samedi 31 janvier 2009

Cumulus

D'ordinaire, j'aime à profiter de ma double domiciliation pour pondre deux saloperies différentes, vous savez quel abominable bavard rabâcheur je fais, mais ce coup il me semble qu'une seule s'impose, autrement serait insulter la belle ouvrage.

Cannibal Corpse : vile


Gallery of Suicide passe consensuellement pour l'album dark de Cadavre Cannibale. Pas d'accord. Le plus Suicide Commando, d'accord, avec sa consistance épaisse et ses deux "moments lourds" bien en évidence avec leur riffs spooky melodies.
Ce Vile dont l'homme au cou plus large que son crâne nous vocifère l'anagramme deux-trois fois au long du disque, est incomparablement sale. Le album pas festif de CC. Un affreux manoir pouilleux et grinçant, avec des zombies à marcher dessus ; dans tous les coins ; des qui s'arrachent mutuellement les yeux, des qui miaulent de faim et de douleur, des qui vous coursent, des qui scient de la bidoche, des qui digèrent assoupis en grommelant, des qui se mangent le pied, et pas beaucoup des qui surveillent le temps de cuisson sur les broches à cheval sur les canapés pourris. L'ambiance de déparvation est à peu près aussi désespérée que dans Massacre à la Tronçonneuse.

The Knife : Silent Shout


Paraîtrait comme ça que j'ai un goût pas trop pourri ni incertain pour tout ce qui touche aux eighties ? Eh ! normal, gamin, je suis le Fils des Eighties, et Elles m'ont envoyé parmi vous pour vous montrer le chemin de vos âmes sauves. Je suis une sorte de Marty J.C. McFly, voilà.
Paraîtrait comme ça qu'on veut me tester dans le domaine du racolage ? Eh ! gamin : cherche pas le vieux singe. Je vais même pas me faire chier la bite avec de l'emballage ou quelque finasserie de pucelle que ce soit, je vais juste affoler le compteur à coups bas.
Sur Silent Shout, tu trouveras le meilleur des eighties : les harmoniques Suzi Wan à la Cindy, Bangles et compagnie, la voix Lee Cooper (oowooo-oowoo !), les déhanchés frigides axe Pantashop-Jean-Paul Goude, le funk c'est la ouate qu'elle préfère, les ciels nocturnes entre chien Vangelis et loup Moroder, les brames néo-romantiques (DD, comme initiales, tu vois à qui je pense ?), même un faux tango sous plastique disco à la Grace Jones - et dis-toi que j'en oublie un paquet, tellement c'est concentré en pur esprit de l'âge d'or. Comme Vive la Fête, ça pourrait presque avoir été fait à l'époque. Mais il y a mieux.
Le meilleur du futur : Vive la Fête, donc, mais encore November Növelet, évidemment. Un petit coup de tech digne de Leftfield. LFO. Et Björk- en version pas fée . Ca tombe bien, j'aime pas les fées, elle me gavent le steak. Je les ai toujours aimées plus harangères, plus Kim Wilde, vulgaires dans le glissé de t-shirt sur l'épaule molle, la peau fatiguée, titubantes dès la deuxième heure du mat', rauques et chargées, leur adolescence punk comme un voile de flou, plus portées sur le TGV et les vidanges de vessie entre deux voitures que sur le Fisherman's Friend et les galopades dans les fjords, plus garçonnes que garçonnets. D'ailleurs dans les eighties, les fées on en entendait pas parler- tu parles, on avait Michelle Pfeiffer et Jeanne Mas, qu'est-ce qu'on allait se faire chier avec des mioches qui mettent des fleurs dans les cheveux ?

Cannibal Corpse : Kill

Paraîtrait que c'est un album de série, voire/donc mauvais, de Canniboule. Sûrement, vu que c'est tout bonnement l'extended remix techno-boum-boum-coupé-décalé de ce-fameux-ci :



Naturellement, j'adore.

vendredi 30 janvier 2009

Cannibal Corpse : Evisceration Plague


Ah, au fait : pour Eaten Back to Life, j'ai pu oublier de le dire, l'épice du jour c'était probablement le son old school cliquetant et grésillant qui rehaussait gouleyamment le grooove zouk pogo-plein-de-soupe tout aussi old school des ... POUAHAHAHA, ahem, pardon, des compos, disais-je. Pommes sautées, si on veut, pour barbecue au cimetière. Bloodthirst ? Origin + Prong + Infectious Grooves ; purée.
Ici, on donne plutôt dans le bain de friture et le cisaillement, voir le cisaillement en bain de friture. Frites fines.
Et hormis la garniture ? Bah, c'est comme au 3 rue de Verdun (représente pour la Septimanie, big up), plat unique, bidoche qui fond sur le fond de la gorge. Les structures, le quotient morceaux qui chient/morceaux qui gadouillent varient-ils ? Moi, j'en ai rien à cirer ; vous, je m'en cague. Le death metal c'est avant tout une affaire de goût (mais qui a laissé entrer ces empaffés de jazzeux bordel ?), pas de dressage de table.
Mais c'est bien meilleur que chez Quick.

Spitfire : Cult Fiction


Ah, si Greg Puciato picolait plus souvent ...
Il angoisserait peut-être moins d'en bougeant un peu niquer la flexion ultra avantageuse de la cuisse qui lui sert de bras et à tenir le micro.
Bon, et puis se dégotter un vrai groupe, aussi. Pas des putains de jazzeux.

jeudi 29 janvier 2009

Ion Dissonance : Minus the Herd


Maman te l'a pourtant assez répété : on se moque pas de plus petit que soi. Que tu pouvais pas deviner, en le matant se faire pourrir par sa morue à peine pubère à son taf, au videoclub, et regarder ses chaussures en balbugayant tout du long des mais ma chérie, mais honeysuckle, mais je t'assure que non, pas deviner pour la collection de dvd de krav-maga, systema et autres pornos pour hommes grognons, ni pour les snuffs qu'il a sous son clic-clac défoncé, ni qu'il avait les clés de tous les cadenas de l'entrepôt moisi derrière son immeuble moisi - ne change rien à l'affaire : t'avais pas à ricaner sans même dissimuler. Puis t'aurais quand même pu remarquer que tout malingre qu'il était, dans son marcel trop grand, y avait quelques noueuses nodosités sur ces os-là - rien que le fait que cet avorton porte un marcel aurait dû suffire à donner l'alerte. Tu te rappelles pas, maintenant, où tu l'avais déjà vu ? C'était pas sous une capuche et les poings bien serrés au fond des poches, dans le froid et dans la queue pour un concert de xLiferuinerx, par hasard ? Maintenant tu fais moins le malin, pendu à ce crochet par les poignets, à l'écouter fourrager dans une de ses multiples trousses à outils, sans pouvoir apercevoir rien par tes paupières l'une tuméfiée et l'autre à moitié découpée. Hm ? Toujours écouter Maman.

Diamanda Galas : Schrei X


Vas-y ferme ta gueule un peu deux secondes, pour voir ?

Cannibal Corpse : Eaten Back to Life


Cannibal Corpse sont des emmerdeurs. Des emmerdeurs de type Darkthrone, ou Motörhead. Des qui font environ toujours le même disque. En toute logique, si on en aime un, il en faut plusieurs : en toute logique, il y a sur presque chaque un chouia, qui de moutarde, qui de câpres, qui de jours en trop après la date de péremption, pour venir charmer l'âme de l'adepte, comme la bonne compagne sait toujours inventer le piment qui soit jouvence pour le couple, le sauve de la routine, fait toujours intacte sa nouveauté émerveillée. Ah, magie de l'amour, qui fait l'amour durer, ah profondeur de l'attachement vrai, éternellement jeune tu es - éternel tu es ...
CC c'est ça : on le connaît depuis deux jours et on ne l'appelle déjà plus autrement que Canniboule, on le sait au fond de son coeur, on l'a toujours connu, on n'a fait que l'attendre.

mercredi 28 janvier 2009

Cannibal Corpse : Bloodthirst


Cannibal Corpse EST-il le death metal ? Hmm .. Souffrez que je réponde par une autre question. Le death metal est-il brutalité gratuite, pas obligatoirement surpuissante, éventuellement grotesque, mais insatiable, frénésie joviale, lubricité charcutière, onanisme acharné, gourmandise, appétit désordonné et dysfonctionnel ?
Les meilleurs amis de l'homme, on le sait, sont le boeuf et la pomme de terre. Florence Foresti à ce qu'on m'a rapporté y ajoute l'automobile. Moi je n'ai pas le permis. Mais quand j'écoute Cannibal Corpse dans une rame de RER enfièvrée de promiscuité, j'ai un peu la tête qui tourne, des visions intempestives.

