jeudi 30 avril 2009

Send me a postcard darling


From rock'n'roll'land.
Comme toutes les cartes postales, je ne vous y dirai rien dont vous ne vous doutiez, que tout se passe au poil pour moi là-bas, dans des termes communs et déjà entendus dont le choix importe peu, en l'occurrence un album sûrement déjà évoqué, et dans des figures éculées comme mes adidas - l'album punk, aaah l'album punk ... Quel groupe n'a pas le sien auprès des experts ? Il ne fait quasi pas de doute qu'ils n'accordent pas l'AOC à Iron Fist. M'en cague, je suis en vacances, pas vrai ?
C'est mon album punk du fada de l'amphé. Acre comme l'amère frustration du speed, glaireux comme la froide coulée sur la gorge brûlée, pérave de désir irascible et bousculé, éraillé comme la gigue titubante du vrai rock du ruisseau, insolent comme les authentiques mystiques du torchage. Et sur la carte de suivre comme de juste des images bien cliché, du goût de métal de pacotille et froid d'un début de longue nuit à battre la semelle à scruter toujours les deux mêmes bouts de la rue, à attendre l'ouverture des portes de la salle, ou l'arrivée du dealer, ou les deux, à se réchauffer à claquements de dents, à se préparer à l'échauffourée ordinaire, en fusillant des paquets entiers de cibiches, le même froid de rue qui pique de tristesse, alcoolique, déterminé sans se soucier d'à quoi, que le premier et si cockney album de Faith no More, tout aussi bon marché dans ses ivresses autant que ses flacons, dans son twist gauche, brusque, roide et prolétaire, dans sa forfanterie empressée de dragueur empêtré avec son élocution ponctuée congénitalement de mollards et de toux de speedfreak.
Et abruptement, car toute carte postale sent l'embarras, me reste plus qu'à signer faut que je bouge, de mes gros doigts gercés, avec de gros bisoux rudes et enthousiastes.

mercredi 29 avril 2009

Pulling Teeth : Paranoid Illusions, Paradise Delusions


On a déjà coutume de dire, à l'endroit de ce nouveau disque de Pulling Teeth, qu'ils y font encore plus du Integrity qu'auparavant. Je ne trouve point, personnellement, que les tentations manowarcore aient tant que ça progressé ; en revanche, qu'ils se soient mis à prophétiser les jours derniers à la Neurosis, assurément. Mais même en présentant les choses ainsi, Seasons in the Size of Days reste bien plus proche des crust-babs de Frisco, parce qu'Integ' sont pareillement un troupeau de brutes en peaux de sanglier - ou une harde de sangliers en peaux d'humains, va savoir. Pulling Teeth restent, quoi qu'ils fassent ou brament, un fléau urbain, des petites frappes vicieuses, leurs ambiances d'église dantesque gardent toujours ce coin de rictus pervers, leurs revers en chaire ce petit twist narquois - la voix de racaille, certes, mais aussi les grattes habillées en marques.
Au début, ça peut causer une gêne, qui à mesure des écoutes se précise : aussi rassurant, le disque, que Castror Troy en soutane transfiguré par un fervent hallelujah et une bandulatoire choriste.
Bien plus préoccupant, faut-il le préciser, que n'importe quel Jacky parisien qui s'entiche de doom et de black en escomptant que son marcel fera le -core qui y manque.

Rage Against the Machine : evil empire


Mais qu'est-il arrivé à RATM ? Qu'est-ce donc qui a pu ainsi cramer leur funk, les dessiquer de la sorte, tendre cette peau moite et froide sur leurs os durs, rendre leurs riffs anguleux incapables de tracer des carrés simples et honnêtes, qui a lâché la bride aux obscènes bruits d'effervescence jusqu'à lors se pavanant en solos, les a lâchés à brouter les morceaux comme les substances la réalité, qui a paumé les riffs dans ces structures caoutchouteuses et labyrinthiques, qui a rendus les pauvres gars si psychédéliques et en plastique, organiques et zombiaques, plus gazouillants et stridulants que jamais - et plus funky que tout, comme Fugazi dans le bocal de champis ?


