dimanche 30 novembre 2008

Sulfur : Delirium Tremens


She's ...
My ...
Little voodoo dol-lyyyyyy ...

Motherhead Bug : Zambodia


Zambodie, le pays dont certains ne reviennent jamais. Dans les fumoirs les plus enfumés de ce Moyen Orient loin, loin par-delà le mur du sommeil, on peut entendre jouer une sorte de réincarnation de Cop Shoot Cop avec des turbans inquiétants, une sorte de Firewater dont Rachid Taha aurait fui quand ils se seraient mis à la magie noire et au culte du grand dieu Cafard. Inutile de préciser que ces endroits et ces chichas-là sont à déconseiller aux touristes, routards et autres joviaux drogués du dimanche. Derrière la fanfare, on a vite fait de basculer dans le miroir de jais, dans un vieux cauchemar grinçant d'imprécations et de fantasmagories capricantes et saturniennes.

samedi 29 novembre 2008

Ramesses : Misanthropic Alchemy


Une bande de rebuts aux cerveaux hideusement salopés par les goudrons, au fin fond d'un égout, en pleine messe noire débridée, adonnés à la joie démente de peut-être réveiller l'effroyable chose qui sûrement en écrase là dans les profondeurs.
Des disques plus dégueus, sinistres, lovecraftiens, flippants, que ça, il y en a. J'imagine.

Leutha : Accusa di un Delitto Infinito


La folle du fond du lac gluant. Tu l'entends et il est trop tard. Les battements de ton cœur ralentissent et s'amuisent en spirale. Tout coule et toi aussi, dans cette grotte lunaire où ta raison sera mise en longs lambeaux. Ton sexe est dur à écrouler des murs mais c'est le froid et si à la fin elle te touche il se brisera net.

Made In Mexico : Guerillaton


Ska spastic rodeo funkin' cabaret lesbian scene (Gutter Mary Poppins, tout juste), starring Janet Susan Ballion, Lola Olafisoye, Michelle Amar & Kris Force.
Bal sorcier.

Turn Pale : kill the lights

D'aucuns ont réalisé subitement à côté de quoi ils passaient en délaissant leur bonne vieille bourgeoise, d'autres visiblement continuent de se sentir bien dans mon petit studio cocottant.


Discopunk batcave noisy dans le cagibi, punk. Turn Pale, punk. Oxbow in a squelettique way, punk. Freaky as fuck, et bien apitoyé comme il faut. C’est vrai que ce mec imite les couinements de Gégène à la perfection par moments. C’est aussi vrai que ce truc ressemble à plein d’autres trucs… Ce Turn Pale, je l’ai écouté que deux fois, et à chaque fois dans un état de fatigue fort avancé, et y’a quelques temps déjà ; tiens si ça se trouve, je le trouverai juste fade dans le contexte actuel, voire insignifiant ; comme quoi la solitude a aussi le chic de nous faire sentir certaines choses en amplifié, ou alors telles qu’elles doivent être senties : au maximum, pleine saveur plein soleil ; et peut être la solitude nous fait-elle mieux apprécier certaines choses essentielles de la vie, comme se masturber, manger des bons petits plats cuisinés par bibi devant la télé mais aussi de pouvoir s’écouter de la bonne musique au lieu de baiser à tout bout de champ en racontant des conneries (un bon débat en perspective, ça)… mais je dérape (quoiqu’on est en plein dans le sujet du disque, vous allez voir). J’étais fatigué quand je l’ai écouté, vous disais-je mes petites cailles, j’en ai donc aucun souvenir très net, sinon qu’il est bancal, cet album, qu’il appuie sur la corde du pathétique, du lamentable, et qu’en même temps, malgré sa dégaine de sauterelle cassée, il a le déclic de se trémousser aux moments où ça s’annonce vraiment moche – ah, ces refrains sautillants 100% Bee Gees qui surgissent comme un rien, soooo gay – après tout, les pâquerettes poussent bien dans le fumier, pourquoi se gêner, hein. Savoureux. Dansant, in a bigleux way, avec la tête qui tacle les coins de table et les rotules en calanche, et les lunettes qui font pare-choc de pains. Dansant, puis l’instant d’après, vautré, grinçant, cuvette-boy, comme le sale petit pochtron désespéré qu’il est - et qui aime plomber les ambiances festives. One-Two-One. Qu’il est bigrement bon, en fait, ce disque - dans ses moments de traîne-savate nocturne, solitaire, ambiance misanthrope ; et ses brefs bouillonnements obscènes, dans son envie d’explosion toute frustrée, pour faire simple et sobre (ouhouh) j’ai eu la vision d’un Jesus Lizard-like agoraphobe et bloqué en mode twist-slow-twist, avec à la place d’un alcoolo au summum de son charisme une espèce de grand geek pas charismatique du tout, mais glauque as fuck, de la catégories des cabris comme le père Lydon, mais sans le panache ; vilain caneton tout malingre, qui se biture au Madère frelaté dans sa chambre de bonne, et fait des moulinets avec ses grands battoirs osseux pour chasser les papillons de nuits qui tournoient autour de l’ampoule nue elle-même suspendue au-dessus d’une demi-table en acajou troquée à la dernière brocante du village contre les vieilles nappes cirées à motif floral de mamie Thérèse – des papillons de nuit, mmmh… vraiment ? Regarde-moi un peu cette pochette, punk. Dis-moi un peu si elle t’inspire du joli.

Jean-Jean

Lightning Bolt @ Maison de la Villette, Paris, 28/11/08

Assez chouette endroit entre l'observatoire pas fini et l'église de village italien. En guise de public une belle brochette de coinços qui peu à peu se garnit. Un bon moment de zouk se dessine. Oh my gosh, y en a un - deux ! - qui bouquine un sept-cent-pages en attendant que ça commence ! Et un qui écrit ! Ah merde, c'est moi.
20 heures, Dragz pas là, je commence à suspecter que la première partie pu du cul pou cher, ou que ça va commencer sévèrement en retard. Mais peu importe, une personne dans cette pièce que je ne connais pas me hait de toutes se petites forces, et ça vaut tout l'or du monde.
Une clope dehors ? Dites donc, mais c'est là qu'est concentrée toute la portion coule de l'assistance !

Première Partie en nom débandant : noise de chez naze

Lightning Bolt : jouent pas si fort que ça, ces pédés, même pas eu besoin de me bricoler des bouchons en kleenex usagés ; et leur public est à majeure partie constitué de pédés ; qui squattent les douze premiers rangs pour un pogo apathique en rang d'oignons inrockuptibles ; grosse frustration, moi j'étais venu pour l'afficher, c'est pas ce soir que va me passer l'envie d'étrangler un putain de Poitevin au hasard et de lui arracher ses yeux.