Phobia : Serenity Through Pain


Je vous parlais de limaille de fer dernièrement, right ? En v'là. A la tonne carrée. Sur le papier (pouah!), Serenity Through Pain c'est pareil que Zero Comfort Margin. Du grind très death. Sauf que le papier avec on se torche, dirons-nous pour faire grind, et qu'il y a ici tout ce qui manque à Circle of Dead Children. Gouache, gnaque, teigne, hargne, mettez ici le terme désinvolte et galvaudé qui vous plaira. Et chargez-le de plus de haine de l'espoir et de désir de stérilité qu'il n'en aura jamais. Parce qu'il y a cette basse et ces intros qui font plus que furieusement songer à des trucs cold-wave, genre, au hasard, Amebix, The Cure, vieux Neurosis, tous ces trucs pas aimables et pas séduisants. True cold wave, si vous voulez ; pas un truc d'étudiants (et pas la peine de me sortir la bio de Robert), pas un truc de maquillés (et pas la peine de me sortir les tofs de Robert ; Robert a tous les (passe-)droits ; Robert est Robert ; toi baver sur mon pote Robert, moi casser figure ; vu ?).
Le son. Froid. Comme le gravier, la scorie, le coron, la réverb, la boue verglassée, la migraine, la rouille, la dépression, are you morbid ? Oui, je focalise beaucoup sur le son des disques. Je le vis très bien. Les compos, tout ça, admettons, c'est très mignon, mais on parle de musique ou merde ? Le son n'est pas que dans la prod, en général je ne sais pas qui a produit, parce que je m'en tape. Mais qu'est-ce qui parle en premier ? Au coeur, je veux dire ? A quelqu'un pour qui la musique se mange ? Avec la gueule, c'est à dire ? A bon entendeur, salut.

Sólstafir : Köld


Western du vent des fjords, Vertebrae carambolé par Relationship of Command. Je dirai que ça le fait, que qui trouve la chose parable est un vieux grincheux, c'est un vieux grincheux qui vous l'assure. Et hors de question que je m'étende sur ce que ça peut remuer, il y a des limites à même mon impudeur.
La part de l'adolescence, pour sûr il faut la préserver intacte dans un coin précieux ; raison de plus pour ne la point disséquer sur un divan en place publique ; on ne donne point en communion sacrificielle une pure énergie agissante ; pas dans le verbe froid en tous les cas.
Mais c'est moi ; et le Doktor Null peut considérer ceci comme une mise en demeure.

mardi 27 janvier 2009

Plague Bringer : Life Songs in a Land of Death


Encore un truc de brutes pas bien carrées de la tête. Désolé pour les découvertes poétiques, faudra attendre que ça me passe.
Pig Destroyer qui reprend Godflesh ? Anaal Nathrakh qui joue Red Harvest, plutôt. Peut-être même un lointain côté Slipknot, dans la frénésie sautillante de la boîte à rythme rudimentaire et jappeuse. Une ambiance de guerilla de dépotoir radioactif certaine, la faute à une vocifération rongée aussi toxique que la sonorité des riffs en dérapage, où surnagent d'aberrants grumeaux d'héroïsme et de tragimélo, au milieu des grimaces sculptées par les acides industriels.
We are not machines and we'll fight'em to the death ? Pas sûr que ce soit aussi net ... Mais c'est pas ça qui va nous empêcher de nous marrer et nous foutre sur la gueule sanglant.

Circle of Dead Children : Zero Comfort Margin


Le grind dans ce qu'il a de plus emmerdant. Une coulante de blast, un son façon torrent de boue avec rillettes et limaille de fer en topping, et des gargarismes de votre bestiole ronchonne favorite. C'est tout ? Pourquoi pas ? Mais les riffs ... Ni rock, ni punk, ni death. Simplement nazes.
A vendre.

All Out War : Condemned to Suffer


C'est pratique, les ensembles de musique traditionnelle. Pas besoin de se frayer un chemin à travers les chausse-trappes et autres trompe-couillons de la mixture inédite, de l'innovatif dosage, du contrepied et autres entrechats, pour savoir ce que ç'a dans le ventre. Le style est hors de propos. On est en confrontation directe avec cette vieille lubie essentielle : la sincérité, l'habité, la foi monobloc.
All Out War joue de la musique traditionnelle. Gros slayer stéroïdé et amphétaminé, passages héroïques, parades nuptiales de gorilles, marteau-pilon. Tout se joue au micro. Là où se personnifie toute la diarrhée apocalyptico-talionique exigée par le folklore, tellement screaming in the endless flames of hell et time has come to payback you weak sinner fucks, qu'on a pas besoin de comprendre les paroles. Qui écoute du hardcore pour les paroles anyway ? Ecoute donc bouillir ton sang, fils de pute.

jeudi 22 janvier 2009

Cubanate : Barbarossa


Liam Howlett est anglais : vous imaginez s'il est flegmatique quand son équipe de foot a perdu - ou gagné, en fait.

Voilà ce qu'aurait pu être cette chronique, pliée dès le début de l'écoute dans ma tête de faiseur, si je n'avais fini, grâce à cet album jusqu'ici snobé comme je sais le faire, par être frappé de la nécessité de présenter mes excuses à Marcucus ici présent. Avec son survêt' pétant et cocottant, je l'avais pas reconnu : ainsi donc voilà le cousin de Jaz.
Coleman, oui. On sent d'entrée qu'il a pas dû avoir le parcours scolaire aussi caracolant, que forcément après il a passé bien plus de temps à tenir les murs, à pousser le ballon pour tuer la rouille avec les coulègues, qu'il fume pas le barreau de chaise mais le clopon sur clopon. Mais il est au moins aussi alcoolique et écorché, et sous le graillon qui a laissé sa lourde marque sur lui on sent le même tempérament arraché, fervent, prédicateur.
Comme il a plus la tronche farcie de migraines et de la sinistrose qui l'enrage que de mythes et de symboles comme le cousin, il n'a même pas pu appeler cet album Hosannas from the Basements of Suburbia, hosanna Marc il connaît pas, Marc il dit Exultation, et il est déjà pas peu fier de savoir l'employer celui-là. Rien d'étonnant non plus à ce qu'Il se nomme pour lui Lord of the Flies plutôt que Lightbringer. La lumière est là pourtant, aussi dure et métallique. Et quand bien même la fin du monde c'est un peu pas son souci le plus immédiat à Marcucus, n'empêche qu'avec son naturel rustaud il a senti ce grand vent-là se lever avant le cousin, et qu'avec son haleine âcre et cartonneuse il l'a célébré avec encore plus de confuse et rauque joie animale.

mercredi 21 janvier 2009

The Gates of Slumber : Suffer no Guilt


J'ai pour cet album une tendresse grandissante en passe de devenir douloureuse. Il est peut-être plus myopathiquement doom que bien des majestueusetés qu'on connaît. Parce qu'il a, certes, quelque chose de déjà pas négligeable pour s'attirer un capital sympathie dodu : ce côté foncièrement approximatif, torché par-dessous la jambe en trébuchant, et content de soi. Mais pas, hélas, la pointe de génie pour faire précipiter les mignonnes bonnes idées qui clabaudent dans cette nonchalante flaque en grandiose et en foudroyante classe vautrale. Du coup, certains passages sont juste vaguement pitoyables, ou pire transparents ; et le frisson à l'impact de ce membre flaccide est encore plus triste et accablé que ne le veut l'exercice. Dure est la réalité, plus dure la fatalité.
Que reste-t-il, lors, dans le désert de cette essence de toute grâce ?
Un bel album de branlos 70's en cheveux, de desperado qui n'a plus même la force de supporter une autre montée, une voix lavasse qui a la lumière mais pas l'ampleur, réjouissamment pas convaincue de sa propre misérablitude, mais encore trop tristouille pour faire flamber un stoner décent sur une sorte de RevBiz qui ne ferait pas 2m10 sous la toise et qui ne saurait pas Shakespeare, de Count Raven écroulé d'un rire mou, de Warning trop débile du coeur pour s'empoigner la vraie tige de toutes larmes, avec un niveau de solide brêle en équitation.
Cet album, c'est cet ancien camarade de lycée indéniablement coolesque mais trop effacé pour être populaire ou seulement véritablement remarqué, et dont personne n'aura jamais su l'avorton de romantisme empoté, ce salsifis tiède qui avait parfois des rêves d'être torche mais jamais les moyens. On a un drôle de pincement en repensant à lui, quand des années plus tard inopiné l'on ressent son amère ironie.
Aux grandes peines des petits minables. Vae victis.

