jeudi 31 décembre 2009

Pas de trève pour le confiseur de faisanderies

Une fois la noël dévouée à la faille comme le veut souvent la tradition, l'on peut consacrer son 31 à sa mie (la reconnaisse qui peut) et aux amis.





Sans compter l'invité de dernier moment, rencontré la veille en battant le pavé par une nuit frigidaire. Les soirées à venir diront ce qu'il a vraiment dans le ventre.

mercredi 30 décembre 2009

Baroness : Red Album


Pas conne, la baronne. Neurosis a de toutes les manières tout dit, sur la fin du monde avec Enemy, sur l'Atlantide et son "core" avec Silver, sur la façon de se tresser la barbe avec Times, sur l'art de lire les nuages avec Eye, sur la mort avec Given, et ce qui pouvait rester à dire sur les caves et l'autodestruction où l'on s'y adonne, Amen Ra l'a dit. A partir de là, la raclette neurocore est finie, circulez. Alors pourquoi pas après tout, dans le matin éclatant d'un monde en bourgeon qui s'éveille timidement de tous ces cataclysmes, le kindercore ? Moins tête-à-claques que le kindergrind de Fantomas, on en conviendra. Evidemment, il faut se faire à cette voix hurlée qui ne veut pas de mal à une mouche, à ce groove massif autant que raide et innocent de la moindre sexualité, à cette verve héroïque qui n'aime rien tant que décapiter les ombellifères à grands revers d'épée en bois. On pourra préférer aller rendre, ainsi que je l'ai longtemps fait à la simple mention du groupe, ainsi que parfois la campagne peut donner envie de rendre, tant il est vrai que Baroness est rural, d'ailleurs Baroness n'est jamais, selon l'expression consacrée, pachydermique, Baroness est un cheval de trait.
On peut aussi un jour succomber à son charme de lierre patient, et reconnaître que la candeur impubère mais pourtant à la barbe fleurie, de tout ceci, rend l'abracadabrance du machin bien moins navrante que chez, mettons, hm, Mastodon ? qui sont bien trop poussés en graine, et en sérieux, pour ce genre de primesautières conneries. "Baroness, t'es sérieux ?!". Baroness, ça n'a jamais rien eu de sérieux, comment veux-tu, déjà, quand ils viennent d'un bled baptisé d'un nom d'actrice à cuisse légère ? A bon entendeur, salut.
J'ai déjà dit tout ceci en plus concis au sujet du bleu ? Mais c'est que j'ai omis de signaler que le bleu est un rien plus avancé en âge, puisqu'il est l'album de 16 heures, le goûter égaillé de quelques sulfureux godets de cidre. Ce rouge-ci est aussi long et vaste qu'une matinée à l'âge tendre.

mardi 29 décembre 2009

Beyond Dawn : Frysh


Si l'on a courte vue, un moment d'absence ou une propension à faire des rapprochements tous azimuts suivez mon regard, on peut penser à Ulver, parce que ex-métalleux passés à l'electro uchronique, nyctalope et tout velours. Mais la pensée intempestive se dissipe bien vite, puisqu'Ulver comme chacun sait fait avant tout de l'avant-fart new-age, et que nulle personne de bon goût ne prendrait ses vacances vers leurs destinations.
Alors que Frysh, c'est un tout autre salami. Une station balnéaire britonne à la classe crépusculaire digne d'Andy Weatherall et de Death in Vegas aussi bien, à la science-fiction flegmatique, mise en swing par Yello, où en toute logique et nonchalance Michael Gira serait venu couler une retraite paisible comme chanteur pour vieilles dames, dans des milk-bars avec des orchestres de sosies d'Angelo Badalamenti qui jouent des standards dance en version muzak, et du LFO lymphatique, et où l'on irait dans le soir tombant écouter le chant des baleines boréales, sur la promenade, en sirotant des piñas coladas.

vendredi 25 décembre 2009

Instant fraîcheur

Et leçon de choses.


Opeth : orchid

Le saucisson, c'est sexuel, pas le pâté : une brève de comptoir de Jean Carmet que j'aime beaucoup. Ben là c'est un peu pareil. Opeth c'est romantique, c'est beau, c'est tout ce qu'on veut, mais c'est pas sexuel. Mais alors pas sexuel pour un sou. Car les fautes de goût laissées par le groupe ici et là ont toutes ce petit quelque chose de l'adolescent naïf et mal dans sa peau, incompatible avec la sexualité. Malgré tout, Opeth, c'est un truc vachement intime et personnel. Comme des sous-vêtements, quoi, un peu. C'est un truc à soi qu'on ne montre qu'aux élu(e)s dignes de les voir. Si vous voulez, Blackwater Park est un peu à Morningrise ce que la culotte en satin est à la culotte en dentelle. Et suivant cette logique, Damnation tient beaucoup de la culotte en coton. Orchid me demanderez-vous ? La nudité, toute simple, vous-répondrai-je. Meilleur moment pour écouter le disque : le mois d'Octobre.

