lundi 30 mars 2009

Premier flingue

Suffisait d'aller le chercher, au fin fond de sa jungle, comme John R.


Monster Magnet : 4-way diablo

Effectivement mon Gérard, c’est un bon MM qu’on a là, et j’ai eu tort de l’ignorer. Notez que les initiales ne font pas référence à Macha Méril (ou Marilyn… Monroe) mais bien à ce groupe que j'ai découvert en voyant cette face de chausson cramoisi de Richard Berry faire sa choré fendarde de Frollo sur Space Lord, et que j’ai tant aimé avec Superjudge et le best of dans lequel on glane Bummer et Black Balloon en vrac avec leurs morceaux les plus Tungstène et Axe For Men genre Melt (ceux de Dopes ouais, mais God Says No aussi, en fait, j’ai retesté et elle le fait quand même pas mal, cette pute aguicheuse), Powertrip et Spine Of God dans la mêlée.

En gros, ce Diablo, c’est un peu comme le dernier Motörhead, you know the formule, en reproportionnant tout ça à une échelle Wyndorfienne (un blaireau que j’ai toujours trouvé moins attachant que Dave Lorraine ou Paic Axl, au passage, alors qu’il a un timbre à la hauteur des flammes de son pantalon) on peut donc dire : un bon Monster Magnet, mais un Monster Magnet quand même, avec son charme immédiat et sa redescente d’orgasme qui va avec. Sauf que, de série avec MM, ça veut tout dire et pas grand-chose, puisqu à bien y regarder chacune de leurs galettes à sa personnalité marquée et l’expression de ses tintements qui lui est propre (ça c’était juste pour faire mon malin) ; et sauf que, surtout, SAUF QUE, y’a un morceau dedans qui te fera l’acheter direct, toi amoureux transi de l’amour exprimé sans détours, qui comme moi aime à se repaître des cicatrices exhibée par les anciens, et qui m’a collé un gros coup de canif dans les intestins illico, et que je suis choqué de n’avoir point vu mentionné une seule fois par mon Gégé, au profit d’un Cyclone dont les deux premiers titres de l’album n’ont à mon avis rien à envier : I’m calling You. Ou la version vieux rocker désabusé de Right where it belongs… coupée avec du Infernal Love pur jus, plein d’amertume, de dégoût, de regrets, de désir brûlant d’en découdre avec la bête une fois encore, de retourner dans la tombe ; la tombe entre les jambes, voilà, et de souffler d’une voix de fauve blessé « I'm living your night and you my day »... si ça c’est pas avoir le sens de la formule, je veux bien me faire goéland. Une putain de chanson à côté de laquelle on peine à se concentrer pour les envolées purement insouciantes, les giclées de hardos libérées en feux d’artifices que sont Wall Of Fire, Solid Gold ou le très T.Rex 2000 Lighhtyears from home, l’espèce de petite sucrerie mi Red Hot’ mi Bon Jov’ Slap In Your Face, ou le traditionnel trip psyché-oriental avec Freeze And Pixelate, qui porte en lui les échos bien perecptibles de la boucherie qui advint deux pistes plus haut… des titres sensass oui, mais voilà, le jeune est aveuglé par une Lune rouge, tandis que le vieux prend son pied sur les Etoiles, et nous avons tous les deux raison, parce que nous sommes des hommes de goût. Les cicatrices, oui. Les blessures de l’âge qui résonnent entre les lignes, oui. La pléiade de standards exaltés et exaltants qui gravite autour de la boyasse à nu, encore oui. Cette outro traditionnelle suffisamment explicite, oui aussi. Mais osef, pasque I’m calling you. Osef, parce que « Please let’s have our love again »… Le seul morceau qui me fasse vraiment penser à une expression de survivance pure et dure, en fait, dans cet album de vieilles canailles.

Jean-Jean

dimanche 29 mars 2009

Monster Magnet "Cyclone"


Bon dieu, ce morceau ... J'ai pas compris les paroles de trop, mais c'est pas grave. Ce riff, bordel ... Chair de poule et griserie assurées. Bon sang ne saurait mentir. Sa lignée m'a déjà donné "If the world was flat" (Grief), "Strange horizon" (RevBiz), "E.S.T." (Alien), "The end" (Cure), et elle a du sang de Godflesh c'est une chose assurée.
Déjà rêvé de vous sentir pousser des fusées au cul, de les sentir vous arracher au plancher des vaches, vous épingler au ciel en vous appelant Madame, et exploser de lumière au ralenti plus haut encore ? Vos sensations geler tandis que votre cœur éclate? Déjà rêvé de rejoindre la compagnie des astres ?

John Zorn : the crucible



"Techniquement" (urg, hein mon âme ?), c'est rigoureusement la même chose que d'habitude. Un sanibroyeur vocal qui fait n'importe quoi, un saxo qui le suit dans ses idioties, et une section rythmique animale en ciment râpeux. Sauf que cette fois-ci, elle rôde et cogne encore plus belliqueuse et occulte que d'habitude. Et que le moustachu qui fout si souvent tout par terre est, pour une fois, un vrai fauve.
Alors, certes oui, c'est du jazz ; celui dont on fait les polars. Celui-ci est raw, sanguin, impie, insane, sacrificiel ; et félin.

