mercredi 31 décembre 2008

Motörhead : overkill


Fausse alerte, énième chronique de cet album sans le moindre plus-produit littéraire ou geekesque ou playerisant ou quoi ou qu'est-ce.
Juste pour le plaisir de dire, tandis que s'égrènent les dernières heures 2008, lors qu'on pourrait avoir de saugrenues idées de top de fin d'année, qu'il y a ce disque. Qui ridiculise tous les tops qu'on pourrait avoir l'idée saugrenue d'échafauder - pour peu qu'on aime les trucs qui se cassent la figure au premier coup d'œil, c'est un peu mon cas, trop souvent, mais même moi je dois parfois m'incliner.
Le rock est une question ... de foi ? Même pas, je crois. D'évidence ?
Vais-je devoir, une fois de plus, dire que si tu sens pas ça te calciner les artères comme ça te les investit, lave et sperme et bien mieux encore, c'est que t'es passé à côté de ta vie, pendant même qu'elle se joue et trace loin de toi ? C'est aussi ça le rock, ne jamais renoncer, surtout si c'est en pure perte et pour le pétillant consumptif de la chose, si rien ne repousse derrière c'est que c'est bon mon coco, c'est par-là devant que ça se passe. Appuie. Bien à fond. C'est pas bon, dis ? Ose un peu me dire ça à la face, si t'as une once d'estime pour toi-même - viens pas me conter que t'es un loser, on est entre nous ça n'a pas cours, et puis ça n'a mais strictement rien à voir avec le steak, on est pas d'accord ? Ecrase-moi ce champignon d'amour, mon canard. Pousse sur la shooteuse, fais ce que tu fais, tremble donc pas. C'est ça. Je t'aime, tu le sais ? Vas-y.

Hatebreed : The Rise of Brutality


Et il à le front de me soutenir que ça lui fait pas ?!
Petit con, va ... Faux sentimental de mes deux.

mardi 30 décembre 2008

Bout Lent

Je sais pas encore bien si je vais vous mettre les liens à chaque fois, parce que bon, après tout, vous devriez déjà y aller checker régulièrement, c'est une affaire désormais entendue, je fais partie de la fine (oxymore, quand tu nous tiens dans tes blanches mains) équipe du site qui m'a vu naître au beuoué et m'éveiller à ma tentaculaire puissance, parce que l'eau ça brûle et le feu ça mouille, que je suis un gros con - un gros con bourré, that is - et que comme disent les mômes c'est juste la classe.

Bodychoke : Mindshaft


Chroniques triviales, saison 6, épisode 11. Bodychoke est RIYL les Swans, Sonic Youth, Kill the Thrill, Binaire, si vous voyez de quoi je parle, avec la pointe de post-punk à la late Sigmund und sein Freund, et une voix qui peut évoquer Hammerhead (donc Lee Ranaldo, par le fait). Bodychoke est RIYL le tiraillement de tes cheveux quand maman s'escrimait sur toi avec la petite coiffeuse, RIYL continuer à se balancer d'avant en arrière et se répéter la même phrase hallucinatoire en boucle même alors que ça commence à aller un poil mieux, labourer la même doucereuse plaie aigüe et agüe jusqu'à la transe de l'engourdissement ; l'étourdissement du sens commun ; les cauchemards éveillés du type dépouillé, grelotter, avoir le regard qui sombre dans l'inter-zone, la non-zone ; flotter ; les hématomes, et s'appuyer dessus, les courbatures, tout ce qui lance et contusionne, les tuméfactions aux méninges à force de headofdavidbanging. Avec en sus la retenue délicate glaçante qui fait tout le pouvoir d'un, au hasard, Phallus Dei.

Satyricon : Now, Diabolical


Wongraven, t'es un chou. J'ai rarement entendu musique militaire aussi groovy ; ni aussi sexy.
(Black'n'roll, a-t-on pu lire de ce disque. Mouarf. Heavy black'n'cock, surtout. Cet album mat et brûlant roussit la peau, écrase les volumes, comble les espaces, martèle et malaxe le sens, avec une crânerie conquérante aussi sinistre que lubrique. Manowar + Pantera + Wumpscut + GHB. Graouhou)

Plus d'évanouissements dans le bain de boue, plus de joyeuses libations à la bile

Le sludge, ça se passe ici.

Hate Eternal : Fury and Flames


Satanic tough guy industrial gabber.

lundi 29 décembre 2008

Disfear : misanthropic generation


Quand je veux entendre du Motörhead, j'ai déjà une vingtaine d'albums entre lesquels me perdre en hésitation. Et quand je veux en entendre la version emo, la version qui sent la mer, connaître la griserie qui brûle les yeux de voiler hisse et oh sur une houle d'hommes, beuglants, j'ai déjà Live the Storm.
Il faut l'admettre, cependant : le type, là, il a une voix qui emporte tout sur son passage. Et Motörhead c'est LA musique. Donc ...

jeudi 25 décembre 2008

Disfear : live the storm


Trépidant comme Overkill et Sacrifice, écorché comme The Saddest Day et Last Light, artichaut comme un hool et un autre hool (wesh mon Loulou, tkt) ...
A reprendre en choeur approximatif l'oeil humide la babine roide le petit doigt qui maelstrome en l'air.
Pure punk smack ; même pas on garde ses dents à l'oeil tellement l'amour est dans l'air ; le hardcore comme si vous y étiez ; c'est-y pas beau ?

