vendredi 31 octobre 2008

Oneiroid Psychosis : Stillbirth


Oneiroid Psychosis. Putain. J'ai dû croiser le nom une bonne dizaine de fois, forcément, quand je vivais dans l'attente de la prochaine newsletter (papier) d'Ombre Sonore. Faut croire que le bon Lol a failli à lever quelque chose de moi. Une nouvelle fois, essayons donc d'imaginer ce qu'il aurait pu dire ; "quelque part entre Sopor Aeternus et The Klinik", probablement et aussi improbable que cela sonne. Les rafales rythmiques vicieuses et biscornues sont en effet dignes d'un Putrefy Factor 7, qui aurait intégralement retapé sa déco au trompe-couillon : dessus les murs qui saignent de la rouille à cris de harpie, de belles tentures d'épais velours sombre, à coup de synthés spooky entre le trop beau pour être vrai et le Lou Pérac, une voix de goule folle de son corps à la Varney époque seultout dans ma crypte à la place du psychopathe à un ongle endeuillé du pétage de temporale, le tour est joué, l'atmosphère autre côté du miroir mitigé Twin Peaks/Weird Dreams (comprenne qui peut) est posée en un tournemain smooth as shit from a duck's ass, et le nom du groupe amplement mérité.
Et comme on est des goths, incurablement, on ronronne, mon pote. N'est-ce pas tout ce qu'on aime, se tripoter dans de la soie, jouer à se faire peur avec des poupées en porcelaine, se prélasser dans les torpeurs languides et les ululements aguicheurs, lécher des lames de rasoir, torturer sa vieille boîte à musique ... ?

Black Elk : Always a Six, Never a Nine


On ne va pas tortiller des heures, de toutes les manières vous l'avez vu : en ce moment, pour l'inspiration voyez le Moignon, moi c'est la parlote. Et puis Black Elk, c'est avec Pissed Jeans l'un des plus outrageux rip-offs du Jesus Lizard en circulation. Raison de plus pour faire dans le pragmatisme : je ne suis pas Jean-Jean pour vous faire dignement la chronique idoine, le casting de soulots, le storyboard avec tous les coups de tessons de bouteilles et ainsi de suite.
Alors, où il est le plus produit de cet élan gavé au lait de chèvre ? Où qu'il est le cucul, où qu'elle est la tétête ?
Dans la formule enrichie en heavy metal moderne, que je qualifierai de grunge et que tout un tas de peigne-cul vont se bousculer pour bombarder sludge- ou -core vu que ce n'en est absolument pas ? Dans les petits additifs acidulés à la guitare qui amènent le petit côté Botch "qui va bien" ? Dans le chanteur, qui n'a pas de Puciato que le cou, mais aussi la voix, quand il n'a pas celle de David Thomas pas rasé ? Dans l'interlude black metal avorté ? Dans quelques martelages indussoïdes, ou devrais-je dire visqueeneux ?
Tout cela est bel et bon, et confessons-le sans faire de façons tarte et grise avec entrain, ça glisse même comme du Listel en vérité.
Reste à mesurer la couche de poussière dans quelques semaines.
Chronique inutilement hâtive, en somme ? That is correct, sir. La parlo-oo-te, la parlo-oooo-te ...

mercredi 29 octobre 2008

Blood from the Soul : To Spite the Gland that Breeds


Ce disque a un intérêt essentiel : plus encore que le Meathook Seed (le seul, le premier), il prouve que j'ai raison ; ça va sans le dire, mais ça va mieux en le disant. Allez nier, après ça, la parenté solide entre Napalm et Godflesh ... L'amoureux des nineties version années de plomb et des "matins qui ne chantent plus depuis longtemps" (spéciale dédicace, commprenne qui peut), de Godflesh, Scorn, Dead World, Soulstorm, Gigandhi et consorts, reconnaîtra instantanément et avec un oeil qui se brouille d'émotion cet envasement fatal dans les guitares suffoquées de rêveries ternes, les riffs informes comme la purée de poix qui est devenue le ciel, le martèlement impitoyable des machines bornées assourdi par le poids de la misère mentale ...
Et de cette complainte morne du système nerveux entamé, rongé, piqué, desquamé, délité, par les solvants, l'éther, la colle, l'eau de cologne, s'élève une voix ; pas celle perdue dans ses cauchemars de Justin ; une voix ouvrière, on devine qu'il n'y a pas un duplex entre les sourcils et les racines des cheveux de celui qui pousse cet aboiement, et tout le maigre espace est occupé par la colère, par une colère pugnace, et vivace, qui aspire naïvement à réveiller l'humain en voie de digestion. Une fureur noire comme l'espoir au milieu du monde livré au charbon.
Shane Embury est l'un des musiciens au physique le plus disgrâcié que vous verrez jamais, et Lou Koller (oui, hein ?) ressemble à pas grand chose d'autre que ce qui sort de sa gorge rauque : une grande brute sinistre. La beauté de ce disque est ingrate, elle est terne, morne, elle ne mérite même pas son nom, elle est un idéal fervent plus qu'autre chose, elle a le teint gris terreux, la mine fermée, l'allant miné, la respiration faible, ensevelie sous le ciel sans horizon ; il faut tendre l'oreille à en avoir le nerf qui lance pour l'entendre.

Whourkr : Concrete


L'absence en ces lieux du premier album de Whourkr n'est pas une faute professionnelle de l'intrépide défricheur de l'underground que je ne suis pas, Dieu me tripote, mais elle est une défaillance du débonnaire supporter, qu'il m'est aujourd'hui offert la chance de racheter, puisque Whourkr ne fait pas que publier des bulletins myspace avec le mot Concrete dedans : ils font des albums, aussi. Avec le mot Concrete dessus. Et si tu penses que je vais me fendre d'une astuce vaseuse du style "enfin du concret", Whourkr saura t'apprendre bien vite et bien compact ce que Concrete veut dire. A présent, procédons.

Tu as déjà pensé à ce qui se passerait si ta mopette venait un jour à la vie ? Non, pas vrai ? Tu crois qu'elle serait contente de toi ? Qu'elle te voudrait du bien ? Pas vraiment, figure-toi. Tu crois qu'elle aime, cette sono qui pèse des tonnes que tu lui a mis sur le dos pour faire péter ta techno de bourrin et qui la fait geindre comme une pauvre mule ? Non, tu ne l'entends pas ; mais ce jour-là sa colère, tu risques de l'entendre, et la sentir passer. La joie furieuse de l'éveil à sa puissance - tu vas regretter toutes les tortures du tuning dont tu l'as défigurée, crois-moi, les voies ignobles par où tu l'as forcée, à empoisonner l'air, de boucan et de saloperies d'échappement, à plus en entendre le concert des crapauds la nuit. Elle qui ne rêvait que d'aller entendre le chant des baleines, elle qui aurait tant aimé qu'un prince l'emmène danser dans les étoiles sur du Satie. Ça va faire un beau cartoon, sur ton terrain vague, interdit aux mineurs, ça s'appellera Doomsday dans ton cul ; tu piailles pas mal, dedans ; tu donnes dans le frantic - t'auras appris un second mot d'anglais, chic ; et compris pourquoi qu'on appelle une meule une meule.
Elle qui n'avait au cœur que Mozart, l'opéra ... Salaud.
Allez, maintenant chante, petite pute : paaaaarleez-moooooooooi d'amoooooooooooour ...

Brighter Death Now : Obsessis


Le Tonton Roger nous a fait comme Tony, il s'est endormi sur sa montagne de poudre blanche ; à son réveil, son cerveau était devenu tout blanc, ses yeux avaient gagné en blanc, son teint avait blanchi, et il voyait tomber du blanc au travers de sa fenêtre - mais ça c'est normal, il neige beaucoup de par chez Roger. Blanc te dis-je, mais pas le blanc de pureté dont on t'a mille fois conté les vertus ; non, ici c'est le blanc violent, violent de viol ; blanc comme le froid glacial qui pénètre les pores de ta peau, te paralyse le corps et les os, blanc comme la lumière qui pénètre tes globes oculaires pour mieux te rendre aveugle ; blanc comme le bruit qui pénètre avec stridence tes orifices auditifs pour mieux te triturer l'ouïe ; blanc, couleur de la pénétration, et des traces qu'elle laisse sur son passage, comme si on venait de t'écraser un ovaire sur le coin de la lèvre ; blanc n'est pas calme ni serein, blanc est une explosion, une boule de feu à haute température, blanc est le Chaos avec un grand C comme blanc. La pureté, elle, réside dans l'absence totale de lumière, dans les ténèbres ; mais notre Roger, c'est pas son genre de faire le triste sombre ténébreux, il se sent d'humeur enjouée, d'une joyeuse envie de tuer quelqu'un pour parfaire sa journée, envie de se sentir sale de blanc , envie de broyer du noir, noyer du brouhaha, braillard du nez, touillé dans la poudreuse pour sentir son blanc éclatant, plus blanc que blanc, tumeur. Et il a encore du blanc devant lui, le garçon, à courir à poil dehors par ce blanc - j't'ai dit qu'il neigeait beaucoup de par chez Roger? - la peau blanchie par le gel, haletant, le blanc pendant du gland, sortant de je-ne-sais quelle partie de blanc-en-l'air à partenaire non consentant - il t'en reste un peu sur les dents - dans un vieux sauna de montagne maintenant calciné en cendres blanches. Alors avec tout ce blanc, même après sa redescente de stupéfiants, le Tonton Roger en a encore pour bien longtemps à être content de faire tout ce boucan. Et nous aussi, avec ou sans tympans.

mardi 28 octobre 2008

Napalm Death : Words From the Exit Wound


Trois raisons de posséder ce disque.
1/ la façon barbare proprement délicieuse d'articuler Chaos sur "Next of Kin to Chaos"
2/ les voix claires mal assurées, hésitant entre JK Flesh, Burton Visa et Page Hamilton
3/ Napalm Death

Je veux dire, avant, je n'avais que deux albums de Napalm Death, et j'étais un raté. Aujourd'hui j'en ai six, et la vie est radieuse et me fait des œillades.