Eternelle reconnaissance au Moignon, qui insista il y a quelques années de ça pour que j'examine le cas plus attentivement.

mardi 28 avril 2009

Motörhead : March ör Die


Bomber nous donnait à redouter une sorte de ZZ Top abandonné au bord de la route en plein Mojave, sans hotrod, sans fer à friser, sans Tequila Sunrises, sans vestes de banquier, que les lophophorae williamsii pour se nourrir et s'abreuver à ses risques et périls, à faire les derviches sinuants sous le cagnard démentiel.
Le ci-devant épisode nous montre les zizis de retour en ville, et bien là, en rois de la nuit, en mode hunting you down, frimes et menaçants tels Arnie Schwarz Nigger dans le 2 (comment ça de quel film ?!), une manière de Joe Cocker (juré, ce passage a été couché avant d'avoir entendu le riff de "You better run") viré bad boy, horns up autant que horny. Gare poulette, ce barbu-là n'est pas de ceux qui te materont t'effeuiller du fond du fauteuil, ce loup-là n'est pas celui qui trompette qu'il est en train d'enfiler ses bottes ... Tâche donc moyen de le faire ronronner comme sur "Stand" ou "Too good to be true", tu verras il luit dans le noir c'est drôlement chouette, et tu verras Montmartre.

lundi 27 avril 2009

Ghoul : we came for the dead / maniaxe


Les mecs de Dystopia ils sont pas nets. Même quand ils essaient de faire du gros death, je veux dire du vrai pas comme dans Human = Garbage ... ça rend pas net.
Ca ressemblerait à du Funebrarum, ce genre de machin qui mouline du gruau épais, mais avec de bonnes goulées de gore ventripotent et déchiré à la Impetigo in a hardcore mood.
Enfin je dis ça, mais ça ressemble aussi surtout à Abscess et Agoraphobic Nosebleed, et ça prend les deux facile, tellement à vue de narine encroûtée le cocktail apéritif a dû être surpeuplé en principes actifs du type excitant.
C'est marrant, depuis les bruits de pelle en intro jusqu'à la jaquette, en passant par les calembours, les vocaux de plomberie embouteillée, le tracklisting aussi chamarré qu'un de Cannibal Corpse, ce truc a tous les dehors d'un bidule fait pour la gaudriole, et pourtant, derrière les zombies qui slamment en marcel, quelque chose de pas bien engageant dort et ronfle comme un sonneur sous la linéaire hystérie des tronçonneuses, une bestialité pas tout à fait candide, pas bien distincte, qui marmotte et maugrée des trucs pas intelligibles, dans la confusion abrutissante et tintinabulante des substances.

Motörhead : extended versions


Lemmy le professe à qui veut l'entendre : Motörhead ne joue rien d'autre que du blues.
A sidérurgique preuve ce live probablement capté dans les forges d'Héphaïstos du Münchausen de Terry Gilliam (Lemmy devait d'ailleurs être malade le jour du casting pour ledit Vulcain, je vois que ça).
On craint un instant que l'effroyable frappe ici déchaînée ne nuise à l'intime brûlure de félins comme Metropolis ou Stay Clean, aux reins nerveux de Bomber ou No Class ; mais on sue beaucoup trop, au milieu des enclumes éxubérantes, pour penser.
Everything louder than everything else.

dimanche 26 avril 2009

Endstille : Verführer


Le negro spiritual tel qu'il devrait être plus souvent.
En forme d'inexorable torrent monocorde, de longue et statique traversée d'une nuit de tempête, le blizzard qui cisaille, les grêlons qui bombardent, l'héroïsme qui congèle, flétrit, noircit, tombe, le vent qui mugit, et les jambes qui continuent d'avancer, comme celles d'un mort-vivant.
Fétichiste du défrichage et du disque qui joue les malins, passe ton chemin. Amateur de musique terne, opiniâtre, pénétrante, sois le bienvenu chez toi.

