vendredi 16 janvier 2009

Et puis surtout ...

... Ici, on peut se foutre à poil, et se trouver beau. Parce qu'on l'est ; puisque les vêtements, j'espère que vous le savez : ça sert à rien. Nous qui le savons, nous serons beaux pour l'éternité.

Megadeth : youthanasia

Je vous ai déjà parlé de Love Me Forever, il me semble. Je ne vous aurais pas parlé du reste de l’album – parce que le reste on s’en fout ; c’est du bon c’est entendu, mais il y’a un Soleil en plein dedans qui aveugle et irradie tout. A Tout Le Monde, c’est pareil. Je pourrais me faire mille fois Johnny Angel pour revivre ne serait-ce qu’une minute de ce jour où je l’ai entendue la première fois, sur le cul que j’étais, de pas comprendre comment un tel boulet avait pu lâcher comme ça en plein milieu d’un album heavy metal gros son pareille beuglante lovely. Peut être qu’il fallait un boulet de ma stature pour comprendre ça, pour me sentir aplati devant ça, tremblant comme un agneau. Peut être qu’alors, n’ayant pas encore piqué la verve insolente de Gégé j’aurais marmonné un truc du genre « uuuh, c’est beau » avant de baisser les yeux de gêne artichaut. Gare au boulet, gare à la tartasse qui menace sous cette tendre carcasse. Gare au génie qui s’est payé un bail dans cette tête de quiche lorraine. Dave Mustaine n’est pas Lemmy. « Bwwweuah, sans blague Jean-Jean – t’en as d’autres dans le style ? » J’ai mieux pour toi mon ptit Jeannot : Dave n’est pas Dieu. Dave n’est pas le Pape ; ça n’est même pas un apôtre. Dave n’a pas d’église, mais un mobil-home peint en kaki. Dave n’a pas de veston cherokee de bel aloi – mais un T-Shirt Orange Mécanique pour épater les filles. Dave n’est qu’un gros blaireau. Dave Lorraine. Un sale parvenu, un ex-dans le coup roulé dans la farine par sa team du bon vieux temps qui en parallèle à la carrière oscarisée de ses traîtres d’anciens potes a tissé la sienne pour la leur mettre bien profond jusqu’à la barbiche – à ces enculé de thrasheurs grimés à la hâte en faiseurs de slows pour gonzesses. Un ringard de rouquemoute aigri gerbant – un vieux de la vieille du metal à qui on ne la fait pas, pourtant, et qui même d’un timbre putassier à mort et d’une moue de canard qui chie des clous, aura toujours plus de sincérité de classe et de vérité en son sein que tous les Hetfield du monde. Dave est capable d’envoyer du gros bois tête dans le guidon, et capable de bien pire quand il lâche la course au meilleur des deux. Dave est un mec honnête, et quand il se décide à faire une ballade ce n’est pas pour faire cosmétique – ça sera LA ballade, mon Jeannot, celle qui te mettra à l’amende toute cette bande de cow boys moisis tout juste bons à citer Lovecraft pour briller en société. Dave a pas besoin d’être un horseman, ni de s’inventer un nom – il a une enseigne unique, et toutes les poses Ray-Ban + Romeo Y Julieta du monde pourront rien contre son charisme Samuel Le Bihan 100% pull over blairal pâté de jambon Hénaff. Dave a pas besoin de bourrin ni de barbe : il a une Subaru – décapotable s’il vous plé, un after shave dûment jalousé, et sa chevelure rouquine au vent, son teint de fesse sous le zénith, nous assène un terrible adieu, celui que seul un beauf de son envergure pouvait lancer à la fratrie, sans baisser la tête de honte, oooh que non – balancer toute la mélancolie cousue main des ringards de ce monde dans les couplets (in a Blackie Lawless way) et se fendre d’un refrain à la Capdevielle avec l’assurance implacable des beaufs : A TOUT LE MONDE, A TOUS MES AMIS : JE VOUS AIME, JE DOIS PARTIR.

Megadeth c’est pas beau ; et c’est pour ça que c’est beau.

Jean-Jean

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