Little-Axe

Rude année

Il y en a eu, des bons disques, houla. J'ai la plus grande peine à comprendre ceux qui parviennent à n'en retenir que cinq, voire trois - voire, Jésus, je vais défaillir, un ! Ceci sera donc sans doute un peu ridicule pour certains, mais je suis vorace. Ceci sera sans doute pas très beau non plus, mais je vais pas m'amuser à prétendre proclamer ce qui aura été important pour la Musique - surtout que je m'en cague, en plus. Pas même des disques timides que je veux pousser sur le devant, ou des revendications d'hétéroclitorisme. Juste mes disques à moi, en tout soumjectivité, si vous n'êtes pas heureux ici je ne vois pas ce qui vous retient. Pas de podium sportif, non - et encore, il y aura des laissés pour compte. Mais une Table Ronde de l'Amour, quand bien même finalement Rammstein n'y figurera qu'en esprit et non en silicium.
Un petit troupeau de disques qui ont été pour moi une famille vibrante, qui m'ont comme de juste fait autant de mal que de bien. Et comme 10 est un chiffre moche - ça fait rond ? ça fait carré, oui ! - qui ne sonne ni n'a de sens, ils seront donc douze (quoi, ne me dites pas que vous n'avez pas le vôtre, de Jesus complex ?). Un pour chaque mois d'une riche année, douze salopards qui sûrement ne resteront pas tous dans l'Histoire, que dans mon petit crâne, où ils ont résonné en grand. Et que je vous conseille tout de même gentiment de ne pas louper.
A prendre évidemment sans ordre :




1 : parce que je suis un hippie
2 : parce que le meilleur album du seul groupe capable de me faire sentir une émotion en descente de ké
3 : parce qu'écoutez-le un jour matin et vous saurez de quelle chose on parle
4 : parce que la descente n'est pas un à-côté ennuyeux
5 : parce que le post-hardcore est toujours cette musique qui met une vigoureuse tarte en plein sur l'oreille et fait se sentir bien vivant à coups d'odeurs de mort
6 : parce qu'a drug problem that never existed
7 : parce qu'il me ferait faire du deltaplane, ce con !
8 : it's a spiritual thing, a body thing
9 : parce qu'un album qui me re-rend le dark ambient sexy, c'est pas rien
10 : parce que je suis un aristo
11 : parce que je suis un animal
12 : parce que je suis une ordure gothique qui aime ramper aux murs de la salle de bain

Et dites vous bien qu'y aurait pas à me secouer beaucoup la hotte pour qu'il en tombe rapidement la demie-douzaine de recalés de justesse, si y en a des qui ont pas l'estomac complètement barbouillé.
Tas de moules.

mercredi 23 décembre 2009

Skinny Puppy : Mind, the Perpetual Intercourse


Ce qui va suivre ne m'a pas genre frappé fraîchement comme une illumination fantaisiste, ce qui va suivre est l'impression que j'ai toujours eue depuis la première fois et qui a fait que j'ai mis bien du temps à réécouter le disque.
Le plus immonde d'une discographie affreuse ; le plus souffreteux et cauchemardesque - oh, je vous vois venir : pas du cauchemar fornication du lover Too Dark Park, tout venin, crocs et velours ; pas du cauchemar orgastique de l'auto-érotique Last Rights, lysergique de limpidité, tout mutation, révélation, dissolution. Ici, dépenaillé, triste, cave. Aucune transcendance, aucune métaphore, ici. De l'electro-funk crayeux, tout raidi, heurté, qui bégaye, s'auto-bouscule, s'écorche, hagard, et n'en finit pas d'attendre le soulagement d'une inconscience qui ne vient pas, dans cette surdose qui n'en finit pas de se confirmer, et avec elle la présence d'au moins une coupe d'enculé dans le produit. Les contractions, les congestions, les obstructions diverses, les crampatures qui bouffent les muscles et la fibre ... Un electro-funk glapissant qui pétrit les nerfs avec des pattes de chat, coussins et griffes, qui vagit le crépi dans ses poumons, qui erre trébuchant dans la nuit de la cyberpole tentaculaire, guetté par la crise, nageant dans le stress, dans sa sueur aigre. Vous avez remarqué comme tous les albums de Skinny Puppy se passent la nuit ? Celle-ci n'en finit pas, comme il est de coutume pour un bad.
En fait, il n'est que de voir la seule chose que l'histoire a retenu de cette ignominie : "Dig It". V'là la gueule du tube, quoi. Une autre idée de la fête, probablement. La vie, et côté vil, côté ordinaire d'un déchet. Le disque ne te fera pas danser avec le diable au clair de lune, il ne te sortira pas de toi, loin machin-machin, la dope ne mettra même pas ta vie en danger à moins d'en vouloir à en ravaler plusieurs fois son propre vomi. Ce disque a la pelade et te fera plutôt danser avec les cafards.

