vendredi 13 mars 2009

S'il n'existait pas ...

Il faudrait l'inventer, ce foutu hippie. J'espère que la première phrase, que je n'ai pu m'empêcher de lire, ne s'adresse pas à moi, parce qu'il y aurait maldonne. Mais il était temps que l'on parle un peu de cet album rêche, spasmodique et sensuel. Comme il faudrait un jour que je me replonge dans les encore plus rêches maxis des débuts, More Drug'n'Bass et consorts. On n'oublie pas de le remercier chaleureusement au passage. Maintenant je vous laisse, j'ai de la lecture qui m'attend.



Venetian Snares : printf("shiver in eternal darkness/n);

Celui-là, je sais que tu ne l'aimes pas. C’est l'album qui n'a aucun ami, qui n'existe même pas. Lent comme un 45rpm passé à 33, pas de tape-à-l’oeil, pas de chaleur, pas d’humour – pas de chance, c’est juste comme j’aime. Intoxiqué que je suis aux abstractions épiques que sont Confield, Untilted et autres Gantz Graf, je ne peux que retrouver mon confort dans ces longues traînées électroniques enregistrées par les machines qui s’imaginent répéter les mêmes patterns que lorsqu’elles sont malmenées par Aaron, mais nous ne sommes pas dupes : là où il saurait injecter du groove, Printf s’en dispense allègrement. Ce n’est plus lui qui compose, c’est un programme froid qui construit et rallonge ses breaks en s’amusant juste à diminuer ou augmenter les variables d’équations sans vergogne. Printf est un album glaçant, assemblé sur le vide, où les samples de Star Wars, Lisa Gerrard ou encore Slavoj Zizek ne font même plus rire. Il est horizontal. C’est comme si un logiciel traduisait en son une suite de codes html longue de plusieurs milliers de commandes, toutes notées les unes après les autres sur une seule ligne du bloc-note Windows. J’ai beau être amoureux, j’ai beau être physique, tactile, haptique ; la musique qui me transportera le plus sera toujours la plus dépossédée. Si je veux de la chaleur humaine, je serre quelqu’un dans mes bras ; ça ne m’empêche pas d’avoir un chipset à la place de l’étrier.


Kawai

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