Arnaud Rebotini : Music Components


Le vieux sanglier est de retour sans le jeune chébran mais avec ce qui avait fini par le tirer de l'obscurité. Une somptueuse house, ténébreuse, mystérieuse, raffinée - et ultra efficace ; aussi moite et noire que la piscine d'encre Remote, mais constellée de scintillements perçants d'air froid. Vous vous dites à part vous qu'on y perdra tout l'intérêt claustral de Remote ? Innocents ...
Rebotini est toujours le King, a/du grave parfaitement lubrifié et brutal, b/ de l'aigu druggy colle à bois, c/ de la montée "genoux = sauce blanche" massive qui prouve l'existence techno de ce qu'on ne trouve pas en terre chevelue, l'attelage Neurosis-Bolt Thrower (Intronaut ? pas assez de lignes droites).
Si vous comptez par-dessus le marché une maîtrise de la torture du temps mer d'huile dominico-matutinal facilement digne du seul bon disque de Kittin/Hacker, que vous pouvez rêver de Panacea revisité Beau Brummel, de Green Velvet sans la fascination pour sa petite loufoquerie, de Klinik glossy et couture ... vous saurez que vous allez prendre cher.

mardi 20 janvier 2009

Morkobot : morto


Les ragazzoni, vous êtes ultra fun et tout, y a pas, avec vos délires de lobotomie cosmique et d'ultra-Dieu, et tout, mais ça va bien cinq minutes, le temps de lire une de vos interviews, quoi. Quand je veux écouter un album qui sonne un peu comme le vôtre, j'écoute Shub Niggurath - Les Morts Vont Vite, rien que le titre t'as compris, ça ça claque et c'est occulte. C'est que je suis un goth, moi, merde, pas un nextclueseur ; j'aime pas de trop, rigoler avec la musique, certainement pas avec la musique rituelle en tous les cas, non mais et puis quoi encore ?
Et puisque j'ai le rôle du mec pas drôle, je vais me permettre un truc que j'ai une sainte horreur de lire dans une chronique :
PUTAIN, 20 reus chez tous les revendeurs assermentés, pour ce pauvre digipak glacé sans livret, avec un pauvre mandala ? C'est ça, qui vous a fait le plus bidonner, avouez ?
Et quand je pense en plus que du coup un nextclueseur au moins l'aura eu pour 10 reus ... Stronzi di merda.

Sink : The Process


Bonsoir. C'est l'heure de la chronique de Super Branleur.
Super Branleur dit :
Neurosis,
Lustmord,
Bardo Thos Grol.
Et il vous laisse vous demmerder avec ça.

Quant à moi, faut absolument que j'écoute ça la prochaine fois que je redescends de la montagne sacrée. J'ai déjà plusieurs fois rêvé de ce disque, en flottant sur le raidillon éternel qui plonge vers votre monde.

Fistula : Idiopathic


Fistula, je l'ai dit ailleurs, c'est pas compliqué. C'est du sludge, donc soit on sait ce que c'est et nul besoin de dire à quoi ça doit toujours ressembler, soit on ne le sait pas et ça veut dire qu'il vaut mieux continuer à l'ignorer. C'est pas le descriptif qui compte, c'est le ressenti.
Idiopathic, donc.
Les guitares sont la peau tendue, chaude, fragile ; leur grain le fourmillement torve du sang sous elle ; leur grosseur extatique le brouillard anesthésique qui épaissit et gauchit ses sensations ; et la voix le poing qui la dilacère avec toute la lenteur qu'on est en droit d'attendre.
Vous l'avez compris, Fistula ça fiste.
Fistula ne pue pas la drogue. Fistula fleure la drogue, Fistula s'adonne et s'abîme sans aucune pudeur ni retenue, jusqu'à emboutir au mitan du disque l'orgie en crash-overdose-blank Easy Rider, sur le finale aveuglant de Shadow of the Serpent
.
Quelques minutes de mort cérébrale, for the soul.
Et ça repart de plus belle, et se remet jovialement à cuisiner.
Toxic love.

zZz : Running with the Beast


Vous prenez les choses où les a laissées The Rapture avec Echoes, Robert Smith en massive infusion Bee Gees. Vous ajoutez un velours de voix loungeabilly tendance Eighties Matchbox B-Line Disaster, du sucre filé OMD, des nuages Cindy Lauper. Vous avez un truc complètement aqueux, et complètement euphorisant. Vous nagez dedans, vous volez dedans, vous êtes en plein ciel, vous êtes au coeur de la vague, il n'y a plus rien qu'elle ; comme chaque fois. Vous êtes dans Une Forêt, et la brume hivernale est d'hélium raffiné, et un insaisissable filet de chaleur vous enivre d'un frisson. Vous arborez un sourire idiot pendu plus haut que les oreilles, à en avoir mal aux joues gelées.

lundi 19 janvier 2009

Phobia : 22 acts of random violence


Merci mon dieu. Ce disque grinde ton body, il rocke ton joufflu comme du vieux Entombed, et pas un instant on ne songe à cet envahissant de Kurt Ballou.

dimanche 18 janvier 2009

Kill The Client : cleptocracy


Wowch, ç'a l'air de se découper en lamelles pas très soignées, là-dedans ; voire d'y aller franco avec les dents ; difficile d'être sûr de quoi que ce soit, entre ce foutu stroboscope de lumière noire et les décharges d'Uzi.

Oops, I did it again


Ce soir, je vous aurais bien reparlé de ce disque. Parce qu'il est passé minuit (échos, nombreux) et que j'ai donc reçu ce disque hier, parce que j'ai passée une excellente soirée, la meilleure qui soit, frustrante en tous points, parce qu'elle aurait valu de vous faire les phrasés calibrés comme il faut pour vous parler de 16, pour vous expliquer en loooooooong, laaaaaaaaaaarge (et en travers, tu la sens là ?) comment 16 c'est épais comme ce que vous savez, comment ils sont uniques, à pouvoir chier du riff à coin plus carré que Helmet, plus à carreaux que Pantera, plus tough'n'tight qu'Unsane, plus hardcore qu'Eyehategod, plus impénétrable que Soilent Green, plus à bout que Vandal X, avec LA touche 16 qui tue debout les chiens, cette façon de lâcher sur un de leurs riffs ultravigoureux le refrain bien explicite et improbable comme un parpaing qui tombe du ciel de la pochette de l'album de Necroblaspheme, d'un ton qui s'écroule en arrière hilare (comprendront ceux qui doivent), froid, dévitalisé, tout en te l'envoyant bien nette et sans espace pour la réclamation ... le zoloft smile, quoi.
Ce soir, j'aurais (je tiens au "s") bien parlé de moi, pour du vrai, j'aurais bien tombé les frusques.
Le disque sort le 20, messieurs dames.

samedi 17 janvier 2009

Fistula : Burdened by your Existence


Les grumeaux tu aimes, j'ai pas raison ?
Tu vas peut-être changer d'idée.
Pour qu'il y ait grumeau, il doit sans doute y avoir liant, remarque.
Ici, il s'agit de concentré de grumeau. Pas la peine de secouer, la pulpe restera pas au fond. Y a que de la pulpe, de l'épaisse, et y a pas de fond, t'es en plein dedans. Sans compter que c'est beaucoup trop lourd à secouer. T'aurais pas l'idée d'aller secouer un sac de ciment, si ? Ta vie serait donc un sac de ciment, si l'on essaie de traduire le titre à la lumière de ma vision ? Ce serait pas pour me surprendre. La vie c'est de la merde, pas vrai ?
Burdened by your Existence, c'est plutôt comme vomir un gros étron de gravier qui va et vient dans ton œsophage comme une limace pas franchement décidée si elle serait mieux dehors ou dedans. Oui, c'est pas mal érotique. Notez toutefois, avant de tenter la botte, que ça brûle grièvement tout le conduit, vous viendrez pas raconter que je vous ai pas prévenus. Et ça dure, ça dure ...

vendredi 16 janvier 2009

Last dose

Et après il faudra vous coucher, et arrêter de jouer avec l'armoire à pharmacie.