mardi 22 décembre 2009

Imminent : Cask Strength


Imminent Starvation ... l'entité qui a lancé le signal de départ du marathon éclopé des plagiaires de Dirk Ivens et Esplendor Geometrico, à la fin des 90s, dans la foule desquels il faut avouer qu'il ne se distinguait pas de trop, avant de devenir Imminent et de se mettre au microbeat-nanobombing caustique - hélas, jusqu'alors uniquement pour des morceaux épars. Imminent, que sur cet album longtemps attendu, au moins par bibi, l'on pourrait facilement comparer à une tripotée de ses suiveurs, tant il semble (narquoisement ?) les évoquer chacun leur tour, et ce serait injuste, tant il ressemble avant tout à une seule chose : ce petit son toujours désert, dans tous les teknivals, devant lequel les piétineurs accélèrent le pas, et qui semble péter tout seul une crise d'hystérie empêtrée, à vouloir agglomérer tout ce qui passe à sa confusion concassante ; assurément jamais le plus extrême du grand souk au tachymètre ni le plus ostensible au freakomètre, et pourtant toujours beaucoup trop anormal, dans son gros groove contrefait entre Tetris et partie de soule naine, subliminalement impie dans son hostilité - oh, n'attendez pas la bellicosité scientifique froide et candide de Zymosiz, ni de cthulhoïdité ruisselante, ceci est bien plus sournois, et ceci n'est pas direct, efficient ni chirurgical. Ceci est bien plus terrien, si pas terrestre. Ceci est rugueux et à la rue. Ceci est abruti et vous veut abruti. Ni trop mécanoïde ni trop humain, juste assez entre les deux pour basculer sa proie, rendre les cloisons spongieuses et perméables. Je ne trouve jamais personne pour squatter avec moi devant ce son-là, pour venir communier devant ce mur de baffles-là, même au moment le plus mongolien du pélerinage. Trop de fantômes chimiques rôdent dans ces parages, trop de malignité lunatique et gratuite crépite dans ces mécaniques. D'ailleurs on ne sait pas bien si le finale rend hommage au thème de Terminator ou à ce remix de Nine Inch Nails par Aphex twin, là ...

Et maintenant, vous pouvez aller voir maman google et lui demander ce que signifie le titre du disque.

Opeth : Morningrise


L'album qui excuse tout ; tout le flan ridicule que les chevelus font dès que l'un de leurs groupes a le cheveu soyeux et le raffinement qui sent la partoche, ou l'inverse, tout ce grotesque déballage de savance vulgaire et ampoulée, toute cette pâmoison hors de proportions. Parce que j'y ai trouvé ce que j'étais venu y chercher : un doomisme miaulant, grinçant, médiéval, qui fleure le vieux Paradise Lost, le vieux Anathema, le vieux Katatonia. Et un peu plus. Moi qui n'ai jamais pu encadrer grand chose dans le beumeu qui pagane comme on bretonne, j'ai trouvé ici la joie de baguenauder en forêt, l'air rêveur du troubadour atrabilaire badigeonné délicatement sur la face un peu terreuse, car il y a du beumeu là-dedans, du septentrion de loup solitaire en-veux-tu-en-voilà, et - oui, inclinons-nous : de la grâce ; les babines barbouillées un peu des reliefs de son dernier dîner de viande crue ingéré sans les mains, mais de la grâce, peignée certes mais le cheveu rêche comme ce grain de guitare grêle et acide, et par-dessus les riffs vikings l'œil inquiet fouillant dans le brouillard matinal de ces ambiances fugaces et insaisissables. L'élégance du gris et de toutes ses infimes effluves, et des mirages de grandeur au contour découpé par le froid vif. Je sais même pas pourquoi je me fatigue, la pochette dit tout une fois de plus, y compris les mystères qui subsistent et qui font une grosse part du charme musqué de la chose, et que je serais même fâcheux de vous décrire.

lundi 21 décembre 2009

Stargate XIV : Destination Odin


Albator est bien peinard à siffler du porto en prenant des mines sophistiquées face à ses moniteurs de contrôle, dans son petit salon tout cuir et ronce de noyer à la poupe, quand soudain sa pompeuse barcasse subit un abordage des plus mastodontesques. Bientôt, pendant que Grutle Kjellson l'étrangle avec des grimaces non moins sophistiquées, The Rock hilare s'empare de la barre tel un primate pharaon, fout Yes à fond les bananes, et nous voilà partis pour une longue et ridicule équipée avec débauche de canonnades, de flibusteries et de mines sophistiquées. Yum yum.