mercredi 24 décembre 2008

Callisto : noir


A ce qu'on dit, ça ressemble fort à Cult of Luna. Je suis sceptique. Je ne suis allé qu'une fois me confronter à la réalité de ce qu'est Cult of Luna, je crois que ç'a duré um morceau et demi (1.5, comme 0.75+0.75, ou 0.9+0.6) tellement c'était scotchant à quel point c'était exactement comme j'attendais, où j'attendais.
Callisto, non. Il y a, entre les passages barbus qui ont la grâce de n'être point apocalyptiques ni même très monumentaux, ce saxophone, ce hautbois, cette guimauve morriconienne, qui nourissent l'ambiance liquide, rêveuse, de plein ciel, non pas rayé du vol de mégaptère d'Isis, mais caressé de loopings à la mélancolie digne de certains animes à la saveur insaisissable et troublante.
Ils me rappellent bien plus la gracile (mais si) étrangeté du Kollapse de Breach ; sans les coups de sang.
Je vais vous laisser Cult of Luna, et continuer à en dire des horreurs.

mardi 23 décembre 2008

The Cure : the top

Hebosagil : Cosmic


On a le droit de trouver que Laudanum, Hail!Hornet, Mitra, Moho, Charger, Cursed, Ramesses, Iron Monkey ... c'est bien et tout et tout, mais c'est un peu de la musique de hippies tous mous, quand même ...

Collector maniacs, anyone ?

Personne vient featurer ici, tant pis pour eux. Quant à moi, j'ai sorti un inédit.

lundi 22 décembre 2008

Soul Control : Involution


Croire qu'on va parler de Soul Control sans utiliser le mot Snapcase, faut aimer se pipeauter. Autant attaquer directement sur les détails, le rien, l'ambiance : la personnalité qui fait que Soul Control ne sont pas Snapcase du tout, alors qu'ils jouent le même post-hardcore à fleur de nerf et "dissonant" - soyons sérieux l'espace d'un instant : quelqu'un trouve encore que ça dissone, ces harmoniques ? Moi je vous dis ça, la première fois que j'ai entendu Sonic Youth, Bästard, Unsane, j'ai cru avoir des souvenirs prénataux. Totalement bogosse, le plus beau étant que c'est la vérité. Bref.
Hormis un fort possible côté vaguement plus metal, ce qui fait de Soul Control bien davantage qu'un groupe de crypto-reprises de Snapcase, c'est le ton dur, amer, et surtout froid ; la touche Fugazi passé tough et transplanté à Birmingham - oui, je pense à ce à quoi vous pensez. La guitare sent le Quicksand vidé de toute chaleur, la voix vocifère dévitalisée, rugit sans tonalité, sans armature, sans passion. Soul Control ne cherche pas à te convaincre, Soul Control est désabusé et - presque - calme. Viendront pas te chercher des crosses la bave aux lèvres, mais si t'insistes pour rester on va t'expliquer les choses crûment et proprement, et tu sauras que la partie émergée d'un iceberg c'est déjà pas rien. Hardcore, pas vrai ?

Fiend : agla


Fiend sur disque est confondamment fidèle à Fiend sur scène. C'est à dire, pour évacuer immédiatement le prosaïsme, du stoner doom maousse, avec un batteur qui réfrène très mal ses accès de bourrinitude, un sympathique parfum de bordel à chacun des nombreux changements ou démangeaisons de changement de tempo, souvent imputables au susdit, et une voix de pur miel.
C'est à dire surtout une musique aussi nocturne qu'elle est lumineuse, une braise comme un soleil de fournaise dans une profonde et bienheureuse grotte, une musique païenne rayonnante d'épaisseur, qui tient autant du pendant hyperviril de Jex Thoth que de la matrice originelle, un miraculeux bain de rocailleuse chaleur, qui confit langoureusement l'âme dans l'ambre capiteux. Un simple, dans le langage des guérisseurs. Chargé sans mélange de toute la magie curative du doom.

El Thule : green magic


Le sable, c'est comme le bayou ; beaucoup trop de disques qui "sentent le". Faut-il préciser que celui-ci dieu merci n'est pas du nombre ?
Certes, El Thule c'est un peu Kyuss ; Kyuss avec un batteur dont les parents n'ont jamais dû parvenir à la station bipède, et qui comme moi ne voit nulle part le mot "baguette" dans l'intitulé de son poste - tu me suis ? Kyuss qu'on a chopé par le colbac et vigoureusement frictionné au papier de verre, pour en ôter l'effet vernis sur la peinture, et pour les pisser off un peu aussi ; parce que bon. Hein ?
El Thule, c'est complètement ensablé ; le falzar, les cheveux, les naseaux, les jantes, même le lave-glaces, et à commencer par le moteur - le liquide de refroidissement ? longtemps qu'ils l'ont séché, si tu vois ; ça crisse, râpe et brûle sous la dent et ça suffoque tout, et c'est pas ça qui les empêche de le pousser en surchauffe sans pitié, sans répit - lâchera ? sûrement à un moment, explosera sous l'abrasion, déjà ça grésille, branle, vrombit crépite et miaule big time, des morceaux de carlingue se font la malle, des morceaux de Ramesses, Heavy Lord, Laudanum, qui voltigent déjà des miles derrière sur le ruban gluant, et ça trace toujours, comme un Milligram qui aurait mortellement soif d'infini : rien à foutre, passe la suivante, au nerf, et déchire l'horizon ; la face vers le bas. Tu piges ? Vers le monstrueux aimant ; tu piges ?