Skinny Pupy : Last Rights


Last Rights – le Disintegration de Kevin ? Peut être bien. Son univers. Sa cathédrale. Vaste monde que celui-ci. Vaste plaine grignotée dans ses moindres détails par le vice du junkie cyborg grimaçant dans un trip sans fin. Temple grandiose de la décadence alien. Too Dark Park version Home Cinema. Rabies en mode Kubrick. Superposition fatale de couches multiples, de la neige de peau répandue sur une nappe d’acide elle-même étendue sur une gigantesque fourmilière d’électrodes se tortillant de douleur. La famille est au complet – le son, ample, offre aux oreilles du visiteur imprudent mille et un cliquetis et gémissements. Chez Skinny contrairement à FLA, la superposition de couches sonores n’a jamais été gratuite – ce n’est pas seulement une superposition d’ailleurs, mais un assemblage méticuleux ; chaque son est efficient, chaque murmure s’imprime dans les circuits. Le moindre couinement de souris contribue au décor. Un immense théâtre pour laisser libre cours à ton imagination. Des images en veux-tu en voilà, de cauchemar turquoise, de rêve psilocybe, d’extase électrique.
Le summum de Skinny.


Jean-Jean

Pornography ...

Alors, on se vautre tout son saoul, on se fout comme de l'an quarante si quiconque entend. On aurait pas voulu être un artiste. On en est un. Pas besoin de Salvador Dali californien par ici, on n'est pas du genre à accoucher dans l'eau, on accouchera au comptoir, mets donc la tienne pendant ce temps.

Pornography…

Levi’s. Coca-Cola. Microsoft. Pornography. Tout a déjà été dit au sujet de cet album. Tout, et pas grand-chose. Puisque on me laisse la parole en ces augustes lieux, je rajouterai quand même une petite couche de vernis au juste texte de Gégé : aussi paradoxal que ça puisse sembler, Pornography est le 4X4 de Robert – non, ça n’est pas Head on The Door (qui est son coupé sport, je vous laisse savourer cette métaphore d’un goût certain), ni Japanese Whispers (c’est bien une idée de nana ça, si je te revois rappelle moi te t’en coller une sur la joue droite quand j’aurais fini la gauche) – et puis j’en sais quelque chose comme vous tous, amoureux transis du cliché réfutant la beauté du cliché quand il devient trop cliché pour vos oreilles fuyant le cliché quand il se fait trop cliché, en soirée, ou seul, ou accompagné, en voiture, en vélo, à pied, à deux, à trois, soyons fous, à dix à vingt, ce disque s’adapte à toutes les situations pour mieux les niquer de l’intérieur, tout-terrain, PORNOGRAPHY UN AMI QUI VOUS VEUT DU BIEN, il fait toujours le même effet comme le + beau des salauds : il te plombe l’ambiance gravement, salement, inévitablement, *colle l’adverbe de ton choix dans cet espace qui t’es réservé*, sourires gênés et demandes incessantes de tracklist légère, besoin d’ouvrir les fenêtres quand le smog se fait trop épais – ou le son trop présent ; il te la met en face en panoramique, il te met à l’amende et fout en vrac tes certitudes de gloire et de vie éternelle comme le plus gros cliché tragique qu’on peut imaginer - Requiem For A Dream - mais puisqu’on le connaît bien et qu’on le fréquente sans mettre de gants le cliché est d’autant plus assassin, et s’il te pète à la gueule faudra pas venir chouiner. On t’avait prévenu, depuis le temps. C’était marqué en gros au marqueur rouge. On en avait même fait un slogan.

Imbécile.

Jean-Jean

Et puis surtout ...

... Ici, on peut se foutre à poil, et se trouver beau. Parce qu'on l'est ; puisque les vêtements, j'espère que vous le savez : ça sert à rien. Nous qui le savons, nous serons beaux pour l'éternité.

Megadeth : youthanasia

Je vous ai déjà parlé de Love Me Forever, il me semble. Je ne vous aurais pas parlé du reste de l’album – parce que le reste on s’en fout ; c’est du bon c’est entendu, mais il y’a un Soleil en plein dedans qui aveugle et irradie tout. A Tout Le Monde, c’est pareil. Je pourrais me faire mille fois Johnny Angel pour revivre ne serait-ce qu’une minute de ce jour où je l’ai entendue la première fois, sur le cul que j’étais, de pas comprendre comment un tel boulet avait pu lâcher comme ça en plein milieu d’un album heavy metal gros son pareille beuglante lovely. Peut être qu’il fallait un boulet de ma stature pour comprendre ça, pour me sentir aplati devant ça, tremblant comme un agneau. Peut être qu’alors, n’ayant pas encore piqué la verve insolente de Gégé j’aurais marmonné un truc du genre « uuuh, c’est beau » avant de baisser les yeux de gêne artichaut. Gare au boulet, gare à la tartasse qui menace sous cette tendre carcasse. Gare au génie qui s’est payé un bail dans cette tête de quiche lorraine. Dave Mustaine n’est pas Lemmy. « Bwwweuah, sans blague Jean-Jean – t’en as d’autres dans le style ? » J’ai mieux pour toi mon ptit Jeannot : Dave n’est pas Dieu. Dave n’est pas le Pape ; ça n’est même pas un apôtre. Dave n’a pas d’église, mais un mobil-home peint en kaki. Dave n’a pas de veston cherokee de bel aloi – mais un T-Shirt Orange Mécanique pour épater les filles. Dave n’est qu’un gros blaireau. Dave Lorraine. Un sale parvenu, un ex-dans le coup roulé dans la farine par sa team du bon vieux temps qui en parallèle à la carrière oscarisée de ses traîtres d’anciens potes a tissé la sienne pour la leur mettre bien profond jusqu’à la barbiche – à ces enculé de thrasheurs grimés à la hâte en faiseurs de slows pour gonzesses. Un ringard de rouquemoute aigri gerbant – un vieux de la vieille du metal à qui on ne la fait pas, pourtant, et qui même d’un timbre putassier à mort et d’une moue de canard qui chie des clous, aura toujours plus de sincérité de classe et de vérité en son sein que tous les Hetfield du monde. Dave est capable d’envoyer du gros bois tête dans le guidon, et capable de bien pire quand il lâche la course au meilleur des deux. Dave est un mec honnête, et quand il se décide à faire une ballade ce n’est pas pour faire cosmétique – ça sera LA ballade, mon Jeannot, celle qui te mettra à l’amende toute cette bande de cow boys moisis tout juste bons à citer Lovecraft pour briller en société. Dave a pas besoin d’être un horseman, ni de s’inventer un nom – il a une enseigne unique, et toutes les poses Ray-Ban + Romeo Y Julieta du monde pourront rien contre son charisme Samuel Le Bihan 100% pull over blairal pâté de jambon Hénaff. Dave a pas besoin de bourrin ni de barbe : il a une Subaru – décapotable s’il vous plé, un after shave dûment jalousé, et sa chevelure rouquine au vent, son teint de fesse sous le zénith, nous assène un terrible adieu, celui que seul un beauf de son envergure pouvait lancer à la fratrie, sans baisser la tête de honte, oooh que non – balancer toute la mélancolie cousue main des ringards de ce monde dans les couplets (in a Blackie Lawless way) et se fendre d’un refrain à la Capdevielle avec l’assurance implacable des beaufs : A TOUT LE MONDE, A TOUS MES AMIS : JE VOUS AIME, JE DOIS PARTIR.

Megadeth c’est pas beau ; et c’est pour ça que c’est beau.

Jean-Jean

En même temps ...

... On le comprend, pas vrai ? Ici, on n'a pas à jouer les journalistes, à chroniquer (rire nerveux) piste par piste, à rendre compte de la progression du disque, de sa dynamique, blablabla, argumenté je vous prie, et puis quoi, une pipe et l'addition - pardon : la petite note (hin hin) ?