Napalm Death : Smear Campaign


Qu'on ne se méprenne pas : SOUM n'est pas en train de virer encyclopédique, les archives du dégoûtant et du dégouttant ou quelque chose dans ce goût-là. Mais, et vous le savez, j'ai une tendresse revendiquée pour les groupes qui font un peu toujours la même chose et il est peu de choses que j'aime tant qu'en bon maniaque m'extasier sur les subtiles nuances d'humeur et de planté du bâton. Du reste, je crois à la fatalité, et n'ai jamais eu besoin d'imaginer Sisyphe heureux, mon petit monsieur.
Bref. Si on veut tirer un parallèle, qui pour ma part se défend : dans le Napalm Death récent, si Order of the Leech et son crust des forges de l'enfer était le Fear Emptiness Despair, et Enemy of the Music Business le Words from the Exit Wound, pour le côté death industriel plus appuyé, Smear Campaign lui, est sans doute Inside the Torn Apart, malgré ses orchestrations incongrues et sa voix féminine déclamatoire itou (allez, peut-être un peu le Diatribes) : la version festive et ripailleuse de leur mood sonore actuel ; gros mids, grosse voix gourmande à la Jourgensen, grosses moshparts de porc, gros grooves punk hardcore à base de gros poum-tacs et de gros riffs simplistes d'avion au décollage ; un franc côté Ministry (oui, cessez les recherches j'ai remis la main dessus) de "Hero" ou des deux derniers suceurs. Du genre qui fait paraître ceux-ci encore plus fantoches qu'ils ne sont déjà tous seuls.
Parce que là, faites excuse, ça bourre.

Darkthrone : Dark Thrones & Black Flags


Les métalleux qui se respectent le savent bien, Darkthrone depuis trois albums le présent inclus, c'est n'importe quoi. Oui, le présent inclus, ils le savaient avant même qu'il ait fuité. Je ne dis certainement pas le contraire. Ils ont raison. Ce qu'ils oublient, les agneaux, c'est que le metal, c'est n'importe quoi. Ils ont raison, néanmoins. Darkthrone, c'est n'importe quoi. C'est même pour ça que c'est génial, à plusieurs gigantesques coudées arrogantes au-dessus de la mêlée tout comme le dernier Enslaved, et que Darkthrone, sans conteste un peu sérieuse possible, EST le metal.
Alors, vous décrire cette nouvelle poutre givrée, sûrement pas. Un nouveau Darkthrone, ça fait partie des rares albums qu'on peut, qu'on doit, rafler les yeux fermés : on sait que ce sera génial, autant se garder la surprise, non ? C'est un téléchargeur frénético-boulimique qui vous le dit, qui a résisté sans trop de mal aux tentations venues de Russie - et qui prend son vieux panard comme un bon garçon à l'instant-même où il manuscrit ces lignes. Si vous voyez de quoi j'ai voulu parler au début, vous admettrez sans mal ce que je vous dis. Et que je ne pouvais moins pour faire convenablement honneur à la chose qu'entamer le griffonnage de ceci tout en lançant la première écoute. Le lectorat qui se respecte appelle également cela du n'importe quoi. Ce qu'il oublie, l'agneau, c'est que je ne fais pas partie du lectorat ; je suis de l'autorat, pécore.
De toutes les façons, si l'on y regarde bien, la musique, c'est n'importe quoi.

lundi 27 octobre 2008

Napalm Death : Order of the Leech


Ce que c'est tout de même, de pas réviser son corpus avant que de pisser sa copie ...

Johnny Cash, notoirement, à joué à Folsom. Cursed, apparemment, a joué à Arcelor Mittal, sur un gros site. Ç'a tourné à l'émeute, évidemment.
Je me demandais ce tantôt si un album de death pouvait être aussi fulminant qu' Enemy of the Music Business ? Autant, non ; plus, oui.
Total crust piledriver pandemonium, now.

Eagles of Death Metal : Peace Love Death Metal


Je suis la plus belle des petites putes. Je suis tellement beau gosse et animal avec ma baby face et ma moustache que ça fait des étincelles partout où je traîne mes guêtres. Très souvent c'est même trop et ça fait du rififi, y a quelque chose dans mon charme fatal un peu brut, un peu cru, de trop, qui fait venir des envies de m'étrangler, de me casser la tête sur le lavabo, à celles que je baise dans les toilettes des clubs autant qu'à leurs réguliers au comptoir qui me regardent les déchaîner sur la piste comme jamais ils ne les verront - mères de familles fatiguées et frustrées du rêve, petites cruches ploucardes, allumeuses efflanquées et affamées de mon espèce, pas une qui me résiste, et moi je gère pas en gentleman, ça non, malgré ma voix de canaille plus smooth que smooth. Y avait ce petit rôle taillé pour moi, dans Thelma & Louise, c'est un autre petit enculé qui l'a eu ; il a quitté cette banlieue sans avenir depuis, pour L.A., un jour j'irai moi aussi, un jour tout le monde verra que je suis la plus irrésistible des petites frappes, la plus angélique des insupportables gouapes, toutes elles en perdront le sommeil de rêver de moi, elles se déchireront pour moi, elles voudront me déchirer en pièces ; mais pour l'instant je sais pas assez me contrôler, dès que je m'éternise et je peux pas m'en empêcher, je sais pas m'arrêter, ça dérape, j'en fais trop, je porte sur le système, je me fais jeter d'à peu près partout. En attendant mon jour, raclée après raclée je peaufine mon style, ma touche, en attendant d'avoir assez de flouze, tu vois, pour me payer les vraies sapes qu'il me faut, j'ai toujours mon peigne dans la poche de mon stone-washed dégueulasse, pour me recoiffer à leau aussi régulièrement qu'il faut. Et je rocke à tomber en syncope, sur la piste, tous les putains de morceaux, jusqu'au matin.

dimanche 26 octobre 2008

Napalm Death : Inside the Torn Apart


Ce disque est juste purement et simplement PORC.
Rien d'autre. Cela lui suffit.
A côté, Hatebreed, Madball, c'est Phallus Dei. Même pas d'aventurisme un peu foutraque comme pour Diatribes, malgré la pochette tirée à Scorn, aucune grâce, aucune finesse, aucun atome de beauté whatsoever, inutile de vous esquinter les yeux, walou.
Cela me suffit aussi. C'est tout bonnement divin.

Napalm Death : Enemy of the Music Business


Ce qu'il y a de chouette avec Napalm Death, en tous cas depuis Fear Emptiness Despair, les prolégomènes j'ai jamais accroché (encore) - c'est leur mille et une façons subtilement différentes de sonner discrètement indus, sans jamais avoir le mauvais goût de donner dans le metal indus - soyons honnêtes cher Moignon, les bons groupes dans le style on les connaît et ils sont vite comptés, ensuite c'est du cyber-cheddar, Fear Facto, Strapping et consorts.
Napalm ils sont comme Patrick somme toute, bon sang ne saurait mentir. Ici le terroir dont on sent la richesse à chaque instant, c'est Birmingham. Mick et Justin ont beau ne plus être du nombre depuis beau temps, et leurs coulègues ne probablement pas écouter autant d'unmetal qu'eux, la parenté est tangible comme une tumeur florissante.
Sur Enemy, ils ne nous font pas du Streetcleaner fuligino-fulminant comme sur Fear Emptiness Despair, ni du pur son claustro nineties axe Vae Solis-Desensitized-Pure-To Spite the Gland that Breeds-World Demise comme sur Diatribes, ni du Justin bourré dans le pit comme sur Inside the Torn Apart, ni même du Ministry punk'n'roll avec un magnum d'amphés comme sur Order of the Leech (edit : je sais pas où je suis allé la chercher, celle-là, faut que je me réécoute Smear Campaign bientôt, c'est peut-être bien lui qui m'avait lointainement fait penser à du Ministry furieusement enjoué).
Mais du death metal inhumain, monumental et glacial. Avec la généreuse louchée de furibarderie épaisse comme du gruau pour nous sauver du cauchemar futuriste à imagerie totalitaire chromée que ç'aurait donné entre les pattes prétentieuses de n'importe qui d'autre - au hasard, des boches ou des ricains.
Sans doute l'album de death "propre", à muscle, le plus furax que je connaisse. Sacrés connards de punks. Il fallait au moins eux pour mettre une calotte comme ça au brutal death.

Kalte Farben : Trust


Pas évident de rendre compte de cette autre perle d'electro surgie du passé avec ma prose de faiseur et ma formule enrichie en formules à la louche. Aussi je vais tenter d'imaginer ce qu'en aurait dit le bon Laurent Chevaux du temps du catalogue Ombre Sonore, en cette époque que la plupart d'entre vous n'ont probablement pas connue et dont moi-même j'ai oublié les pratiques dans le torrent de l'information à haut-débit. Dark-electro touffue entre Das Ich et Skinny Puppy ; voilà vraisemblablement ce qu'il aurait dit. Et c'est sur ces mots, pas un de plus, qu'il aurait fallu se fonder, en les tournant et envisageant dans tous les sens possibles, pour décider si oui ou non on allait ajouter 115 francs à la commande pour ce groupe inconnu, entendable nulle part, et possiblement formidable tout autant qu'effondrant de nullité bancale - Das Ich + Skinny, ça peut signifier un paquet de trucs, vous pouvez me croire ...
Comment savoir que le précieux Lol aurait voulu parler des Allemands de Staub et des Canadiens de Too Dark Park, et d'une confondante fusion entre ces deux hirsutismes hétéromorphes, de deux dérangements très fouillés chacun à sa manière, enchevêtrements de strates de pulsations, de dépression, de frénésie, d'onirisme ? Il eût été dommage de passer à côté, avouez.