Dystopia : The Aftermath


Eyehategod, chacun le sait, joue du blues hardcore.
Dystopia, c'est pas la même histoire. Le sludge de Dystopia n'a pas beaucoup à voir avec le blues et la torpeur des marais. Il dort dans les rues glaciales et il y coupe des gorges. Quand il a quelque chose au coeur c'est la rage, celle de survivre aux dépens du voisin de hangar à viande, celle du crusteux sans foi ni loi - pensez Amebix, Damad, Phobia, Neurosis, Cursed.
Ce sludge ne se joue pas avec le vomi ni ne s'y vautre en vagissant son impuissance adorée, mais il se roulera au sol, en t'y emmenant à pleines dents, il ne se contentera pas de foutre les spooks avec ses climats aqueux, celui-là saute au visage avec sauvagerie, déchire à mains nues, boulotte tout vif. Mais est-ce vraiment du sludge, à la fin ? Toi, t'as vraiment envie de pas sortir de ce guêpier avec tous tes membres ...

samedi 25 avril 2009

Wolok : Caput Mortuum


L'idée de l'année ou du siècle, pour un groupe de post-black (beuuuuuh ...) : laisser tomber le ripping off de Blut aus Nord, qui est quand même un groupe comme Neurosis : qu'il est au mieux vide de sens au pire passible de la peine de mort par grotesque, de copier, ne serait-ce que subtilement : ça se voit cash, et ça n'a pas de sens, retour au problème posé.
Et donc, ceux-là ont eu la riche idée d'inventer un genre d'abominable Agoraphobos Voïsebleed - oui, c'est laid, autant que ce gargouillis lobotomique réverbéré tout suintant et gluant de pus métalloïde, d'angoisse sans présence, de gangrène sans vie, de vertige terne et plat.
LV-426 était une villégiature tout à fait souriante, tout compte fait.

Birds of Prey : The Hellpreacher


Des escadrons entiers de fans éplorés attendent un nouvel album de Bolt Thrower.
Apparemment, ils s'étaient retirés dans un ranch perdu.
Apparemment, quelqu'un s'est avisé de venir leur chier dans les bottes.
Alors même s'ils se sont transformés en ours en chemises à cordon de col, ils n'ont pas oublié pour autant le maniement des sulfateuses lourdes, et d'après le flap-flap obèse d'ailes des corbeaux comak, va y avoir du démon dispersé façon bataille de purée dans tout le comté avant que l'aube soit revenue.

vendredi 24 avril 2009

Motörhead : Snake Bite Love


Superbe pochette, n'est-il pas ?

Las, je n'ai rien d'autre à dire de cet album.
Le serpent est dessus, pas dedans.

Kill the Vultures : Ecce Beast


Heavy blood
pounding
thickening my mind

And now, for something completely different

On dirait que c'est l'heure de votre piqure de journalisme, mes loupiots ... Allez, je suis taquin, mais il est juste un peu comme moi : si on voit pas les choses tout pareil comme lui, il croit qu'on aime pas, qu'on n'a pas compris - comme tout le monde, pas vrai ?


