samedi 29 novembre 2008

Turn Pale : kill the lights

D'aucuns ont réalisé subitement à côté de quoi ils passaient en délaissant leur bonne vieille bourgeoise, d'autres visiblement continuent de se sentir bien dans mon petit studio cocottant.


Discopunk batcave noisy dans le cagibi, punk. Turn Pale, punk. Oxbow in a squelettique way, punk. Freaky as fuck, et bien apitoyé comme il faut. C’est vrai que ce mec imite les couinements de Gégène à la perfection par moments. C’est aussi vrai que ce truc ressemble à plein d’autres trucs… Ce Turn Pale, je l’ai écouté que deux fois, et à chaque fois dans un état de fatigue fort avancé, et y’a quelques temps déjà ; tiens si ça se trouve, je le trouverai juste fade dans le contexte actuel, voire insignifiant ; comme quoi la solitude a aussi le chic de nous faire sentir certaines choses en amplifié, ou alors telles qu’elles doivent être senties : au maximum, pleine saveur plein soleil ; et peut être la solitude nous fait-elle mieux apprécier certaines choses essentielles de la vie, comme se masturber, manger des bons petits plats cuisinés par bibi devant la télé mais aussi de pouvoir s’écouter de la bonne musique au lieu de baiser à tout bout de champ en racontant des conneries (un bon débat en perspective, ça)… mais je dérape (quoiqu’on est en plein dans le sujet du disque, vous allez voir). J’étais fatigué quand je l’ai écouté, vous disais-je mes petites cailles, j’en ai donc aucun souvenir très net, sinon qu’il est bancal, cet album, qu’il appuie sur la corde du pathétique, du lamentable, et qu’en même temps, malgré sa dégaine de sauterelle cassée, il a le déclic de se trémousser aux moments où ça s’annonce vraiment moche – ah, ces refrains sautillants 100% Bee Gees qui surgissent comme un rien, soooo gay – après tout, les pâquerettes poussent bien dans le fumier, pourquoi se gêner, hein. Savoureux. Dansant, in a bigleux way, avec la tête qui tacle les coins de table et les rotules en calanche, et les lunettes qui font pare-choc de pains. Dansant, puis l’instant d’après, vautré, grinçant, cuvette-boy, comme le sale petit pochtron désespéré qu’il est - et qui aime plomber les ambiances festives. One-Two-One. Qu’il est bigrement bon, en fait, ce disque - dans ses moments de traîne-savate nocturne, solitaire, ambiance misanthrope ; et ses brefs bouillonnements obscènes, dans son envie d’explosion toute frustrée, pour faire simple et sobre (ouhouh) j’ai eu la vision d’un Jesus Lizard-like agoraphobe et bloqué en mode twist-slow-twist, avec à la place d’un alcoolo au summum de son charisme une espèce de grand geek pas charismatique du tout, mais glauque as fuck, de la catégories des cabris comme le père Lydon, mais sans le panache ; vilain caneton tout malingre, qui se biture au Madère frelaté dans sa chambre de bonne, et fait des moulinets avec ses grands battoirs osseux pour chasser les papillons de nuits qui tournoient autour de l’ampoule nue elle-même suspendue au-dessus d’une demi-table en acajou troquée à la dernière brocante du village contre les vieilles nappes cirées à motif floral de mamie Thérèse – des papillons de nuit, mmmh… vraiment ? Regarde-moi un peu cette pochette, punk. Dis-moi un peu si elle t’inspire du joli.

Jean-Jean

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