mercredi 1 octobre 2008

Cristian Vogel : Specific Momentific


Une belle saloperie de disque, ce disque-là. Je crois ne l'avoir jamais écouté qu'en descente. Jusqu'à ce jour. Mais l'autre semaine, où je l'avais déterré, ce vieux souvenir, chéri dans l'oubli, de mes années clubber (et, ça m'est revenu en l'écoutant, déjà à l'affut forcené de tout ce qui, sonorité ou beat, pouvait rendre un groove spé (aujourd'hui vous dites "chelou")), j'ai négligé d'écrire quelque part ce qu'il m'a une nouvelle fois fait, et me voilà gros jean comme devant, à devoir retrouver parfaitement clair mes impressions, ce qui est encore plus coton s'il était besoin - vous n'avez tout de même pas cru que j'allais rompre une si admirable relation ?
Impossible pour moi de mettre un feeling, une humeur nette dessus. Bon, comme sur l'artwork, ça se passe globalement dans le noir, le nocturne à touches bleutées des petites heures ; avec ces flashes de couleurs un peu trop fortes et un peu absurdes. Ca ne crie ni ne sanglote comment ça se sent, ça ne le sait pas trop, tout à fait comme une de ces vieilles descentes torves, un peu tangentes (oui, ça fait beaucoup d'un peu, on dirait de la néo chanson française), subtilement amères, toutes en à-peu-près de bien-être et de malaise, en dérive sur des effilochements d'ivresse, en lambeaux de brûlure désabusés, en épuisement ouaté mais encore sensuellement arqué sur les méandres de la vieille palpitation primordiale, sous la sérénité étale.
Depuis j'ai découvert, à l'occasion d'une séance d'encrage particulièrement planante pour des raisons variées, Polygon Cities de Monolake, il y a de ça, de ce rêve polaire, de ce frisson anxieux de plénitude, qui est apparemment une sensation germanique (je prendrais bien un jour mon courage à deux mains pour parler de Sa Majesté Fetisch Park) - même si je ne le trouve pas encore aussi troublé que mon cher moineau déplumé.

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