lundi 6 octobre 2008

Khold : Phantom


Mandatoire.
Pour deux raisons, que je vais me faire ci-devant une joie de vous éclairer, avant que de vous laisser courir chez votre disquaire, à qui vous demanderez des nouvelles de sa dame pour moi.
D'abord, il fait partie des albums qui répondent à ces précieuses questions, celles qu'on avait jamais songé à se poser. Et si Unsane avaient été norvégiens ? Sans blague, la batterie est même encore plus primaire, et encore plus carton. Un vrai gourdin.
Ensuite, il y a le fameux morceau, culte de chez culte, mais faisons comme si vous ne le connaissiez pas. On a tous entendu parler de Khanate, de Monarch!, on a tous pris des airs importants pour tomber d'accord sur comment c'est autrement plus délicat de jouer lentement que vite, et pire encore l'art du silence, tous spéculé avec des mines compassées de diplômés en solfège sur comment les mecs doivent surtout bien compter, ne pas se quitter des yeux, toute cette tension, cette concentration, all that shit - enfin, surtout vous ; mais passons.
Attendez donc d'avoir entendu ce silence-là. Qui tombe, au beau milieu d'un bon vieux morceau modern black'n'roll complaisamment ventru, comme un formidable coup de reins arrière, qu'on ne sait plus si c'est ou non encore dedans, le grand vide brusque, panique, stupeur, frustration, la durée parfaite de ce manque, juste un peu trop longue, juste rompu pas sur le temps, que ça bouscule encore un gros coup ... Étourdissement, éblouissement, orgasme.
Je ne sais pas s'il y a une façon satanique de compter, mais ce morceau-là est diabolique, ce blanc-là porte indécemment bien son nom ; il a beau être répété, on ne lui résiste pas.
Allez, filez.

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