Soirée inutile donc, n'eût-été sa partie RP, à laquelle je tiens de plus en plus l'âge avançant, donc big up à toute ma meute disloquée, Röddy Dear, Laidback Loulou, Air Pearl, Alexia la seule qui m'appelle Julien, Buzzo l'hilare, MamMacario, Tongue dans ton Bourg ... Massacre j'avais oublié de prendre rendez-vous hélas. Il ne manquait qu'une personne en fait.

Grief : And Man Will Become the Hunted


Grief a son Diatribes. Un album tellement tel Madeleine, tellement ... tout ça, qu'on dirait Soilent Green rigoureusement fait qui essaie de jouer Torso.
Tellement ébouriffamment laid, tellement thrashy dans la semoule, tellement dégoulinant de malice obèse et de vibrato obscène, tellement instable sur le tempo, tellement pas carré et pas élégant qu'on croirait ma pine, tellement entre vautrage crari bayou et opiniâtreté nonoise et grinçance harmonique heavy-evil ... que peut-être comme moi verras-tu la lumière, et reconnaîtras-tu le morceau de Godflesh au milieu, avec son riff ascensionnel pure bitter typique.
Je te laisse la surprise du finale, que le dernier DEP leur a piteusement volé.
Only Grief is real.

Iron Monkey : Our Problem


Extreme toxic meat donut.

Trap Them : seizures in barren praise


Plusieurs excuses pour ne pas aimer ce disque en toute simplicité :

- habiter Poitiers
- être pédé
- être passé à côté des mols désastres que sont les derniers Converge et Entombed
- ne pas savoir la différence entre bon chant hardcore et mauvais chant hardcore
- être ridiculement juif, des cervicales, des lombaires, des rotules
- ne pas avoir passé le 22 novembre dans toutes les conditions de confort moderne
- ne pas être alcoolique
- ignorer ce qu'est une bûche
- aimer pogoter aux concerts de Lightning Bolt

Name your game, enculeurs de mamans.

jeudi 27 novembre 2008

Grief "polluted" (the real thing)


(Des ferments, du lait, du sel ... eh beh voilà Catherine, on y arrive !)

Dû l'écouter quelque chose comme une heure et demie de rang, ce soir. Aimerais dire que ça laisse des traces. Comme je suis honnête par-delà le raisonnable, ne le ferai pas, puisque les traces étaient déjà faites.
Mais si, vous savez, tas de cons, ce groupe qui a fait un morceau tout connement appelé I Hate the Human Race ; peut-être est-ce celui-ci qu'ils auraient dû appeler ainsi ; ou pas ; Polluted, quel meilleur nom, hein tas de fils de pute allez niquer vos mères j'espère qu'elles sont nombreuses ? HATE HATE HATE HATE ce groupe a aussi écrit Hate Grows Stronger et I Hate You, t'as compris pédé ? T'as compris connasse ? Hate. Hate hate hate hate hate hate hate. Je suis le mieux et tout ce que vous aurez jamais et c'est bien parce que vous le savez que vous le saccagez - respect - alors allez vous faire enculer - vous en raffolez - plus profond que profond, et enjoy the bloody ride. Je vous vous merde, je vous pisse à la raie, je baise vos mères, je vous shoote à terre, je vous chie dans le cou sous herbesan, je n'ai pour vous tous que mépris gerboulatoire, OK ? Still fuckin' polluted. Don't even bother to die. Go fuck yourself. Sacs à merde.

Et merci évidemment à mes deux précieux jeunes aides. J'ai souri quelque fois au long de cette transe, en pensant à vous. Allez vous faire enculer en premiers.

lundi 24 novembre 2008

Grief "polluted" (edited)


Ici s'est tenu un temps un texte d'une nullité à se taper le cul par terre. De type qui ne sait pas ce qu'il veut dire mais qui ne va pas s'empêcher de le dire, pour accaparer le champ d'attention. Pas assez talentueux pour faire réjouissant dans le distancié, pas assez violent et obscène pour faire une bonne exhib. Juste mollement embarrassant.
Alors qu'il suffisait de dire sans plus de manières que si Overkill me cloue au pinacle du sentiment de combustion, de débordement et de faim, Polluted elle me jette comme un sac à patates au comble étourdissant et pantelant de ma malveillance et impuissance. L'adret et l'ubac de la frustration, sort of.
Et qu'en tant que tel il rejoint sans barguigner le panthéon de mes mignons.
Torso a le syndrome Motörhead : le tube intersidéral qui cache l'album prodigieux. Car cet éboulis en extase de Polluted n'est que l'évanouissement préambule à l'interminable noyade dans le même puits de négativité sans mélange ni quartier. Cette lenteur-là est pure toxine, elle anéantit l'horizon dans un paradis de mazout, elle comble tout de sa mollusquerie mi-solide, plus létale que toutes les variantes extrêmes et (trop) sophistiquées qu'on peut lui citer - Khanate & the likes, vous avez bien compris. Infâme et enivrante essence du sludge, n'importe quel Gaffiot vous le confirmera.
Danger, poison ; suprême.

Trap Them : Seizures in Barren Praise


Rien que de très prosaïque là encore. Entombed + Converge + gros gros son de tôle vrombie + passages je kiffe le sludge ? Balloucore + bayoucore ? Comme disait Green Velvet, I don't need this SHIT. Ca beau être efficace et tout et tout, ça commence à être un tantinet téléphoné cette histoire-là.
Sauf que je les ai vus en concert depuis la petite gifle du premier album, dont je m'étais assez bien remis, grâce à l'e.p. Que ma nuque a bibliquement connu leur boucher de batteur, et toute ma carcasse reconnaissante la façon dont ils peuvent faire traîner les moments doomy, leur épaisse maestria rythmique en fait, toute en coulé naturel entre accélérations hardcore'n'roll, moments traîne-patins et crust-boogaloo, un vrai coup du lapin long comme une nuit d'amour. Et le finale saloon et ses fantômes, pachydermisant au ras du bitume du swamp of the Mississipi, passe beaucoup plus imparablement que ceux très résistibles des derniers Cursed et KEN Mode, qu'ils gâchaient un peu pour être tout à fait franc.
J'arrive pas à dire si ce genre de disque me donne envie de redonner une énième chance à Rotten Sound, ou pas.

Complete Failure : perversions of guilt


Bizarre autant qu'étrange. Du grind truffé de plans metal rouleau-compressé, ça devrait sonner Napalm ... Ben non. La faute à ce son crade tout frit lugubre, à cette vocifération acide plus flippante que Kickback et Arkangel ensemble, et à de nombreux passages rampants, inattendus dans le contexte, qui rajoutent un peu davantage au sinistre de l'impossible machin, entre grind bien cadré par un batteur ultra rigoureux, et hardcore débridé limite blackened. Pour la poésie, vous repasserez. Attention, l'argument massue : la chronique est aussi pourrie que le disque est bon (tiens je l'ai oublié parmi les prétendants 2008).

dimanche 23 novembre 2008

Trap Them, Grief @ le Confort Moderne, 22/11/08, Poitiers

Tant de choses à dire sur cette soirée mémorable ... trop, je vous passe toute la partie hanging out with Lava & some friends, pour en arriver directement à 22 ou 17h30, le début des choses sérieuses.