The Cure : Disintegration

Et vous, vous avez peur de votre reflet ? Vous aimez pas qu’on vous prenne en photo ? Vous évitez le sujet de la maladie parce que ça vous effraie, ne faites pas comme si vous ne saviez pas de quoi je parle. Jean-Jean est un malin, il sait, il voit la petite lueur apeurée au coin de votre œil vitreux, mes coquins. Combien de fois vous êtes vous endormis insouciants ? Le sommeil est un proche parent de la mort comme l’a si bien formulé l’autre renoi. Son cousin, son frangin même. Ne faites pas comme si vous ne saviez pas de quoi je veux parler ; fermez les yeux. Robert s’est vautré dans l’Enfer (laissez moi le temps de compter sur mes doigts) 4 fois. Seventeen Seconds. Faith. Pornography. Kiss Me Kiss Me Kiss Me. Il s’est plongé à quatre reprises dans cet enfer – au point de presque le connaître dans ses moindres recoins, de pouvoir dire sans baisser la tête qu’il SAIT. Ce qu’il ne savait pas encore c’est que l’enfer est un terrain de jeu – et qu’il pourrait en bâtir un assez vaste pour y cacher tous ses démons, sous une épais et humide brouillard. Et vous y faire miroiter le paradis.

J’ai découvert ce disque il y’a quelques temps déjà – j’étais plus jeune et stupide qu’aujourd’hui, mais j’étais encore innocent. Et vierge. J’étais comme le type au début de Hellraiser – juste curieux ; bien sûr que si on m’avait prévenu je n’y aurai pas touché, à cette boîte. Trop tard. Disintegration, c’est le grand jardin de Robert. Son Jurassic Parc. Son Paradis. Son Enfer. Tout y est, absolument tout, c’est le panorama de Bob, sa grande étendue – il y a lâché tous ses poltergeist, goules et hydres, et a nappé ce bestiaire difforme d’une brume faite synthétiseurs pour les garder prisonniers. Everything is in here. Les fleurs, les instruments de torture, les étoiles, les étangs pourpres, les bestioles papillonnant de part et d’autre du Cosmos vénéneux. On peut y vaquer en famille ou seul, passer par ici, repasser par là, en faisant mine de ne pas voir plus loin que l’ornementation synthétique fleurissant de partout. Il peut y arriver n’importe quoi, dans ce jardin. Des choses magnifiques. Des choses atroces. Vous pouvez vous y promener insouciant, vous amuser, faire comme si vous ne voyiez pas les flaques de sang dans lesquelles vous pataugez, préférer minauder d’un air naïf devant les amazones en suivant le vol des hirondelles – qui vues d’un peu plus près on plutôt de sales airs de corbaks. Siroter votre grenadine – un peu trop rouge - sous une ombrelle - qui vue d’un peu plus près est faite de peau humaine. Vaquer à vos occupations près de la faune et de la flore sans prêter attention à l’ombre grandissante qui plane au-dessus de ce tableau envoûtant : l’ombre de Rob, le Maître de ce Monde. Vous êtes dans sa tête, mes chers amis, ne croyez pas pouvoir régir les lois de ce Monde sans payer le prix – mais continuez donc, vous pouvez, eheh, nous sommes là pour nous amuser insouciants, mais oui ! Continuer à jouer à cache-cache dans les ronces, continuer à danser sous l’ondée acide, rire, à gorge déployée, au nez et à la barbe des métastases qui grignotent petit à petit ce beau cadre floral et aquatique, ne pas prêter attention aux nénuphars qui - me semble-t-il - grossissent à vue d’oeil. Jouer à la balançoire avec les gosses aux abords de l’étang sans mesurer l’ampleur de la menace qui sourd sous l’étendue d’eau verdâtre. Ne pas entendre ce murmure qui gourmande les succubes, ne pas sentir l’odeur putride émanant du marécage, ne pas voir cette vipère – oh, la belle couleuvre ! Caresser les babines dégoulinantes de poison d’une plante carnivore un sourire émerveillé imprimé sur le visage – oh, la belle fleur !

Vous pourrez traverser cent fois, mille fois ce jardin, et en sortir parfaitement intact. L’échapper belle, comme on dit. Sans mesurer une seule seconde la chance que vous avez eu, d’être assez myope. Mais il suffirait d’un seul regard quelque peu insistant vers cette fougère qui remue pour que…


Jean-Jean

Prêts ?


J'en connais d'aussi bavards que moi, mais qui se libèrent à gros paquets saccadés. Gaffe, en v'là un qui déboule. Prenez votre respiration.

Kyuss : Wretch

Il paraît que Wretch est un disque de merde. Il paraît que Kyuss n’a sorti qu’un seul chef d’œuvre. Il paraît que Kyuss c’est juste Skaï Valley et Blouse From The Raide Sun. Il paraît que ce disque est « l'une des plus innommables daubes de ma disco », dixit Mojo. Il parait que Jean-Jean détient la vérité que vous n’osez mettre à jour par peur farouche d’admettre la beauté de la fougue juvénile & catchy hard rockeuh quand elle s’ouvre à vous (popopopopopop), vilains garnements : Kyuss a commencé dès son premier disque a tataner velu vos tympans et ce avec l’amour vrai des rockers. Tout ça n’a rien d’une démo mal fichue de kermesse lycéenne, tatata, pas de ça ici, allons allons Bernard Henri, vous allez faire de la peine à ce brave Joshua qui s’est donné tant de mal pour étaler l’épaisse mélasse sur sa grosse biscotte avant de l’enfourner dans votre popo. La vérité est belle comme un vers de Baudelaire, et je m’en vais vous la déclamer avec sensualité : Kyuss te la met bien profond et ne demande pas la monnaie – Kyuss te dessoude à coup de tongs sous un cagnard de plomb, Kyuss Owes You A HUUUGE SECOND HOLE NEXT TO YOUR WIDE OPEN ASS, naïf petit Jeannot aux sourcils froncés de bel aloi, et Wretch envoie du bois comme jamais – ou plutôt de la mélasse - et la mélasse, c’est sensass. C’est simple comme bonjour ou comme un pain de graisse dans ta gueule. Qui ici oserait en étant de bonne foi m’assurer les yeux dans les yeux que Love Has Passed Me By et Son Of A Bitch ne lui font pas le moindre petit frisson ? Que Black Widow ne lui fait pas le chapiteau ? Que Katzenjammer ne lui envoie pas aux narines un délicieux parfum de garage ? Que Deadly Kiss ne lui a jamais fait mouiller le Complices ? Qui ici oserait mettre en doute la détente érectile du clairvoyant Raven ?

La prochaine fois soyez moins benêts : demandez moi la boîte de cotons-tiges, ça nous évitera pareilles suées pénibles et inconfortables.

Jean-Jean

John Zorn, Trevor Dunn, Mike Patton : moonchild


Comme tout site influent voire prescripteur, SOUM reçoit des promos, vous vous en doutez. Et donc est en butte à la chienlit protéiforme des systèmes de protection anti-piratage.
En l'occurrence, l'album a l'air pas trop trop mauvais, mais ils n'ont rien trouvé de mieux que d'y flanquer un G.O.M.E.Z (TM) : un genre d'abominable jacassement crépitant, pire qu'une ouverture de connexion 56k, qui rend toute écoute objective tout bonnement impossible.
Ça tombe bien, objectif et moi je me rappelle plus combien ça faisait la dernière fois que j'ai calculé.

The Mongoloids : Time Trials


Hu hu ; quand on pense que ceux-là tentent de se faire passer pour une équipe de straight edge ...
Dwid, vu !
Tu sais, t'as pas à avoir honte d'avoir un groupe de ramasse-core à côté, blondin.
Allez, remets-en une, sac à viande.

jeudi 15 janvier 2009

16 : Zoloft Smile


Mais si, vous savez parfaitement de quoi il est question ... vous connaissez la chanson, rappelez-vous comment ça faisait, sous votre crâne en papier bouilli ...