N'empêche, ça fait rudement plaisir de le revoir, l'autre connaud. Putain ouais.

samedi 28 mars 2009

Zombi : Spirit Animal


Behold ... Je vais me mettre sous vos yeux hardiment à dos deux non négligeables minorités visibles - mais c'est pour la noble cause, de vous prouver l'excellence de ce Zombi.
Alors, voilà : je n'aime pas les partitions de John Carpenter, et cet album me fait bien plus penser à Magma - du Magma aux prises avec une nouvelle vague, mais du Magma.
Brancardiers, veuillez procéder, les quatre premiers rangs ont perdu connaissance.
Quant au giallo sound, paix ! Je me suis fadé un mémoire de maîtrise avec pour objet deux films de Cottafavi et un de Bava, j'ai plus que mérité un golden parachute.
Magma vous dis-je, la part qu'il y a en commun avec Voïvod, et donc Spheres, de Pestilence : la S-F kitsch, on ne saurait ici faire l'économie du répugnant terme, la twilight zone en carton-pâte, le swing en pelle à tarte tergal. Généreusement glacé d'une bonne couchasse de Vangelis - attention, ça c'est la next big thing après le sludge et le krautrock, vous devriez savoir que mon ami Drago est presqu'aussi redoutable trendsetter que moi, la preuve tu m'as eu sur ce coup crapule barbue - pour la touche stellaire (dédicace à une autre crapule) qui emballasse le corbeau pas bégueule (tiens d'ailleurs, cette fable, avec le fromage, dites donc ... on en reparlera, il le faut). Bref, je suis assurément tel qu'en moi-même passé des lieues à côté de la moitié des références de cette cochonnerie qui remixe Faith et Seventeen Seconds pour éblouir les nuits de Tubbs, Crockett et Montana, mais vous avez saisi l'idée : ringardise sur ringardise.
Et la preuve, promise ? Pardieu, c'est que j'aime. Or vous me connaissez : le ringard, j'ai rien contre, j'ai rien pour non plus. Je m'en cague. La seule langue que j'entende, c'est l'envie d'y aller - la foi, c'est ça.
Comment ? Cette chronique est de la merde ? Allons, c'est pas un secret que je sais pas écrire des trucs qui se tiennent. Et ? Au cas que t'aurais pas remarqué, je suis en train de te parler, mecton.

jeudi 26 mars 2009

Sutcliffe Jugend : pigdaddy


Le saviez-vous ? Sutcliffe Jugend n'est pas un groupe allemand, contrairement à ce que son nom peut laisser croire ; ça, vous le saviez peut-être déjà, mais ce que vous ignoriez sans doute, c'est qu'au-delà d'autres apparences, ils ne sont pas non plus anglais... En réalité, ces types sont de la plus pure et tarie race des texans.
Curieusement pour moi, le noise c'est un son, certes bruyant comme son nom l'indique, mais surtout froid, clinique, un truc dur qui sent les cheminées d'usines, à la fois médicamenteux et cancérigène. Pourtant ce disque-là - du vrai noise, avec un grand Haine, s'il vous plaît - a quelque chose de bizarrement chaleureux, d'une chaleur humaine et organique, vapeurs charnelles et effluves d'haleine nauséabonde, mais réellement nauséabonde, qui s'assume dans sa puanteur pure, pas ce mélange contrenature de merde et de Hollywood Fresh, aussi honteux qu'un chiotte pourri aspergé de désodorisant, dont tout un chacun sait que les effluves, chimiques à outrance, ne donnent jamais de résultats olfactifs très heureux. Du rural du vrai, en somme, bouseux de chez bouseux, poussiéreux, étouffant, accidenté, vermineux, grouillant. Et pour cause : vous n'êtes plus face à ce sale nerd pédophile dans l'impasse d'un sous-sol Londonien, tout d'acier et de ciment, non, vous êtes au fin fond d'une cambrousse déserte et brûlante, attaché au cul d'une chaise dans la moiteur et la pourriture boisée de la barraque de Leatherface, parmi les ossements puants et les peaux d'origines douteuses, avec en bruit de fond les soliloques vociférants, aigres et grinçants de pépé coincé dans le cabanon sanitaire, tandis que tout le reste de la famille vous regarde en grignotant des petits bouts de doigts de pied, les vôtres fatalement, en guise d'apéritif.