Trap Them : j'étais un peu revenu de leur Kurt Ballou music depuis la découverte du premier album. J'ai été humilié proprement, et mes cervicales vont me le rappeler toute la semaine. Un genre de Complete Failure en moins grind. Le batteur est une brute et les nombreux passages lents ont le bon goût de ne pas sentir le bayou.

Grief : Grief. J'ajouterai juste qu'ils ont joué Polluted. Quand je le voulais. Grand moment de dancefloor. Et que Paris a grave représenté au premier rang du début à la fin. Que dire ? Grief est grand. Des soirées comme ça, on en chérit le souvenir toute sa vie.

Encore bravo à tous ceux qui m'ont supporté, je crois que j'étais insupportable. Dédicace à tous. Moi le sludge ça me rend hippie. Je vole. Je suis au paradis. J'ai vu Grief. Encoooooooooore !

vendredi 21 novembre 2008

Pour lui faire des bisoux ...


C'est ici, merci.

Raoul quitte le sous-marin.
Je prends beaucoup de place, vous n'êtes pas sans l'avoir remarqué.
Entre hommes, on se la souhaite longue et vigoureuse.

jeudi 20 novembre 2008

Motörhead : Orgasmatron

Notre Jean-Jean a-t-il douté que l'on n'est jamais mieux servi que par moi-même ? A-t-il pressenti l'occasion du clash qu'il appelait de ses vœux ?



D’aucuns diront que ce disque ne porte pas son titre ; ce que j’en dis, c’est que le titre est une pléonasme ainsi placardé à côté du nom du groupe – les titres ? N’en faisons pas une liste, ça ne sert à rien les listes, c’est bien connu ; faisons-en donc une liste : Orgasmatron, Deaf Forever, Ain’t My Crime, Mean Machine, baby… what else, Georgette ? L’amour ? Papa Gulo nous en parle déjà assez bien, inutile d’en rajouter une couche – du reste Lemmy n’est pas qu’amour, il est aussi honneur, fierté, il aime bien les insignes militaires paraît-il, des fois ça le laisse rêveur, les beaux casques, les grands étendards ; et il y a rien de tel qu’un bon gros hymne pour se mettre en forme au petit matin, quand on regarde le monde gesticuler vainement autour ; de l’amour ? Bien sûr qu’il y en a ; pas l’amour comme on voudrait le voir, non, juste celui qui brûle et qui s’éteint brutalement pour laisser place à la tendresse, l’amour vrai, cruel, celui des lions, pas celui des chiens bêtement dévoués à leur maître ; et puisque le daron de ses roses lieux me laisse la parole & puisqu’il est totalement in the mood for lemmy en ce moment, j’en profite pour lui conseiller de bien potasser les paroles de Ain’t My Crime, qui ne parlent que de ça ; parce que c’est marrant, aussi (pour toi ça sera plutôt désolant, compadre) mais I don’t believe a word me fait juste l’effet d’une jolie chanson, à moi.

JJ
libellés: amphétamine


Fais-moi mal, Johnny Johnny

Ainsi que j'en badinais récemment en galante société, Motörhead comme accompagnement à la bagatelle, j'émettrais quelques doutes. La musique du grand vorace blessé est un orgasme en soi suffisant et exclusif. Elle peut à n'en pas douter donner moult urgente envie de s'adonner à des séances de galipettes endiablées, tellement elle fait le sang tourner plus vite et les mâchoires serrer plus fort, tellement elle enfle et secoue tout le corps. Elle peut sûrement être la muse de parades amoureuses plus qu'empourprantes. Mais rythmer le sac et le ressac, hmm, m'est avis que ce doit être comme un 69 : nul ne saurait être à égale, ou du moins et c'est par-dessus tout ce qui importe, à pleine présence à ce qu'il fait et ce qu'il reçoit à la fois, et il passe tristement et très équitablement à côté du bonheur des deux.
Je jure que je ne pensais plus tout en rêvassant à tout ceci qu'ils avaient sorti un album du nom d'Orgasmatron, le nom seul sent la bravade défaitiste ; d'autant que s'il contient, bon sang ne saurait se dédire, quelques passages agréablement pulsatiles, il n'est point de ceux qui me rendent insortable à enchaîner à la niche. C'est qu'on dirait presque que pour le coup ils parlent vraiment de la guerre, ces cons ! Ou alors c'est moi que les uniformes, la ferraille et le pas cadencé ne font pas suffisamment baigner du scrotum ...
Alors, j'en recauserai le jour que je serai réceptif à ce qu'il ressentait là-dessus, le grand. Je crois bien que je vois d'ailleurs, je me rappelle avoir un temps souhaité renoncer au commerce des renardes ; mais le poison sous l'empire de qui j'ai le mieux adhéré à la froideur de charogne de ce disque n'est pas bon augure de son potentiel hémo-densificateur.

GG

mercredi 19 novembre 2008

Motörhead : Another Perfect Day

Motörhead a pas de PEL. Avec eux, le plus souvent la boucherie est en début de l'album. Celle dont pourrait pâtir le reste du disque, celle qui fait qu'on ne se sent pas d'attaque pour envisager la suivante droit devant ; mais, en même temps, ces chansons-là valent à elles seules achat, et il y en a une sur presque chaque, alors on achète, parce que Motörhead est généreux et donne tout, sans penser, par pur amour violent et sans mélange, on va pas faire sa chochotte, non ? Souvent c'est la chanson titre et elle fait plus que donner la tonalité de l'album, elle le fait avec un très vigoureux éperon.
Mais ici, c'est "Shine", en seconde position après l'entame tambour battant habituelle, où le coeur est un peu moins que d'habitude, peut-être parce que l'humeur est ici toute à la paix ; avec allégresse ; à l'extase lumineuse. Que s'est-il passé ? Son dealer a joué un tour facétieux au Lemmy ? Il est resté avec la même belette plusieurs semaines ? Je doute de l'apprendre un jour, même en lisant White Line Fever, je sais sa pudeur profonde. On peut aussi, moins poétiquement ou pas, l'imputer à la guitare hard blues de renom, dont la volatile éxubérance laisse tout loisir au barbu douloureux de s'abîmer en retrait dans un répit enfumé pour grommeler son aise. Mais je suis heureux avec Lemmy sur cet album, qui sent le sable, sa fluidité, sa chaleur tout partout, l'utopie rock'n'roll, l'easy ridin', une sensation d'invincibilité, pour la seule fois d'une longue route, sans rage amère, sans frénésie de sang et de forniquer, rauquée à la face du monde, juste laisser couler la pure joie des solos, en apesanteur sur des riffs qui ont toute la simplicité de l'essentiel. C'est aussi ça, le rock ; certains jours. Ces jours épars dans une existence où on a la sensation de retrouver ce bon vieux monde tel qu'on a toujours su qu'il était, en vrai, tel qu'on l'a toujours connu, non ? Ca remonte à quand déjà, le dernier hier de ce jour ? Oh well, whatever ... Just another perfect day.