I was born in this town
Live here my whole life
Probably come to die in this town
Live here my whole life
Never anything to do in this town
Live here my whole life
Never anything to do in this town
Live here my whole life
Probably learn to die in this town
Live here my whole life
Nothing to do, sit around at home
Sit around at home, stare at the walls
Stare at each other and wait till we die
Stare at each other and wait till we die
Probably come to die in this town
Live here my whole life
There's Kerosene around, something to do
There's Kerosene around, she's something to do
There's Kerosene around, she's something to do
There's Kerosene around, we'll find something to do
Kerosene around, she's something to do
Kerosene around, set me on fire
Set me on fire, Kerosene
Set me on fire, Kerosene
Set me on fire, Kerosene
Set me on fire, Kerosene
Set me on fire
Kerosene around, something to do
There's Kerosene around, find something to do
There's Kerosene around, find something to do
Kerosene around, find something to do
Kerosene around, she's something to do
Kerosene around, set me on fire
Set me on fire, Kerosene
Set me on fire, Kerosene
Set me on fire, Kerosene
Set me on fire, Kerosene
Set me on fire
Kerosene around, she's something to do
Kerosene around, now what do we do?
Jumped Kerosene, now what do we do?
Jumped Kerosene, now what do we do?
Kerosene around, nothing to do
Jumped Kerosene, now what do we do?
Never anything to do in this town
Never anything but jump Kerosene
Never anything to do in this town
Never anything
Jump Kerosene
Set me on fire, Kerosene
Set me on fire, Kerosene
Set me on fire, Kerosene
Set me on fire, Kerosene
Set me on fire

16 : blaze of incompetence


Point ne possède la fluide et amoureuse verve de la plus dreadlockée des femmes à barbe (sans rancune sœurette, si je vendrais ma mère pour un bon mot, pour un mauvais je la solde) pour parler convenablement du flot heurté de 16. Piteusement le déplore, tant il est vrai que j'aime aussi 16 bien fort, et que le ton s'impose de lui-même, autant que le ton de 16 s'impose et se compose d'un bloc, que 16 est émotion brute. Au singulier. Tout ce que 16 donne découle d'elle. Les riffs roides, encombrés, congestionnés, le débit martelé, la saturation : pas une feuille de cigarette entre ce qui est perçu et ce qui est ressenti ici. Instruments, timbre, articulation, intention, un seul et même noeud imperméablement compact : boxer, râper et violer à coups de brique.
This is the sound of ras le bol. This is the sound of VA CHIER, JE T'AURAIS PREVENU.

mercredi 14 janvier 2009

Pulling Teeth : Martyr Immortal


Mal contrôlé, mal cadré, mal armé, mal taillé, mal articulé ; et mal disposé ; très mal à vrai dire.
Juste le son de la dégoûtation, âcre sur le fond de la langue, qui se soulage en postillon et en dérapage continu, que ça finisse dans le décor ou le ridicule, advienne que pourra, certainement en peu plus d'amer et d'haleine de mort - mais que ça se déverse, qu'on patauge dans l'ordure jusqu'à la taille.

Hardcore, encore ? Oui.

lundi 12 janvier 2009

DJ WARRIO : After House


A la peur.
A ceux qui la connaissent. La vraie, la pure, le pur délice. Le frisson de 5h30, la peur panique de voir le soleil se lever, celle qui les visse à la piste visqueuse de sueur et jonchée de mégots souillés de rouge-à-lèvres et de vodka perrier, dans leurs sous-sols moites, qui les soude à la paille d'une énième vodka perrier, à piétiner bras écartelés et trop étroits pour embrasser assez, en mangeant leurs propres gencives énervées, qui leur imprime la figure d'un sourire roide, comme d'un fer chauffé à blanc, et tout pareil les saisit d'un froid immense jusqu'à la moëlle. Au ravissement, la panique, la famine, l'horreur, qui jetterait se noyer dans les bras de n'importe lequel des autres spectres, mourir, naître, à l'interminable instant où tout se confond, au grand maelstrom immobile, où il n'y a plus rien que tout, à la fois, ensemble, en soi, à en exploser de silence. A la peur d'en gober encore un et de partir en flammes plus haut encore, à la peur de ne pas en reprendre un et de partir en torche plus profond que tout ... aux Petites Heures.
A l'extase.

dimanche 11 janvier 2009

Liar : murder manifesto


Dire que je croyais acheter à l'aveuglette un truc ultraviolenvirulent, pour pits pas civilisés, H8000 crew ou je sais plus bien quoi.
Dire que j'avais tranché : pas d'autre Lamb of God, que New American Gospel.
Un rien plus tight, raw, evil, mettons ; moins de gloss.
Le cachet hardcore, ça tient tout de même parfois à peu de chose, un batteur par exemple, et quasiment du conceptuel.

vendredi 9 janvier 2009

Penthouse : unt


Ca commence, j'ouvre la porte, rock putassier, intérieur bar de mods. Pourtant, je renifle, à travers l'ambiance proprette et l'écarlate de la tapisserie, une méchante odeur de bois pourri. Cet endroit cache un truc pas net, comme des cafards sous la moquette, voyez ce genre. Le tenancier, une sale gueule, me jauge avec des yeux généreusement enfoncés dans leurs orbites, puis me fait signe d'une tête de passer derrière le comptoir ; j'ai à peine le temps de contourner le bidule que je le chope à ouvrir une trappe miteuse planquée sous un tapis de pourpre. En dessous, il me dit, il y a un étage réservé, un truc spécial, ça pourrait me plaire il ajoute. Ca a l'air humide là-dedans, je me dis en posant quelques pieds sur les premières marches d'un escalier de bois noirci par l'usure, pas une humidité de caveau, plutôt celle de la foule, une moiteur tiédasse de transpiration condensée. L'escalier est abrupt, en colimaçon, il descend vachement profond. Combien de temps je mets à le terminer, j'en sais rien, mais ça fait déjà plusieurs minutes que je suis dessus. J'aperçois enfin une faible lueur, j'en aurai guère plus pour distinguer la scène en entrant dans une cave étroite, à peine aménagée de tables, quand c'est pas quelques vieilles planches posées sur des tréteaux. La population est plutôt homme, le peu de gente féminine à traîner ses guêtres dans ce trou consiste en un ramassis de putes bourrées et de courtisanes à cinq sous de l'heure. Au fond de la salle, un satyre, Stetson, lunettes noires et gilet de cuir est en train de brailler des insanités sur Dieu, les hommes, la femme, dans un blues bleuâtre, boueux mais solennel. Les zicos ont des gueules bizarres, genre têtes de Jesus et de lézards, je jurerais les avoir déjà vus quelque part...
Et puis alors bon, on commence à se sentir bien, les lèvres doucement étirées d'un vague sourire d'euphorie, dans le confinement de cette chaude puanteur d'alcool, on pourrait rester là à se balancer éternellement, avec ce type qui n'arrête pas de brailler, nous préservant de tout écroulement d'anesthésie éthylique, ça, plus ce tiraillement soudain sur mon blue jean : une traînée traîneuse, vautrée sur le plancher, le sourire gourmand et l'œil glouton, tente de m'escalader le mollet dans un élan que le whisky lui rend pénible, avec sans doute au vu de son regard biaisé, l'intention de me déharnacher la tunique ; je ne bronche pas, je laisse faire en me balançant tranquillement, ça fait trop longtemps, le chien soiffard que je suis aurait-il trouvé son paradis ? Plutôt l'enfer, vu l'atmosphère d'étuve et l'ambiance décadente de bordel pompéien. Elle agrippe enfin le ceinturon, c'est pour bientôt, je sais pas si c'est ça ou la chaleur, mais mon cerveau est en ébullition ; à quelques tables de là, deux gras-doubles s'en disputent une autre, j'm'en fous, moi je suis servi dans pas longtemps , ah ça y est elle a défait le truc, le type cornu braille toujours, les messies et autres sauriens poursuivent leur raffut, ça commence à chauffer sérieux, ici, sur scène et à la table d'à côté, je suis presqu'à poil quand l'un des gras-du-b' balance la premiere bouteille vide, au dessus de ma tête... Oh merde. Si près du but. La seconde d'après c'est l'émeute, l'orcherstre s'emballe et moi je perds ma catin de vue dans une foule mâle mal rasée, commençant à sérieusement suffoquer sous cette pression qui vient saturer l'air déjà fortement chargé de sueur et d'alcool. Plus question de catin, plutôt sortir sa peau de ce trou ; plus question non plus de remonter, là ou je suis je ne distingue plus l'escalier ; quelques messieurs m'écrasent dans leurs élancement furieux et pugnaces, je sens le plancher flancher dangereusement sous mon poids additionné au leur, ma sortie c'est peut-être ça, creuser, descendre plus bas encore, mon salut, mon paradis, au fond du trou...

jeudi 8 janvier 2009

Holyghost : Holyghost


Les primates qui échafaudèrent Souls at Zero et Enemy of the Sun, si on y regarde, étaient déjà vachement sophistiqués, limite raffinés. Enterrer ses morts, barbouiller des machins qu'on a jamais contemplés sur les parois de sa grotte, t'as vu. Quand l'orage tonne et badaboume, c'est genre ils exultent avec lui, ils font des choeurs de rustauds, lui rendent des grâces.
HF, lui, c'est tout juste s'il lève un regard courroucé de sous la corniche qui lui sert de sourcil, et un poing mal embouché, mais surtout il déguerpira bien promptement sous un rocher plat - non sans emporter avec lui un pilon d'une quelconque rencontre de hasard pour s'occuper le temps que ça passe.
Le hardcore, plus vieille musique du monde ? Et quand bien même ? Ça vous surprendrait ?