Judas Priest - Screaming For Vengeance

J’ai écris une connerie assez cocasse de connerie (effet de style, cherchez pas) sur ma chro officielle de Defenders, dans les premières lignes. Pas en disant que Judas est un groupe de hard FM, puisque sur les ¾ de ses albums, c’en est, je n’en démordrai point, j’ai été fan de Van Halen, et j'ai eu ma période Foreigner-Bon Jov. Mais que Judas n’a jamais été un groupe de heavy metal… Parce que… qu’est-ce que le heavy metal, pour vous ? Pour moi, du hard rock un peu plus speedé et dégraissé de ses racines blues tenaces que les ancêtres portaient fièrement (Led Zep, Black Sab’, Thin Lizzy), puis aiguisé comme la lame brute qu’il est... affûtée. Seulement avec la flopée de groupes moisis de kitsch convenu et pâlot qu’on a du se fader depuis l’explosion NWOBHM, on a fini par assimiler le heavy avec cette musique pour prolos musclés et cloutés, alors qu’au départ il incarnait la Foi la plus brute qui soit, coulée dans un corps agile et musclé, lui même moulé dans un cuir tendu ; la Foi, du latin Faith... celle du rider en mal d’amour, celle de la grande chevauchée, tout ce qui découle de Born To Be Wild, en somme. La rage qui sertit cette foi, la liberté la plus pure et débridée pour couronner le tout, la soif d’évasion et de domination on the road... rien de plus, rien de moins. Saxon, Accept et même Mercyful Fate en furent d’honorables représentants, Scorpions fut tout de même l’auteur de très grands morceaux avant de virer Lancôme FM (In Trance, tout de même), mais Judas est et restera à jamais LE groupe, celui qui supplante toute la meute, en gardant à l’esprit que Black Sab’ reste l’ancêtre absolu de la couvée. Iron Maiden ? J’avoue, j’ai de la tendresse pour quelques tubes pris dans les classiques, autant que j’en ai pour Back In Black, et surtout un amour certain pour leur album de oldies bravaches qu’est Brave new world, mais globalement c’est trop du hard rock de footeux, c’est complètement anti-sexe, et Dickinson n’a pas une voix qui brille dans le noir (comprenne qui pourra, mais ça tombe bien je trouve l’image tout à fait appropriée). Donc où je veux en venir ? Nulle part, comme d’hab. J’ai un Judas que le Maître de ces lieux n’arrive pas à aimer, un Judas qui pourtant se trouve être ... sublime, je vois pas d'autre mot. Screaming For Vengeance est l’album-étalon du Priest, celui dans lequel tous ses talents d’étalon (cherchez pas je vous dis) sont mis en éventail, et présentés à la cour de mendiants prostrés face à son autel d’Acier Trempé ; ici, j’accepterai de la part du profane une comparaison avec Lucifuge au niveau du cardiogramme, effectivement on peut déceler quelques morceaux un brin moins étincelants que d’autres, selon l’humeur surtout. Mais l’entrée en matière est immense, facilement la meilleure possible pour un album du genre. Pain and Pleasure un hymne grandiose, au niveau des plus efficaces de British Steel. Fever et Take Theses Chains aussi magnifiques et éloquentes que leurs intros respectives (une sensation qui n’appartient qu’à moi, mais celui qui s’est déjà réveillé la clope tout juste vissée au bec au doux son de ces cordes atmo, tandis que les premiers rayons de soleil filtrent à travers les stores comprendra, c’est du Debussy). Et Devil’s Child un outrageux hardos de glamouzes en rut, qui clôt cet album épique en même temps qu'il referme sa braguette encore bombée - comme le héros pissant un coup après la bataille, décontracté (métaphore) - jouissif comme si Mötley Crüe devenait dominateur sexuel dans les rues londoniennes, et enfin doué pour le hard. Sublime album donc, oui, mille fois oui, et toutes mes condoléances à ceux qui resteraient aveugles, ou juste myopes face à la beauté, malgré les avertissements du corbak. Sachez juste que si c’est le cas, c’est vous qui êtes tièdes. Pas lui.

Jamais.