dimanche 20 décembre 2009

Sektor 304 : soul cleansing


La castration en public, je veux bien, mais sous la surveillance médicale d'Eraldo Bernocchi, je me sentirai plus sécure, comme on dit ... Messe hétéromorphonique lourdaude, donc, avec hosties de qualité supérieure fabriquées à Birmingham, venez nombreux et dans votre sommeil.

samedi 19 décembre 2009

Living Hell : oblivion


Paraîtrait que c'est holy terror. Pas de doute, ça m'inspire une sainte horreur.

Krallice : Dimensional Bleedthrough


J'aurai réessayé ; parce que la jaquette a une certaine gueule ; parce que j'aime de plus en plus l'album de Liturgy ; parce qu'après Opeth (ah mince, je vous avais pas encore dit ?) et Baroness je ne suis plus à une humiliation publique près.
Rien à faire.
Cette puissance racée, cette chevelure lustrée, cette batterie musculeuse, ces structures pharaoniques, ces riffs nobles ... tout ce metal, en somme, alors que Liturgy avec des accords et une cadence semblables joue du putain de spacescreamo sauvage et donne envie de dire que toutes les formes de vie ont droit à la spiritualité, pendant que Krallice donne envie de dire que tous les chevelus ont droit à ... à quoi, au fait ? A essayer de jouer du Opeth ? Pas les blackeux, non, Opeth is not an option mes loulous.

mercredi 16 décembre 2009

Rise and Fall : Our Circle is Vicious


- La pochette ressemble à Trap Them et à la plupart des wannabecursed de groupes de deathwishchaoscreamcrustrollbeardcore. La musique ressemble à Trap Them et à la plupart des wannabecursed de groupes de deathwishchaoscreamcrustrollbeardcore. La première écoute m'a bandé quelque peu. La seconde écoute m'a gravement bandé. Clic droit, supprimer les fichiers.
Mais, parce que deux personnes qui ne disent pas toujours de la merde en parlaient de façon plus urbaine, et que la pochette incriminée reste beaucoup plus aguicheuse que celle du dernier Foufzob, je me suis acharné, avec mon crâne dur.
Je déteste, croyez-le bien, les disques à qui il faut laisser le temps, pour qui il faut faire des efforts, qu'il faut mériter, et réussir à apprécier, gnagnagna, parle à mon cul ma tête est malade, et en tout état de cause quand on m'en veut entretenir j'accélère le pas tout pareil que lorsque je vois un étudiant scandinavaustralien à k-way et pétition. La première écoute de repêchage m'a logiquement bandé.
Puis j'ai été infecté ; piégé ; commençais à couver quelque chose de pas joli ; non pas comme un toxico par ses bas instincts, mes périodes deathw(pendant ce temps là, à Guadalajara ...)dcore, croyez-le bien, sont devenues rares, brèves et résistibles, depuis que j'ai été dépucelé de Foufzob. Non, mais par l'intangible, l'inquantifiable, ce qui se passe de pas joli sur cet album. Peut-être ce mélange instable et pas naturel de la violence carnassière de Pulling Teeth et de la positive absence de toute souplesse zygomatique de The Hope Conspiracy ; cette tragique odeur de sang qui va couler, que je ne saurais que qualifier de beneluxienne - pensez Arkangel, Enemy Ground, Amen Ra ; ce gothique de Planes Mistaken for Stars lycanthrope. Pourquoi après tout ai-je finalement trouvé les plans western moins gratinés et plastoc que de rigueur dans le style, voire subliminaux - et l'ambiance western bien réelle quant à elle et crépusculaire, mais pour le coup pas trop départ dans le couchant, plutôt arrivée crocs baveux au saloon à la tombée du soir pour règlement de comptes avec horrible sauvagerie ?
Je ne sais pas de trop, Sir, mais, Sir, sauf votre respect, ce disque est du poison, Sir.
- Merci, soldat ; repos. Pas d'autres questions, votre Honneur.

mardi 15 décembre 2009

Know your enemy


La quintessence du son cd qui donne envie de se bricoler un baladeur vinyl : plat, froid, cliquetant, la même consistance que les moteurs des motos-jouets : en plastique. Même pas de bass-boost gros bras et putassier pour esbroufer le tympan, et un volume maximal de chochotte intégrale.

Accessoirement, mon outil de travail actuel.