dimanche 21 décembre 2008

Black Mayonnaise : Unseen Collaborator


"Sludge is the residual semi-solid material left from industrial, water treatment, or wastewater treatment processes.
When fresh sewage or wastewater is added to a settling tank, approximately 50% of the suspended solid matter will settle out in about an hour and a half. This collection of solids is known as raw sludge or primary solids and is said to be "fresh" before anaerobic processes become active. Once anaerobic bacteria take over, the sludge will become putrescent in a short time and must be removed from the sedimentation tank before this happens.
This is commonly accomplished two ways. In an Imhoff tank, fresh sludge is passed through a slot to the lower story or digestion chamber where it is decomposed by anaerobic bacteria, resulting in liquefaction and reduced volume of the sludge. After digesting for an extended period, the result is called "digested" sludge and may be disposed of by drying and then landfilling.
Alternately, the fresh sludge may be continuously extracted from the tank mechanically and passed to separate sludge digestion tanks that operate at higher temperatures than the lower story of the Imhoff tank and, as a result, digest much more rapidly and efficiently.
Excess solids from biological processes such as activated sludge can be referred to as sludge, although more often called "biosolids," a public relations term that is increasingly used by water professionals in the United States. Industrial wastewater solids are also referred to as sludge, whether generated from biological or physical-chemical processes. Surface water plants also generate sludge made up of solids removed from the raw water."

Soirée Noise Magazine, Glaz'art, Paris, 20/12/08

1980 : entendu 5 minutes, relativement apéritives.

Warsaw Was Raw : je croyais que c'était de la noise bien parisienne et clichée, j'appprends que c'est du grind, je découvre que ça se situe entre Monarch et Made in Mexico - oui, c'est à chanteuse, et alors ? ça n'en est pas moins vrai. Et ça rockze. On attendra de prochains concerts pour décider si ça vaut achat d'album. "C'est pas mal, ce truc" (paraît-il la phrase de la soirée - paraît-il de moi).

Fiend : aaah, Fiend ... réussir à convoquer à la fois Kyuss, Eyehategod, les Melvins, et tant d'autres ... et surtout rester uniques, avec cette liquidité que Thou pourrait leur envier, cette frappe inimitablement brutale du Kickback de l'étape, et surtout cette voix d'or qu'on a tant de plaisir à entendre si s'épanouir, se trouver enfin, même si elle était déjà à ravir chez Senser, quelle épiphanie, c'est sans commune mesure. Confirmation du Noise Fest. Avec Lava, il semblerait que le futur du metal lourd et psychotrope se joue en région parisienne, et pas sur Poitiers, désolé pour toutes les charmantes personnes de là-bas.

samedi 20 décembre 2008

Gorgoroth : Ad Majorem Sathanas Gloriam


Bolt Thrower, ça "parle de la guerre, connasse", à ce qu'il paraît.
Krisiun, c'est la guerre, comme dans un film qui mash-upperait Predator et Commando.

Gorgoroth, Ad Majorem Sathanas Gloriam, c'est la curée.
C'est l'hiver, le cœur de l'hiver le plus froid et cruel que tu puisses pas imaginer, et le temps est pas au beau. Et ce putain de blizzard comme y en a pas dans la mémoire des hommes même du nord charrie : des hachoirs, des javelots, des carreaux, des rasoirs, de la mitraille, des couteaux à pain, des magnums de Yann Black, des égoïnes, du à couper le beurre - tout est dans le menu, pas de carte, s'il-vous-plaît-merci-monsieur.
Mets tes bras sur ta tête si ça t'amuse. Et attends l'arrivée de "Sign of an Open Eye". Le déluge de métal qui cisaille, c'est rien à côté de cette neige-là.

Tinner : harder faster


Je m'en fous, je veux le coupable, personne sort tant qu'il s'est pas dénoncé.
Allez, accouchez maintenant : qui a vidé tout le tabasco dans la boutanche au vieux Kilmister ? C'est pas gentil, je vous le dis, vraiment pas ...

vendredi 19 décembre 2008

Ocean : Pantheon of the Lesser


Les épigones et disciples de Lovecraft qui ont tenté d'étoffer et peupler la cosmogonie ont pour la plupart été assez peu heureux. Hastur, Bokrug, Cthugha, merci bien - rien que le nom, pas la peine de nous sortir le powerpoint sur tes super-pouvoirs, coco, on te rappellera. Au plaisir.
Ocean, qui sur leur premier album avaient tout des soutiers de cette eau-là, viennent tout fraîchement de prendre une sévère option sur la putative partie toundra et steppe du royaume. L'entité anté-temporelle, forcément de type un peu grincheux au saut du lit, qu'ils nous campent ici, est ma foi assez mesmérisante, tout comme est le blanc cosmique qui nappe et engourdit l'ample album. Les fidèles qui esquintent les grands tambours derrière ont l'air d'y croire en tous cas ; et la prêtresse sous la lune est assez chouette, il faut bien le dire.

Jarboe : Mahakali


Dites donc mon petit Boubakar, ça va être l'heure de la fermeture, là, qu'est-ce qu'elle fait encore à traîner, la vieille loqueteuse là-bas, c'est encore la même ? Vous me la dégagez, hein, on va pas y passer la nuit ? Vous pouvez pas rester ici, Madame, on vous a dit qu'il y avait aucune annonce pour vous, non, aujourd'hui non plus Madame, et maintenant on va devoir fermer, il faut partir maintenant, hein ? Vous m'entendez ? Il faut rentrer. Voilà c'est ça, à demain, et bonjour chez vous ...
Je vous jure, mon brave Boubakar, y a des gens, c'est à croire qu'ils n'ont jamais entendu parler de Starkweather, c'est triste à voir ... Enfin ; c'est la crise après tout...