Et maintenant, vous saurez d'où vient sans doute ma manie d'appréhender la musique par triangulation.

samedi 25 octobre 2008

Doormouse : Broken


Samplite potache qui tape de préférence grassement dans le dégénéré, le ringard et le graveleux, rythmiques jungle et breakbeat saucissonnées et escagassées, accumulation barbare de plans : le doute n'est pas permis, Doormouse fait du breakcore. Pourtant, il y a ce malaise. Hormis les samples de jazz enfumé élégamment inquiétant, aucune mélodie, juste de la programmation rythmique pas foncièrement épileptique, mais volontiers encline à la bassdrum, brutale sans jamais céder au gabber et aux stroboscopes, et tout le long de l'album ce subtil souffle grondant, sourd à ébranler les murs, comme celui qu'on doit entendre du fin fond de la cave de Buffalo Bill pendant qu'il se surkiffe en haut sur "Goodbye Horses".
Et encore, je vous ai même pas parlé de l'interminable coup de fil entre la brave Debbie, du fast food, et cet abominable ado à qui on attribue sans barguigner la binette de Philip Seymour Hoffmann, qui veut savoir, si jamais il postule, s'il pourrait être rémunéré en bacon ...

Hypnoskull : Operation Mean Machine


Si vous suivez les bonnes ruelles, la nuit, vers le port, en rasant les murs entre les lampadaires blêmes, si vous vous faites pas suriner avant d'avoir trouvé la petite porte dérobée, vous tomberez peut-être dans un sous-sol d'entrepôt aux allures de fight club, blindé de blousons noirs loqueteux et de gueules grimaçantes, le plafond y pèse à quelques maigres centimètres des crânes cabossés, et quelle que soit l'heure où vous arriverez vous aurez toujours la sensation que la soirée est à son paroxysme, tout l'obscur grouillement plongé dans sa perchitude ; il ne vous arrivera rien une fois là, on s'y marche dessus mais chacun est absorbé, perdu, dans le trépidement profond de sa transe grondante et acide. C'est le Mean Machine, le bouclard de Patrick, et certains soirs vous pourrez même y croiser Scott, vous le reconnaîtrez sans peine, un binoclard hilare tout flottant qui fout des coups de coudes à tout le monde. Une foutue bonne adresse, c'est moi qui vous le dis.

Je ne saurais en revanche vous dire aujourd'hui jusqu'où sur l'échelle du scandaleux est grimpé le prix du coffret limité d'Operation Tough Guy, ni si vous aurez droit au superbe pin's que bibi a épinglé sur son bob.

Memo

Je savais que j'aurais dû faire ça plus tôt, l'année a commencé tranquille, ça paraissait plié pour le top 10, voire pour un top 5 ... Les choses se précipitent, à présent.
Récapitulons les candidats, dont la liste peut encore grossir.

Ohgr
Soilent Green
Fixmer/McCarthy
Hypnoskull
Darkthrone
Virus
Jex Thoth
Parts & Labor
Funeral
Lifelover
Nox Inferis
Ataraxie
Eagles of Death Metal
Intronaut
P.H.O.B.O.S
Bohren
Helms Alee
Venetian Snares
Remote
Ufomammut
Pneumatic Detach
Nordvargr (helvete)

edit1 : ce message est évidemment appelé à être édité, pour ceux que le sujet intéresse, qui pourront de préférence (pour les lecteurs, s'entend) participer au moment de donner les heureux élus, fin décembre

edit2 : c'était couru, c'est confirmé, le Darkthrone et le Black Elk font une entrée fracassante dans le panier de crabes ; et je vais retirer le Hypnotizer, il est vrai que c'est une compil, les morceaux datent d'avant 2006 ; metal archives donne le Jex Thoth pour 2008, donc ...

edit3 : le Black Elk part en torche. Le Darkthrone poursuit benoîtement un e ascension affolante vers le plafond, après l'avoir entendu déchiré à l'opium et la sambucca, mais pas que.

edit4 : ajout du Virus, on attend toujours un Made in Mexico, le Treachery, quant au Pantheist et au satyricon, faudra voir s'ils montent en puissance. Le TFD, ce sera sans moi

Funeral : As the Light does the Shadow


M.A.S.H, vous l'avez vu ? Alors vous vous rappelez la chanson. Si le film avait été tiré d'un bouquin d'Anne Rice, dégorgeant de soupirs mordorés, de caresses qui dépassent l'entendement au-delà du soutenable, croulant sous les tentures liquoreuses, les trompes langoureuses, les hymnes doucereux, mollement agité de vols de bras blancs, intoxiqué à la myrrhe et au miel divin, luxurieux comme un énorme roi-serpent qui s'enroule béatement sur des monceaux de joyaux liquoreux, bercé des psaumes sans fin d'un ange nymphomane et chlorotique ... perturbé de fort fâcheuse manière, aussi, comme un bruit inconvenant, par l'irruption de Conan, qui brame de l'opéra et pleurniche de l'épopée avec des postures dignes de Dio, et qui manque nous tirer de la suave torpeur enténébrée - gare ! ... voilà sans doute comment elle ferait, en dégoulinant sur tout le film.

Attention : peut provoquer des nausées chez le sujet au sens gothique insuffisamment développé, comme l'enfant, le coreux, le jazzeux, ou présentant une allergie au sirop, comme le vieux con de tout âge.

jeudi 23 octobre 2008

Hypnoskull : Operation Tough Guy !


Allons courage : on a presque fini (pas dit que je vous fasse aussi tous les cd-r), et maintenant qu'on a commencé ... Après tout, rêvons un instant, j'en ai peut-être ferré (ne répondez pas tous à la fois, on s'entend plus ici), des qui veulent savoir sur quoi ils doivent faire main basse dans l'opulent opus de ... Patrick, vous avez saisi.
En fait, si : Patrick aime les concepts, et il en pond de drolatiques. Cette fois, il arpente les rues, en Interceptor sur jantes surabaissées, dans son siège baquet, vieille techno batave électrocutée au Noshinto et au Notstandskomittee dans la sono, le muscle sec, l'oeil âpre, le clope soudé au coin cruel du bec. Comme souvent, ça risque de finir hardcore.
Le parrain est d'inspection, et la ville se terre.

Front Line Assembly : Tactical Neural Implant


Moite, nyctalope, moustachu, cyberpunk. Parfait pour la dernière scène de Blade Runner - mais si, vous savez, quand ils vont tous faire la fête en discothèque, et y a Kyle Reese complètement fait qui essaie de serrer Robocop ... Quoi, vous avez pas vu la version ultimate cut, celle avec Jean-Pierre Mader sur le générique de fin ? La meilleure !

mercredi 22 octobre 2008

Helms Alee : Night Terror


Partants pour une nouvelle pirouette de fumiste ? Au menu : rien de plus que ce que j'ai écrit en commentaire d'Intronaut, sinon quelques noms de groupes qui plus encore que de coutume ne vous avanceront à rien, et finalement juste une étiquette, une bonne grosse, et que je vais me faire un devoir, j'en ai le sens, de vous graver dans le crâne.
Post putain de hardcore.
Ça veut dire que ça ne ressemble évidemment pas à Neurosis, encore moins à la parpadelle de groupes qui n'y ont rien mais rien compris.
Ça veut dire que ça ne ressemble même pas non plus à Fugazi, Quicksand ou Orange 9mm, mais plutôt à ces âges d'or "où aucun groupe ne ressemblait à un autre" - ça veut dire que le présent existe et qu'il est vivant, et qu'il faut vraiment être un vaurien de vandale sur qui je pisserais même pas s'il prenait feu, pour les comparer à qui que ce soit d'autre ; ça veut dire que c'est beau comme l'air, ça veut dire que c'est étranger, ça veut dire que c'est libre.
Dieu, c'est bon.

Hypnoskull : Electronic Music Means War to Us


Que pourrait-on bien se divertir à démontrer pour cette nouvelle chronique d'Hypnoskull ? Voyons voir ...
Vous avez obligatoirement remarqué que Patrick aime les intitulés sans ambages. En guerre donc, le Patrick. A-t-il cette fois décidé de me faire mentir, à décliner dans les titres de morceaux en simili-concept sa vindicte habituelle, assorti de sirènes d'alerte de rigueur, cadencé sur un mid bonhomme parfaitement boltthroweresque, matelassé de synthés inhabituellement dodus et égayé de bruitages électroniques aussi cheap que l'image ci-contre ? En fait, c'est même presque un scenario qu'il semble s'amuser à fagoter - et c'est davantage celui d'un Resident Evil-like que d'un brûlot sur la situation du monde post-historique ou l'état de la scène - je t'en foutrai moi des brûlots ...
En gros, et cet album est gros, Patrick déboule dans un club allemand au rythme bon enfant et froufroutant des pales d'un Apache, dégomme DJ Dark Totov, lâche la semoule sur les flightcases débordants de pompeux Winterkälte, laisse Mieke vociférante s'occuper des ATR qui traînent, et remue tous les charnus derrières teutons sur le meilleur toudoumdoum-vroup-vroup qu'ils entendront jamais, en mode Benny Benassi.

Notez bien que cette mise en contexte, au demeurant réjouissante, est strictement inutile pour jouir tout son saôul de cette maousse body music crissante - et toujours subtilement meulée à la techno radicale, Patrick est Patrick après tout.
Forever war, ont dit des grincheux. Pour War Patrick, c'est plutôt forever bouncin'.