Motörhead : Overnight Sensation


D'accord, c'est étrangement fendard de mater Motörhead ruisselant de pento tenter de prendre Las Vegas à ZZ Top avec une reprise de Nine Inch Nails au passage, anxieusement bien peignés ses cheveux endeuillés et endimanché, torturé par une entournure qui gratte aux couilles et le vieux matou qui pourrit au fond du gosier. D'accord, "I don't believe a Word" n'est pas seulement une des chansons au monde les plus crues, impitoyables, désabusées, d'une tendresse infinie : c'est encore par-dessus le marché une des plus grandes chansons du plus grand groupe du monde (non mais sérieusement, juste "Don't make that face I won't be pleased/Don't make a sideshow of yourself", et reviens un peu me dire à la face que Lemmy est pas le chanteur le plus mortel que t'aies entendu, qu'on se gondole).
Mais, a-hem, alors voilà : "Listen to your Heart" ? Iannoche ? T'as pas quelque chose à me dire, tu veux en parler - m'expliquer, chrissake's ?

mardi 18 novembre 2008

Motörhead : sacrifice


Décrire les BRUTES sauvages de kicks à l'accélérateur du morceau titre est peut-être encore plus compliqué que parler d'Overkill, aussi je vais même pas tenter. Je me répèterais forcément, y aurait des yeux qui giclent par les trous de nez, des langues qui éclatent et des vomis orgastiques, et on va encore dire ce qu'on ose pas dire, que j'étale complaisamment ma nauséeuse vie de tox. Pourtant dieu qui n'a jamais été de mon côté sait que Motörhead ne fait pas juste partie des rares groupes qui me font VRAIMENT sentir déchiré alors que je suis rigoureusement pas chargé : c'est le pire de tous. Merde, on a beau savoir que Motörhead aime démarrer ses albums en mettant d'entrée son compte à la pédale d'accélération, toujours pareil ... merde ! Et comme "Overkill" sur Overkill, "Sacrifice" sur Sacrifice réussit à se détacher d'un album déjà faramineux, et en l'occurrence tout entier à la gloire païenne du motoculteur croisé dragster qui va te prendre à la cannibale pas plus tard que cash.
Et là ? tu me sens, là ? Tu sens comment je te crame la gorge et les esprits ? Tu sens bien comme tu n'entends plus rien que mon sabbat ? Tu me sens, tout près, dedans, te saccager ?

lundi 17 novembre 2008

Motörhead : Inferno


Désolé pour les éruptions plus bas ? Pas vraiment.

"I don't believe a word" est la droite à l'estomac que la vie (oui connard, encore) mettra systématiquement à celui qui lui beugle un "Overkill" de défi à s'en péter une artère ; à chaque fois ; et on ne pourrait que s'incliner tant elle est parfaite, et limpide, et évidente, et méritée de bonne guerre, cette droite ; si on n'était pas occupé à se tortiller par terre après son souffle découpé au massicot ; et à chaque fois il recommencera, le gars, parce que c'est ça la vie (oui connard, encore) et son nerf l'amour (oui connard, encore) - pourquoi crois-tu que Motörhead reste tellement bloqué sur les images et les mots de la soldatesque ? Motörhead ne parle que d'amour, je te le répèterai jusqu'à ce que tu sois sourd, ou que tu te rendes compte que Motörhead n'écrit que des ballades ; des power ballads, des loner ballads, des stoner ballads, des murder ballads, des spread wide (i'm coming in) ballads, des die bitch (i'm leaving) ballads ... des ballades, encore, toujours, jusqu'au dernier souffle, parce que si t'as pas compris que Kilmister a un coeur énorme à la pulpe très tendre et fragile, t'es vraiment encore plus teubé que t'en as l'air ...
Et donc, Inferno - eh ! Inferno est moche, pas de doute. Sinistre, voire même. Pas une seconde de joie dans cette fournaise heavy metal compacte et inélégante, ni dans les riffs au boogie typique, ni dans les refrains au mélodisme typique, ni dans les solos brûlants, ni dans ce "In the Name of Tragedy" qu'on croirait du Kill'em All, avec des gorilles à la place des permanentées. L'humeur est à la tristesse, et donc à la war ballad totale. La guerre, tu l'as entendu partout, c'est moche. Moche comme Inferno. Moche comme la colère excédée du keum du début qui se relève après s'être fait sécher une fois de plus - ces fois-là, où on dirait que c'est la bonne, celle de trop ... Moche comme sa voix cave, son souffle moribond. Belliqueux. Laid comme un visage tordu, fermé par la haine froide, comme une de ces colères qui ne font aucun bien, butée, vomitive, une coulée de ciment. Même le lugubre et séduisant Orgasmatron n'est pas aussi mauvais que ça. Inferno. J't'emmerde.
Tu veux quoi, pourquoi tu lis ? Pourquoi tu me regardes ? Retourne niquer ta mère, ou c'est moi qui vais le faire. Stone cold inferno.

dimanche 16 novembre 2008

Binaire : Filth Abhors Filth


Parviendrai-je, un jour dans l'éternité, à parler de ce disque ?
Hm ...
J'en doute sérieusement.
Je parle à l'aise de Motörhead, de la pulsation de la vie, et même de la frustration qu'elle est ... Mais cette autre frustration, tout aussi insoutenable de jouissance non coupée ? Celle de ne pas réussir à se dévisser la tête de headbanging, de ne jamais arriver à la dislocation idéale, ce twist'n'shout apoplépileptique binaire ultime, ce vertige plus extrême que tous les orgasmes additionnés, de l'aigu, de l'acharnement du tournevis dans la même vulve de plaie ... ?
Je vous le chronique quand vous voulez, en fait ; c'est vous qui vous amenez la Zubrowzka.

Motörhead : Overnight Sensation


Who cares, si cet album est bon ? Si je le supporterai jamais avec autant de feu que ce soir, rond comme une barrique et d'humeur bien moche à voir ? De toutes les manières les gens qui parlent et se tiennent bien se presseront pour vous assurer que c'est un bon album de Motörhead. P'têt ben vrai, p'têt pas.
Mais ...