mercredi 25 mars 2009

Monster Magnet : 4-Way Diablo


Quel vieil emmerdeur pisse-froid au coeur sec je faisais en 2007 ! Je n'ai pas aimé ce démon, alors. Mais aujourd'hui, je vis de nouveau le vit au vent, je rue et je cabre, je grelotte et je glousse, je mange les baffes à pleines baffrées. Et j'adore.
Mon dieu, que c'est beau. Ce hard rock stoner cheap, chamarré, over the top, juvénile, chevroté d'une voix de débris halluciné et hilare, de satyre échevelé et paumé dans son propre maelström ennemi de toute élégance ... Ce n'est assurément aucun hasard si la jaquette vous fait ce qu'aurait dû déjà mon grossier tâtonnement verbeux : penser à quelqu'un que je ne ferai pas l'injure de nommer - pas Unleashed, non.
On se noie ici avec délices et caramels mous dans la même tempête de violents appétits aux lames enflées de toutes les liqueurs des paradis artificiels. On baise des visions terrifiantes de vie et insaisissables de flou, on baise l'air-même de toute sa pantelance, on déguste à se pâmer inlassablement chaque fraction d'instant de chair de poule comme on déchargerait sans fin, on dégurgite des déraisonnabletés qui tour à tour s'étranglent et se bousculent dans les embardées conjuguées des montées qui éclatent en grappes de grosses bulles, et de la gourmandise qui ronge la fibre. C'est comme le gros porteur totémique évoqué plus haut, mais copieusement arrosé de colorants alimentaires fantasques et de sirop - celui dont on use pour faire descendre les pilules - celles dont on fait des montagnes - get it ?
Au vrai, j'ai espoir quasi-nul de traduire en mots honorables la pulsion orgiaque de cet album qui a la saveur de l'antique. C'est une chose que certains ressentent. Que ceux-là se préparent pour l'essaim de parachutes qui vient.

Ah : j'ai négligé de mentionner le cuir cicatriciel que l'on sent affleurer ici et là. Cette sorte de choses est le lot de tout homme. Les vrais n'en font pas une affaire.

Venetian Snares : Filth


On pourrait s'interroger sur la référence patente aux Swans, période fureur et châtiment, mais on serait vite fixé. On pourrait s'amuser à répartir ce que ce disque doit à chacun des derniers bons albums d'Aaron, la pumpiness glam de Chocolate, la jumpiness corrosive de Detrimentalist, la dryness sadique de Meathole, la spaciness de Chrome, la kinkiness inquiétante de Nymphomatriarch ... la cowiness dada de Glee ? Mais en fait c'est surtout un Detrimeatholist, défolié de tous les moments smiley love. On pourrait jubiler à l'idée des mises à l'amende carnassières promises à tous ceux qui ont donné nonchalamment Aaron pour mort, mais après tout qui ne sait pas reconnaître un bête coma d'un k-hole qui promet, doit savoir qu'il s'expose à des déconvenues.
On peut surtout aller précommander Filth, et en l'attendant adopter un rythme de vie sain et une alimentation équilibrée. Et stocker du gel.
Parce qu'une fois dans ta couche, celui-là ne t'en laissera pas échapper d'un rondelet petit moment, il est du genre qui enchaîne les sévices aux outrages, qui semble ne jamais avoir satiété mais plutôt voir son appétit toujours grandir plus torve et biscornu, dont les babines se font toujours plus larges et lunaires, les envies plus anguleuses et brusques, la paix plus impossible.
Monsieur Funk est revenu, quelqu'un de bien dans son époque jugerait probablement de bon ton de le ponctuer d'un "t'entends ?". Mais je suis juste quelqu'un de lourd.
Acid sex, tu vas finir en pièces.

Monster Magnet : Powertrip


Croyez-en la sagesse du vieux grouft : la moustache c'est comme le noir, ça va avec tout. C'est pas le stoner hard rock qui fera exception, bernique.
Si avec Clutch on a la version bear(d) et harnais de la chose, Dave Wyndorf chéri nous en donne ici la version Priscilla Folle du Désert. C'est naturellement aussi grandiose que la pochette l'annonce.

mardi 24 mars 2009

Mumakil : Behold the Failure


Ça devait arriver. Même les meilleurs ne sont pas à l'abri, à trop tirer sur la corde, on ne saurait sortir éternellement bon album sur bon album, toujours plus haut toujours plus fulminant toujours plus sidérurgique. La petite baisse d'inspiration guette, la routine un peu à vide, le moulinage aveugle. Même Mick Kenney a eu la palette graphique un peu perplexe, sur le coup, et comme il venait sans doute de revoir Last Action Hero...
Aussi, quelle idée de virer Barney, je croyais avoir justement lu dans la récente interview de Noise Mag qu'il ne lâcherait plus jamais le groupe !

Hein ? Vous dites ? Ce n'est pas un album de Napalm ? Gosh !
C'était donc pour ça, ce manque d'odeurs ouvrières ...

Moshpit : Follow the Loser


Invaders must die, il paraît.
Moi je me suis endormi, le doigt sur le bouton skip.
En période de crise, privilégiez les produits de notre terroir d'en France. Cheux nous on avions encore la rage alternocréteuse. Oué mon p'tit gars.

lundi 23 mars 2009

Yeah Yeah Yeahs : it's blitz


On capte vite l'intention. Achtung, stories from the sea ; Siouxsie on wild horses, Blondie, Lou, the City of No, les petits matins en fer blanc, le parfum du mégot, l'aigreur grisante des cachets, les denims éreintés ...
On sent vite, aussi, que ça va surtout finir au détail dans la prochaine fournée de réclames pour une palanquée de trucs et de machins et d'arts de vivre chébrans. Mais après tout ... ma première rencontre avec certaine troublante de mes lares se fit sur fond de cônes glacés et de pilotis (comprenne qui doit, comptez-vous), il y a de cela bien longtemps, qui sait quelle enfance sera peut-être à son tour marquée par les délicates fêlures que l'on sent ici ou là - pour autant qu'ils les gardent au découpage ?
Je fais mon vieux con, si je remarque tout de même que la voix est ici comme les aisselles : photogénique et sans aspérités ?