Katatonia : Discouraged Ones


Des lambeaux de Brave Murder Day, de ces longues queues de riffs qui bullent et cloquent comme du sucre qui brûle, pour lacérer longuement une cold goth chagrine, baveuse et morveuse, qui plane et s'étire vaguement béate dans une pochette de Clouddead, sur les ailes d'une voix en équilibre dérivant parfait entre Robert Smith, Emmanuell.D et Sade.
Magistralement wimp.

lundi 14 décembre 2009

Mala Suerte : The Shadow Tradition

Comme Dopethrone j'ai une pochette grisâtre et laideronne. Comme Dopethrone je procure la détestable sensation d'écouter le même morceau depuis deux heures et que le shit, c'est pas pour moi. Je suis Mala Suerte. Je suis obèse et j'ai des poux, et une haleine à la viande. Je suis une molle pluie de gravats. Je suis un gravat, comme dirait ma couille. Je refais la nuit sur le Mont Chauve, en moshpit à deux images par minute. Je suis Mala Suerte. Je headbangue avec ta tête contre le mur. Je suis Mala Suerte. Je suis la déveine. Je colle aux semelles. Je suis un cauchemar qui traîne en longueur, n'avance pas, ne va nulle part, n'arrive à rien. Je te colle aux pas comme l'échec. Je pue le rance, l'aigre. Je suis Mala Suerte. Je marine et je macère dans la poisse. Je suis Mala Suerte. Je suis morne, morose, morbide. Je suis borné, cruel et dépressif. Je suis Mala Suerte. Je n'aime rien ni personne, mais je ne lâche jamais la jambe où je me cramponne. Je suis Mala Suerte, et je te marierai à la misère.

vendredi 11 décembre 2009

Slapshot : sudden death overtime


Pour sûr c'est américain et c'est du hardcore, même si très punk, et bouducon ! y a même des solos flamboyants. Et pourtant ... C'est vraiment très punk, suivez mon regard lourd.
Pour sûr dans le genre punk, il y a déjà un truc indépassable de très loin pour ce qui est de faire du morbide, maladif, pestiféré, âcre, farouche, gueux, acerbe, arrêtez-moi je ou peux continuer des heures, s'il s'agit de décrire le charbon médiéval made in Rudimentary Peni. Et pourtant ...
Et pourtant si vous faites confiance au vieux fou une nouvelle fois, vous risquez bien de pas trop m'en vouloir, d'admettre que cet album ne vole carrément pas sa pochette digne d'un Sex Gang Children, tout comme l'est la reprise de White Rabbit - voire de vous plier à l'une nouvelle de mes idées saugrenues : faire du two-step sur un vieux Christian Death.
Pas la peine de me rétorquer que "c'est du punk c'est pour ça, Siouxsie, Crass, tout ça" ; je sais ce que je dis même si j'y connais pas lourd, il y a la musique de bordée et la musique qui fait des eaux-fortes enthousiastes dans le colon.

jeudi 10 décembre 2009

Anathema : The Silent Enigma

Un blog où l'on rote des haikus pour témoigner de ses chocs esthétiques se doit-il pas de payer aux saisons leur tribut cosmique ? Eh ben ça tombe bien comme dirait Bruno Carette, j'ai choisi cette année (avec, disons-le, un peu d'aide d'un Apache) pour me mettre à Katatonia, Paradise Lost (vous avez remarqué ?) - et Anathema.
Du temps que j'étais goth - plus exactement, du temps que toute la rue le savait - on a assisté au débarquement des métalleux en nos délicats territoires du bon goût. On n'aimait pas bien ça, vous imaginez, mais que voulez-vous : c'étaient des Temps Draconiens, et puis les chevelus bien bâtis au verbe tonitruant ne demandaient pas tant notre avis, pour venir tels Grutle siffler notre rosé moelleux et nos femelles résillées, aux barbes qu'hâves nous n'avions pas, pouf pouf - bref, tout ce répandage : pour quoi ?
Vous dire que si toi aussi tu aimes le gothique et déplores son plus redoutable fléau, les gothiques ; si tu aimes le gothique en ce qu'il a d'altier, austère, hivernal, sa sensualité sévère et ses baleines piquetées de rouille ; si tu as toujours été plutôt Phallus Dei que London after Midnight, et Some Girls que Vision Thing, si ton goth has an edge et un sharp avec ça, s'il est maussade et amer plutôt que chiffons et roucoulades, plus soupe-au-lait que soupe-à-la-grimace ... écoute un peu voir la magistrale leçon, la profession de foi goth que cette troupe de chevelus t'avait laissée à découvrir, qui n'attendait qu'un hiver complice et la mousse des ans.
A part Amber Asylum, on fait difficilement plus saturnien.

mercredi 9 décembre 2009

C'est l'hiver 2

Puisque je vous le dis ! Je me suis même mis au doom gothique, pour dire un peu ...