I'd rather swallow razors
Than repent.

Ave Sathanas

Mes bien chers frères et sœurs, que vos cœurs se réjouissent; c'est un éminent membre de l'Église du Principe Actif qui vous vient donner l'homélie en ce jour de fête, et en vérité je vous le dis, sa grave bogossitude est presqu'eclipsée par la sûreté de son goût. Il lui est arrivé de faillir, comme les meilleurs seulement, réservez-lui un accueil des plus chaleureux, et louez-le avec de grandes louanges.


Slagmaur - Skrekk Lich Kunstler

Ce qui attire en premier, c’est la jolie pochette. Et puis ça commence mal. Ça commence très mal même, avec cette première chanson qui me fait dire que je me suis trompé sur la marchandise et que je suis tombé sur un de ces énième groupe de merde de «deep depressive suicidal gnagnagna mon cul sur la commode black metal ». Merde, la pochette était super pourtant. Et l’intro carrément bandante. Mais à écouter de plus près, certains détails nous font quand même douter d’avoir affaire à l’un de ces groupes inutiles. Comme cette boite à rythme inlassable programmée en boucle sur le même rythme, ces guitares abonnées aux dissonances Blutausnordesques et surtout cette ambiance assez particulière qui ne demande qu’à être creusée encore plus. Et après on comprend, lorsque arrive cette 2ème piste, fantomatique, maladive et lunaire, on comprend tout le potentiel du truc. En fait on a présentement dans les oreilles la bande son black métal du Fantôme de l’Opéra version asile d’Arkham. Et dans cette version, le Fantôme serait un sataniste qui aurait dépecé le Persan et le Vicomte, transformé la cantatrice en poupée asservie accro à l’opium pour finir par la noyer dans les égouts. Ça fait penser un peu à The Ruins of Beverast mais, et surtout, à du Blut Aus Nord qui aurait oublié de réfléchir. La fin de l’album arrive et là je me dit que je ne m’étais pas trompé, en me basant sur la pochette (qui est super classe soit dit en passant).

Doktor Null

mercredi 7 janvier 2009

Necroblaspheme : Destination : Nulle Part


A la poursuite de l'insaisissable, douzième : action !
J'ai cru lire ici ou là que Necroblaspheme jouait du brutal death - peut-être à cause d'un premier album assez peu bouleversif, du peu que j'en ai tâté. Sur ce "second effort du combo", comme on dit lorsqu'on est chroniqueur ... je vois pas. Bien sûr que c'est brutal, c'est du death mon mignon, mais à ce train-là on va finir par dire que Krisiun c'est du brutal death, allons allons ... Necroblaspheme joue en toutes simplicité et honnêteté du death metal popote, sans faire des pieds et des mains dérisoires pour gagner le précieux label old school juste parce qu'il faut l'être si l'on n'est pas du côté de l'ultratechnique supersonique.
Votre ignare de serviteur a même réussi à penser, dans le fatras dépeuplé de ses références, à Entombed, sans qu'ils ne fassent rien de ce qu'on a coutume de faire pour s'attirer la très conventionnellement convoitée comparaison ; juste pour vous dire à quel point c'est juste purement du death metal dans son essence bonhomme et ursine, avec une à peine tangible mais busquée touche d'aujourd'hui. Est-ce que cela ne suffit pas déjà ? Quoi - me dites pas, non ... vous aimez pas le death metal, c'est ça ?

Un texte absurde et vain de plus ? Sûrement, je n'y connais rien en death, je prétends juste, parce qu'un disque c'est aussi (violons discrets) quelque part une rencontre, vous faire partager ce qui m'a attiré puissamment vers ce disque et m'en fait irrésistiblement pincer pour lui.
Un nom qui claque, du death metal sincère comme une seconde nature, sans trompe-couillon, juste délicatement (délicatement ? Necroblaspheme ? si j'en étais à une connerie près ...) auréolé du mystère séducteur d'un titre qui fleure suavement (vous voyez ce que je vous disais ?) une science-fiction gauloise désuète de poésie, et un artwork aussi figeant et fascinant que les merveilleux bruitages Alien qui ouvrent et ferment le disque.
Certains, je veux le croire, s'y laisseront piéger.

Datach'i : Mmale and Ffemale


On reconnaît l'accident bête à ce qu'il arrive bêtement.
Il a suffi d'un i-pod qui lui gazouillait du LFO dans les oreilles pour qu'un laborantin désinvolte pète le tube qu'il venait y ranger dans la chambre froide où l'on entrepose tous les bacilles, nodules galopants, gènes dominos de Jacob et autres fripouilles aussi microscopiques qu'elles sont morfales ; celui qui contenait l'hémoglobine S, à ce qu'on dirait. Remarquez, ça ne fait plus grande différence à présent, dans le vaste congélo plein de verre brisé qui n'avait jamais été à pareille fête.
Notez, sous un certain angle, c'est beau, de pureté, cette terreur liquide qui tente encore de se manifester dans les derniers lambeaux de sa désintégration grotesque.
Enfin ...

mardi 6 janvier 2009

Krystal System : Underground


La version néo/ATR de Die Form.
Qui en veut ?

Dupont : Intermezzo


Dieu mais que c'est PUTASSE - ah merde, je crois que je l'ai déjà dit ça ... Oui mais c'est tellement PUTASSE ... Sur les trois premiers morceaux ça touche au sublime. Patton + Lindemann + Eldritch + Digital Factor + Depeche Mode + eurodance. Ghostdance, c'te mashup New Order/Europe dans une église pleine de goths ... Qui n'ouvre pas ses bras en lascifiant d'u pelvis crispé est un pisse-froid irrécupérable.
Ensuite, ça vire plus benoîtement à la très délicieuse soirée Kinky sur la Côte d'Azur, Laibach DAF et Vangelis sur la guest list, pumping fetish moustache hardhouse aux platines, Annie Lennox à la D.A, et refoulées à la porte ces gourgandines d'Apoptygma Berzerk, VNV, And One, Covenant, Oomph : le physio s'appelle Douglas, ses amis l'appellent Doug, il a pas d'amis.
Putasse comme l'amour.

Never mind the pain you will feel
Never mind the price you will pay
Only watch the soul I will steal
You'll be forced to stay here and pray ...
Get down on your knees
Please me please me

Shipwreck A.D : Abyss


Sont-ce les riffs qui sont metal, et l'ambiance hardcore, ou l'inverse ? Serait-ce le chant, qui est hardcore ? Aussi bien il est à la limite du Van Drunen et autres proto-growls tuberculeux. Du moins y a-t-il des structures. Sans aucun doute. Des chansons, peut-être même. Pas convaincu d'avoir envie de les distinguer. Je préfère me laisser perdre hors de tout repère dans cette chose nocturne labyrinthique et bourbeuse comme Starkweather, médiévale comme Ringworm, sinistre comme Integrity - et rugueuse comme du hxc bien urbain. Et finir à chaque fois brusquement recraché par la tourmente, sans trop savoir pourquoi épargné ou rescapé du féroce bouillon de la matière en guerre, de cette espèce de pit élémental. Ah bah tiens, du coup je viens de piger l'artwork post-truc à premier abord incongru de Bannon (faut voir le livret pour comprendre, et saluer l'absence à l'horizon de crânes et de mouettes) : désolé, je fais pas exprès.
Y a pas, qu'est-ce que c'est beau le hardcore ; toucher à sa part minérale, tout ça ...