Alec Empire : The Golden Foretaste of Heaven


Il commençait à se faire temps ; que cette grande bécasse arrête de nous jouer les terroristes trop trop guedins, et les grands amoureux malades du bruit qui fatigue ; et que, comme toutes celles de son espèce, les gaulées comme des tanks à la force des protéines, elle n'aime rien tant qu'avoir son petit coeur de midinette qui se serre sur un Soft Cell, un Lou Reed, un Sonic Youth, et son petit fessier en béton armé qui frissonne parmi les suées rythmées de 4h, et les harassements cartonneux de 6h, bref, rien tant que le club love et la décadence arty. D'un seul coup il est beaucoup plus convaincant, à laisser aller de l'émotion, comme qui dirait qui met dans ses cheveux blonds ... de la lumière !
Oui, le coming out lui aura beaucoup mieux réussi qu'à Claus Larsen, mais Claus lui avait toute une discographie potable voire carrément baisable derrière lui, en même temps ...

mardi 21 octobre 2008

Hypnoskull : Panik Mekanik


C'est une dame qui rentre dans une animalerie pour acheter un perroquet pour sa petite famille. Elle demande à en voir un bon, un qui sache pas juste parler, mais qui le fasse avec esprit et bon escient. La vendeuse lui en dégotte un particulièrement futé, et elle constate avec un peu de surprise qu'il est vendu à un prix ridiculement modique. Elle demande, on lui répond, Madame c'est que ce perroquet, enfin vous voyez, il a longtemps appartenu, vous voyez, à l'une de ces maisons ... La dame part d'un long gloussement pivoine et achète la bestiole, qu'elle ramène au foyer dans l'après-midi pour préparer la surprise à sa maisonnée. Pendant qu'elle l'installe dans sa cage, le perroquet marmonne : "Nouveau bordel, nouvelle maquerelle, allons bon, scrogneugneu ..." La dame a un peu chaud, elle se demande si c'était une si bonne idée mais déjà la petite Blandine rentre de l'école, et s'exclame de joie en voyant l'animal, lequel croasse en retour : "Nouveau bordel, nouvelle maquerelle et nouvelle petite pute !". La douce enfant demande un peu étonnée ce qu'a dit le flamboyant volatile, et sa mère balbutie des inepties avant de l'envoyer faire ses devoirs. Bientôt c'est le tour du maître de maison de rentrer, tandis que sa tendre moitié guette sa réaction enchantée, accoudée au chambranle de la cuisine. Il entre, et tandis qu'il pend distraitement son manteau à la paterre, le perroquet explose de joie : "Nouveau bordel, nouvelle maquerelle, nouvelle petite pute, mais toujours le même vieux Roger !".

Nouvel album, nouveau genre, mais toujours le même vieux Patoche. Ici, le programme c'est jungle, hip-hop, et autres breakeries pour zoulous à chicots plaqués or ou blancaillons à fourmis dans le bas-ventre. Mais comme c'est toujours le même bon vieux Patoche, il pleut toujours de la tôle et des coups de pilon, la frappe n'est jamais réellement massive, juste réellement appuyée, les cassures et les syncopes sans ostentations, juste plutôt osthéopathiques : brutales et dans le flow, comme ça fait du bien dans l'épine dorsale.
Pauvre Panacea, qu'as pas été foutu de sortir un second bon album, ça sent salement la mise à l'amende pour toi et tu peux même pas faire celui qu'a pas compris à qui on causait, Patrick a mis plein de noms de remixes ultracheesy partout sur des morceaux qui n'en sont pas (des remixes), histoire de bien te fourrer la tête dedans ...

Hypnoskull : Dark Skies Over Planet E.


Comme Patrick n'a peur de rien ni de personne - peur ? peuh ! - il va s'occuper aussi de la free hardtech. Comme à son habitude y aura pas d'avertissement, Patrick avertit pas, c'est direct l'avoine. Le titre et la jaquette annoncent la couleur (pouf pouf), et c'est parti pour ... se prendre une danse, en vérité : l'album de tekos rêvé (y a même les petits coins rap et jungle où se faire des paliers), qui ne le cède à personne pour ce qui est de dropper du beat à l'os qui laisse pas le choix que de tressauter et piétiner à l'infini, les bras qui s'emmêlent en sémaphories compliquées et les poignets en position canard WC, et qui crachote, râpe et trébuche avec rage comme si c'étaient tes neurones en pleine rush hour chimique qui faisaient le mix ; du bon son lyophilisé à ingérer sans eau - ce qu'ils ont pu nous pourrir la teuf, les prudents toujours de service pour le "n'oublie pas de boire régulièrement" des familles ...
Patrick est le pont et le point d'identité entre la techno, la vraie, et l'indus, le vrai.

lundi 20 octobre 2008

Hypnoskull : Rhythmusmaschine Eins - Zwei


On aime tant décerner du punk par-ci, punk par-là. Je sais plus si Patrick Stevens, le vieux pote de Dirk, se considère comme un. Bien possible, vu la mitraillette à fuck everyone dont il émaille ses éructations. Puis pour ce qu'est mon degré d'expertise en punkitude ... De ce que j'en sens, Patrick est surtout un farouche et irascible individualiste, si punk il est c'est que les vrais artistes le sont. Parce que le monsieur a de l'ego, et il faut pas lui chier dans les bottes : monsieur est ruffer than ruff. Le thug, le desperado de l'indus rythmique - sur lequel il s'égoutte la nouille avec un rictus de haineux mépris.
C'était là son premier album et ça faisait déjà un moment qu'il en faisait, du boum-boum qui fait crr, le père Patrick. Et il a fallu qu'il y ait toute cette vague de deathcore pour corbeaux bioniqués, cette techno-ebm qui roulait des mécaniques et déroulait une martiale soupe saturée ... Et ça se bousculait au portillon, vous pouvez me croire - non mais sérieusement : Winterkälte ??? Urg. On comprend aisément pourquoi aujourd'hui Patrick sort un IOUM particulièrement aigre et bilieux. Qu'est-ce qu'il aurait jamais dû y avoir à voir entre ces trucs de kékés cyborgs et un album d'Hypnoskull ?
Celui-ci est, comme toujours, mixé douloureusement fort, râpeux, brusque, il a les yeux de braise, le goût du béton, il arrache des trucs et des machins à chaque intervalle qu'il prend, il n'a pas besoin de poser torse nu tous piercings et cochonneries tribales dehors si vous suivez mon regard, Pat a une capuche comme un sauvage de chéper qu'il est, aucun besoin d'aucun concept foireux écolo, politique ou sci-fi (re-urg), d'aucun habillage cheap à grosses louches nauséeuses d'émeute ou de guerre, pour déclencher instantanément la baston sur le dancefloor - et vous me direz combien de ces tâcherons proprets pourraient foutre de la house sur leur disque sans que ça sonne rien que d'un crépitement moins tough, au passage. Nihiliste ? Why don't you go and fuck yourself ? Patrick n'est même pas spécialement un fouteur de merde. Juste il a la rage du groove, et le groove c'est nu et ça tabasse. Mais faut pas lui chier dans les bottes.

Hypnoskull : Industrial Owes Us Money


Haha, c'était quoi déjà le truc que t'as encore sorti l'autre fois, que j'arrivais plus à m'arrêter de rigoler - nan, pas Noisex, quoique celui-là aussi est sacrément fendard - ah oui : Atari Teenage Riahahahahahahahahahahahaha - hein ? tu dis ? Ca existe ? Pour du VRAI ?! Meeerde ... J'te raconte pas ...
J'espère pour eux que le Patoche est pas au courant, tu verrais de l'humeur qu'il est en ce moment - comme Joe : superfuckin'pissed. Ca pourrait tourner au vilain.

Bol d'air

C'est trop beau pour être vrai. Dans un quartier bucolique de Paris, dans un local spacieux et aéré, un disquaire a ouvert. Beaucoup d'air dans les bacs pour l'instant aussi, pas grand chose en metal par exemple, mais si l'on en juge par la surpenamment jolie sélection en corbak music, on peut s'attendre à du bonheur.
Et vu les prix (Ant-Zen à 10.90, dommage qu'ils sortent si peu de bons disques aujourd'hui), on a de bonnes raisons de penser que l'on va ressortir son nez des méandres d'amazon, retrouver le plaisir de parcourir fébrilement les rangées de boîtiers, et de ramener sa pêche au comptoir - l'écouter ... Wave + Dysphorie + Jussieu Music = le Souffle Continu.
Bon, je suis d'autant plus enthousiaste que j'y ai trouvé, à ma première visite et au lieu des FLA et Totimoshi que j'y venais éventuellement trouver, le Horrorist qu'amazon ne m'a jamais envoyé, et le Mt Sims qui sortait aujourd'hui (dans le même genre, y avait aussi les Hypnoskull et Moctan tous frais) ...
Mais ça respire le bright future, les tauliers sont avenants, sifflent du rouge à la caisse et clopent tranquillement dans la taule. A l'ancienne. Ruine en vue.

La province ? C'est où, ça ?

Ah, oui, j'oubliais : 20/22 rue Gerbier, métro Voltaire ou Père Lachaise ou Philippe Auguste.

dimanche 19 octobre 2008

Snoop ma couille, tu bois de la merde

On n'assiste pas à un concert de Bohren und der Club of Gore debout, me disais-je. C'est pourtant ce que j'ai fait. J'ai essayé de rameuter un tabouret dans le public, puis de retourner m'asseoir dans un des fauteuils de cette salle qui paraissait idéale au premier abord, tellement bien mieux que le Nouveau Casino : plafond bas, ambiance lounge et tables club comme il fallait.
Las, les tables étaient douloureusement proches de la porte à battants que tout un chacun empruntait pour aller faire pleurer le colosse, nous faisant profiter par la même occasion du funky mix de la salle principale où l'on savourait quelque match de balle au pied ; et le barman n'a pas chômé question glaçons, je peux le dire à l'oreille.
Bref, on l'a deviné ou pas, Bohren n'a pas joué aussi fort qu'à ce concert suisse qu'un estimé slowender reportait jadis. Pas aussi longtemps sans doute non plus, le groupe-même a semblé pris au débotté quand l'enculé - pardon, ingé-son, a décrété la fin des réjouissances, juste après un tube du tubesque Black Earth, révélé à toute son ampleur dans les conditions pourtant rageantes de ce live.
Il est onze heures moins le quart, tout le monde sur le trottoir.