Don't talk to me, I don't believe a word
Don't try to make me feel alright
All the love in all the world
Is not enough to save my soul tonight
Don't be my friend I'm not a fool
Don't talk of things that we cannot see
When all the ones that sing the blues
Sometimes I think of how it used to be
I have seen the Devil laugh
I have seen God turn his face away
I have nothing left to lose
I have nothing left to say
I have seen the sky turn black
I have seen the seas run dry
I have nothing that is yours
I have nothing now that is not mine

Don't look at me your eyes are cold & hard
Don't wonder that I turn to you
All the grief in all the world
Is not enough to make me comfort you
Don't tell me lies, I'm not a dog,
Don't talk of love it seems to me
All the people that we rob
Sometimes I think of how they used me

I have seen the fires of Hell
I have seen Angels with flaming swords
I have nothing that is mine
I have much that could be yours
I have seen the eye of God
I have heard lies that are true
I have nothing for myself
I have nothing I would give to you

Don't say that word, I know it's only fools
Who do not know their fate is just
All the justice in the world
Is not enough to buy my faith & trust
Don't make that face I won't be pleased
Don't make a sideshow of yourself
All the people we released
Sometimes I think you're someone else

I have been where none have been
In the empty howling rooms
I have everything I need
I have everything you stand to lose
I have seen the diamond worlds
I have seen the shape of space
I have nothing but the world
I have nothing to take its place
I don't believe a word, I don't believe a word ...

Tu le sais, ou tu le sauras ; ou tu l'ignoreras. Je m'en cogne sévère, pour tout te dire.

Motörhead : inferno


Comme vous le savez tous si vous êtes papifiables - i.e bene pendentes, ramassis d'incultes - des fois, c'est marre ; elles nous gonflent, quoi ; trop c'est trop ; de leur complication, de leur angoisse permanente, comme si on avait pas déjà assez de la nôtre, qu'on doit scrupuleusement dissimuler, parce que la métrosexualité et le côté féminin, c'est quand même la plus monumentale entourloupe du siècle passé et que maintenant on est au vingt-et-unième, stupide. Alors des fois on en a ras la casquette de parader, de faire miroiter tout ce que la virilité a de séduisant, on a juste - envie ? même pas ; parce qu'on a un coeur ; mais envie de le garder pour soi ; besoin, de hausser le ton, de plusieurs crans, de montrer le gros butor borné et mécontent qu'on est, toujours prêt comme chez les scouts, que de toutes les façons c'est nous qu'on parle comme le tonnerre et pas toi, plains toi à ta mère ou à la nature, et la fierté qu'on a à être un gros con de bourrin susceptible, que tu peux taper tout ce que tu veux dessus je sens rien pauvre chose, et que t'as intérêt à la jouer effarouchée et discrète, poupée, pasque ça va finir par des trucs qui vont pas te plaire - et je parle pas de ce à quoi tu penses. Vu ?

Motörhead : Ace of Spades


You know I'm born to lose, and gambling's for fools
But that's the way I like it baby
I don't wanna live for ever

Tu croyais pas si bien dire, mon Yannou. Et c'est justement nous autres qui vivons pour toujours et notre plus grand malheur. C'est quelque peu épuisant, tout ça. Oh well, whatever ; let's freak out, once more ; bring it on, honey.

Yuk, rehearsal, 15/11/08

Beware, agneaux de tous bords. Dans les caves cosy du Val de Marne se trame benoîtement quelque chose qui va sérieusement vous ramoner les conduits auditifs, un jour ou l'autre, nécessairement. Zombie lounge crust no disco est la sauce à laquelle vous allez être dégustés. Si je parviens à sortir les doigts du cul de ma coquetterie de merde, je pourrais bien être des banqueteurs.
Autant dire que vous êtes méga mal barrés.

In the Air Tonight

Comme qui dirait que je suis pas le seul à avoir le nez collé dans le sel essentiel de la vie, ces temps-ci ... Il y a deux personnes en ce moment qui savent très bien what Soum's all about, je suis juste un peu chagrin qu'elles s'entendent si mal, parce que je suis un baba - mais gardez quand même vos distances, hein, mes lapins ... L'amitié, c'est bien aussi. Mais trêve de mamours, place à l'amour.

L’autre soir, j’ai ressorti ce précieux disque, et dès les premières notes de Like Voodoo, il m’a donné envie de sortir me fondre dans la masse, d’aller voir si cette boîte de merde avait changé, si on pouvait espérer y trouver quelque frisson. J’en étais tout secoué, et excité, mais, lâchement, je n’ai fait que marcher dans la rue en grillant clope sur clope, les yeux embués en pensant à ce refrain. Who love you, who love you nooow ? Je me posais des tas de questions, aussi … Comment maintenir l’équilibre périlleux entre dance putassière de dancefloor et douleur mélancolique de sortie de nightclubs ? Comment faire de la new wave à l’heure où on nous gave de NRJ pop-electro-mes couilles, tous ces trucs sans saveur bons à faire danser de la poiscaille de prisu sans saveur et justes bons à me kicker out de cette boîte sans odeur ? Avec les mêmes machines qui font cette merde, comment faire de ce son la classe intégrale ? Comment y injecter la mélancolie, et emballer ça dans un Love The Night à faire évanouir le goth qui sommeille en toi ? Comment refaire quelques pompes musclor à la Nitzer au milieu de ces tubes de séducteur, et clore le tout avec riff samplé des plus clichesques & Johnnyesques sans perdre une once de sa superbe, de son charisme ? La réponse est Douglas + Terence, mon Jeannot ; même en alignant une ballade variétoche qu’on prêterait plus à un Collins qu’à un Gahan (Tonight I Sleep), jamais une once de ridicule, de kitscherie, tout est dans le regard, l’accent, la plâtrée de gomina aussi, la façon de tenir sa clope et d’expirer, total gigolo, total seduce me tonight, de regarder sa proie, de travailler au corps et aux coups d’œil la pintade sans lésiner sur les levés de coude et les remises en place de mèche tombante, entre l’index et le majeur, toujours. Tout est dans cette foutue saveur adulte, mâle, crâne et cruelle qui transpire entre les beats, et fait fondre les résistances. The attitude, mon Jeannot, The attitude. N’est-ce pas elle qui change la donne ? Elle qui fait de toi l’iris blanc au milieu des iris bleus de cette soirée ? Elle qui te donne toute l’assurance dont homme peut rêver dans pareille situation ? Elle qui fait tomber toutes les barrières et t’offre un chemin doré en plein milieu du magma des corps se trémoussant au point d’ébullition, jusqu’au but – jusqu’à la cible ? TA cible ? Elle qui fait taire les ricanements de cette assemblée de grognasses agglutinées, persuadées d’avoir les mâles à leur botte du haut de leurs fragiles talons montés ? Ha ! Ce soir, elles verront de quel bois se chauffe Douglas quand il est en mode lover…Et il y a fort a parier que plus d’une finira là où elle doit finir.