Entombed : Clandestine

Pour moi ce disque évoque Noël. Parce que ça sent l'hiver, parce que il y a plein de couleurs sur la pochette, parce que c'est mon côté régressif. Parce que ce groupe sent le sapin, oui, aussi. Meilleur moment pour écouter le disque: maintenant.

Little-Axe

C'est l'hiver

On se réchauffe comme on peut.


Slapshot : 16 valve hate

Slapshot, c’est pas des gentils. Voire même dans le genre vieux cons ils se posent là. Un peu le style papy qui resté québlo dans son époque, voyez ? Façon vieux râleur en bout de table pendant les repas de famille, moitié vioque sénile dont on rit en cachette, moitié patriarche qui demande qu'une occasion de montrer qu'il en a encore assez dans les bras pour vous sortir par la peau du cul. Parce que bon, il en a suffisamment chié dans sa vie l'ancêtre pour pas avoir à se laisser emmerder par des pti cons. Tout ça pour dire que les Slapshot, c’est des gars de la vieille école, des anciens combattants avec les histoires de guerre qui vont avec. Je cite : « The kids today couldn’t stand one song, in the pits we had back then. ». C'est marrant mais autant les mecs dans le milieu Hardcore ont facilement tendance à parler du bon vieux temps avec une larme au coin de l’œil, temps qu'ils n'ont souvent pas connu eux-mêmes d'ailleurs, autant les SxE de Boston là, non c’est plutôt du genre à tout casser quand ils voient ce qu’on a fait de leur scène chérie. Quelque part, si vous voulez, ils sont un peu dans le paysage Punk ce qui se rapproche le plus du True black metal. Ils sont pas beaux, ils sont hargneux, ils aiment rien, à part Morrissey et le hockey. Et encore, le hockey il faut que ça joue viril hein, pas de coup fourré. Alors après je sais pas si c'est mon âge avançant et la perspective de devenir comme eux qui me fait les apprécier, mais moi, il me parle cet album... Meilleur moment pour écouter le disque: en bagnole, coincé dans les embouteillages.

Little-Axe

The Misfits : static age


L'album parfait pour aller voler au nez des bourgeois leurs cruches délurées de rejetonnes et en Batmobile décapotable les emmener twister - et shouter - et faire des crapuleries au drive-in, et tailler la route le tachymètre frissonnant dans le rouge.
Je dirais bien tube sur tube (sur tube sur tube) mais ce serait injuste et la vérité c'est que Static Age est souris d'agneau rock sur souris d'agneau rock.

lundi 7 décembre 2009

Street cred'

Après vous avoir dégotté un vrai expert death metal, Soum vous offre aujourd'hui un vrai coreux. Et en toute logique lui fait chroniquer du black - à moins que ce ne soit du screamo ? Trève de jacasserie, on écoute l'artiste.



Liturgy : renihilation

NYBM.
Association d'idée: Krallice > Brooklyn > Arty > Grimmrobe
Quasi carton plein. Hunter Hunt Hendrix (blaze pimpant ou état civil le plus classos du monde?) joue du "transcendental black metal". Et il a dû obtenir son BTS marketing avec succès, parce que cette accroche sied totalement à son projet. Alors oui, du black ascendant new age, ça fout pas vraiment les chocottes. Mais le black tout court non plus, si ? Bref, étiquettes mises à part, si notre fringuant new yorkais est par contre plus shirt Sonic Youth dix ans d'âge et 501 flingué que grimmrobe, l'affiliation avec Krallice est, elle, appropriée. D'une, parce que c'est Mick Barr qui est venu tourner les boutons, et de deux parce que nos deux gusses qu'ont vraiment pas de dégaine tricotent, à l'instar d'un Pinback pour la pop, du schwarze metal pour ceux qui n'aiment pas le schwarze metal, à base de technique outrancière et d'influences externes avant garde/expé/blahblah (ici surtout perceptibles dans les interludes). Sauf qu'ici, Brutus vient poignarder César, avec des mitraillages encore plus intenses (grâce à un cogneur au kit ridicule qui ne joue qu'en nuances de blasts), des trémolos suraigus encore plus fucking epics (mais vraiment epics de chez epics pour le coup) et des cordes vocales encore plus screamodégueulées. Liturgy t'aveugle sous ses spots 20000W blafards, mais reste désespéré et tristounet comme un Orchid propulsé à vitesse thermonucléaire. Le parallèle est troublant, soit, mais pas si incongru que ça.
Magie, l'artwork laideron "le soleil a rendez vous avec la lune" prend tout son sens avec le temps ; derrière la noirceur apparente, ces liturgies sont profondément lumineuses. Et te donnent l'impression d'être une météorite qui, juste avant impact, se déciderait à faire demi-tour. La voie la plus courte pour atterrir entre les paluches du Seigneur, en somme.