Primus : Frizzle Fry


Depuis le temps qu'on me le serine, j'ai fini par m'y pencher.
Et ma foi, elle est très sympathique, cette petite démo. On sent que d'ici un, allez, mettons deux albums, ces loupiots et leur timide jobarderie pourraient exploser en un peu plus qu'un autre groupe de fusion.

dimanche 22 mars 2009

Beneath the Massacre : Mechanics of Dysfunction


Aujourd'hui, votre copain Gégé vous explique le moustache-metal. Vous entendrez appeler ça deathcore, brutal death, technical brutal death metal, slamming death, ultra death metal, br00tal fucking zb00b, tout ce qu'on peut désirer pourvu que ça blaste, sweepe et breake non-stop, au moins jusqu'à l'ennui, qui d'ordinaire montre sa mignarde frimousse vers la 2,5ème piste de la ... galette.
Ce n'est pas ce que vous procurera le ci-devant premier album de Beneath the Massacre. Comptez plutôt brouillage de la vue, perte des repères et paumage de la sensation. Mechanics of Dysfunction va plus loin que le dernier Hate Eternal, dans le style j'ai loupé ma vocation dans le gabber indus, puisqu'il remixe quasiment l'album de Xenonics K-30 en stroboscopes. Surtout, surtout, Mechanics of Dysfunction va beaucoup, beaucoup plus loin que Fear Factory. Dans le style total inhumain. Ça blaste, ça oui. Ça syncope, aussi. Ça saccade. Ça tronçonne. Ça pilonne. Ça tressaute. Ça turbine. Ça trépide. Ça hache. Erratiquement, furieusement, hystériquement, spasmodiquement ... hmm, rien réellement de tout ça. C'est juste incompréhensiblement, non-humainement brutal, sans animosité, sans conscience, des machines-outils militaires un peu bornées qui se tapent un coup de stress, et une grosse suée. On se sent vite désagréablement de trop, au milieu. Même émincé et pilé menu comme on l'est en deux douze.
Un album qui porte bien son nom, en somme.

vendredi 20 mars 2009

Omagad, de la politique !

Au sens classique bien sûr, que j'aie pas fait 9 ans de grec pour rien ...
Or donc, comme je suis pas doué pour les harangues et que je suis juste écœuré, je vous colle le message de Greg Réju(venation Records), que vous avez peut-être vu ailleurs, mais qu'importe :

"Avant-hier matin, des huissiers accompagnés de policiers ont débarqué à la Miroiterie, située au 88 rue de Ménilmontant, menaçant ses occupants d'expulsion, suite au rachat quasi-total des lieux par une société immobilière. Plus vieux squat artistique de Paris, "La Miroiterie" est devenue un lieu culte pour sa scène musicale et ses nombreuses expositions et manifestations ouvertes au plus grand nombre. Lieu unique d'expérimentation artistique et sociale, "La Miroiterie" accueille aujourd'hui trente personnes [douze plasticiens, huit musiciens, dix résidents] de toutes origines : France, Angleterre, Italie, Brésil, Maroc, Guatemala, Japon, Mexique... Nous demandons que tout soit mis en œuvre pour que "La Miroiterie" et ses occupants puissent continuer leurs activités dans le futur.
Que toutes les personnes ayant côtoyé ce lieu incroyable de près ou de loin se sentent concernées [et je sais qu'il y'en a un bon paquet...], s'il vous plait, sans ce lieu c'est toute une partie de notre vie punk-rock parisienne DIY [et pas que...] qui s'écroule... Je ne rentrerai pas dans le détail pour vous expliquer à quel point ce lieu est important pour moi et à quel point il m'a permis de vivre des moments fabuleux, de voir des concerts, d'en organiser, de boire des coups avec mes amis, mais aussi de faire des rencontres extraordinaires !
Repensez au nombre de concerts que vous avez pu y voir et je pense que votre cœur parlera tout seul...
Alors s'il vous plait, sentez vous concernés, c'est MAINTENANT qu'il faut se bouger, si toutefois nous avons encore une chance... [mais qui ne tente rien n'a rien]. Et surtout pensez aux gens qui y vivent et ce depuis de nombreuses années !
Soit en remplissant en ligne ici, soit en imprimant et remplissant le formulaire ici [ou en en faisant d'autres] et en le faisant tourner.
Merci par avance.
Putain comme j'ai les boules...
Greg"