Jean-Jean

C'est beau, non ? On dirait du moi, en moins vulgaire.

Motörhead : bomber


Quand ça veut pas, ça veut pas, hein ?
C'est aussi ça, la vie, on a beau être jeune et la plupart du temps dur comme une poutrelle d'acier ... des fois non. Rien vaut la longue tenue des vieux d'façons, j'te l'ai dit poupée.
Allez, Fraser, décanille avant les gentillesses embarrassés de quand elle se réveillera, et fais-lui envoyer un bouquet.

Virus : The Black Flux


Au fait, pour ceux qui ont toujours espéré sur leurs écrans 666 International II, La Vengeance, pour ceux qu'ont pas compris la première fois : cet album, c'est 666 version mais non ma chérie, puisque je te dis que c'est passé, je me sens bien à présent, on peut rester amis, je ne t'en veux même plus je t'assure - quoi mes dents ? reste tranquille je te dis ! c'est ça, rends-toi plutôt utile et évanouis-toi ; qu'est-ce donc que j'avais en tête, déjà ...

samedi 15 novembre 2008

Motörhead : Motörizer


I'm in love with rock 'n' roll, It satisfies my soul
If that's how it has to be, I won't get mad
I got rock 'n' roll, to save me from the cold
And if that's all there is, it ain't so bad
Rock 'n' roll

Rien que de le lire, j'ai la chair de poule.
C'est pas sur cet album ? Et putain d'alors ?
C'est ce que fait Motörhead, tout le temps. Mordre. Tu ne sais pas que le rock est tout, qu'il n'y a rien d'autre de réel, rien d'autre pour quoi tu doives espérer, ardemment, pas de voix dans le ciel pour t'entendre gueuler, que Dieu a jamais été de ton côté ?
Tu veux que je te réexplique le truc avec cet album-ci ?
Rock out
With your cock out.

Motörhead : 1916


Est-ce que tu sens l'amour ?
Est-ce que tu le sens en toi, te pulvériser les os, te broyer la rate, te baiser le cerveau, mettre ton pays à feu et à sang, te mettre les intestins sur orbite ? Est-ce que tu sens la joie qui est en train de faire de toi ripaille ?
Est-ce que tu me sens, tout près de toi ?

vendredi 14 novembre 2008

Motörhead : iron fist


Cet album passe par-ci par-là pour peu inspiré. Je passe quant à moi déjà pour presqu'aussi arrogant que je le suis pour de vrai, n'aggravons pas notre cas et jouons-la David Martinon : pas de commentaire.
D'ailleurs, je ne vais même pas prétendre le chroniquer ; je vais juste écrire un truc beau dessus - oups, autant pour ma minute de modestie. Fuck her in the ass.
Jean-Jean, et son Bite the Bullet ci-dessous, ont raison. Motörhead, c'est la nudité intégrale. Pas la désarmée, vulnérable, je me remets entre tes mains, non. La nudité insolente, outrageuse, toute-puissante, que bien peu peuvent regarder en face, qui brûle les yeux, et le palpitant. Plusieurs volées de 22 restées à divers endroits de la carcasse, au coeur ou ailleurs, pas mal d'organes internes bons pour le Secours Popu, toujours les babines remontées à en manger le visage, le sourire du loup, toujours monstrueusement pressé de vivre, vivre plus, toujours aucune illusion, en inanition permanente, craving, toujours, tout le temps, et frantically happy with it. Overdrive, overdose, overkill.
Il existe bien des bons groupes, même une quantité scandaleuse de groupes géniaux. Mais Motörhead est le plus grand groupe, de ce monde, et de l'autre. Bien sûr, que c'est toujours la même chose ! T'es con, ou tu fais les dents ? Pourquoi aller chercher autre chose lorsqu'on est au noeud du truc, au plus près de la pulasation primordiale, au coeur de la flamme, qu'est-ce qu'on va aller se toucher avec des bougies parfumées ? Parce que Motörhead est la vie. Toute nue. Toute-puissante. Insoutenable. Incendiée.
Si tu n'entends pas ça, si c'est trop fort pour toi, ce n'est pas que tu es trop vieux. Il n'y a pas d'âge pour être en vie. Si tu n'en es pas transfiguré, c'est que tu es trop couvert. Tombe-moi ces nippes. Don't you sissy on me.

jeudi 13 novembre 2008

Anaal Nathrakh : When Fire Rains Down from the Sky, Mankind Will Reap as it Has Sown


Anaal, c'est comme Strapinge ou Firfacto, et d'autres aussi pénibles que j'oublie : mais à quoi bon, bon sang ? Napalm Death. Vous, ne ferez jamais que de la musique belle gosse, vous pouvez pas vous fourrer ça dans la crâne ? Vous êtes et serez toujours des putains de beaux gosses, et votre musique sera toujours putain de jolie et invertie, peu importe l'inhumanité des blasts et des doubles pé, les hurlements de guitares, les exploits sportifs vocaux, les gadgets hongrois ... Napalm est un troupeau de porcs, laids comme des poux, et ils font de la musique de porcs. Dont toute la puissance et la prédominance sur vous vient de cette formidable et parfaite laideur. Votre musique est inutile, ni faite ni à faire.

mercredi 12 novembre 2008

Overkill


Dieu ! que c'est bon ...
Bon comme une électrocution, bon comme partir en flammes dans les étoiles, bon comme avoir les couilles plus denses que le centre de gravité de l'univers ou un truc comme ça. Bon comme une came beaucoup trop pure dont on vient de taper une trace beaucoup trop désinvoltement généreuse, comme sa fournaise instantanée, la vague de plaisir qui enfle formidablement en remontant toute la colonne frémissante, les dents qui claquent en folie, les os qui fondent en un éclair, tout le corps qui part en eau, et tout qui devient blanc brûlant, aveuglant, assourdissant, blanc.
Et toujours pas de chronique du reste de l'album, parce que le reste de l'album, c'est juste du rock'n'roll de classe chef d'œuvre, instant classic, mortel, imparable, à filer des frissons et des transes, à enfoncer les murs avec la tête, les pieds et le sourire jusqu'aux yeux, tout ça.
Tandis qu'Overkill, c'est Overkill.
Sur l'album de rock'n'roll parfait, un morceau qui culbute la perfection à une sphère supérieure. Ce morceau est pure indécence. Plus cru que cru. Ce morceau devrait être illégal dans tout pays un tant soit peu socialisé. Impossible à écouter moins de trois fois d'affilée, et de six dans la journée. Celui qui le suit s'appelle Stay Clean.
Ce morceau vous n'avez pas fini d'en entendre parler, autant que de Magic et pour la même raison : que vous êtes ici chez moi (regardez-moi ces veinards) et qu'on tient là mon alpha et mon omega (ajoutez Devil's Plaything si vous aimez les trinités) ; un truc comme ça.

