétanie, les autres coulant comme du sirop, uni dans le serrage de dents violent.
Oui, je crois qu'il fait assez noir.

See me come, like a wolf in the wind

Le thrash, c'est bonnard, c'est pas moi qui vais vous chanter le contraire ; et puis tellement fendard.
Mais des fois, pas du tout. Des fois les mecs qui en jouent, ils sont pas amorphes comme des sacs à bière esclaffés ; des fois ils ont des crocs, des vrais.
1,2,3, GO !


Dodheimsgard : monumental possession

jeudi 4 septembre 2008

Jex Thoth : Jex Thoth


Tant qu'on est dans le doom radieux, je m'aperçois que j'ai omis de faire figurer Jex Thoth en ces hautement prescriptrices pages, ce qui est regrettable, vu que ce sera sans trop de doute l'album de l'année, à la rigueur à égalité avec le Soilent Green.
Oui, j'ai résolu de pas me fouler pour celle-là, vu que, d'une, je me suis assez répandu et ai assez défloré mes gimmicks partout d'où vient le gros de mon maigre lectorat : roulades crapuleuses dans les blés avec la chanteuse et des couronnes de fleurs, blabla, Arthur Machen, patati, Porteur de Lumière, patata, Led Zeppelin c'te groupe de frigides du cul, nananinana, Steppenwolf c'te bande de balourds ; de deux, parce que vous allez faire comme le jeune et brave Fryer, vous allez écouter qu'est-ce que je vous dis et l'acheter les yeux fermés en remerciant Saint Gulo Gulo dans votre petit for intérieur tout mignon avant même d'arriver à la caisse, c'est pas compliqué, voyez comme je suis généreux je garde même pas le mot "solaire" pour la deuxième chro que je manquerai pas de faire quand ça me prendra, je vous le balance tout de suite, parce que je suis comme ça.

Je kiffe ce mec



(merci à kama)

Warning : Watching from a Distance


Cassons l'effet de contrepied final éculé dès l'entame : c'est du doom trad. Au reste, vous le savez fort bien puisque vous avez assurément lu ma chronique du premier.
Et donc, ce disque déborde tellement de vie, de cœur au bord des lèvres, qu'il est la vie-même. Une soupe de guitares d'une telle pesanteur aboulique qu'on ne sait plus si c'est le plafond, le couvercle de purée de poix du ciel, ou le sol, la terre lourde de quoi l'on ne s'arrachera pas. Mournful en vérité, comme l'a dit un estimé confrère, morne, comme une plaine pure de tout espoir, morose et doomed à perte de vue, sans fin comme une après-midi à écouter Even as All Before Us ; et, qui plane sans attache sur ce charnier accablé, radieusement désolée, la voix - the voice, n'est-ce pas ? Je ne vous ferai pas le coup des sens du mot passion, ni n'essaierai de vous décrire cette sensation non pareille, atroce et grisante, de vouloir s'arracher à soi-même, s'étendre au-delà d'une enveloppe bien trop exigüe et imperméable, se dissoudre en amour et en douleur dans la matière du monde, ce lâcher-prise, cet abandon absolu fondu au désir le plus gigantesque, cette patience qui n'attend rien ... Oui, j'ai une certaine tendresse pour les vieilles figures de style tartignoles. Je vous dirai un seul mot : foi.

mercredi 3 septembre 2008

Spoiler

Estimés confrères, bien chères victimes, les gars, la fille (Karine, tu sais que tu repasses quand tu veux ?), tas de bolos, ne cherchez plus : le disque de l'année 2009 tourne déjà dans mon disque dur, il s'intitule Sex-O-Olympic-O. Guns'n'Roses + Ministry + Rod Steward + Drexl + si la tournée passe pas en France je tue. Pas un déchet, pas un moment qui ne soit trop beau pour être vrai. Douloureux tellement c'est trop bon seigneur.
Pour maintenir le suspens en ... animation suspendue, on le bombardera donc Ecstasy de l'année, et n'en parlons plus.

Danzig 777 : I Luciferi


Le Glen que j'aimais était charmant. Je veux bien convenir même que je n'ai pas rencontré d'homme plus aimable. Ah! je vous en prie, Vicomte, si vous le retrouvez, amenez-le moi ; celui-là sera toujours bien reçu. Prévenez-le cependant que, dans aucun cas, ce ne serait ni pour aujourd'hui ni pour demain. Son Ménechme lui a fait un peu tort ; et en me pressant trop, je craindrais de m'y tromper.

mardi 2 septembre 2008

Drain - pick up heaven


Parce que fonder son propre label, ça sert aussi à ça. Faire ses disques persos sans avoir à ramer pour les sortir. Le père Coffey aura pourtant traîné pour se faire plaisir, laissant passer en priorité quelques sinistrement prestigieuses signatures comme les terribles Crust et autres Pain Teens. Délicate position, car alors, à moins d'enfanter un chef d'oeuvre, on passe aisément inaperçu. La honte pour le boss du label.
Drain est, vous l'aurez compris à travers les trous de ma tartine de vieil intello du rock que je ne suis pas, ou bien si peut-être, le méfait de King Coffey, ancien batteur des Butthole Surfers et accessoirement saint patron du label Trance Syndicate, porte ouverte aux groupes noise texans les plus improbables. Drain tape, comme à peu près tous les trucs qui sortent de chez Trance Syndicate, et dois-je vraiment le répéter, dans un noise-rock plutôt improbable, même si : guitare crasseuse limite indus - on pense à Pain Teens - , boîte à rythme et voix saturée, jusque là, on est plutôt en terrain connu. L'improbable ici, ce sont d'autres éléments qui viennent se greffer de façon plus ou moins discutable à cet ensemble somme toute assez croustillant - mais un rien prévisible - et qui pourrait s'apparenter comme les gimmicks d'un Moby sous acide : chants féminins un rien black music sur les bords mais surtout délicieusement allumés - à en faire presque regretter qu'ils n'apparaissent pas sur plus de deux ou trois titres - et arpèges de piano, tendance mélancolique, voire funèbre sur la fin, servant parfois de substitut à la basse, ce qui rend le truc plus déconcertant encore. On se retrouve alors avec une espèce de machin lysergisé, alternant brûlots noise rock riffus et bien cramés, un rien Ministry - car n'oublions pas que le père Al est aussi texan, un pote à Gibby Haines qui plus est - voire même RevCo/Pigface le temps du cheesy instant hippie, avec des morceaux sur lesquels on a tendance à s'arrêter de headbanger, en se demandant bien quoi faire pour rester in the mood, et qu'on pourrait typiquement qualifier d'"intéressants", un terme atroce qui sert généralement à désigner les trucs qu'on n'arrive pas à trouver mauvais, sans pour autant parvenir à y prendre pleinement son pied. Et pourtant, si je vous en cause de ce Pick up Heaven et de son psychédélisme douteux, c'est que j'arrive, à l'y prendre, mon putain de pied... Hélas, pas autant que sur les quelques tueries du groupe, chopables sur les compiles Love & Napalm du même label, de véritables de perles en matière de rock brutal, Cop Shoot Cop meets Ministry, si j'ose dire, de la percutance écrase-gueule qui n'a rien à envier aux poulains de Coffey pré-cités (si, au début de la chro, t'as qu'à suivre), bref, le King avait de quoi relever son challenge, bordel. Il aura finalement préféré rester dans l'ombre de ses pairs, en faisant de ce projet un simple territoire d'expérimentation, évoluant au bon gré de sa fantaisie, ce que l'album suivant, hélas, confirmera. Un disque aussi désespérément jouissif que génialement frustrant.