lundi 5 janvier 2009

Lydia Lunch : 13.13


Lydia Lunch la venimeuse. Les mots glissent de sa bouche, dans un timbre strident et acéré. Lydia, la veuve noire, égérie de la No Wave, une femme de bruit aux fréquentations peu recommandables, Birthday Party, Jim Thirlwell et Thurston Moore en ligne de mire ; Lydia, l'oracle délurée, auteur de nombreux spoken words, une femme de lettre, elle aurait aussi écrit des bouquins! Pour compléter sa production prolifique, on ajoutera qu'elle a aussi tourné des films de boule pour Richard Kern, notamment avec l'ami Jimmy, et qu'elle a occasionnellement élaboré quelques scénarios pour comics underground douteusement goûtus.
Et donc, quel avenir après Teenage Jesus and the Jerks et Beirut Slump (deux groupes dont j'ai déjà causé par ici, roule plus bas pour voir)? Un vrai bordel pour tout dire. Une floppée de groupes sans lendemain, des partouzes avec Birthday party, des collaborations et projets solo à la pelle, j'avais d'ailleurs à l'origine surtout entendu parler de ses orientations jazzy, mais comme pour moi le jazz, si c'est pas Mick qui blaste et John qui couine, y a peu de chances que ça me plaise, ça a reporté mes envies de découvrir la belle à des lendemains tardifs ; et puis il y a ce disque-là, fatal. Batcave punitive et gothique indécent, Lydia de cuir en dominatrice, ou nue et soumise, et toi, vice et râle, qui bave à ses lèvres, attaché au radiateur comme si ta vie en dépendait - d'elle, pas du radiateur, connaud. Basse caverneuse, guitare hantée, soubresauts no-wave, batterie monolithique, et la divine pécheresse qui pose ses scansions de diva junkie sur cet ensemble d'une noirceur magnifique, tantôt terrifiant - écoute-moi donc ce snakepit breakdown, ses cordes gluantes et froides qui te dégouline dessus et te pénètre par tous les pores et orifices - tantôt sensuel - This side of nowhere, du Cocteau Twins en mode rockabiroute langoureux et humide à tomber la braguette - tantôt beau à pleurer - Suicide Ocean, un titre qui parle de lui-même, je vais pas t'en rajouter des couches non plus . On pourra aussi noter Lock your Door, qui ressemble à une version Natural Born Killer du come together de Béatlesse, magnum et tatouage de serpent à sonnette compris. Venimeux on t'a dit ! Sans oublier le reste, pasque ce disque ma brave dame c'est du sans faute de sang foutre, trop bon, trop court, alors on le met en boucle encore, et encore, jusqu'à ce que l'addiction l'emporte dans la tombe. Venimeuse, la Lydia Lunch.

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