mercredi 10 décembre 2008

Dupont : Intermezzo


Intermezzo est au premier Dupont, ce que Into The Night est au premier Fixmer/McCarty. Le plus se trouve dans les mélodies. Moins mâle, plus chochotte, mais en même temps, imparable niveau émotions. Moins basique, moins brut de pomme - mais ce manque de pureté est contrebalancé par un gros côté lover qui tue. Bien sûr, son grizzly de chanteur n’a pas le charisme infailliblement british d’un Douglas, mais il a une voix, une voix à lui, exagérée, maniérée, poussive, surpataude ou surgrasse, qui en fait des caisses, enrhumée et épaisse… comme si Eskil Simonsson avait viré gorille culturiste, tiens. A sa façon, il est aussi un tueur pour ce qui est de lâcher des refrains missiles, et allonger des couplets sublimes. Avec cet Intermezzo, nos gaillards scandinaves, tout en repêchant les mêmes sonorités dont usent et abusent des tâcherons comme In Strict Fionfidence/Vulve Nation, font des miracles. Sur quelques titres, c’est même carrément de la synth pop à relents trance outrageusement pute qu’ils nous font, des plans pop tous droits sortis du monde variétoche, que même Britney dirait non (« Planless Exhibition », nom de d’la !) ; vulgaire comme tout – mais, à chaque coup, comme sur Into The Night, la saveur vraie & la classe rattrapent le coche, et on accepte les pires bassesses FM puisque tout est fait avec sincérité et passion ; des synthés polaires en background, aux paroles terribles (faut l’entendre gueuler « I’m Your MOTEL LOVER !!! », le gars) – Oui, il y’a une sincérité chez ces mecs ; ça n’est pas comme toute ces merdes future pop - Mach 3 lame rotative qu’on voit au kilomètre, non. Rien à voir avec Mesh, ou Funker Vogt, oubliez tout ça. Dupont fait la même chose que ces fiottes bien coiffées, mais pour de vrai. Ce disque est donc, fort logiquement, blindé de hits. Du gros hit EBM au gros hit dance, du hit pour remuer, du hit pour rêvasser. Ajoutez-y un côté Laibach (quelques passages pompeux-pouet-pouet militaire, vous voyez le genre) et vous avez la recette qui me plaît. Il est possible que le premier titre fasse glousser, moi-même la première fois je n’y ai pas cru, tellement c’était trop gros pour être vrai… « Till mon cochon, c’est toi ? » Avec ce genre d’album c’est comme ça : si ça ne fait pas rire, c’est dans la poche, on craque. Je ne sais pas si vous succomberez (à vrai dire j’émet un gros doute, quoique l’amie Paulette devrait fondre illico), mais moi je suis conquis – I say get down on your kneees… please me please me…


Jean-Jean

1 commentaire:

gulo gulo a dit…

comment c'est putasse ! terrible