mercredi 21 janvier 2009

The Gates of Slumber : Suffer no Guilt


J'ai pour cet album une tendresse grandissante en passe de devenir douloureuse. Il est peut-être plus myopathiquement doom que bien des majestueusetés qu'on connaît. Parce qu'il a, certes, quelque chose de déjà pas négligeable pour s'attirer un capital sympathie dodu : ce côté foncièrement approximatif, torché par-dessous la jambe en trébuchant, et content de soi. Mais pas, hélas, la pointe de génie pour faire précipiter les mignonnes bonnes idées qui clabaudent dans cette nonchalante flaque en grandiose et en foudroyante classe vautrale. Du coup, certains passages sont juste vaguement pitoyables, ou pire transparents ; et le frisson à l'impact de ce membre flaccide est encore plus triste et accablé que ne le veut l'exercice. Dure est la réalité, plus dure la fatalité.
Que reste-t-il, lors, dans le désert de cette essence de toute grâce ?
Un bel album de branlos 70's en cheveux, de desperado qui n'a plus même la force de supporter une autre montée, une voix lavasse qui a la lumière mais pas l'ampleur, réjouissamment pas convaincue de sa propre misérablitude, mais encore trop tristouille pour faire flamber un stoner décent sur une sorte de RevBiz qui ne ferait pas 2m10 sous la toise et qui ne saurait pas Shakespeare, de Count Raven écroulé d'un rire mou, de Warning trop débile du coeur pour s'empoigner la vraie tige de toutes larmes, avec un niveau de solide brêle en équitation.
Cet album, c'est cet ancien camarade de lycée indéniablement coolesque mais trop effacé pour être populaire ou seulement véritablement remarqué, et dont personne n'aura jamais su l'avorton de romantisme empoté, ce salsifis tiède qui avait parfois des rêves d'être torche mais jamais les moyens. On a un drôle de pincement en repensant à lui, quand des années plus tard inopiné l'on ressent son amère ironie.
Aux grandes peines des petits minables. Vae victis.

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