samedi 3 janvier 2009

The Cure : Disintegration


Des disques failles spatio-temporelles, on en connaît tous. Celui-là est le pire. Parce tout simplement qu'il est de surcroît LE disque de rupture. L'album harassant, interminable comme les cauchemars-mêmes ne savent l'être, comme seule peut l'être la réalité, quand elle passe comme une fleur en mode pandemonium galore. Quand tout se mélange en horreur et schifezza suaves. L'album qui avec une sirupeuse beauté à qui l'on n'a jamais su dire non, met la tête dans le dépotoir de nénuphars putrescents, fait perdre la notion, rupture passée, rupture à venir, rupture toujours, rupture partout, échec et perte, fracas, substance brisée et répandue, le marécage au parfum capiteux vicié, celui qui toujours nous fera tomber pâmé, où le plus beau est toujours le plus putainement douloureux et condamné, et toujours un souvenir - cette chose toute en lames de toutes tailles. Avez-vous jamais regardé de près un souvenir ? C'est mielleux et florescent comme une femme, et c'est une vraie scierie cyclopéenne comme elle. Ça vous guette depuis l'avenir, le passé, le tout juste passé, le tournant, c'est le Dévoreur. Efface ta mémoire, quel que soit le coût ; ou noie-toi.

Cette bafouille est un peu pourrie ; elle a été rédigée en écoutant du beatdown. C'était peut-être la meilleure solution. Faut que je pense à ma santé, aussi.

5 commentaires:

Raven a dit…

aaaaah putain... faille spatio-temporelle, oui ! mille fois oui ! clap clap clap... tu viens de traduire ce que je cherchais à cafouiller chaque fois que je le réécoutais, ce truc qui me fait mal au bide et qui me berçe grave en mm temps, l'image du marécage tu pouvais pas y couper, argh ce sentiment, c'est pas comme avec les autres (Faith, Porno ou whatever) que je surkiffe mais qui me laissent pas une sensation de nostalgie aussi intense (a part A forest, mais je sais pourquoi), là je suis dedans, le truc est vécu, intime, et finalement j'étais qu'un gamin, ouais, putain, qu'est-ce que je donnerai pas pour avoir pu naître dix ans plus tôt; la nostalgie à son summum, confortable mais on sait que c'est pour un instant, l'instant d'une danse; qu'une fois sortie la tête de l'eau on se retrouvera dans ce présent de merde, où il fait froid et où y'a pas de synthés nénuphars et où la pluie est moche, moi ce disque je vais dire une connerie mais je le trouve chaud, caressant, alors que dans le tryptique on se les gèle, c'est la forêt ou le squat décrépi, moi je suis mieux avec les nénuphars; c'est ptetre même le seul Cure vraiment confortable tiens (allez, avec The Top un peu), celui où je peux m'assoupir sans avoir peur ou froid, et pourtant il sait te faire morfler aussi sûrement que du Faith quand il veut, mais jamais ça n'écorche, c'est moite... non pas moite: nuageux, brumeux, embrouillardé, embué... je m'emporte ça y'est; celui-ci c'est ma couette, mon jardin, c'est comme la chapiteau sous les draps quand t'es gamin, avec la lampe torche, t'es bien, au chaud, enfant, retour, passé, on parle pas encore de l'autre chapiteau, on parle des rêves, on fait de la douleur un conte; et ce foutu sentiment hypernostalgique j'y reviens, je vais te dire moi, c'est un peu comme revoir des vieux dessins animés qu'on mattait gamin et avoir la larmiche, mais puissance 1000 - petiiiite automobilllee tu parais si fragiiiiile (sur same deep water surtout, perso, qui me donne l'impression d'avoir eu 20 ans en 89... oui, je suis sérieusement à la masse); par contre les libellés, j'aurais applaudi avec mes cinq membres si y'avait eu que chloroforme (et ammoniac, à la rigueur, mais un libellé limon serait mieux assorti au côté marécageux du disque, que ce dernier assez logique mais fâcheux, qui entâche la beauté du disque en me renvoyant l'image de ruminants déféquant, ou d'une flatulence, parce que méthane... c'est une insulte ? Mon Disintegration sent la bouse de vache ? désolé je fais chier (ahem) mais y'a des souvenirs avec lesquels ont déconne pas; en plus tu l'écoutais à 12 ans toi aussi, toi même tu sais.

rvn a dit…

putain, j'ai envie de le réécouter, salaud; je vais m'atteler à un torchage de chro si ça continue;

gulo gulo a dit…

c'est pas du méthane que dégagent les cadavres ? bref ; confortable ? assurément, soyeux, même, de cette matière dont on fait si je ne m'abuse des cordelettes d'étrangleur ; soyeux et assassin comme une femme - confortable ? comme un bain de chaux vive ; le morceau titre est sans discussion une des choses les plus violentes jamais entendues (à part une femme, bien sûr), prayers for rain est disloqué de haine morose, same deep water est plus empoisonné que n'importe quelle solution létale, last dance est aussi glaçante que l'humiliation d'une agonie solitaire que nulle ne remarquera, quant aux deux morceaux de fin, ils soupirent si joliment après la balle dans la nuque qu'on la leur accorderait tendrement comme à un enfançon

Raven a dit…

confortable comme un cauchemar sans fin, na

Raven a dit…

oui mais non, mais oui, aussi sûrement que je morfle en l'écoutant, aussi sûrement je peux m'y lover, comme on se love dans les bras d'une femme eheh, oui, dailleurs c'est se jeter dans la gueule du loup; ou dans des souvenirs douloureux, ta description colle limite plus avec Pornography je trouve, Disintegration lui se paye des moments aérés, un titre sur trois grosso modo, et il est pas tout noir tout rouge, c'est plein de couleurs là-dedans, c'est tissé de fils de paradis & d'enfer entremêlés, c'est comme un pornography-faith-seventeen en technicolor, et c'est le fuckin' jardin de Robert, où l'ont peut glaner le fruit assassin sous toutes ses formes; après je ne discute pas la charge de poison et tout l'attirail féminin (pour l'humidité aussi), c'est la tout le paradoxe de cet album, et aussi pourquoi j'en ai envie autant que je le redoute - va ptetre falloir s'avouer maso, à un moment donné, qui sait