Potop : channels


Abattoir sludge gastéropode à renvois.
Une fois qu'on a posé ça, une question désolée subsiste, qui importe : est-ce que ça sent la mort ? Est-ce que l'issue fatale est palpable ?
La réponse est oui.
Quelque chose dans, hmm, les démarrages du tambourinaire des hautes œuvres, dans les coups de mediators qui s'écrasent comme s'abattent des grandes plaques de tôle, dans le vagissement horrifié du chargé de hurlement, dans le son frit et frigorifique ; quelque chose fait qu'au lieu de mentionner comme un faraud Highgate, Fleshpress, Will Haven, Godflesh, Bästard, on déglutit et on perle, et on réalise que ce serait fin, tiens, d'en guise de dernière pensée, se dire que Potop porte bien mal son nom ...

jeudi 18 décembre 2008

Absu : Tara


Les gobelins, apprendrez-vous, ont le même vice qu'Adèle, la tante de Ludwig.
Même que ça met en valeur chez eux un vrai tempérament de créatifs. Du genre légèrement exubérant ; débordant, voire. Envahissant, voilà, c'est le mot que je cherche. Comme dans "envahir ton cul jusqu'à l'intestin grêle" - avec une rapière.

Teenage Jesus and the Jerks / Beirut Slump : Shut up and bleed


En voilà une idée qu'elle est bonne. Près de 30 ans après le bordel underground à NYC, Cherry Red nous ressort l'ensemble des enregistrements, studio et live, de Teenage Jesus and the Jerks . Si ce nom à rallonge ne vous évoque rien, sachez simplement qu'il s'agit du premier groupe dans lequel sévit Lydia Lunch, artiste multi facette (elle a d'ailleurs aussi tenté la disco, très brièvement je vous rassure), de réputation ma foi fort sulfureuse, et qui donc ouvre sa carrière en nous cassant les oreilles à coup de guitares arthritiques et de vocalises au timbre strident et au verbiage venimeux . Et oui.
Considéré comme un des groupes-phares de la No Wave, Teenage Jesus and the Jerks est tout bêtement à mes yeux LE groupe de cette scène, le plus réussi en tout cas, le moins abstrait, le plus... coloré ? D'une teinte poisseuse alors, faite de rage ou de désespoir, une espèce de mise à sac des rêves de rockstar d'une adolescente écorchée vive finie à l'hero qui jusque-là devait arpenter le macadam pour subvenir à ses besoins et qui peut enfin ouvrir son cœur, les lèvres collées au micro, dans la chaleur d'une vieille gargotte pourrie et mal éclairée, déblatérer entre deux lampées de whisky rance, souviens-toi papa, quand tu appuyais ton bas-ventre contre ma tête et me forçait à te faire ces choses, souviens-toi maman, quand tu m'enfermais dans ce placard parce que je te rappelais trop ta première fille celle qui n'est plus là pour me dire combien elle a été vilaine et combien tu l'as corrigée pour sa peine... And so on.

Je pourrais vous parler plus longuement de ce groupe, mais je préfère m'attarder à présent sur un tout autre, puisque l'intérêt de cette réédition est aussi d'avoir embarqué dans la foulée la poignée de titres, pondus dans sa hélas brève carrière, par Beirut Slump, autre collectif dans lequel officiait Lydia, uniquement à la guitare cette fois. Et autant Teenage Jesus ça rigole pas des genoux, autant Beirut Slump, c'est carrément sinistre. No Wave satanique, musique rituelle pour serial-killer des bas-fonds new yorkais, planqué dans un taudis aux limites de la ville, ou tu avais l'habitude d'aller quand tu étais gosse (en imaginant, bien sûr, que t'habitais New York, suit, un peu), cette odeur de moisi qui te traînait dans les narines, et celle de viande pourrie qui règnait dans la vieille cuisine au plancher humide ou toutes les mouches convergeaient lors de moites après-midis estivaux. Et tu le sais, si tu avais soulevé la bonne planche, celle vers laquelle toutes les mouches convergeaient, tu aurais enfin compris le pourquoi de cette odeur, mais à quel prix. Elle te serait restée imprégnée à même la peau, te suivant partout en permanence comme un fantôme, et lui aurait retrouvé ta trace comme un pitbull en manque de barbaque : snif sniff! Il t'aurait suivi partout mais tu n'aurais jamais pu le prendre sur le fait, jamais, excepté lorsqu'il l'aurait décidé, au bon moment, c'est-à-dire lorsque, comme ils disent ces cons à Hollywood, plus personne n'aurait pu t'entendre crier. Eux, sans doute n'ont jamais mis les pieds à New York, les veinards.

Dälek : Gutter Tactics


J'ai pas déjà chroniqué le dernier Darkthrone ?
Fatiguez un peu la roulette du mulot, pour voir.

Revelation of Doom : Shemhamforash


War biker black death'n'roll, inhumainement furibard et obsessionnel (Satan, Lucifer, 666, domination, sacrifice, genocide, parfois tous dans le même refrain), ferrugineux et charbonneux, abrutissant, de basse polluante, de thrash, de blasts en mitrailleuse lourde, de férocité rauque. Pas drôle du tout.