Youssouf


Moi je dis, on le réinvitera. Mais alors il faudra qu'il se lâche encore un peu plus, parce que lui il est déjà braguette ouverte au naturel, c'est de la triche, donc régime spécial.

Paradise Lost : Believe in Nothing


Dans une histoire bien racontée, l'album qu'un Paradise Lost libre comme Max aurait sorti après l'encore timide (!) Symbol of Life. Libre de goth, libre de metal, libre de toute contrainte. Oh, il y a bien encore des restes de guitares couillues, de cours de coiffure et d'oeillades qui pèsent des caisses par-dessus le col byronien. Mais le tableau qu'on a est surtout celui d'un groupe nu dans les nuages, follement aérien et plus follement lui-même que jamais, à savoir incurablement épais et peu fait pour les créneaux ou les chicanes ; et par magie, par la grâce de ladite nudité, cette carpe et ce lapin fonctionnent, cette fragilité gazeuse et cette pesanteur saturnienne volent rêveusement de concert, tout droit, là-haut. Sans doute ce que l'on nomme atmosphère ...

Dans le monde réel, ce disque est venu avant Symbol of Life, lequel fut probablement un recadrage et ses riffs teutons une récupération alarmée du coeur de cible froissé, vous savez comment les auditeurs métalleux peuvent être actionnaires ...
Mais qui en a quelque chose à cirer, du monde réel et des métalleux ?

dimanche 6 décembre 2009

Long overdue

Le rev'là donc, lui !



Gainsbourg : love on the beat / charlotte forever

Initiales NW. Initials Funk ; un peu comme dans Kiss me kiss me kiss me… Cold funk, si tu préfères… Lignes de basses « elle pue ta scie eh ! » de l’époque bénie, que des KC et des KJ auront pratiquées aussi sur leurs trilogies respectives avec plus ou moins de passion dans le second cas (sous-titres pour les malvoyants : je parle des combos Discipline-Beat-3 of a perfect pair & Night Time-Brighter-Outside)… beats crevards, bitte enflée, rythme bombers, pilon mécanique pour nuit enfiévrées. I’m The Boy, plus que le reste, plus encore que les provocs sauce cul mémorables de groove linéaire et de charisme salacellophané qu’il nous a offert avec No Comment et le morceau épo, ou l’outrage hard FM succulent de Harley david son of a bitch … Lucien l’avait entravé bien avant mam’zelle Pynoo même si après T21, à quel point il peut y avoir du cold wave en puissance dans notre belle langue à accordéons ; et Charlotte dans toute sa naïveté frémissante et sa candeur mentholée (et assassine) nous a offert la séquelle sexy-adolescente à cet outrage cold pop, un fantasme trouble élaboré par daddy entre deux séances d’enregistrement avec sa métisse et le tricotage d’un pull marine au bord d’la piscine… ô extase, comment exprimer tout l’érotisme azoté et la sensualité frigidaire de « Elastique » ? La nuit comme un polyester qui enveloppe tes sens, les supermarchés abandonnés servant de dancefloor pour un flirt chimique, dans ce cadre licencieux les cuivres douillets et bons copains, comme le saxo de Subway fixé par un Chris Lambert hagard, présence de chaleur accidentelle dans le lugubre d’une station quelconque… une flamme de bougie au milieu des néons en pagaille ou autre métaphore galvaudée à piocher dans cette liste déjà longue (voilà pour la touche de fausse autodérision indispensable) … l’héroïne fatale plongée dans un parking souterrain ou une salle de gala déserte éclairée aux veilleuses - avec ces chœurs androgynes reconnaissables entre mille en background, ceux-là même qui symbolisent le glaçage vulgos de nos eighties aussi bien que la coupe de Desireless - un glauque suave et gelé pour une scène de… nuit d’ivresse ? Un truc du genre, oui… sûrement un de ces machins pas très nets, brûlants de charisme, hostiles comme l’hiver (meurtrier), que des ptites boulottes comme ma Sally auront presqu’atteint en ayant autant de pensées sales que Pingu – sublime ironie – et que des sophistos comme The Knife peuvent espérer effleurer en tentatives over-calculées-millimétrées de gadget revival - sympathique ironie – moi j’aime bien, avant qu’on prenne ça comme un ragnagna sur le sempiternel « mieux vaut l’original ». C'est-à-dire en fait, que l’original y’en a pas vraiment, y’a juste Gainsbarre, le Werther’s qui colle au coeur, l’évidence même, le cliché total, et donc, la vérité … Ces derniers temps on cause hype, par endroits, quand ça chatouille un peu le jabot ou le lorgnon … Gainsbourg a eu la hype la plus monolithique imaginable, à sa démesure, et on s’en branle à s’en claquer le frein, aussi sûrement qu’on se réjouit de savoir qu’il a eu sa période curesque avant de lui-même … claquer. Vous m’excuserez, il fait bientôt jour, et il me reste encore cinq ou six clopes…