jeudi 19 mars 2009

Today is the day : Willpower


On le savait déjà, certains comportements sont contagieux ; un peu comme, vous savez, quand votre voisin de bureau n'arrête pas de bailler, tôt ou tard, vous ne pouvez que bailler à votre tour. Étonnant, non? On a pourtant tendance à l'oublier, mais ce genre de mimétisme s'applique aussi à des tons plus violents. La preuve.
Today is the Day, donc, ou le groupe qui te fera détester la terre entière. Soif de haine et de carnage. Leur musique est du genre à te pousser à bout, à t'en faire saccager ta maison, saccager ton lieu de travail, saccager tes collègues et tant qu'à faire, saccager tous ceux qui croiseront ton chemin avec une tronche qui ne te conviendra pas. Noise coup-de-sang, vocalises tailladées au rasoir, blindage d'adrénaline, poings perdus et santiags coquées à grands coups dans le bide, attirail electroménager pour faire jaillir la bruine rougeoyante de la chair, hémoglobine sur les murs, ad nauseam. Et ces passages mielleux qui n'en deviennent que plus magnifiques, illustrant parfaitement ces moments ou l'œil du spectateur s'attarde dans un moment de répit sur les survivants ramassant les cadavres en pleurant, leur parlant vainement comme s'ils espéraient y déceler une dernière étincelle de vie, hurlant à qui veut bien l'entendre de faire quelque chose, quelqu'un, d'appeler les secours, oh mon dieu, à l'aide et par pitié. Même toi tu pourrais pleurer dans ces moment-là, mais pas pour eux, ou plutôt si, parce qu'ils sont trop nombreux et que seul contre le monde, tu ne pourras jamais en venir à bout comme tu l'avais pourtant espéré, seule solution pour recouvrer ta sérénité avortée dans une bête pataugeoire de globules rouges.
Des groupes estampillés psychopathes, il y en a, et pas qu'un peu, plus ou moins à la hauteur de la promesse d'ailleurs, ça dépend des cas ; Today is the Day entre dans cette catégorie douteuse, à ceci près que chez eux ça n'est pas une étiquette, bien pire, c'est un sacerdoce.

Miss Kittin & the Hacker : Two


A crying shame.
Pensez un peu. Un type qui a un talent, si moins Musclor, du moins égal à celui de Terence Fixmer pour distiller en un beat electro, new-wave et tech-house - soit, en termes plus clear and present danger, la meilleure musique de club qui se puisse ; et, lors qu'il ne manque plus pour en faire un pilier de toute discothèque bien élevée, qu'une voix fatale, chlorotique, glam, ambigüe, délavée, lasse, ce que vous voulez en somme, c'est pas le choix qui manque, du moment que ce soit au féminin ... Et bien imaginez-vous qu'il n'a rien trouvé de mieux pour rendre justice à ses instrumentaux qu'un précipité des défauts les plus écœurants d'Hanin Elias et Madonna. Blanc, froid, inerte, plastifié, mutin, agaçant. N'est pas Frau Arafna qui veut. S'il suffisait de ne dégager aucune émotion pour bouleverser les glandes à la ronde, vous pensez bien que je le saurais. S'il suffisait de reprendre "Suspicious Minds", en faisant merveille pour une fois avec sa voix lavasse et vulgos, pour tout se voir pardonner, je serais le premier à le faire.
C'est peu de dire que j'enrage.

Tyranny : tides of awakening


Franchement, est-ce qu'on a inventé mieux pour s'endormir benoîtement et douillettement, en s'enfonçant languissamment dans des abîmes à faire passer la Mer des Sargasses pour une flaque, au milieu d'entités qui ont payé ses premières billes à Cthulhu ?

mardi 17 mars 2009

K-Branding : Facial


Après le zulu-black de Lugubrum, la marabout-wave de K-Branding, allons bon ... Oui wave, comme dans no-wave, dans cold-wave, dans batcave-wave. Avec une ambiance en vérité à frayer à la machette, touffue à tomber de sorcellerie malveillante de la brousse nocturne qui roule du blanc de l'œil.
Terrifiant.

Les Claypool : of fungi and foe


Dingue. En laissant tomber les riffs funk qui faisaient les jams longues comme un jour sans pain qui lui tiennent lieu de morceaux ressembler à de la country, sur à peu près toutes ses dernières sorties, le gars Les a retrouvé une vraie patte funky et western, discrètement, on a vieilli, mais bien moins grisonnante et fan de jazz-rock. Et sorti son premier disque de Primus depuis bien longtemps - enfin.
Et, on a l'heur de le savoir ou pas, Primus pour moi c'est Pork Soda. Découverte et 16 ans obligent, certes, mais goth (alors dans l'oeuf) oblige également. Comprendre donc que ça grince, que ça roule des yeux avec une jovialité inquiétante, qu'il n'y a pas de staccato mais du slap dans la mélasse et de la kermesse dans les mares de pétrole, que ça claudique et xylophonise, que la rythmique n'est pas en boîte automatique, même pas motorisé, mais que la tension flotte dessus comme elle ne l'avait pas fait depuis un sacré moment, qu'en somme on retrouve enfin ce savoureux et inquiétant mélange de deux fromages autrement trop simples pour le palais raffiné du vrai goth de bon goût : Danny Elfman et Texas Chainsaw Massacre.

