lundi 20 octobre 2008

Hypnoskull : Rhythmusmaschine Eins - Zwei


On aime tant décerner du punk par-ci, punk par-là. Je sais plus si Patrick Stevens, le vieux pote de Dirk, se considère comme un. Bien possible, vu la mitraillette à fuck everyone dont il émaille ses éructations. Puis pour ce qu'est mon degré d'expertise en punkitude ... De ce que j'en sens, Patrick est surtout un farouche et irascible individualiste, si punk il est c'est que les vrais artistes le sont. Parce que le monsieur a de l'ego, et il faut pas lui chier dans les bottes : monsieur est ruffer than ruff. Le thug, le desperado de l'indus rythmique - sur lequel il s'égoutte la nouille avec un rictus de haineux mépris.
C'était là son premier album et ça faisait déjà un moment qu'il en faisait, du boum-boum qui fait crr, le père Patrick. Et il a fallu qu'il y ait toute cette vague de deathcore pour corbeaux bioniqués, cette techno-ebm qui roulait des mécaniques et déroulait une martiale soupe saturée ... Et ça se bousculait au portillon, vous pouvez me croire - non mais sérieusement : Winterkälte ??? Urg. On comprend aisément pourquoi aujourd'hui Patrick sort un IOUM particulièrement aigre et bilieux. Qu'est-ce qu'il aurait jamais dû y avoir à voir entre ces trucs de kékés cyborgs et un album d'Hypnoskull ?
Celui-ci est, comme toujours, mixé douloureusement fort, râpeux, brusque, il a les yeux de braise, le goût du béton, il arrache des trucs et des machins à chaque intervalle qu'il prend, il n'a pas besoin de poser torse nu tous piercings et cochonneries tribales dehors si vous suivez mon regard, Pat a une capuche comme un sauvage de chéper qu'il est, aucun besoin d'aucun concept foireux écolo, politique ou sci-fi (re-urg), d'aucun habillage cheap à grosses louches nauséeuses d'émeute ou de guerre, pour déclencher instantanément la baston sur le dancefloor - et vous me direz combien de ces tâcherons proprets pourraient foutre de la house sur leur disque sans que ça sonne rien que d'un crépitement moins tough, au passage. Nihiliste ? Why don't you go and fuck yourself ? Patrick n'est même pas spécialement un fouteur de merde. Juste il a la rage du groove, et le groove c'est nu et ça tabasse. Mais faut pas lui chier dans les bottes.

1 commentaire:

raoulax a dit…

urg