jeudi 1 janvier 2009

The Cure : pornography


Oh le beau cliché. Oh le gros. Le plus cliché de tous les clichés. Le disque à qui on pense forcément quand c'est pas tout à fait ça, quand "on fait aller" est déjà une réponse surhumaine, parce qu'il paraît tellement cliché et gros comme une maison et complaisant, et qu'on se dit après faudra pas te plaindre de pas l'avoir cherché, ton bad vomitif. Parce que, quand on finit par se laisser aller à le mettre, on le prend évidemment et sans faute en plein foie. Parce que, je l'ai déjà expliqué pour ceux qui n'ont pas eu l'insigne honneur de faire un cursus littéraire, un cliché se définit avant tout par une dose mastoc de vérité à la base de tout, comme celle d'un pilier. Une vérité énorme, visible à des kilomètres, c'est dire si on le sent passer quand il finit sa course dans votre bide, le pilier. Parce que ce disque est vrai comme un cliché. Imparable, vrai avec toute le simplicité que ça suppose, l'honnêteté que cette dernière-même suppose. Brutal, sans détour, sans chichis, sans faire la part des choses, sans garder par principe de précaution ou d'optimisme la brêche, la possibilité d'autre chose, d'une ouverture, de la lumière, de l'erreur. Péremptoire comme l'absence totale de force de croire, de croire autre chose que ce qu'on sait, a toujours su, a toujours été miné par, a toujours crevé de savoir. L'échec, de tout, la vanité, sous le soleil, de tout ce qu'on pourrait croire de soi. Tas de boue sanglante, flaque de douleur épaisse, d'humeur noire, de vie répandue au soleil terne.

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