Jean-Jean

samedi 5 décembre 2009

Baroness : blue record


Peu importe que j'aie chié sur le groupe plus souvente fois que je n'en ai eu l'occasion. Peu importe que toute la population bave des ronds de chapeau devant des pochettes qui n'en méritent pas tant et qui contagionnent déplorablement jusqu'à des albums de Cursed. Peu importe la sincérité d'un coming out heavy en voie de devenir fâcheusement fréquent chez les barbus à sacs-à-dos. Peu importe savoir si je pense plutôt à Big Business en plein délire Conan sur le sentier de la guerre, ou à Neurosis qui fait la FÊTE - mais oui - ou à Mastodon revenu à ses 8 ans, ses émerveillements, ses épopées imaginaires dont l'apothéose est le goûter.
Baroness fait son coming out pluie de couleurs, c'est bien le moins que je fasse le mien ; et une courbette fair-play au Hank Moody de Vannes' Ice Beach.

vendredi 4 décembre 2009

Funeral : As the Light does the Shadow


Comme l'annonce la disgracieuse pochette à tous ceux qui ont du flair au palais, cette chose est aussi succulente que la daube que ma maman ne sait plus faire depuis bien longtemps.

Merci à Rocky et Dariev.

jeudi 3 décembre 2009

Keelhaul, Superbeatnik, Morse, 25/11/09, le Baloard, Montpellier



D'une, parce que ça manque un peu de reports en ce moment ;
de deux, parce que SOUM est nationwide ;
de trois, parce que la Madonna e la mia donna, stronzo, et que ça me fait toujours plaisir de l'avoir à la maison.



Morse : "On vous fait pas peeeeeeur au moiiiins ?" Non non, tu ne nous as pas fait peur, je t'assure.

Superbeatnik : We are Motörhead. Mais pas ce soir.

Keelhaul : encule.

Je vous vois d'ici, à vous dire
que c'est facile de couvrir de louanges un groupe qu'on est allé voir en concert, un soir de semaine en plus. Tsss. Puisque c'est comme ça je m'en vais vous raconter ma vie : j'ai découvert Keelhaul sur SOUM au mois d'août. Ça commençait bien. Puis je me suis surprise à écouter l'album II en boucle. Ça vous arrive souvent, vous, d'écouter des cédés en boucle, la même journée ? Pas moi. Et puis j'apprends qu'on a la chance phénoménale de les revoir sur Montpellier, en tête d'affiche, pour 8 reu et à 7 arrêts de tram. J'étais superchaude. Surtout lorsque j'ai aperçu les mines réjouies de mes acolytes de concert, connues ou inconnues, ceux qu'on est sûr de retrouver au bon endroit et au bon moment. Keelhaul mettra des plombes à commencer, et à reprendre. La poisse sera de la partie avec un joli lâcher de corde côté chanteur. Mais je ne me suis pas inquiétée outre mesure concernant la suite car je sais désormais qu'elle - la poisse - ne frappe que les plus grands (voir report du dernier concert de Lava). Deux ou trois titres plus tard, Keelhaul avait atteint sa vitesse de croisière. Et nous on en prenait plein les esgourdes, sans bouchons pour ma part. Eux nous délivraient du mathcore de derrière les fagots, affichant tour à tour des faciès tourmentés, des grimaces douloureuses et des rictus irrépressibles. Quel groupe putain, possédé je dirais, mené par un batteur monstrueux, s'accrochant à leurs instruments qui avaient comme l'air d'avoir besoin d'être exorcisés. Grand messe je te dis : les manches se levaient, on baissait la tête. Et le diablotin derrière ses fûts qui te calait la nuque en faisant tinter sa cloche de ride histoire de ralentir un peu la locomotive. Welcome to hell, le public s'emballe, merde, obligée de reculer d'un cran, histoire d'éviter les "cascadeurs" qui iront jusqu'à arracher les câbles lumière ! Une autre corde lâche du côté du second chanteur. Même pas mal, Keelhaul continue à monter en puissance. Une heure déjà, et on nous remercie avec deux titres supplémentaires. Nous aussi, on peut tirer sur nos cordes. Keelhaul nous aura enclumé tout en finesse. Je comprends que certains présents ce soir là aient suivi le groupe, le lendemain à Barcelone. Pour ma part : revenez quand vous voulez les gars. J'arriverai en avance...

Madonna ai Laghi