Jean-Dariev
Ah, au fait : allittération est le mot que tu cherches.

jeudi 23 avril 2009

Rattlesnake Bite Love


Cet album, mince dur et aigu comme les crochets du serpent, fait bouillir le sang, en un instant et pendant trente-sept éternelles minutes. La pure toxine de rock'n'roll, qui en vérité va te secouer et t'arquer de convulsions paroxystiques, lâcher la bride au tonnerre roulant, dans tes veines, y déverser à tombereaux ouverts la douleur exultante, notablement moins langoureuse et engourdissante qu'Overkill l'album-monde, moins impérialement non-stop-tubesque, mais tout aussi inhumain de trépidement, aride et derviche comme Ace of Spades - te violenter et te brûler toutes les artères et le squelette, tant le Serpent va te ployer à t'en faire amèrement regretter d'avoir charpente si raide, pas de répit pas d'issue, que les cendres, à cette orgie ce piétinement de ta pudeur (de ta honte, aussi), tes digues, liquéfiées, à ce fouet fluide qui te fait danser jusqu'à l'évanouissement de tout dans le lac de poison.
Hello, victims ...

Judas Priest : Ram it Down


Plus travelo qu'Iron Maiden, plus robocake que KMFDM, plus synthétiquement libidineux que l'Eliminator de ZZ Top, plus hard que Guns'n'Roses et cent mille diables. Et une harpie plus froide que l'acier qui hululue au-dessus. Fantastique en toute pureté.

Comme dirait Wyndorf, I got a cock made of platinum. Serrez les fesses bien dur, les pisse-froid.

mercredi 22 avril 2009

War'n'roll Pyre


Bomber deux fois avant-hier et trois fois hier, Sacrifice trois fois aujourd'hui : aux abris, ça le reprend.
Mais, si l'existence de pareils disques n'était pas seule un motif suffisant à en parler jusqu'à plus soif, la période de l'année en ferait un tout à fait évident.
C'est le Premier Mai bientôt, vous êtes au courant ? Le moment où l'on communie sous des ciels qui tournent et tonnent, pour lever les bras et des brasiers vers eux, transis des pulsations furieuses de la vie qui déferle en rugissements dans tous les canaux et les sens en fusion. Un truc de hippies, dites-vous ?
Pour sûr. Manson était un hippie. Je suis un hippie. Je vous parle du moment de la grande célébration païenne, des original hippies dévoreurs de mondes, le moment du vieux mystère cru comme le brasier, d'où giclent graisse et sang grésillants, le rush de sève guerrière qui broie les voix dans les gosiers, déchaîne les muscles en fièvre, aveugle la pitié de ses rideaux miroitants et dégoulinants.
Le genre de disque qui te rendra brutalement audibles les tambours que tu devrais sentir enfler et gronder dans les galeries profondes de ton être, en cette période de l'année.

samedi 18 avril 2009

Dystopia : Human = Garbage


Sludge, death, ça fait pas grande différence, je l'ai toujours dit - au moins depuis la première fois que j'ai entendu Mental Funeral.
Sludge qui va nulle part, death qui emporte des choses et des bidules d'où il passe ; quelle importance après si on ajoute de la cold à la Amebix ? Que du triste, de l'hirsute et de l'aigre, en somme.
Tu veux du tube et t'en auras pas. Juste un vieux merdier âpre et gris, juste un dégueulis des familles ; triste, hirsute, aigre.

vendredi 17 avril 2009

De Litoribus Repositis

Un salon qui se pique haut et fort d'être all about love, et qui se priverait de se nourrir au lait de l'autre (sexe, ballot), avez-vous jamais ouï pareille chose ? Pas celui-ci, assurément.