samedi 14 mars 2009

Down I Go : This is Disastercore


Est-ce que je fais la phrase à la syntaxe brillamment picaresque qui accouplera fougueusement tous les noms de groupes délurés qui viennent à l'esprit en bordel quand on écoute Down I Go ? Pour quoi faire ?
Je veux dire : c'est marqué dessus. This is disastercore. Ce disque boit au goulot des bouteilles qui pourraient aisément le boire, ce disque est une catastrophe ambulante, ce disque est psychotique et prend de la drogue as a way of life, il fait du party crashing as a way to party, il monte au plafond en jappant sa prière, il rue hors de lui en coup de pied à la lune pour sentir quelque chose, il traque toute seconde de vie, il te dépend le mobilier, il s'effondre sur toi, avalanche sur tes chiottes, mayonnaise et french cancan de Saint Guy, il te dégringole dessus de tout l'éboulement de son appétit obscène et furieux tout en se concassant les génitoires, il est plus qu'amour il est démence. Il me fait penser à quelqu'un, que d'aucuns apprirent un soir à redouter.
No holds barred. Down I go. Wanna come ?

vendredi 13 mars 2009

La dernière goutte ...

... est toujours pour le slip.


Die Form : some experiences with shock

Dites, vous êtes sûrs qu'on a bien fait d'assigner les docteurs Stapleton, Karmanik et Ivens pour s'occuper du service pédiatrique ?

Kawai







Jusqu'à la prochaine, cousin - comme on dit au Sénégal, à brusquement.

S'il n'existait pas ...

Il faudrait l'inventer, ce foutu hippie. J'espère que la première phrase, que je n'ai pu m'empêcher de lire, ne s'adresse pas à moi, parce qu'il y aurait maldonne. Mais il était temps que l'on parle un peu de cet album rêche, spasmodique et sensuel. Comme il faudrait un jour que je me replonge dans les encore plus rêches maxis des débuts, More Drug'n'Bass et consorts. On n'oublie pas de le remercier chaleureusement au passage. Maintenant je vous laisse, j'ai de la lecture qui m'attend.



Venetian Snares : printf("shiver in eternal darkness/n);

Celui-là, je sais que tu ne l'aimes pas. C’est l'album qui n'a aucun ami, qui n'existe même pas. Lent comme un 45rpm passé à 33, pas de tape-à-l’oeil, pas de chaleur, pas d’humour – pas de chance, c’est juste comme j’aime. Intoxiqué que je suis aux abstractions épiques que sont Confield, Untilted et autres Gantz Graf, je ne peux que retrouver mon confort dans ces longues traînées électroniques enregistrées par les machines qui s’imaginent répéter les mêmes patterns que lorsqu’elles sont malmenées par Aaron, mais nous ne sommes pas dupes : là où il saurait injecter du groove, Printf s’en dispense allègrement. Ce n’est plus lui qui compose, c’est un programme froid qui construit et rallonge ses breaks en s’amusant juste à diminuer ou augmenter les variables d’équations sans vergogne. Printf est un album glaçant, assemblé sur le vide, où les samples de Star Wars, Lisa Gerrard ou encore Slavoj Zizek ne font même plus rire. Il est horizontal. C’est comme si un logiciel traduisait en son une suite de codes html longue de plusieurs milliers de commandes, toutes notées les unes après les autres sur une seule ligne du bloc-note Windows. J’ai beau être amoureux, j’ai beau être physique, tactile, haptique ; la musique qui me transportera le plus sera toujours la plus dépossédée. Si je veux de la chaleur humaine, je serre quelqu’un dans mes bras ; ça ne m’empêche pas d’avoir un chipset à la place de l’étrier.


Kawai

Total Contradiction ?

Personnellement je ne vois pas, mais j'ai notoirement des goûts de hachis parmentier humain, aussi vous laissé-je juger par vous-mêmes.


IRM : oedipus dethroned

De la musique médicale, de la musique rouge : voilà ce que je recherche depuis un bon nombre d’années. J’ai bien sûr rencontré le fétichisme de Die Form ou encore les délires d’Hermann Nitsch mais peu sont ceux qui parviennent à une esthétique totale comme sait le faire Martin Bladh. Dans le sang, Martin y voit Le Sang, dans la chair, Martin y voit la transfiguration ; et les instruments de chirurgie deviennent objets sacrés, Erik le paysagiste et la table d’opération devient lieu de culte sacrificiel. IRM n’est pas sordide ni blasphématoire, bien au contraire. IRM est religieux dans le sens le plus mystique du terme. IRM éclabousse intensément, purifie, prie et invoque. IRM te rentre dans le corps, extrait ton cœur et te transplante une variante pneumatique qui te transfuse sans cesse plus de sang – tes veines se gonflent, tes membres enflent comme des baudruches – ta cage thoracique éclate et tes yeux sortent, expulsés par ton cerveau gorgé de sang. Les deux chirurgiens chantent en cœur tandis qu’ils te pressent comme un citron pour extraire tes organes si matérialistes, si accidentels. Tu rends ton corps à la nature, à SA nature, dans l’extase la plus dionysiaque. Ça pulse, encore et encore alors que l’hémoglobine coule à flot par tes oreilles et tes orbites vides. Tu es crucifié, tu es réceptacle, tu es calice, tu es le Chemin, la Vérité et la Vie dans cet océan de sang. Amen.