Starkweather : Croatoan


Prêts pour la purée ?
La chose dont il est question est tectoniquement agitée comme Incantation et Neurosis à la fois, et à peu près aussi exorable que les mêmes - gothique comme Acid Bath mais boursouflément comme Crowbar, aussi stable et facile à suivre que Soilent Green et Converge dans le même sac à patates pourri, et le chanteur quand il ne se mélange pas les pinceaux entre black et death imite très bien Jarboe sans les saintes visions. Je pourrais encore tâcher à bricoler quelques oxymores bourrins avec des Deathspell Omega, Integrity, Paradise Lost et Faith No More qui se chamaillent, mais l'essentiel est fait : t'es paumé, homoncule. C'est normal, bienvenue dans le cauchemar. La chose en question empeste bien davantage le bayou que tous les bidules de rigueur, qui eux fleurent simplement le saloon et l'avilissement au Jack, ce potage de vauriens. C'est de la vase que tu vas avaler, créature de boue, dans ce royaume sauvage et luxuriant comme tout ce qui est vierge, par tous tes orifices, et tous les débris, de choses, êtres, machins, qu'elle charrie dans le chaos dont elle est soulevée cette nuit hantée. La visite touristique fallait venir aux heures claires, tu peux te la foutre où je pense. On est ici pour le survival, pour patauger dans le corps à corps avec la mangrove et son bestiaire ignominieux ; pas la peine de songer à ta machette : commence plutôt par essayer de respirer, appétissant insecte ...

mercredi 17 décembre 2008

Hypnoskull : Ffwd>bBrnout!


Parce que comme ils disaient dans je ne sais plus quel navet (c'était pas ce truc qui s'appelait Matrique et qu'a jamais parlé à la mienne ?), ce qui a été commencé doit finir, enfin on a compris le principe ... Fatality, donc. Puisqu'on achève bien les chevaux, Patrick, je vais faire le malin sur ton dos.
Ça commence dès le concept-titre. Gosh ! Pas que les autres aient jamais brillé par leur finesse, mais du moins avaient-ils la touche débiloïde agressive qui fait avaler le buvard. Là c'est de la même eau que la pochette, puisque sur ce coup là Stefan aussi s'est chié dessus, avec un truc qui sent le Vivenza réédité chez Hands, ou le Vromb qui manque de sommeil - ou qui a trop dormi, mais bref. Nul.
Le contenu, il est à la hauteur ; pas tout à fait nul en fait, soyons juste : y aurait eu marqué Noisex, Synth-etik, Winterkälte, ou Exclipsect, sur la tranche, le titre était plausible et la musique une assez bonne surprise. Mais c'est ton nom que je lis, Patrick.
Le problème de ce disque, c'est qu'il est cliché. Le cliché n'est pas un problème en soi. Il faut deux choses pour faire un cliché. Une vérité, tellement vraie et irréfutablement percutante que tout le monde est au courant, et qu'elle est galvaudée. Le problème de ce disque, c'est qu'il tient plus du galvaudage que de la vérité originelle. Le problème de ce disque, c'est qu'il est l'oeuvre d'un homme qui fait partie des excaveurs de vérités, pas des galvaudeurs à la criée.

Throneum : Deathmass of the Gravedancer


O rage, ô aporie, ô coquetterie ennemie (pas la peine de compter, ça fait pas douze) ...
Comment vous persuader d'écouter ce disque formidablement déchiré à en donner des leçons à Abscess et Obituary, quand on n'a pas le talent de Cobra Commander pour la gerboulade et les rillettes faisandées, ou de Clowny pour les caveaux sens dessus dessous ? Quand on n'a aucune des références susceptibles de circonvenir le connaisseur madré, et qu'on se refuse à jouer les Raoul au rabais en vous balançant que si vous n'écoutez pas vous valez peau de zob et que si vous n'aimez c'est le même tarif pour vos oreilles ?
Peut-être en ne jouant pas non plus les Gulo d'opérette, pour une fois, et en le demandant gentiment ?
Écoutez ce putain de disque qui poutre ; s'il vous plaît.

Mais quand même, si vous ne l'aimez pas beaucoup, ça va être compliqué entre nous.

Kill the Thrill : low


Il faut savoir être humble, au moins de loin en loin.
Par exemple quand un groupe sait aussi bien parler de sa musique qu'il la joue. Et lapidairement.
Universe is a sensation.

Peut-être fouillerai-je un jour cette sensation, en l'honneur d'un autre album, de toutes les manières KTT c'est comme tous les grands groupes, c'est toujours la même chose, mais en pas du tout pareil ; mais ici il n'y a rien à dire d'autre, qui ne fasse petits bras.

mardi 16 décembre 2008

dimanche 14 décembre 2008

Reverend Bizarre "Strange Horizon"


Je m'explique : si ce disque m'énerve, c'est qu'il est un peu cher, pour un single. Surtout avec une face b ("Dunkelheit") plus mignonne qu'autre chose.
Alors d'accord, "Strange Horizon" est l'un des grands morceaux du Révérend, épiquement éreinté comme ils savent le faire mieux que quiconque (le premier qui me cite un groupe de doom authentique certifié prend ma main à travers la bouche), encore une violente tranche de foi, d'ascension majestueuse vers les étoiles méprisantes et adorées avec des tonnes de boue accrochées aux semelles, et vas-y Bébert qu'on arrache le tout au plancher des vaches, tout le plancher des vaches même, sur un You just gotta BELIEVE à tout péter, non y a pas à discuter 107 ans, ce sont des dieux, personne sait être irrésistible comme ça, surtout en sonnant aussi vaincu et rincé de toute force, aussi surpuissant de morgue peinée, des groupes de metal qui touchent les tripes vraiment, genre trou dans le bide et chair de poule, y en a pas bézef.
Mais tout de même, 20 euros ?! Le mois prochain, alors.