(The) Arcade Fire : funeral

Robert Smith, Franck Black, Bernard Sumner et Thom Yorke sont morts depuis belle lurette. Ose dire le contraire pour voir. Réessaye en ayant l’air convaincu. Ha tu vois ! Tu t’es jamais demandé pourquoi t’écoutais toujours leurs mêmes albums ? Allons, allons, toi-même tu sais. T’es resté bloqué quelque part, mais où ? Réfléchis bien…
Vous êtes tous morts mes amis. Si, si, j’vous jure. Au moins une fois. Comment tu connaîtrais SOUM sinon ? Tu commences à piger le truc ? Ca te fait bizarre sans te faire mal ? Tu savais même pas que tu t’étais résigné à la longue, et t’es un peu surpris c’est normal. Nous sommes tous dans l’au-delà si tu préfères. Oui, j’en suis sûre : je vous ai bien observés cet hiver, à essayer de vous prouver que vous étiez toujours en vie. Que t’étais bien vivant, merde, que t’étais encore dans le coup. Tu faisais le beau en voyant passer la fille et elle elle te passait au travers sans même t’avoir touché. Et toi alors ? Tu saluais souvent quelqu’un que t’avais pas vu depuis un bail, et eux changeaient toujours de trottoir, comme si de rien n’était. Toi aussi, t’essayais en vain d’apercevoir ton profil sur les vitrines. À te dire qu’il faisait trop froid pour pleurer. Tu sais comment c’est : Ian s’est suicidé mais la vie continue. Tu t’en veux de pas y penser à chaque minute n’est-ce pas ? À tous ceux qui sont plus là, à tous ceux dont tu ne partageras plus le quotidien. Certains, t’en parles encore, tu les aimais bien plus que tu ne t’aimes. Et y’a des matins où tu penses à autre chose qu’à eux. Tu deviendrais fou sans ça, mais tu culpabilises quand même. Comme si la mort pouvait mettre un terme à ça… T’es dead man. Haha : tu pensais que ça serait différent ? Non non, calme-toi, c’est juste qu’on a tous pensé la même chose quand on est arrivé. Tu t’habitueras va. T’es pas meilleur, pas pire qu’un autre. Y’a aussi de la perspective ici… Je sais pas moi, t’as pas des tombes à aller visiter ? Des gens à hanter ? Moi je dis ça, je dis rien. Tu feras comme tout le monde, à essayer de pas perdre la réalité de vue. A essayer de saisir toutes les suites de ta vie. À chercher à la revoir, juste avant de faire semblant de dormir. Y’a que eux que ça rassure de penser que toi tu dors.
Je suis plus là moi non plus. Et j’aurai jamais pensé que ça serait le monde réel qui aurait l’air de flamber. Alors je ne m’en approche plus trop, j’ai passé l’âge et l’arme à gauche, j’essaye de faire une croix sur le passé. Ca me chagrine ce qui se passe du côté de chez Jim. Moi j’aimerai pas trop tu vois. Ou alors je suis définitivement jalouse je sais plus. Par contre, si on retrouve mon corps, me faudra une belle fête. Un truc qui change, qui me change de ce que j’écoute en boucle, parce que je peux plus trop m’en détacher maintenant… c’est la vie. Faudra que ce soit frappé, aussi glacé, avec un soupçon de Björk sans que ça soit du Björk. Quelque chose qui reste fidèle à ce que j’aimais. Qui rende hommage. Qui me fasse croire que tu ne vis plus sans moi et que toi tu ne m’oublieras jamais. Que je t’ai laissé inconsolable. Parce que mourir c’est super égoïste. Parce que mourir c’est surfait. À la vie, à la mort mon amour. Oui entre les deux ça serait bien. Au point G. A l’allée G. Un enterrement de tous les diables.

Madonna ai Laghi

Réclame

Interlude. Gaffe avec le md, quand même, hein.