Ah oui, Alexander tucker assure, et le Hennessy aucunement.
Big up to my dogs Nokturnus, Chamor, Loulou, Pearly, Dayspring.
No thanks to the ripoffs, you know who you fuckin' are - bientôt vers une interdiction du "Slayeeeeeer" en concert ? Pédé.

vendredi 17 octobre 2008

Le soumien est un peu débile

Mais très gentil.
Alors non, il n'est pas nécessaire de se créer un compte gogol ni d'être un geek - j'ai une tête de geek ? Celui qui a pensé oui prend la porte.
On peut poster en anonyme - ce qui est très fortement déconseillé, j'hésiterai sans doute entre le pourrir et le caviarder - ou, le monde est merveilleux, en donnant simplement son nom.
Pour cela, il faut cliquer - en plus, le monde est rudement bien foutu, dites, hé - sur "nom".
Vous croyez que pouvez le faire ?

Parts & Labor : receivers


Ici on est frais, on porte des maillots de corps rose berlingot ou vert amande. Mais l'ambiance est la même, typiquement américaine, que sur Powder Burns (voir épisodes précédents), eux seuls savent faire ça. Certes il n'y pas les cernes et le bleu sur les joues, on n'a pas le même âge - et si l'on est acrimonieux on peut trouver par endroits que ça sent un peu le vendredi, 16h30, la sonnerie, tous sur le nutella, mais pourquoi mon dieu faire son pisse-froid sur un disque aussi vif ? Dans les deux cas on n'a pas le même âge, ici on est à l'âge où les courbatures ne durent pas et les nuits blanches sont vite encaissées, ici on marche encore au tonus, là-bas à la force qui vient du ventre profond, mais dans les deux cas à l'énergie lumineuse du désespoir. Et la sensation est la même, celle du ciel immense, métallique et divin au-dessus de la route qui file à l'infini. Le même amour.
Toute cette force ... ça vous fait pas mal vous aussi, quelquefois ? C'est beau.
On parlait de la vie, naturellement.

The Jim Jones Revue


Du rock'n'roll, du vrai, oui môssieur. R'in à voir avec c'qu'y z'écoutent, les jeunes de maint'nant ; j'te cause pas non plus de c'qu'on appelle le rock'n'roll aujourd'hui, d'la musique de zoulou, oui ; ça, non môssieur! Du rock'n'roll, du vrai, avec des vraies couilles et du vrai swing dedans, les 50's, la route de Memphis que j'vais pas t'en faire un dessin non plus, bref, le bon vieux rock au Billy des familles. Oui MÔSSIEUR! 
Tout ça est juste et bon, mais n'oublions pas que c'est SOUM ici, alors comprends que le rock'n'roll dont il est question, là, tout de suite, maintenant, est un peu plus râpeux que la normale. Pour sûr, Jim Jones fait péter le bon big band comme à la vieille époque, guitare, piano et tout le bazar, mais avec une énergie et une intensité qui frise la névrose, pour ne pas dire qu'on nage en plein dedans ; un peu comme si Birthday Party se tapait un récital hommage à Chuck Berry ou autre Jerry Lee Lewis, avec Jim Thirlwell dans le rôle du crooner braillard. C'est raw, c'est sec, ça donne soif, ça défrise, bref, t'es pas loin de recevoir la boutanche de sky sur le coin de la gueule avant la fin de ta demi-heure de brutal vintage. Foin d'australien ni d'amerloque ici, les mecs sont londoniens, ça en dit long sur le sujet. Punk is dead, long live the King.

jeudi 16 octobre 2008

Krallice : Krallice


Prêts pour un vrai pur moment de "blogosphère" ? C'est parti, ragazzi.
Vous l'avez supputé ou pas, ces temps-ci je partage principalement mes découvertes, à chaud, sans le moindre recul - les vrais hommes reculent pas.
Là, j'ai tenu, allez ... bien 30 secondes. Jusqu'à ce que j'entende la batterie.
Ça m'a fait penser à Nachtmystium, tenez : puissant.
Hé minute papillon, j'étais pas censé avoir lancé un album de beumeu ?
Je savais bien que j'aurais dû continuer à me méfier de l'enthousiasme d'un jeune coreux fou-fou (que l'on salue au passage, je sais qu'il passe) pour ce ... combo, tiens, ils l'ont mérité ; me résigner à l'idée que le bon docteur Noktu n'a pas toujours raison en matière de beumeu, c'est dur mais c'est aussi ça devenir adulte ; et ne pas me laisser embobiner par un estimé barbu qui lâchait le fatal aguichage : Byla/Jarboe. Je vous crois bien volontiers sur parole, qu'il y a sur ce disque des passages beaux de strates de guitares qui dissonnent en cathédrales de concert, et tout et tout. Ca doit être très joli, en plus d'être puissant. Dans le genre, j'atteins mon seuil de tolérance quand je parviens à écouter les trois quarts d'un morceau de Weakling. C'est beau, Weakling. Je suis toujours plutôt heureux d'apprendre qu'il existe de la belle musique comme ça.
Mais pourquoi on a décidé de donner le droit aux américains de jouer du beumeu, déjà ?

Voilà, ça c'est du blogging de connard, cousin.

mercredi 15 octobre 2008

Insurgent Inc. : Self titled


C'est bien gentil les limitations de vitesse, la sûreté sur les routes est une belle et bonne chose, et nous en rendons grâce à nos gentils dirigeants ... Mais chier ! Si c'est pour se taper des albums de jogging à la Hard Wired, de Front Line ... Merde quoi, il y a bien des moments où on a envie de se faire peur avec de la bonne bonne c, d'abuser à en affoler le palpitant, qui trébuche sur une dizaine de battements, d'avoir la bouche rauque, des spasmes vomitoires dans le palais, et cette cendre glaireuse infime sur les amygdales, pour jouer les fous du cybervolant pas assez nourris ? Non ? Faut que ça throbbe, bordel ! Je veux dire, ils claquent même un beat house sur le dernier morceau ! Comme disait l'autre, crazy fucking canadian(s) ...
Ce disque vous fera voir Jean-Luc de Meyer pour ce qu'il est : Monsieur Mégot.

Cranes, Mt Sims, la petite Loco, Paris, 14/10/08

Mt. Sims : no-wave-batcave-deathrock ultra saccadé, gavé au disco beat de la vague revival, et à une basse quasi chicagoane, Deadchovsky + Christian Death + Talking Heads + the Horrors + Adult., vocalement ça navigue à vue entre Gavin F, Rozz W et John L, toutes ces voix de fil dénudé, et quand il ne tient pas la guitare le type nous fait son croisement de la gonzesse de Chrome Hoof et du gonze de Confetti ; et ils nous ont même pondu par deux fois du pur Sisters croisé new-wave des grands espaces, U2-style. Spasmodic gothic funk ; et là j'apprends que finalement si, ce sont bien les affreux Mount Sims, dont le premier album m'a endormi en deux pistes de navet-wave la semaine passée. Damn.

Cranes : entame de grand luxe : sur du Self non Self. J'osais même pas en rêver. Pas l'un des morceaux les plus rouillés et plombés, certes, mais quand on me prend par les sentiments ... Et puis il y a la petite mère. Femme-enfant ? Une enfant divinement sage, alors ; et une réserve pudique, avenante et paisible qui n'appartient pas à celles à qui l'on donne usuellement le titre ; quelque chose de la fraîcheur de Marissa N, en un peu moins femme de la rivière.
La musique ? La musique des Cranes est trop délicate et gracile pour vos sales grosses pattes, pas touche. Presque trop pour moi, même, à ce volume (pas au point de défigurer les morceaux, dieu nous en préserve) et si entouré.
Première sortie de scène pile à l'heure où se joue le choix (satanée Loco infoutue de commencer moins d'une heure en retard) de saisir ou non le dernier métro, ils ont choisi pour moi, j'avais eu du Wings of Joy, du Forever, et de l'excellent nouveau-né, et vu petite Alison. Je me fais vieux.
Che vergogna ...

edit : je me suis emballé, c'était pas du SNS, dirait-on ...

Intronaut : Null


Oh puis merde, à la fin : si Isis - voilà, la grossièreté que je voulais éviter est lâchée - non pas avait des couilles, mais avait des grosses couilles au cul, avec dessus assez de fourrure pour courir la steppe sibérienne à quatre pattes, s'ils avaient de grosses mâchoires et non de douces barbes blondes, des arcades proéminentes et non des lentilles de contact qu'on imagine carrées, si sous leur crâne ça guerroyait rudement au lieu que de soupirer ... eh ! on les appellerait mon oncle, pour commencer ; et peut-être, je dis bien peut-être, sonneraient-ils vaguement comme Intronaut sur Null. Dans le noir et de dos.

Nox Inferi : Adverse Spheres


Un brouillard polaire qui trempe jusqu'aux os plus épais que toute réalité, une bouillie de voix dont la chair tombe par morceaux, des chœurs religieux qu'on dirait chantés par une armée de spectres impuissants, une béchamel cotonneuse en guise de tempo général, une insondable tristesse mortuaire ; grise désolation givrée, portails de cimetière dégondés englués dans la brume qui est devenue le monde, où quelques mirages d'arbres se tordent dans la noyade, râles rêvés, cauchemar intangible et terreur impérieusement vertigineuse ; du fond, des crissements de machines montent confusément, et s'envolent des voix impitoyables à ma rencontre, qui m'appellent à ma place dans la funèbre ronde, applaudissent à ma fureur désespérée, me couvent de regards de sirènes. Mon esprit se disloque grotesquement sous le boutoir des échos monstrueux qui le boursouflent, et le gel qui calcine la pulpe restant de moi, tandis que les lambeaux filandreux de mes émotions n'en finissent pas de s'échapper en déroute. Et sans fin ad nauseam la spirale s'enfonce, encore, encore.