Reverend Bizarre : Harbinger of Metal


La magie.
Fais-le avec.
Dis-le avec.
C'est tellement triste, sans.

samedi 13 décembre 2008

Dream Team

Un bon casting de départ, ça fait tout. A preuve ce qui va suivre. Ce disque devait être présent ici, et je n'ai même pas eu à y penser, sans parler de m'y atteler. Parce que le Jean-Jean, c'est pas un vaurien.

X-Marks the Pedwalk : Freaks

J’ai eu droit à l’arnaque du siècle en me payant ce disque. Jugez plutôt : je le désirais à (disons à peu près) 75% pour le tube Abattoir seul. En le recevant, j’ai insulté mon facteur : pas d’Abattoir dans la tracklist, nom de diou ! Comment appeler ça un remaster, tas de salauds ? Il n’empêche qu’aujourd’hui, je me sens moins véner – bah oui, parce qu’y’a un paquet de titres qui tuent, sur ce disque. Ceux qui finissent en « ion » étant mes préférés (inutile de vous en dresser une liste). Comme j’y connais pas grand-chose, ce truc m’a d’emblée donné la sensation d’écouter un Skinny Puppy, en moins grimaçant, en plus glauque, les parties « flottantes » (tous synthés dehors) étant les plus assommantes, et celles plus funky, aussi tuantes que du Too Dark Park. Y’a même un moment, j’ai arrêté de remuer, tétanisé par je ne sais quel morceau (No Premonition, je crois), avec un refrain des plus … déstabilisants, pour faire euphémique. Un vrai miracle. Va falloir que je me procure les autres, maintenant. Et va bien falloir que j’écoute Abattoir autrement qu’en MP3, aussi.

Jean-Jean

Monster Magnet : superjudge


J'ai la coquetterie de ne me pas considérer comme sportif, mais j'en fréquente. J'ai donc souvent dû souffrir, quand je savourais de toute la dilatation de mes alvéoles un bon clope, des remarques aussi atterrantes que : "c'est pas bien, ça ..."
- ...
Bien sûr que c'est pas bien, sombre idiot. Comme toutes les drogues. C'est même pour ça qu'on le fait. Mais je leur suis reconnaissant du plaisir qu'ils ont chaque fois redoublé dans mon vice, dans ce sauvage frisson d'arrogance, sûrement vaine et ridicule, de ma propre pathétique déchéance à la petite semaine.
Merci à tous les sains de corps et d'esprit. Ne changez rien. J'ai besoin de vous, tous les jours où j'oublie qui je suis et comment être vivant.

Reverend Bizarre : so long, suckers


L'exultation, l'héroïsme, la puissance, la désillusion, le mépris, le dégoût, la rage, la lumière. Je me contenterai d'ajouter que pour ces adieux grandioses et cinglants, RevBiz n'a jamais été aussi teigneux, la guitare bastonne, la basse mastique l'os et la batterie est en guerre ; et je n'articulerai pas tout ça, quand l'album lui te l'envoie en gros paquet dans la bouche. Le doom n'est pas une musique de pleureuse ou de hippie. Il y a dans ce ronronnement animal de friture une dignité qui dépasse le gothique, une extase qui dépasse le baba.Le doom est une musique de haineux.
Christs may come and christs may go but Caesar is for ever. Et souris à la vie, un peu, quand tu avales toute ma splendeur.

jeudi 11 décembre 2008

Reverend Bizarre : death is glory ... now


Et si je vous dis beuverie entre Cathedral et Darkthrone, ça vous excite ?
Religieux, je vous dis ...

Vargr : storm of northern evil


Je le savais, que ce serait le bon.
Henri a enfin sorti son bon album de beumeu. Ceux qui s'y connaissent en beumeu, qui ont chopé la crève en écoutant Transilvanian Hunger, risquent d'être saisis. Ceux qui connaissent la grande époque de Roger (The Slaughterhouse, Great Death) aussi, mais de ravissement.
Votre cuve d'azote est prête, mes chériots. Allons, allons, c'est juste la première jambe qui picote un peu.

mercredi 10 décembre 2008

Phallus Dei : Luxuria


Gitane Demone, c'est un peu comme Jarboe : tout ce qu'il y a à retenir d'elle est sur les disques où elle est invitée ... à être discrète.
Luxuria est basiquement une des idées les plus incongrues qui se puissent : la championne de ce que le gothique peut avoir de plus vulgaire, reçue chez le parangon du goth austère et abyssalement distingué.
Le plus scandaleux est que c'est réussi. Les petites japperies excédées et implorantes de la diva des chiennes mettent encore plus en majesté la séduction fatale de Phallus Dei, faisant apparaître les veines brûlantes qui se tordent comme des serpents sous l'épiderme marmoréen jusqu'au polaire, la moiteur pressante du souffle qui soulève comme marée imperceptible à l'oeil le sein hiératique de l'idole terrible, et sentir l'acier du désir qui est le bras qui te ploie à la renverse dans cette pâmoison dévote.