The Mushroom River Band : music for the world beyond


Stoner, hard rock… whatever. L’important est de faire attention aux mots clés disséminés dans cette modeste chronique… modeste, à l’image de ce disque de rocker au naturel, sans autre prétention que celle de groover à mort dans les jupes de mémé, d’envoyer la sauce hagard et illuminé qu’on est dans l’extase du riff à l’arrache mais imparable dès les toutes premières secondes, du groove inaltérable des chevelus, de ne pas trop forcer sur la touche nostalgie 70’s pour augmenter le capital nostalgie mais plutôt de le faire surgir aux moments cruciaux ; et sans prévenir d’envoyer ce qu’il faut d’émotion brute – addicted – comme pour rappeler qu’il y’a un cœur gros comme ça là dedans. Capter l’essence des deux premiers disques de Kyuss – Wretch plus encore que Blues – reprendre cette insouciance juvénile totale, l’insouciance du mal (même pas peur Satan !), reprendre ce son mélasse et cambouis caractéristique trait pour trait (maintenant je vais essayer de pas tomber dans le racolage qui me sied tant), en y ajoutant par moments une couche non négligeable de Superjudge (raté) – avoir le handicap d’un chanteur dépourvu d’un vrai charisme mais capable de filer le sourire jusqu’aux oreilles quand il pousse le cri du rocker en rut ; YEAH. Avoir un son, des lyrics pleins de naïveté, de jeunesse, de fougue, de fraîcheur, et sentir le standard plein nez dès les premières écoutes ; impossible de rester inerte, impossible de ne pas remuer ses liquettes, impossible de s’en souvenir une semaine après mais impossible de ne pas y repenser quand revient l’envie d’apprécier les bonheurs simples ; les albums de cet acabit sont ceux qui nous mettent à sac nos journées moroses, dessinent un gros soleil dans notre cœur mazouté, et donnent envie d’aller se faire une virée en caisse, n’importe où, de se montrer, de faire le beau. Etourdissent, enivrent. On s’y laisse aller, comme dans un... trou ; parce que la pochette est moche mais sied à merveille au contenu : c’est un plaisir simple, le plaisir du rock’n’roll - car tu sais mon petit, les meilleurs choses dans la vie sont les plus simples, eh oui !


Jean-Jean

jeudi 16 avril 2009

Judas Priest : Defenders of the Faith


Une mise au point s'impose. Painkiller a trop de superbe renversante pour avoir quoi que ce soit en commun avec Inferno, oncques ne me dédirai, il est du sang d'How the Gods Kill. Defenders en revanche n'est pas Lucifuge, il ne connaît effectivement presque pas la baisse de régime, et fait un fort plausible jumeau d'Overkill.
Painkiller est une botte sûre de son royal poids qui appuie langoureusement, Defenders est juste un corps astral, un météore, une putain de comète qui entre dans la stratosphère et fuse violemment en incandescence.
De fols étincèlements, d'assourdissants hurlements de matière en liquéfaction orgiaque, une lumière non pareille, et peu importe quel terme connaîtra cette course prodigieuse (en l'espèce, un épouvantable et triste crash, sur le morceau titre comme il se doit) puisqu'elle anéantit toute raison, ni que sa propre puissance piaffante de fureur la dissolve - eh ! cette sensation seule, cette fièvre vertigineuse ne justifie-t-elle pas tout quelle que soit l'extrêmité ?
Rock hard, ride free.

mardi 14 avril 2009

Pestilence : spheres


En règle générale, j'aime pas mal ce que fait Dan Seagrave, mais en l'occurrence j'aurais plutôt vu Salvador Dali, pour illustrer ce Mr Krinkle death metal en forme de Meshuggah de préhistoire anxiodélique, tout dégingangulosseux, avec une façon de Marc Heal lyophilisé au micro.

Ramesses vs. Unearthly Trance, la Revanche, 13/04/09, le Klub, Paris

Ramesses : de plus en plus tels qu'en eux-mêmes, serais-je tenté de dire, en équilibre entre Angleterre et Nouvelle Angleterre, entre les Profonds en pick-up à gasoile de Grief et une sinistrose vert-de-gris-humide collet-monté jusqu'à la pendaison typiquement britonne, tragimélodique et satan à la fois, un poil de bouc moins furieux qu'en 2007 mais ne boudons pas notre séance d'ostéopathie.