Je mange assurément beaucoup de fromage ces jours-ci, et j'ai la faiblesse infatuée de croire que j'en mange du bon.

lundi 13 octobre 2008

Sielwolf : IV


Les dernières lumières nocturnes se meurent. La métastase est arrêtée.
Le bureau des prescriptions ferme, plus aucune ordonnance ne sera délivrée.

- S'teuplait Doc, file-m'en encore un peu...

Le sevrage risque d'être difficile.
Dans son infinie bonté, Herr Doktor Sielwolf tend un ultime flacon. C'est ta dernière dose, puisses-tu en faire bon usage. Il faudra t'isoler, te barricader, retourner dans ce vieux squat à l'est de la ville, dans cette pièce délabrée ou la lumière, jaunâtre, filtre au travers des fenêtres vieillies de crasse. Peut-être faudra-t-il t'attacher, pour éviter le pire, emmener de la lecture, Bukowski pourquoi pas, histoire d'aider un peu plus à faire mourir ton addiction par l'oubli.
Attente. Par terre, le flacon, vide. Dehors, le soleil de plomb, l'air sec, le désert aride d'une usine morte. À l'intérieur, la moiteur, ça te colle à la peau, le plafond qui goutte, plic, ploc, plic, ploc, l'horloge qui tique, tac, tic, ploc, plic, tac, ploc, tic, ploc, tic, tac, un vrai supplice ; la journée va être longue, et pénible. Tu t'es mis la dose il y a pas une heure, et la frustration te pince déjà les tripes. Saloperie de toubib, il t'a filé de la douce, à coup sûr. Tu voudrais ouvrir la fenêtre, prendre un peu de chaleur et d'air sec du dehors, mais tu n'ose pas t'approcher du cadre, les yeux rivés sur le sol, sur les taches d'ombre, que le soleil projette des vitres souillées. Les taches bougent, lentement, avancent vers toi, sangsues spectrales qui viennent se coller à ta peau ; tes yeux piquent, ta vue se brouille, tu crois, tu espères, être en train d'halluciner. C'est l'heure de pointe, au loin, les travaux publics, les grues et les pelleteuses, font entendre leur bruissement bestial, pour te narguer, tu n'y parviendras jamais, semblent-elles grincer entre leurs dents. Tu t'enfonces dans le malaise, l'impression qu'elles cherchent à s'insérer dans ton cerveau, et maintenant voilà que tonton Charles, dans une apparition fantomatique vient te murmurer ses insanités dans un souffle pestilentiel chargé d'alcool. Pas d'alcool par pitié, envie de vomir, j'espère que tu as pensé au seau. Là doucement, c'est bien. N'essaie pas de tout cracher en une fournée, tu vas te crever l'estomac. Par bonheur, le robinet distribue encore de l'eau, tiède et calcaire, dans un souffle strident, la tuyauterie semble sur le point d'exploser, vite on referme, on se râpe les doigts sur la poignée rouillée, impossible de fermer à fond, la vanne laisse encore échapper un mince filet d'eau dans un soupir métallique qui commence peu à peu à se mêler à la trame sonore, et ce n'est que maintenant que tu te rends compte que les cliquetis de la pendule et du plafond humide, et les rugissements du lointain chantier ont désormais pris une ampleur écrasante, chaque mouvement d'aiguille, chaque goutte qui tombe semble être un coup de masse porté aux murs de la pièce par un bulldozer grognard, les sangsues ont laissé la place aux chenilles des Caterpillars qui viennent te cerner de toutes parts, tu es plaqué au sol, le palpitant au taquet, ta dernière dose commence à prendre effet. Bon courage pour la suite, le pire est sans doute à venir, tu l'avais dit toi-même, la journée va être longue...

Intronaut : Void


Comme quoi, ce n'est pas obligatoirement quand on a la plume la plus labile et facile (vous avez sûrement remarqué) que l'on se sent le plus puissant de ses mots (vous avez peut-être senti). Insatiabilité, ma chérie ... Parce qu'en voilà un autre, de groupe dont je tiens avec enthousiasme à vous causer, mais alors comment, ça ... Surtout que j'ai obstinément résolu de ne pas citer d'autres groupes, pour changer un peu et parce que dans ce cas précis ça deviendrait tout de suite injustement trivial. Essayons.
Essayez d'imaginer, un lointain futur quelque part dans la préhistoire, un lourd, robuste pèlerin primate, d'une civilisation inconcevablement raffinée, en pleine quête initiatique, escaladant les nuages du grand ciel azur, à se colleter et crapahuter avec les rochers tranchants qui y paissent. L'azur tire vers le noir à mesure qu'il devient plus et plus intense ; le monde est englouti, oublié, dans les néant des milles en contrebas ; le mouvement devient fluide ; on touche à l'éther ; aux étoiles.

C'est tout.

dimanche 12 octobre 2008

Putrefy Factor 7 : Total Mind Collapse


Facile à définir, Total Mind Collapse. Sur quelques morceaux, judicieusement placés, ils nous proposent une imitation tout à fait saisissante de Skinny Puppy époque Rabies, tout juste touchée d'une roideur "toute germanique", selon le mot consacré ; et sans les accès de frénésie sous crack et guitares de l'illustre Canadien. Et sur le plus clair (pouf pouf) de l'album, ils font du Klinik satanique très très orienté tueur en série, séquestration et aliénation sexuelle. C'est produit par le gars d'X-Marks, et pour ne rien gâcher c'est paru sur Celtic Circle.
Alors ? Comment vous faire entendre que ces deux coquins-là sont le contraire des seconds couteaux dont ils ont tous les attributs ? Que ce petit cru de ma cave est l'un de ces trésors secrets de la dark electro d'il y a quinze ans ? Va-t-il falloir que je me fade un bon tableau aussi cliché que ceux sur le sludge, à grandes louchées d'enfermement mental fatal, de nœuds, de scies ébréchées, de frappage opiniâtre de tôle déchiquetée, de sévices en usines désaffectées, d'onanisme extrême, de rouille qui saigne des murs glauques de moisissure ? C'est l'un des rares disques avec lesquels j'y crois, pourtant. A cause de la voix, aussi ... nasale, et bilieuse, que celle de Sevren Ni-arb, justement, et tellement plus sick'n'evil de congestion que le regrettable Johann Van Roy ? Parce qu'ils sont capables d'accoucher ce dont tous les aspirants ont toujours rêvé : des petits "Worlock" parfaitement dignes, avec nappe solvante qui ronge l'âme bien comme il faut, et le beat accablant des familles ? Et que le mec au micro a la touche Nivek aussi, cette scansion parfaite et sexuelle qui fait qu'un truc tout bêtement gratiné genre "in time of shit", "stupid philosophy" ou "locked terror" reste vissé dans la tronche, de dédain hargneux ? Parce qu'on se sent sale, que l'esprit a les semelles lourdes de crasse gluante après ce disque ?
Ce disque, vous l'avez j'espère compris, m'est cher.

samedi 11 octobre 2008

vendredi 10 octobre 2008

Front Line Assembly : Implode


C'était pas si compliqué finalement : mon pote, dans Front Line, c'est Bill.
L'histoire a fait que j'étais occupé ailleurs, alors, mais la période où il a eu les mains libres (et un comparse un peu raffiné) est celle qui me ravit le plus. Enfin la confusion-profusion de strates-sources sonores maison ne sert plus à enjoliver le pompage (de fonte et de mou) rythmique, elle ne sert plus d'ailleurs, elle est, elle libère toute sa matière infiltrante et onirique, encore mieux que d'ordinaire la voix de Billouze et sa texture changeante s'y fond, s'y agrège, y dérive, enfin un album de FLA qui laisse toute leur place aux murmures, au chuintant, aux sifflements vaporeux, où tous ces germes abstraits qui servaient auparavant d'habillage au gros bolt thrower à vérins - et qui étaient pour bibi tout ce qui le sauvaient de l'ennui embarrassé - étendent leurs voiles toxiques entre les breakbeats frissonnants, les lignes de chant waveuses ne sonnent presque plus ricaines, les samples religieux font penser à Skinny et ceux world pas à Enigma - pardon, Delerium.
Mon dieu, Front Line Assembly a enfin réussi à sortir son album de future-wave névrosée ? Son album féminin ?
Quoi d'étonnant finalement, c'est ce gros veau de Fulber qui a été dans Fear factory, et c'est Bill qui a été dans les Images in Vogue qui venaient tout juste de changer de nom ...

Compulsive Shopping Disorder : In the Cube


Tous ceux, ils existent j'en connais même, pour qui le goth n'est pas une façon de solutionner le problème du renouvellement de garde-robe annuel, se reconnaîtront dans ma souffrance. En être toujours réduit à revenir au même petit trésor de guerre, quand on est pris de l'envie d'entendre de l'electro-dark, de la vraie : de la bonne. A la rigueur, on peut écumer les vieux groupes qu'on a toujours croisés sans jamais leur causer. Mais quelque part ça chagrine le grouft, qui n'a pas besoin de ça, ce sentiment que le savoir-faire, la notion-même, s'est perdue - le sentiment d'être le fossile d'une espèce injustement éteinte - enculés de jeunes, ignorants.
Réjouissez-vous, confrères à triste figure. Voici des jeunes, polonais de leur état, qui possèdent le tour de main perdu, la patte qui ne s'apprend pas, le naturel qui à tout coup fait mouche sans y penser : le talent.