Kawai

jeudi 12 mars 2009

Cretin : Freakery


Satanés Relapse. Avec leur constance quasi-solide dans le sacerdoce de la pochette laideronne, c'est qu'ils vous feraient passer à côté des bonnes choses. Bon, on saisit l'intention, hein, louable, il y a en vérité dans le ci-devant Cretin un fumet de fumier prononcé, fumier humain si vous voyez, à la Birds of Prey - en même temps, Birds of Prey, faut déjà connaître, planqué que c'est sous justement un autre exemple de pochette navrante dans le plus immanquable style Relapse. Et savoir ainsi que sous des croûtes pareilles peuvent tout à fait se trouver des atmosphères très réussies dans les tons Delivrance et Texas Chainsaw Massacre.
Après, quant à savoir s'il est utile que vous sachiez que Cretin penche plutôt vers Death Breath voire Abscess là où Birds of Prey se plaît dans l'Entombed, même si dans les deux cas c'est mêmement à la sauce rustique, fromage de tête avarié et brutalité nigaudement cruelle ; qu'il me démange aussi de citer Disfear ... Je ne suis pas bien sûr.
De toutes les manières c'est sûrement pas à ça que ça ressemble, en vrai, puisque j'y connais queue d'al en grind.

Wardruna : Runaljod - Gap Var Ginnunga


Gorgoroth ne paraît jamais rien faire logiquement. Leur album au son réputé le plus crade est aussi le plus nunuche. Ils règlent leurs différends de territoire devant la justice des hommes.
C'est qu'il y a un profond malentendu à leur sujet : ils passent pour des rustauds et des animaux, alors que ce sont des êtres profondément raffinés. L'un d'eux vient de participer sur son temps libre à un formidable disque d'élégante - et ce n'est pas la tata de la bande. Celle-ci est, elle, partie filer un coup de main à un ancien comparse pour un non moins splendide disque d'homme des bois.
Une chose en équilibre subtil et labil entre inquiétant et fervent, une musique religieuse, paisible et à la fois pleine de l'impatience de l'évocation, mystique et cruelle à la fois, viking et moine, amorti et acéré ... La vision est floue, oui, brumeuse, comme se mélangent et tournent les sentiments dans l'attente fiévreuse de quelque chose qui s'approche, c'est aussi certain que la présence en ces lieux frémissants de possibles, de la magie, sourde et grisante.

And now, for something completely different ?

Chers lecteurs ... c'est un grand moment que nous partageons ici, aussi ne vous le présenterai-je même pas, notre nouvel et précieux hôte, je m'effacerai pour vous laisser l'écouter, le reconnaître peut-être, dans ce qu'il nous donne de sincère et que, je l'espère, vous saurez prendre à sa digne valeur :


Clutch : blast tyrant


Cette chronique est purement gratuite et forcément ratée puisque c’est le genre de disque qui m’empêche tout jugement ; c’est un disque qui passe tellement souvent que je ne l’ai même pas, je découvrirai donc la pochette quand le hippie qui me sert d’hébergeur temporaire aura posté ces lignes dans son repaire, c’est le disque qui me met en totale contradiction avec ce que j’ai écrit deux disques plus loin – ça tombe bien, je suis gémeaux – Blast Tyrant est solaire, c’est le panard, c’est le groove, c’est le funk, c’est la pêche, c’est le poing qui dessine dans l’air, c’est les refrains qui sont invincibles tellement ils sont bateau, c’est les bras qui crament, c'est Wretch, c’est Blues pour le Soleil Rouge, c’est camion, c’est sueur, c’est cage thoracique, c’est sable, c’est anti-glucose, ça dessèche juste ce qu’il faut pour préparer le bronzage avant la plage, c’est anti-plage, la plage est déserte, c’est le désert, c’est les poils et les cheveux qui collent, c’est rock, c’est roll, c’est de l’eau de source, des fruits, du fun.


Kawai

:Wumpscut: : fuckit


Etrange entité, :Wumpscut: sort bouse insipide sur bouse ridicule, et de temps en temps, plaf, un qui tue. Parce que quand il s'y met, Rudy R (ne pas confondre avec son acolyte Raoul R, qui lui ne sort que des bouses irritantes) a un talent assez unique et poignant pour agglomérer beats beton-kopf post-dive et ambiances bunker new-wave livré à la putréfaction, electro-dark danoise en bandelettes de cuir, trance racoleuse de soirée à la Loco, tristouillerie médiévalo-apocalyptique, et un romantisme niaiseux (tout particulièrement sur ses secondes moitiés d'album, vous avez remarqué vous aussi ?) autant que sociopathe bien plus réjouissant que celui un peu coinços de l'autre grouft de Navicon Torture Technologies. On n'échappe même pas au petit morceau grotesque de mauvais goût télégraphié sans lequel :W: ne serait pas :W:, vous vous en douterez quand vous lirez au dos du boîtier : "Gulag". Ni aux tubes façon Calling ov the Dead avec le vague à l'âme.