lundi 10 novembre 2008

Juggernaut, Lava, Faxe, Pixi Bar, Bagnolet, 9/11/8

Faxe : apérocore, avec sur le petit parasol du death, du grind, du crust, bidonnesque et dansant, parfaite entrée en matière

Lava : le sludge français a un nom, qu'on se le dise ; de futurs grands, je suis parfaitement sérieux, ils ont la touche qui ne trompe pas, surtout dans un style aussi moulant, celle qui fait qu'on a énormément de mal à les situer par rapport à qui que ce soit ; en tous cas on fait difficilement plus punishing, sans fioritures, sans plans de cakes, sans pitié ; oubliez Outlaw Order, Black Cobra et tous ces groupes inutiles, l'avenir appartient à ces drôles-là, qui ont totalement balayé mes inquiétudes quant à ce qu'ils pouvaient rendre avec un membr(é) en plus.
Et le tube rend encore mieux que la dernière fois, vite une autre date, je veux le réentendre !

Juggernaut : ma glotte avait piscine

samedi 8 novembre 2008

Immolation : Unholy Cult / Harnessing Ruin


Oui, ces deux-là, et pas celui d'avant. Parce que Close to a World Below est du très bon death metal torride as hell qui ne vole pas sa pochette, une vraie fournaise, et parce qu'il n'est que ça. Et que les deux autres sont Enemy of the Sun revisité au relentless blast. Chaotiques non pas comme une dévastation par bombardement mais comme un tremblement de terre sévère. Brûlants non pas comme le brasier sans fin de l'enfer, mais comme les avalanches de roche semi-coagulée vomies par les montagnes folles de douleur libérée, comme la confusion cataclysmique d'un monde livré au paroxysme de l'ivresse de mort. Les riffs sont grésillants et suffocants comme les gouttes de sang qui brûle à peine touché le sol qui éclate comme un fruit trop mûr, dissonants et maladivement aigus de faim comme le temps des bêtes qui tel Mathilde est revenu, de toutes parts et dans la plus indistincte furie ça se fend le crâne, se piétine, se fond dessus pour s'arracher les entrailles et se dévorer la cervelle, en un sacre orgiaque et universel de la sauvagerie sous le ciel couleur viande crue.
Car il y a un ciel, c'est le hic. Ceci ne se passe pas aux enfers ; oh que non.

Cathedral : the VIIth coming


SOUM, ça marche beaucoup mieux que l'analyse. Suffisait de dire le problème pour que les choses se dénouent. Depuis la dernière séance, j'ai enfin avoué mon amour à Forest of Equilibrium et Ethereal Mirror. Et aujourd'hui, je puis enfin vous parler avec un bonheur affiché de ce splendide disque, le second je crois que j'avais essayé d'écouter, il y a quelques années.
Ce disque de southern metal ; parfaitement, du gros metal bûcheron qui nous vient du Sud - vers la Forêt, pour être exact. Sur les riffs stoner hargneux rafraîchissants comme des paupiettes, ce sont bien les inenvisageables contorsions mélodico-difformes saturniennes du Lee des débuts qui viennent, à l'emplacement du refrain easy et wanker, saloper l'ambiance laidback slack ; étonnamment sobre, dépouillé des abus de théâtre guignolesque ou de redescente cauchemardesque, au naturel et à l'arrache, en voix claire ou chargée, impérialement, irrécupérablement doom. Plus le disque va, plus il le tire vers le fond, telle la ceinture le scaphandrier, telle la montée sinistre d'un très mauvais trip qui se précise comme fait l'orage, et les riffs tout en gardant leur attaque metal'n'roll irrésistiblement se mettent à creuser plus profond l'humus obscur. Toujours plus au Sud, vers la Forêt et son abominable éveil.

vendredi 7 novembre 2008

Satyricon : The Age of Nero


Allez hop, Satyricon ; tant qu'à faire : eux aussi ont droit aux bouuuh c'est pas du black metal. Vous me connaissez comme si vous m'aviez fait, la suite ne sera donc d'aucune surprise : c'est de la foutaise.
Il n'est que de les comparer à Khold, à qui l'on reproche pour leur part de faire du Satyricon et donc du black'n'roll ; foutaise-combo. Le black'n'roll, c'est Aura Noir, et Khold, c'est du norskenoisecore-metal. Certes, le tempo Michel Sardouille et le riffing ronronnant sont un peu les mêmes ; la différence, c'est que Satyricon, c'est du beumeu. The Age of Nero dégouline ses riffs, grimace, nappe comme du coulis de caveau, gargouille et lugubrifie tout du long, bref c'est du black metal et c'est tout.
Question suivante ; est-ce que Satyricon stagne sur Volcano depuis deux albums déjà ? Cagades. Volcano était encore épique, guerrier, conquérant, colérique ; sautillant et neo, aussi. Now, Diabolical avait un son chaud et mat comme la sourde puissance qui monte dans les veines. Nero est la puissance. Nero est triomphant ; méprisant ; écrasant ; Nero est le talon de la botte qui appuie ta gueule dans la froide boue d'anthracite stérile ; Nero est satanément bien nommé ; la forêt n'est pas mon trône ; ta gueule est mon putain de trône ; nique la forêt, qu'elle crève pétrifiée. Si Nero tient de Volcano, c'est de "Black Lava", en encore pire malgré son allégresse. Paresseusement, pesamment, Nero va te labourer les rognons, te calciner la pulpe, te mastiquer les os. Nero est pouvoir.

jeudi 6 novembre 2008

Slayer : christ illusion


Vous vous doutez bien que c'est pas encore cette fois-ci que je vais me montrer descriptif, précis, détaillé, altruiste. C'est Slayer. Tout le monde sait à quoi ressemble Slayer, même ceux qui n'ont jamais écouté. Tout le monde sait que Slayer fait toujours du Slayer, sauf les fois où ils ont décidé de mettre le net, où tout fan est un expert et surtout a droit au respect de la part du groupe (ceci est un silence consterné), à feu et à sang. Remarquez que le méchoui a quand même eu lieu, en l'honneur de Christ Illusion, parce que justement ils y font du Slayer. On va pas entrer dans la querelle, je suis pas un spécialiste de Slayer dieu m'en garde. Je ne sais même pas si j'ai bien envie de vous échaffauder extensivement mon grand dada sur les albums de vieux, sur comment épaissi et empâté par les ans l'on fait bien plus puissant et féroce qu'avec le très surfait et très épuisable tonus des mioches, toute la différence en somme entre Souls at Zero et Given to the Rising, entre la haine qui gicle des boutons de Reign in Blood, et la teigne profonde et épanouie de cet album-ci ; si vous n'entendez pas ça, c'est que vous êtes daltoniens, et c'est au combat qu'un jour possiblement vous comprendrez dans votre foie, que quand on a la fluidité de la technique accomplie l'explosivité n'est plus d'aucun usage, mais qu'une bonne mesure de couenne d'avantage peut en revanche représenter une source de picotements persistants.
Et question couenne ici on est paré, voire bardé, par instants on croirait Pantera (sandwichier, une moshpart, séance tenante !) - ce petit toucher balloches-vibrato, vous savez ...
Bref, je parlerai seulement (désolé, c'était trop tentant) d'un son de guitare toujours aussi venimeux et malveillant, qui n'est rien encore à côté de celui de la batterie, qui dans les possibilités offertes par la production moderne n'a pas opté pour les deux brouettes de couilles - de basse, veux-je dire - et qui n'a aucune, mais aucune, bonne intention à l'endroit de vos tendres tympans.
Nulle énergie libérée en vain sur cet album épuré, rien qui ne soit dans l'intention de faire mal - et qui n'aille au bout de son geste. Net. Sans ambiguïté. Décidé. Décisif.

Demiricous : II (Poverty)


Pourquoi se faire chier ? Est-ce qu'ils ont l'air de se faire chier, eux ?
Poverty, c'est Entombed + Slayer ; ou, pour brosser l'une de ces piquantes et drolatiques vignettes que je gage vous affectionnez autant que moi, c'est Entombed qui a chipé tout le bocal de Dinintel à Araya - et s'est tout envoyé derrière la cravate avant que Santa Tom ait eu le temps de leur tomber dessus pour les étrangler. Et maintenant les voilà qui sautent sur les murs à travers toute la pièce autour du barbu fumasse, hurlants de rire avec le tripoux qui leur dégobille par les yeux, c'est fin.
On relèvera éventuellement un tout petit côté indussoïde, comme sur l'album techno de Hate Eternal, dans certains blasts au millimétrage inhumain, dans la surprécision moderne avec laquelle sont découpés certains riffs dans le gros grain Rotten Sound - en moins gazoil.
Razor pumping the jam thrash death'n'roll ? Et quand bien même ? Un grand moment de petit disque.
Je chroni-queu, pour passer le temps ...

Phallus Dei : pornocrates



Comme disait Jouni : and then ... gothic.
En plus gothique encore que ça. Sans maquillage, sans gothic rock, cette chose mal ajustée, à refrains de bordée pour larmoyeurs. Du rock joué comme de la musique classique, avec la simple autorité limpide des aristocrates, avec une voix au drapé austère, impeccable, impérieuse sans un mot glacé au-dessus de l'autre du moindre murmure. Sans un atome d'indulgence, sans théâtre autre que le tragique naturel des choses.
Du fétichisme, aussi ; pas le vulgaire, le ricanant, les sueurs chaudes ; celui qui étrangle et écrase d'une caresse légère comme une plume, interminable comme un rêve, lente comme les jouissances les plus hors de sens, lourd comme l'oeil au plus noir du désir.
De la cruauté, fatalement. En ces lieux on découpe, dilacère, calcine ; sans même ôter des gants de velours que le sang ne tâche pas, sans précipitation ni emballement inutile, sans jouer une colère qui n'existe pas, sans pitié.
Retourne écouter Ordo Rosarius Equilibrium, petite. Tu ne devrais pas traîner ici, sais-tu ? On imagine rarement dans quoi on peut se retrouver jusqu'au cou à vouloir frayer avec qui on est étranger, si séduisants soient ses atours. Oublie ces rêves que le regard du dragon tombe sur toi. Trotte.

mercredi 5 novembre 2008

Lee Dorian


Rien à faire.
Ce type a pourtant tout pour m'affrioler. Il chante sur des trucs d'une laideur prodigieuse, à en remontrer à Napalm Death eux-mêmes (faut dire qu'il n'est pas en reste du gros Shane, question vilaine farce de mère nature), d'ailleurs il a chanté pour eux. Il a lui-même une voix effroyablement d'une inélégance outrée avec la dernière des vulgarités, avec de vrais morceaux de baraque à frites, en l'espèce de "houg!" à faire faire des cheveux à Gabi le harenger, il dégouline de lubricité rock préhistorique à souhait, il embaume la drogue au kilo et l'ignorance absolue des concepts de "sérieux" et de "dignité" ...
Mais pas moyen ; de passer outre cette damnée diction d'orc bourré entiché de faire du théâtre.
Un jour, peut-être. Je serai rond comme Pacman ce jour-là, c'est une certitude.

mardi 4 novembre 2008

U.S. Christmas : Salt the Wound


Au désert, la nuit, tu seras nu et à découvert sous l'œil métallique des étoiles impitoyables ; livré à la traque des vents coyotes qui te dévoreront les jarrets et te déchireront la gorge, arraché que tu seras à ta cachette corporelle, fantôme grelottant et désarmé. Alors seulement pourras-tu dire que tu es vivant, que tu as une âme, c'est à la chasse qu'elle naîtra pour de vrai. Tu crèveras de peur, et tu t'envoleras rejoindre les vivants, leur exultation hurlant à la lune, la nuit, au désert.

lundi 3 novembre 2008

Virus : The Black Flux


Black metal ? C'te question ...
Evidemment, tête d'ail. Pas un blast, pas un screech, et ce disque est aussi black que Jaz Coleman, qu'un Dodheimsgard, aussi black que ne l'a jamais été Enslaved. Tout ce que vous pourrez lire d'autre, d'analytique, de musicologique, n'a pas la moindre espèce d'importance. Parce que Satan est Lucifer, est liberté. Et que le black est musique de cette liberté, et de la peur absolue dont elle est source, peur de celles qui peuvent rendre fou, puisque la folie est si rassurante et douillette salvatrice. Ce disque luit dans le noir ; ce disque ne connaît pas le sommeil ; que l'hallucination perpétuelle de la liberté, sa torture grisante, ses stridences irisées, son délire au goût de fer. Ce disque est panique.
Venez, descendez dans les caveaux, avancez un pied dans l'eau noire ...

dimanche 2 novembre 2008

Hypnoskull : Industrial Owes Us Money


Elle me fait un peu peine quand j'y repense, la première chronique, après les tartines d'euphorie auxquelles ont eu droit les autres albums. Un peu désinvolte, on va imaginer que Patrick l'est aussi (oh, il l'est ; mais ...).
Aussi j'insiste. Grosse boucherie. Death metal. Industrial booty. Gangsta gabber. Harsh crunk punk. Nuclear rumble in the jungle. Full throttle skullcrunch bonanza. Buy or buy.
Patrick hausse le niveau de jeu. La concurrence pourra-t-elle suivre ? La quoi ?