Oh, vous êtes encore là ? Vous voulez en plus que je décrive, j'ai pas dit l'eesentiel ? La fiche promo que vous lirez recopiée chez toutes les VPC dit : "blabla Kirlian Camera, blablabla folie de Coil, blabla Skinny Puppy", je peux vous traduire à la rigueur : "Suicide Commando époque Critical Stage, mélodies maladives, electro paralysée par les glaces, Kirlian Camera pour le dépouillement altier, les longues nappes tragiques majestueusement limpides et étales, ces nappes d'hydrocarbure, polairement lointaines", une vraie like-a-virgin experience, l'impression de revivre mes premiers émois goths, le ravissement enfantin au contact de ces dissolvantes et douillettes plages, si dark et si soyeuses, que je découvrais. Oh, et "Coil sucks", bien sûr.

jeudi 9 octobre 2008

Screaming Trees : Uncle Anesthesia


Dis, il est bon, aussi, mon amour Marcus, quand il ne va pas faire tomber la vaisselle tellement il gronde ou quand il ne pleure pas comme une madeleine tellement il y a cette grande lumière, là.
Ce coup, il avait juste chaussé la belle paire de ray-ban qui traîne toujours sur le vide-poches de la caisse, celles avec lesquelles les gens le prennent toujours pour Morrison. Parce qu'il avait envie de tailler la route un bout, comme l'avaient fait ces châtrés de bardes irlandais. Sauf que Marcus lui il est cainri, il reconnaît les bons coins à l'instinct. Et que si tu vas avec lui, il t'emmènera plus probablement voir don Juan Matus que l'arbre de Josué (qui est très joli au demeurant).
Il y a des jours tout de même je me demande, si je peux être tout à fait un homme, sans le permis ni les phalanges bleues.

Nymphomatriarch : Nymphomatriarch


Slap, spluitch-spluirttt, hnnnngg, zzzip, hâââân, frchhhfrtrtfrt ...
Not safe for work.

Front Line Assembly : Corroded Disorder


No contest. Le meilleur FLA. Le moins step, le seul à être aussi hanté, anxieux, transi de froid - plus même que Gashed Senses & Crossfire, qui vient juste derrière dans mon coeur. Rêveur, presque, ce qui pour du FLA est ... non, pas inespéré, pour être honnête ils le sont souvent en filigrane, mais c'est en général tellement lointain, ténu, convenu - et parfumé façon w.c. du futur ...
Pas cette fois. Là, c'est insomnie cyberpunk, fièvre qui fait la tête légère comme une plume synthétique, méditation dans les détergents industriels, spectres dans la matrice, spasmes, angoisse et apesanteur. Sweet.

mercredi 8 octobre 2008

Rorcal : Myrra Mordvynn Marayaa


Rorcal est (ici) à Overmars ce qu'Amen Ra est à Isis : la version qui décolle pas. Peut pas, ou veut pas ; sait pas. Oh, de loin en loin (dès le premier morceau, d'ailleurs), ça fait mine, une mélodie à la Converge en plus éploré, Year of no Light si vous préférez, mais on n'y croit jamais, c'est tout à fait la version behemoth de ces gros pigeons ruinés qu'on a tous croisés une fois, les ailes en charnier et une patte qui tire grave la gueule, qui sautillent, le crash peint sur la dégaine ; non, vraiment pas les plus agiles. Et le reste du temps, ils se traînent, en roulant des épaules, en éraillant tant bien que mal des grondements d'intimidation pour tenter de tenir encore un moment à distance tout ce qui peut commencer à tourner autour d'affamé, ils rassemblent de plus en plus péniblement des lambeaux de hargne exténuée, ils dérivent en cercles bégayants, de moins en moins le pied marin ; l'odeur de curée est épaisse ; ça va être moche ; collapsing post moribund core, progcore qui progresse pas ; à vous de voir si c'est votre truc - si j'osais, je dirais : are you morbid, mais ça va choquer.

Lust : Genesis of a Satanic Race


C'est atelier expression musicale cette après-midi à Sainte Anne, mais quelqu'un a dû grailler l'animateur, et les instruments en plastique, le mobilier, des casquettes nazies, et des gonzes, aussi, voltigent à travers toute la pièce ; dans toutes les directions ça se tombe sur le râble en houspillant ou ça se calte de guingois à la primate, dans un essaim insensé de grincements et de couinements, un des gus hulule, glapit et rugit comme toute une tribu zouloue cannibale, un autre récite des trucs au garde-à-vous ; et, comment est-il arrivé là, mystère et boule de gomme : il y a un bouc, aussi. Au milieu. Il bouge pas d'un poil de bouc, d'un instant à l'autre c'est tout juste si on est certain de l'avoir bel et bien vu, parmi le brouillard de moustiques. Rien ne lui atterrit jamais dessus, et pas un des furieux dont l'attention hystérique tombe dessus ne réussit à l'attraper.

Non, je n'ai pas attendu la fin de la seconde écoute pour m'emparer de mon bic, si un jour je comprends quelque chose à ce qui se passe sur ce disque, j'écrirai une autre chronique - ce qu'il y a, c'est qu'alors c'est toi lecteur qui comprendra peau de balle.

mardi 7 octobre 2008

Nightstick : Death to Music


Sludge hard rock punk paresseux du neurone et sérieusement en vrac, avec un son qui bave des bulles quelque part entre le premier EHG et LE album de Warhorse (pas celui avec la chanteuse, merci), et une voix de young Michael Gira qui cloperait et picolerait beaucoup trop, de la bonne tête brûlée qui se fera pas chier à surjouer ce qu'il est, pas le genre qui va nous gaver le mou à sonner plus sick puke vokill que le baltringue de voisin - le groupe remonte à avant cette épuisante vogue de l'ultra sick ultra scorched torture dirge doom agony sludge qui pour un Highgate par-ci par-là nous vaut tant de Paganus : ceci explique sans doute cela.
On peut aussi parler de Melvins écrémés de leur trop-plein de QI, carrément Eggnog-style (rhaa lovely autorisés), de Harvey Milk en plus j'aime-la-foncedé, autant pour le chant que pour cette irrépressible manie de psychédéliser à la narvalo déchiré, même si moins débraillé que sur leurs deux obscénités précédentes.
Que des bonnes raisons pour pas m'emmerder la vie à vous servir le sempiternel plat à base de bile et de tessons de bouteilles que d'aucuns attendent peut-être encore. On le sait, j'ai horreur des masochistes, et je n'aime pas beaucoup plus le whisky. Ça fait pas sludge attitude ? Mais bon dieu où avez-vous été pêcher que j'étais sludge ? Où avez-vous pêché que j'avais une attitude pour commencer ?

lundi 6 octobre 2008

Ohgr : Devil in my Details

Bonsoir, les gnenfants ... Tonton Kevin est revenu, vous chanter ses comptines du soir ; chuuut, les gnenfants, papa et maman dorment, vous ne voudriez pas les réveillez, et qu'ils viennent vous remettre cette affreuse cassette d'electro-pop, si ? Bien, maintenant ... là, pas un geste, faites les statues, vous n'avez qu'à me regarder ... là ... Vous reconnaissez tonton Kevin, n'est-ce pas ? Je suis sûr que papa et maman vous ont emmené au multiplex, l'autre week-end, voir le Dark Knight, et que vous leur avez serré le bras bien fort, quand ... Vous m'avez reconnu, n'est-ce pas ? Bien ... La lune est rousse ce soir, la nuit est idéale pour mes mignardes petites historiettes, vous n'êtes pas de cet avis les gnenfants, hmm ? Oui, ne dites rien, pas besoin entre nous, hm ? je sais ce que veulent ces grands yeux ecarquillés et affolés au fond de leurs couettes, mais si - pas un mot, maintenant ! Ecoutez mon tambourin, dans le jardin, qui vient nous rejoindre en se dandinant sur un air des Beatles ; vous entendez, mes grottes, comme elles résonnent de merveilles ? Suivez-moi, entrez dans les grottes, venez voir le monde les yeux bien ouverts, avec moi, cette nuit vous le verrez pour de vrai, vous voulez ? Suivez-moi, allez, avancez-vous au milieu des spectres, allez ! Papa et maman ? Ils dorment, car ils ont peur de voir ce monde, éveillé comme il est, la nuit, mais vous vous n'avez pas peur, si ? "Nous ne sommes plus des enfants" ?! Tututut - qu'est-ce que c'est encore que ça ?! Je ne veux plus entendre de ces idioties - nous ne voulons pas que tonton Kevin se fâche, voulons-nous ? Hm ?

Khold : Phantom


Mandatoire.
Pour deux raisons, que je vais me faire ci-devant une joie de vous éclairer, avant que de vous laisser courir chez votre disquaire, à qui vous demanderez des nouvelles de sa dame pour moi.
D'abord, il fait partie des albums qui répondent à ces précieuses questions, celles qu'on avait jamais songé à se poser. Et si Unsane avaient été norvégiens ? Sans blague, la batterie est même encore plus primaire, et encore plus carton. Un vrai gourdin.
Ensuite, il y a le fameux morceau, culte de chez culte, mais faisons comme si vous ne le connaissiez pas. On a tous entendu parler de Khanate, de Monarch!, on a tous pris des airs importants pour tomber d'accord sur comment c'est autrement plus délicat de jouer lentement que vite, et pire encore l'art du silence, tous spéculé avec des mines compassées de diplômés en solfège sur comment les mecs doivent surtout bien compter, ne pas se quitter des yeux, toute cette tension, cette concentration, all that shit - enfin, surtout vous ; mais passons.
Attendez donc d'avoir entendu ce silence-là. Qui tombe, au beau milieu d'un bon vieux morceau modern black'n'roll complaisamment ventru, comme un formidable coup de reins arrière, qu'on ne sait plus si c'est ou non encore dedans, le grand vide brusque, panique, stupeur, frustration, la durée parfaite de ce manque, juste un peu trop longue, juste rompu pas sur le temps, que ça bouscule encore un gros coup ... Étourdissement, éblouissement, orgasme.
Je ne sais pas s'il y a une façon satanique de compter, mais ce morceau-là est diabolique, ce blanc-là porte indécemment bien son nom ; il a beau être répété, on ne lui résiste pas.
Allez, filez.