Reverend Bizarre : Death is Glory ... Now


Ce pavé de miscellanées, aussi radieusement homogène que la collection pour sauteries dystopiennes du général L.B. Doll, agrège le plus parfait alliage alchimique entre doom embourbé, imprécations hallucinatoires, et du Monster Magnet grande époque (Superjudge) taillé dans la grosse pierre d'église antique.
Austère et débridé tout ensemble, crachant de haine et moisi de résignation.
Je sais pas pour vous, moi j'aime bien la musique religieuse.

(Et je jure une nouvelle fois que j'avais calculé rien d'autre de la pochette, à la va-vite, que sa classitude coutumière ; qu'est-ce que j'y peux moi si mon nez est souvent super juste sur le feeling d'un album, à défaut d'autre chose ?)

Deathspell Omega : Veritas Diaboli Manet in Aeternum - Chaining the Katechon


Ça commence comme du DsO qui va pas tarder à me rappeler pourquoi j'aimais pas au début, si ça continue : plein de joliesse mystique neurometal et de dissonance gimmick.
Puis le batteur obéit brusquement à la fameuse injonction : "maintenant ! fais n'importe quoi !" (c). En l'espèce, pouf-Papouf-Papouf, pile entre le trotrop technique jazzy mon boule et le taureau enragé qui piaffe en frissonnant. Et tout se met à partir en sucette comme le DsO que j'aime, les guitares miaulent, brament et pataugent dans la viscère, la batterie prend les virages sur deux roues, la basse slapouille et syncope, le chœur à la Enslaved est dépressif comme un troglodyte, c'est à peu près aussi carré et stable que le dernier Mayhem, je suis réconcilié.
Un bon petit DsO.

Dupont : Intermezzo


Intermezzo est au premier Dupont, ce que Into The Night est au premier Fixmer/McCarty. Le plus se trouve dans les mélodies. Moins mâle, plus chochotte, mais en même temps, imparable niveau émotions. Moins basique, moins brut de pomme - mais ce manque de pureté est contrebalancé par un gros côté lover qui tue. Bien sûr, son grizzly de chanteur n’a pas le charisme infailliblement british d’un Douglas, mais il a une voix, une voix à lui, exagérée, maniérée, poussive, surpataude ou surgrasse, qui en fait des caisses, enrhumée et épaisse… comme si Eskil Simonsson avait viré gorille culturiste, tiens. A sa façon, il est aussi un tueur pour ce qui est de lâcher des refrains missiles, et allonger des couplets sublimes. Avec cet Intermezzo, nos gaillards scandinaves, tout en repêchant les mêmes sonorités dont usent et abusent des tâcherons comme In Strict Fionfidence/Vulve Nation, font des miracles. Sur quelques titres, c’est même carrément de la synth pop à relents trance outrageusement pute qu’ils nous font, des plans pop tous droits sortis du monde variétoche, que même Britney dirait non (« Planless Exhibition », nom de d’la !) ; vulgaire comme tout – mais, à chaque coup, comme sur Into The Night, la saveur vraie & la classe rattrapent le coche, et on accepte les pires bassesses FM puisque tout est fait avec sincérité et passion ; des synthés polaires en background, aux paroles terribles (faut l’entendre gueuler « I’m Your MOTEL LOVER !!! », le gars) – Oui, il y’a une sincérité chez ces mecs ; ça n’est pas comme toute ces merdes future pop - Mach 3 lame rotative qu’on voit au kilomètre, non. Rien à voir avec Mesh, ou Funker Vogt, oubliez tout ça. Dupont fait la même chose que ces fiottes bien coiffées, mais pour de vrai. Ce disque est donc, fort logiquement, blindé de hits. Du gros hit EBM au gros hit dance, du hit pour remuer, du hit pour rêvasser. Ajoutez-y un côté Laibach (quelques passages pompeux-pouet-pouet militaire, vous voyez le genre) et vous avez la recette qui me plaît. Il est possible que le premier titre fasse glousser, moi-même la première fois je n’y ai pas cru, tellement c’était trop gros pour être vrai… « Till mon cochon, c’est toi ? » Avec ce genre d’album c’est comme ça : si ça ne fait pas rire, c’est dans la poche, on craque. Je ne sais pas si vous succomberez (à vrai dire j’émet un gros doute, quoique l’amie Paulette devrait fondre illico), mais moi je suis conquis – I say get down on your kneees… please me please me…


Jean-Jean

Dupont : Ukrainia

Vous êtes témoins, il m'allume, non ?

Dupont… mais quel nom de merde ! Quelle pochette aussi – je sais pas si vous avez vu celle de l’ep précédent, là, Behave, avec ses poses de gros prostitué mâle, mais c’est encore plus parlant. Rythmiques rubik’s cube, 100% DAF, parfois on a même droit a du copier-coller des plans années 80, des vieux Nitzer, exactement la même chose, version nordique. Chant 100% constipé et enrhumé, et qui bombe le torse, façon Rammstein. Son labellisé 242, froid et raide comme la justice. Des lyrics à toute épreuve – MORE LIFE FOR THE PEOPLE ! MONEY !! 24 HOURS !!! Ukraina fleure bon la rudesse du nord, comme son titre, comme sa pochette : de l’EBM de docker, matinée de synth pop technoïde à la Covenant, pour le côté fleur bleue, et quelques passages bien bœuf avec le chant qui lorgne rocailleux. Un disque polaire, scandinave, qui sent les couilles pleines, qui sent la menace, et qui, quand il se laisse aller dans les refrains bien gays, est un bonheur. Ne faites pas gaffe au nom, ça n’a pas d’importance. Mov ya body. Danz. Danz. Pensez rough. Pensez tough. Pensez EBM. Et attendez un peu que je vous parle de leur deuxième, qui est encore mieux.