Après Music for a Slaughtering Tribe, Embryodead, Böses Junges Fleisch et Cannibal Anthem (Dried Blood étant un EP), le nouveau bon album de :Wumpscut: est arrivé, il sort le 3 avril. J'imagine qu'il n'est pas besoin de vous conseiller de manquer royalement le disque de remixes.

mardi 10 mars 2009

Nivathe : Enveloped in a Diseased Abyss


Tu chopes l'abominable lombric venu de par-delà le Mur du Sommeil, là, Wormphlegm, voilà, c'est lui - comment ? fais-toi aider ; si ta cueillette a été avisée, c'est très du domaine du faisable. Et tu le fiches dans une cuve d'acide grand modèle, avec brasseuse. Et maintenant, go spread un peu your wings, mon pépère, pour voir, hein ?
Attention aux éclaboussures, toutefois.

lundi 9 mars 2009

Inanna : day ov torment


Plus près de toi, Saigneur. Plus près de toi au plus bas que Terre. Là, dans les sous-sols, j'entends résonner la voix de la lumière à travers l'écho lointain des râles et mugissements des hommes faits bêtes.
Il est, dans la musique sacrée, des disques dont le seul but est de vous immerger dans une atmosphère propice au recueillement. Day ov Torment est assurément de ceux-là, si tant est qu'on puisse considérer que le recueillement n'implique pas nécessairement une quelconque forme de méditation christique. Et si tant est qu'on puisse considérer qu'elle n'aboutisse pas nécessairement à l'apaisement de l'âme, par le truchement de la Sainte Communion, mais peut aussi sombrer dans la démence brutale de la transe et de la possession. Ici, la méditation n'est pas de celle qui se pratique à l'Eglise de la paroisse, à la lueur des cierges et dans un embaumement d'encens, mais plutôt dans les senteurs de soufre ardent au fin fond des cryptes, celles ou les gargouilles ornant les arcades vous épient entre deux chuchotements, et dont les parois suintent du sang noir des brebis de Satan.

lundi 2 mars 2009

Pincez moi ...


Faut vraiment s'appeler Obituary pour me faire attendre impatiemment de pouvoir glisser ÇA sur une de mes étagères, je vous jure ...

Monno : ghosts


Si j'avais connu ce disque à 18 ans, j'aurais je pense perforé mon benne et fait une attaque fatale. Pensez donc, c'est occulte et snuff comme le premier Bästard, qui venait alors de changer ma vie, bûcheron comme du Godflesh qui se mettrait à la menuiserie, anxiogène comme du Twin Peaks remixé tough par Scorn ; c'est un album entier dévoué à la noble tâche de donner suite aux deux bons morceaux de Painkiller.
Remarquez, c'est donc aujourd'hui encore une alchimie indécente de machins parmi ceux qui me font le plus sèchement tripper. J'ai pas beaucoup changé, si on fait le compte des survivants. Je sens que je vais me toucher.

Fuckemos : Celebration


Tiens, j'ignorais que Bile avait sorti des trucs chez Amphetamine Reptile...








...

Mmmbon. En principe, ma chronique aurait dû s'en tenir à ça, mais comme je vous sens perplexe, je vais tâcher de développer un brin : en fait de Bile, il s'agit surtout de Fuckemos (c'est écrit en gros sur la pochette en même temps), un de ces groupes qu'on aurait bien vus sur le fameux label d'Hazelmeyer, ou le cas échéant, chez Trance Syndicate, racines texanes à l'appui. Le fin mot de l'histoire, c'est finalement chez Man's Ruin qu'il se fera ; très bien, comme ça, pas de jaloux.
Fuckemos donc, qui comme son nom l'indique - ou pas, si vous y avez d'abord vu comme moi un anglicisme hispanique ras des pâquerettes - encule les émos ; charmant. Ca s'entend ici d'ailleurs, mais ça s'entend encore plus sur leur premier essai, Fuckemos can kill you, ce qui n'a pas forcément tout de suite été une plus value : faire des fausses ballades punk rock en mode zombi c'est bien rigolo mais quel intérêt si c'est pour sonner aussi chiant et mou du genou ? On y entrevoit pourtant déjà tout un potentiel noise AmRepien, que le Celebration ici-présentement présenté semble confirmer. La formule reste globalement la même, alternant riffs noise graveleux et mélodies cheesy, le tout sur fond de paroles assez stupides, mais avec la Butthole Surfers touch en sus, et un jeu global bien plus patate, ce qui, je vous le donne en mille, fait toute la différence. Et alors que je viens de perdre plusieurs lignes à vous raconter toutes ces belles choses, vous pigez toujours pas ma première ligne de texte, je vais faire vite, quel rapport avec Bile ? Une basse bien ronflante, une voix de mort-vivant, et un son indus dégueulasse qui bizarrement a rappelé suckpump et teknowhore à mon bon souvenir. C'est tout ? C'est tout, et c'est déjà pas mal, maintenant arrêter de poser des questions et filez écouter ce disque, et que je vous y reprenne plus à douter de mon bon goût... Garnements, va.