mercredi 15 octobre 2008

Nox Inferi : Adverse Spheres


Un brouillard polaire qui trempe jusqu'aux os plus épais que toute réalité, une bouillie de voix dont la chair tombe par morceaux, des chœurs religieux qu'on dirait chantés par une armée de spectres impuissants, une béchamel cotonneuse en guise de tempo général, une insondable tristesse mortuaire ; grise désolation givrée, portails de cimetière dégondés englués dans la brume qui est devenue le monde, où quelques mirages d'arbres se tordent dans la noyade, râles rêvés, cauchemar intangible et terreur impérieusement vertigineuse ; du fond, des crissements de machines montent confusément, et s'envolent des voix impitoyables à ma rencontre, qui m'appellent à ma place dans la funèbre ronde, applaudissent à ma fureur désespérée, me couvent de regards de sirènes. Mon esprit se disloque grotesquement sous le boutoir des échos monstrueux qui le boursouflent, et le gel qui calcine la pulpe restant de moi, tandis que les lambeaux filandreux de mes émotions n'en finissent pas de s'échapper en déroute. Et sans fin ad nauseam la spirale s'enfonce, encore, encore.

Je mange assurément beaucoup de fromage ces jours-ci, et j'ai la faiblesse infatuée de croire que j'en mange du bon.

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