Jean-Jean

lundi 8 décembre 2008

Amebix : arise !


Froid comme une charogne de manchard, beau comme Joinville la nuit, cave, dément, sardonique, halluciné, spasmodique, grinçant, famélique, sentimental comme un soulot en tas sur le trottoir, comme une hyène claquant ses mâchoires de ferraille.
Presque déjà un spectre, pas d'estomac, et des crocs durs comme l'hiver.

samedi 6 décembre 2008

Motörhead "I don't believe a word"

(Profitons en maintenant que tout le monde est parti, hein.)
... Est paraît-il une jolie chanson ? Mais tout à fait, absolument, très cher ! Ça pose un problème ?
Évidemment qu'elle est terriblement jolie, comme le mignon chagrin de la midinette indécrottable, du romantique coeur d'artichaut tout bourrelé de touchantes peines que sommes, Fraser et bibi.
Intoxiquée d'amertume de la cruauté, aussi, mais assurément sans commune mesure de bile, teigne, vice, bestialité, radicalité, avec ce que vous voudrez, The Jesus Lizard, Oxbow, whatever. Un vrai truc de pépés.
Lemmy et moi, on est des croyants, que voulez vous que je vous dise. Il faut bien quelque chose à quoi se raccrocher quand on est si ridiculement fragile.

jeudi 4 décembre 2008

Gorgoroth @ le Bataclan, Paris, 2/12/08

(Paraîtrait qu'il y avait d'autres groupes ? J'ai pas fait gaffe, je devais être captivé par autre chose. Ah si, juste avant de me barrer j'ai vu Zach de la Rocha, sur la scène. Il a pas mal changé, le mec.)

Gorgoroth : hâte de les revoir. Dans une vraie salle, avec un vrai ingé-son qui sait ce que c'est le beumeu ; et qui vire pas les musiciens Bohren-style.
Le meilleur moment en fait, ce fut de croiser Gaahlinette sur Richard Lenoir en arrivant, de voir se radiner ce métalleux lambda de loin, et de brutalement reconnaître la bête en croisant son fichu regard. T'as grave la touche, Espedal.

Ok podium (réédition)

Oubliez le post ci-dessous, pas de top finalement. C'est grotesque. 10 c'est déjà trop, et pourtant ça me fend le coeur de laisser à la porte Trap Them, Ocean, Portishead ... Toi aussi Henrik, entre donc je t'en prie. Et puis dans les albums qui m'ont fait jouir en 2008, il y en a un de 1979, un de 1998 et un de 2009.
Je suis un bab goulu, pas un putain de juj de touche.

mardi 2 décembre 2008

Eagles of Death Metal : heart on


Les choses arrivent. J'y crois. Dur comme le priapisme de mon coeur crève-la-faim.
Vous m'avez oublié, tout le monde a perdu trace de moi, un moment. Ça valait peut-être mieux. J'ai trempé dans des arnaques pas bien reluisantes, tout ce temps. Peu importe ; aujourd'hui, j'ai l'habit de lumière de mes ambitions dévorantes ; et je me suis fait ce pote. Un grand rouquin bizarre, qui était souvent dans un coin du bouclard à se bidonner doucement quand je me déchaînais et me faisais arranger le portrait. Il a fini par venir m'aborder, un soir dans un caniveau. Il avait été à L.A, déjà, il connaissait quelques tuyaux, les bonnes personnes, les pièges, all the story.
Et on y est allés, sacré bon sang ! Dans sa décapotable rutilante, comme des papes. Il m'a mis au parfum pour tout, et puis moi mon style il commence à être salement rôdé et fatal, alors avec les nouveaux trucs qu'il m'a appris, fait écouter, vous pouvez me croire que mon heure est sur vous. Je danse mieux que jamais, que personne. Déjà dans tous les strips de la ville on parle plus que de moi en murmurant, qui m'a vu, qui sait d'où je sors ...
Du diable vauvert. Tous vos petits culs m'appartiennent, vous ne l'avez juste pas encore appris - ressenti. Je peux même me permettre de me livrer pieds et poings liés, de chanter haut et fort ce que j'ai au fond du coeur, toujours éveillé, et la vérité de mes intentions dans toute sa crudité. Vous ne me résisterez pas pour autant.
Vous allez brûler, comme des allumettes.

lundi 1 décembre 2008

Thou : Tyrant


L'évidence m'a frappé en plein casque ce midi : ce bonhomme croasse presque tout juste comme Grutle ! Et de ne pas s'arrêter en si bon chemin : plutôt qu'à Isis, c'est à Enslaved en vérité que s'apparente cette formidable mièvrerie qui m'émerveille sur cet album. On va aller droit au but, voulez-vous : du Grief plus du post-black plus du post-viking plus du post-core doom-sludgeounet plus un gonze qui a l'aplomb de gargouiller d'un timbre ultra evil 'n' ultra pissed "You're not a good persooooon, you're not worth my tiiiiiime" : on a deviné que ça ne fait pas de mal à une mouche et que c'est plus gay que la rue aux Ours.
Faut-il vraiment préciser qu'il ne s'en faut plus maintenant que d'une écoute convenablement avinée pour que je brame au génie ?