Front Line Assembly : FLAvour of the Weak


Comme dirait un ténébreux camarade qui passe souvent par ici (ah merde, il y écrit, même) : ça fait pouet-pouet.
Cette année-là, FLA se mit sévèrement à la techno ; tendance jilted generation. Ça pétille musclé, et même pas besoin de se protéiner à base de guitares qui passent pas les portes : l'heure est à l'aérobic, l'heure est sudatoire, mes canards. L'ennuyeux, si on veut, pour ce disque, c'est que cette année-là je me mettais moi aussi sérieusement à la techno ; et que j'en ai préféré de la vraie, à cette version chansonnifiée et encore lestée de squelettes rythmiques electro fort moustachus - sans compter que je n'ai jamais été immodérément jilted.
Ai-je eu tort ? Pas obligatoirement. Aujourd'hui, j'ai qui m'attendait le plaisir de retrouver ces bons vieux Flafla, et un album qui n'est, tout dilemme éthique goth or techno périmé, pas un de leurs pires, et dieu sait s'ils peuvent être navrants. Ils ont toujours eu tendance à draguer la musique fitness de toutes les façons, et pour le coup le mariage avec leurs accès de nunucherie power-wave, leurs mignonnes tentatives de rampance vénéneuse et leurs vieilles nappes de cordes Skinny Puppy remaké par Joel Schumacher, passe plutôt bien, et leur manie du petit pouic-pouic et du bziiiiiit méchamment hi-techs prend bien dans le paysage. Pour de la techno, c'est certes furieusement cyborg gym-queen, mais pour de l'electro, ou plutôt pour du FLA, c'est finalement remarquable de sobriété élégante, un genre de Prodigy froid et haché pour méta-barons.
Je dis hop hop hop, au boulot mesdemoiselles, sur le dancefloor, cardio, c'est parti.

dimanche 5 octobre 2008

Bohren und der Club of Gore : Dolores


A la première écoute, je dois le confesser, la déception fut plate. Ainsi, ils avaient gardé la pâleur lumineuse, ange et spectre, de Geisterfaust, mais la jouaient avec la (relativement à Bohren) profusion instrumentale saveur jazzy de Black Earth. Ceux qui me comprennent un tant soit peu savent à quel point je peux me contrefoutre de ce qu'un groupe innove, révolutionne, fasse dans la structure/mixture/facture inédite, à quel point je puis idolâtrer des groupes qui sortent quinze fois le même album, du moment qu'ils le sortent quinze fois touchés par la foi, la grâce, de jouer cet album. Mais tout de même, après Geisterfaust, merde ! On était en droit de frémir de la délicieuse ignorance de ce qu'ils allaient bien pouvoir nous pondre de probablement encore plus dépouillé, et de forcément au moins aussi trouant ; alors ...
A la seconde écoute, en guise de berceuse, je l'ai obtenu, mon troisième anus. Lumineux, oui, comme une massive et languide tristesse de cinq heures du matin, on n'est plus dans la nuit lourde de nicotine de Black Earth, on est à rentrer à pied dans Manhattan déserte, dans la verdeur calme du jour tout neuf, éreinté, âme et corps, une allègre pointe à travers le cœur, un blues abyssalement zen absolument exaltant au bord d'en vomir - encore de la formidable musique de descente, oui ; et un disque comme Enemy of the Sun, mais vous avouerez que le parallèle est incongru, alors comme ... Geisterfaust, tiens, un de ces disques qu'on a envie de n'écouter que très rarement, pour ne pas galvauder son terrible miracle ; aussi vous m'excuserez de ne pas me forcer à plus de ces deux écoutes pour en parler, de toutes les manières il n'en est aucun besoin, son statut ne fait pas le moindre doute - et puis tout ce qu'il remuera chez moi, comme émerveillé je le laisserai me découvrir, je me le garde, merci, et vous laisse ce qu'à vous il fera.
Contentez-vous de me croire, je suis sûr que vous ferez ça bien.

vendredi 3 octobre 2008

Enslaved : Eld


Oubliez Faramir, Pelennor, Bombadil, la Lorien, toutes ces mignonneries qui nous ont valu, ou à quoi l'on rattache d'office, tant de groupes en plastique rutilant, débordants de farfadets ripolinés, de fifrelins, flûtiaux, chanterelles, de sortilèges en 16 millions de couleurs, tout ce Mortiis-metal. Oubliez Le Seigneur des Anneaux, cet âge de l’avènement de l'homme sur le monde, dans le temps-même de sa déchéance inexorable.
Pensez Hurin, Beren, Angmar, claquez des dents au souvenir de ces histoires battues aux vents durs, lourdes de tambours de guerre, criées par les stupides corbeaux, amples dans leurs chœurs hâves, aux capes grises et pesantes, aux forêts désespérées, aux débâcles dans les landes gelées, aux chasses sauvages, à cette enfance traquée et farouche de l'homme tout juste au sortir de sa préhistoire. La beauté, si beauté l'on est capable d'y trouver, est sans joliesse, comme la pierre taillée, la souche blanchie comme un os, givre ou sel. Pensez Silmarillion-metal.

jeudi 2 octobre 2008

The Violet Album


Ou la suite des aventures du spaced out drakkar. Oui, l'album mauve (Vertebrae, pour les imperméables à la poésie) est paru après. Dans cet espace-temps. Et puis, est-ce que j'ai une tête à en avoir quelque chose à cirer ?
Pour cet épisode, voici donc nos fiers guerriers de l'esprit (embrumé) voguant allègrement dans l'éther tels Albator, d'humeur un peu plus forbanne que sur l'autre, on y trouve plus de roulements d'yeux avec large blanc apparent, la voix de gremlin du bien-aimé Grutle n'est pas juste une seconde nature comme sur l'autre, il nous pousse encore quelques poses de gargouille, ou plutôt, si j'osais, de pivert martien - get it ? Et les déluges de notes sont encore affiliables au negro spiritual norvégien. Mais à quoi ça s'apparente sur et avant tout, c'est Enslaved - post Mardraum, s'entend. Je veux dire, ces choeurs qu'on jurerait avoir déjà entendu sur quel album de Pink Floyd, déjà ? et, régulièrement placés, ces riffs conquérants qu'on croyait qu'ils étaient sur un autre album qu'on a davantage écouté, d' ... Enslaved, tant ils sonnent évidents et incrustés de longue dans la mémoire affective. Un peu comme Primordial, en somme : un naturel renversant dans l'héroïsme épique, si casse-gueule à ce degré de conviction, surtout en metal.
Tout compte fait il est bien à sa place avant Vertebrae, ce Ruun. Le voyage dans l'espace en corsaires poètes, c'est encore l'enfance de l'équipée chamanique et de la transsubstantiation en sirop à venir.

mercredi 1 octobre 2008

Cristian Vogel : Specific Momentific


Une belle saloperie de disque, ce disque-là. Je crois ne l'avoir jamais écouté qu'en descente. Jusqu'à ce jour. Mais l'autre semaine, où je l'avais déterré, ce vieux souvenir, chéri dans l'oubli, de mes années clubber (et, ça m'est revenu en l'écoutant, déjà à l'affut forcené de tout ce qui, sonorité ou beat, pouvait rendre un groove spé (aujourd'hui vous dites "chelou")), j'ai négligé d'écrire quelque part ce qu'il m'a une nouvelle fois fait, et me voilà gros jean comme devant, à devoir retrouver parfaitement clair mes impressions, ce qui est encore plus coton s'il était besoin - vous n'avez tout de même pas cru que j'allais rompre une si admirable relation ?
Impossible pour moi de mettre un feeling, une humeur nette dessus. Bon, comme sur l'artwork, ça se passe globalement dans le noir, le nocturne à touches bleutées des petites heures ; avec ces flashes de couleurs un peu trop fortes et un peu absurdes. Ca ne crie ni ne sanglote comment ça se sent, ça ne le sait pas trop, tout à fait comme une de ces vieilles descentes torves, un peu tangentes (oui, ça fait beaucoup d'un peu, on dirait de la néo chanson française), subtilement amères, toutes en à-peu-près de bien-être et de malaise, en dérive sur des effilochements d'ivresse, en lambeaux de brûlure désabusés, en épuisement ouaté mais encore sensuellement arqué sur les méandres de la vieille palpitation primordiale, sous la sérénité étale.
Depuis j'ai découvert, à l'occasion d'une séance d'encrage particulièrement planante pour des raisons variées, Polygon Cities de Monolake, il y a de ça, de ce rêve polaire, de ce frisson anxieux de plénitude, qui est apparemment une sensation germanique (je prendrais bien un jour mon courage à deux mains pour parler de Sa Majesté Fetisch Park) - même si je ne le trouve pas encore aussi troublé que mon cher moineau déplumé.

Disciples of Mockery : Prelude to Apocalypse


Typiquement le groupe qu'on décave de l'Encyclopedia Metallium - en l'occurrence en suivant les liens du très occupé Mr Craig Pillard, ou comment découvrir avec Methadrone que tout ce que touche cet homme n'est pas or, mais passons. Et pourtant, ce death metal, tout en vrombissement et grésillement métalliques, nauséeux, psychotropes, ne nous ramène pas son étourdissante réverbération d'outre-tombe ; plutôt d'outre-espace.
Pensez Winter, pensez dISEMBOWELMENT, Asphyx, World Demise, et puis aussi Voivod (Phobos et Negatron, naturellement), Streetcleaner, et pendant qu'on y est mettez Incantation et Evoken, on va pas se priver - tous sucés et avalés tout ronds par un trou noir goulu qui semble saliver à profusion et se pourlécher langoureusement les babines dans la voix du monsieur, et vous faire tourner dans sa bouche comme un morceau succulent qu'on mastique à n'en plus finir. Pas oppressant à proprement parler, non ; engourdissant, et très stupéfiant. Etre le chewing-gum d'un vortex goguenard, ça n'arrive pas tous les quatre matins.