Swans : Filth


Filth, la crasse, rien que ça. La putain de crasse amassée dans sa putain de vie, celle qui fait grincer des dents, ces putain de dents qu'on serre pour chaque coup reçu, ces putains de coups reçus, qu'on encaisse toute sa putain de vie, avec en prime toute la rancœur et la haine qu'on essaiera de refourguer au prochain connard venu, et qui font montrer les dents, ces putains de dents, et cætera.
Orchestration disharmonique pour plombage dentaire, rituel scum rock masticatoire, Filth, malgré les apparences, ne facilite pas le transit. Filth est un tord-boyaux au sens premier du terme, qui vous brûle les gencives à l'ingestion et tout le reste pour la digestion. Basse intestinale, guitares ulcéreuses, et un certain Roli Mosimann qui martèle des rythmiques sorties de nulle part, genre brutal tribal en mode coup de massue dans le bide. Point d'orgue, Michael Gira vomit ses tripes en nous faisant admirer ses belles mâchoires, tu pourras toujours tenter d'y mettre les doigts, mais, sois-en sûr, il te les rendra pas.

lundi 5 janvier 2009

Dälek : Gutter Tactics


Il approche. La tension monte. Autant faire marner un peu les quelques puristes qui patientent encore, ils se font rares et ne déméritent pas - ce n'est que redoubler leur plaisir à la fin de l'attente, après tout. Et ceux qui l'ont écouté n'auront jamais pu croire que je me contenterais du plaisir d'un bon mot, pour me priver de celui de m'égarer en plein d'autres.
J'ai dû dire quelque part, après deux écoutes, qu'on tenait la concrétion d'Abandoned Language et Absence. Puis je me suis dit que ma langue de visage pâle avait encore été trop preste et précipitée.
Après trois écoutes aujourd'hui, je me dis qu'elle est toujours aussi sûre, de l'instinct de son œil aveugle.
Gutter Tactics, le titre seul annonce impavidement l'intention, est un monstrueux mirage de jais, qui obnubile le temps aux filets liquides de son iridescence prédatrice (obskür, n'est-il pas ?) ; joue et jouit de sa viscosité ; lèche son pouls ; le leste et le moleste. Pas d'enchaînement de grand maître, Tarnished/Subversive Script, et pourtant il parvient à être peut-être encore meilleur qu'Abandoned Language, encore plus sournois assurément, tout comme il est à n'en pas douter plus deadly qu'Absence. Une fantasmagorique araignée, ce qu'est ce groupe en train de devenir grand, très grand, du genre préoccupant, un complot inextricable contre ta prise, sur les choses et ta conscience.

Hebosagil/Viisikko


Sans doute est-ce parce que j'aime le sludge que tant de disques de sludge me fatiguent ; et que je suis toujours ébouriffé d'un mélange réussi de stoner et de sludge.
Quel plénitude, quel pied à en croasser ce doit être, tout de même, d'être une généreuse bennée de goudron à fondre au soleil.

Lydia Lunch : 13.13


Lydia Lunch la venimeuse. Les mots glissent de sa bouche, dans un timbre strident et acéré. Lydia, la veuve noire, égérie de la No Wave, une femme de bruit aux fréquentations peu recommandables, Birthday Party, Jim Thirlwell et Thurston Moore en ligne de mire ; Lydia, l'oracle délurée, auteur de nombreux spoken words, une femme de lettre, elle aurait aussi écrit des bouquins! Pour compléter sa production prolifique, on ajoutera qu'elle a aussi tourné des films de boule pour Richard Kern, notamment avec l'ami Jimmy, et qu'elle a occasionnellement élaboré quelques scénarios pour comics underground douteusement goûtus.
Et donc, quel avenir après Teenage Jesus and the Jerks et Beirut Slump (deux groupes dont j'ai déjà causé par ici, roule plus bas pour voir)? Un vrai bordel pour tout dire. Une floppée de groupes sans lendemain, des partouzes avec Birthday party, des collaborations et projets solo à la pelle, j'avais d'ailleurs à l'origine surtout entendu parler de ses orientations jazzy, mais comme pour moi le jazz, si c'est pas Mick qui blaste et John qui couine, y a peu de chances que ça me plaise, ça a reporté mes envies de découvrir la belle à des lendemains tardifs ; et puis il y a ce disque-là, fatal. Batcave punitive et gothique indécent, Lydia de cuir en dominatrice, ou nue et soumise, et toi, vice et râle, qui bave à ses lèvres, attaché au radiateur comme si ta vie en dépendait - d'elle, pas du radiateur, connaud. Basse caverneuse, guitare hantée, soubresauts no-wave, batterie monolithique, et la divine pécheresse qui pose ses scansions de diva junkie sur cet ensemble d'une noirceur magnifique, tantôt terrifiant - écoute-moi donc ce snakepit breakdown, ses cordes gluantes et froides qui te dégouline dessus et te pénètre par tous les pores et orifices - tantôt sensuel - This side of nowhere, du Cocteau Twins en mode rockabiroute langoureux et humide à tomber la braguette - tantôt beau à pleurer - Suicide Ocean, un titre qui parle de lui-même, je vais pas t'en rajouter des couches non plus . On pourra aussi noter Lock your Door, qui ressemble à une version Natural Born Killer du come together de Béatlesse, magnum et tatouage de serpent à sonnette compris. Venimeux on t'a dit ! Sans oublier le reste, pasque ce disque ma brave dame c'est du sans faute de sang foutre, trop bon, trop court, alors on le met en boucle encore, et encore, jusqu'à ce que l'addiction l'emporte dans la tombe. Venimeuse, la Lydia Lunch.

dimanche 4 janvier 2009

Sia : Some People Have Real Problems


Dites-moi pas que j'étais le seul à pas être au courant. Dites-moi pas que ça vous a pas fait pareil la première fois que vous avez entendu la voix - une envie irrépressible de manger du chocolat et du caramel. Que vous avez pas imaginé, pour chanter sur ces arrangements qui marbrent le meilleur du sucre de la soul U.S vintage au meilleur du beurre salé de la nu-soul trip-hop uk-garage machin britonne, une sorte de bonsaï de Martina (Topley-Bird, tronche d'ail ...), menue et rudeboy à la fois, à la Lady Dynamite, dont d'ailleurs tout comme Sia j'ai appris à repérer le nom sur les compils 2-step de ma grande époque clubber de pointe, il y a bien longtemps. Pour poser son flot nasillard et moqueur sur ce genre de tracks spasmodiquement suggestifs, elle ne pouvait qu'être un genre de version Adidas de Jocelyn Brown.
Je ne sais pas si quiconque peut bien imaginer la délicieuse surprise des retrouvailles des années après, qu'est-ce que t'es devenue, oh on te fait des albums de chanteuse à présent ? Classe, nénette, ça le fait, donne voir ? Putain, tu te fais pas chier, grosse, c'est du méchant arrangement couture, ça, tout en soie et en sel subtil, congrats' ! Tout à fait ce qu'il fallait, ça tombe parfaitement sur ton brin de voix qui m'a toujours serré le cœur, tu le sais, petite sœur.
Mais surtout, je sais pas si vous pouvez comprendre, vu que vous l'avez sans doute rencontrée dans Six Feet Under, la surprise quand j'ai vu sa tête, à la mioche - on s'était toujours parlé par sound system interposé, voyez, Internet était pas aussi naturel qu'aujourd'hui alors ...
C'est une sacrée môme, la sister.

Vandal X : All Lined Up Against the Wall


Cursed, Arabrot, Unsane, et les autres. Tous ces hasa, ces foireux, ces minets qui se sont mis au post-rock. Contre le mur, amenez-les. Qu'ils fassent donc sous eux en rêvant qu'ils vont avoir seulement la chance de finir en une rafale. On va même pas gaspiller une balle. On va se la donner, ça par contre.
Ceux qui baveront encore que je racole, aussi, tiens. Contre le mur. C'est l'heure des réveils difficiles, dans la peau d'un boîte de Canigou.
C'est l'heure de la curée.