Unearthly Trance : se confirme comme un truc qui bastonne des plans ultra efficaces dégoulinants d'evilness straight to your face, ça passe tout seul sans rien de mémor(is)able et de qui retienne réllement l'attention, d'autant que je fus distrait par le tournage dans la fosse riquiqui du prochain film d'Albert Dupontel featuring Elie Semoun (visiblement un cocktail explosif d'action et de comédie, je peux pas trop vous en dire davantage mais je crois que le nom de travail est "Kickback").

lundi 13 avril 2009

Celeste : Nihiliste(s)


Foutue épidémie ... Blackened, sludgey, sludgieblackened, blackiesludgened, mon boule ... Même les Deftones, à présent, ma bonne dame, qui succombent à cette sirène dans le plus grand style camion volé, si c'est pas malheureux de voir des choses de la sorte, ah bah c'étant !
Chino, vraiment, sois un chou et file dans ta chambre écouter Depeche Mode, tu chantes trop mal en norvégien.

Au tableau, maître corbeau tenant en son bec le Saint Fromage


Blood Red Skies fût l’occasion, pour Tante Robbie, dans un album au moindre éclat, de nous balancer LE morceau épique de toute une carrière, enfin le digne successeur de Beyond The Realms of Death, marqué par une impulsion massive et une structure encore bien enrichie du collagène putassier de Pamela Turbo : intro larmoyante, grandiloquente, cristalline et mélancolique comme le crépuscule de la croisade contre les Profanes aux Glaives Impies (une tentative de style, ne cherchez pas) combattant la Juste Foi du Prêtre par le Mal ; puis brutalement enchaîné sans prévenir sur un beat lourdingue de droïde en érection, glacial, et Rob(ocop) de souffler tel Michael Jackson son trop plein d’excitation, de persifler, de gronder, de hurler, flamboyant, majestueux, tel le phoenix survolant la cité des machines, quelque chose entre le générique de T1 et les scènes les plus élégiaques de Mad Max 3 ; avec A Touch Of Evil, LE morceau de Painkiller, plus encore que le titre épo, Judas nous a envoyé l’un de ses hymnes les plus too much pleine poire, une sorte d’hymne absolu si tu veux, et même si tu veux pas, c’est tout vu : THE hymn, dans un album qui n’en est pas avare mais pas aussi sûrement homogène et insécable qu’un certain Gégé voudrait nous le faire croire. Blood Red Skies était Michael Jackson. A Touch Of Evil est… Tina Turner. It’s simply the best: it’s the best. Intro Lucio Fulci, riff blockbuster, maouss Hard Rock au couplets érectiles, au refrain… séminal. La puissance musculaire générée par la prod Conan-Panzer de PK, la grâce métallique de Defenders, le sens du putassier dégoulinant de Turbo, l’émotion brute des ballades Screamingiennes, la version Titane de leurs plus beaux standards peut être, au moins des meilleurs morceaux de leur Acier Rosbiff ce qui n’est pas peu dire ; tout est là…. et plus que toutes ces considérations moléculaires et philosophiques, il y’a Rob, Robbie, Robert, Roberta, la fusion physique de Poelvoorde et Barthez dans un accoutrement cuir SM pour rappel aux aveugles, duquel une voix tout aussi extrême et matière à controverse (de goût) jaillit, sublime et pure, comme le rayon laser surpuissant qui jaillirait d’un chibre sans prévenir, au moment crucial ; sa voix, unique, magnifique, grandiose, too much, putassière, noyée sous des effets putassiers qui paradoxalement le montre sous son plus simple appareil, tel qu’il est… ce qu’il est : Guerrier. Prêtre. Diva. On l’appelle pas Metal God pour rien, la grande… Alors toi aussi, quand des fans d’Iron Maiden essaieront de t’apprendre la vie, tu sauras quoi leur répondre. Et puis DICKinson, hein… les vraies bittes putassières ne sont ptetre pas là ou on voudrait nous le faire croire, finalement.

Jean-Jean

The Skull Defekts : The Temple


Reptile. Avide. Torride. Violent. Féroce. Pénétrant. Liquide. Renversant. Toxique. Rampant. Submergant. Acide. Enivrant. Ésotérique. Grouillant. Limpide. Furieux. Païen. Insatiable. Sourd. Luminescent. Panique. Licencieux. Viscéral. Impérieux. Malin. Délicieux. