lundi 17 novembre 2008

Motörhead : Inferno


Désolé pour les éruptions plus bas ? Pas vraiment.

"I don't believe a word" est la droite à l'estomac que la vie (oui connard, encore) mettra systématiquement à celui qui lui beugle un "Overkill" de défi à s'en péter une artère ; à chaque fois ; et on ne pourrait que s'incliner tant elle est parfaite, et limpide, et évidente, et méritée de bonne guerre, cette droite ; si on n'était pas occupé à se tortiller par terre après son souffle découpé au massicot ; et à chaque fois il recommencera, le gars, parce que c'est ça la vie (oui connard, encore) et son nerf l'amour (oui connard, encore) - pourquoi crois-tu que Motörhead reste tellement bloqué sur les images et les mots de la soldatesque ? Motörhead ne parle que d'amour, je te le répèterai jusqu'à ce que tu sois sourd, ou que tu te rendes compte que Motörhead n'écrit que des ballades ; des power ballads, des loner ballads, des stoner ballads, des murder ballads, des spread wide (i'm coming in) ballads, des die bitch (i'm leaving) ballads ... des ballades, encore, toujours, jusqu'au dernier souffle, parce que si t'as pas compris que Kilmister a un coeur énorme à la pulpe très tendre et fragile, t'es vraiment encore plus teubé que t'en as l'air ...
Et donc, Inferno - eh ! Inferno est moche, pas de doute. Sinistre, voire même. Pas une seconde de joie dans cette fournaise heavy metal compacte et inélégante, ni dans les riffs au boogie typique, ni dans les refrains au mélodisme typique, ni dans les solos brûlants, ni dans ce "In the Name of Tragedy" qu'on croirait du Kill'em All, avec des gorilles à la place des permanentées. L'humeur est à la tristesse, et donc à la war ballad totale. La guerre, tu l'as entendu partout, c'est moche. Moche comme Inferno. Moche comme la colère excédée du keum du début qui se relève après s'être fait sécher une fois de plus - ces fois-là, où on dirait que c'est la bonne, celle de trop ... Moche comme sa voix cave, son souffle moribond. Belliqueux. Laid comme un visage tordu, fermé par la haine froide, comme une de ces colères qui ne font aucun bien, butée, vomitive, une coulée de ciment. Même le lugubre et séduisant Orgasmatron n'est pas aussi mauvais que ça. Inferno. J't'emmerde.
Tu veux quoi, pourquoi tu lis ? Pourquoi tu me regardes ? Retourne niquer ta mère, ou c'est moi qui vais le faire. Stone cold inferno.

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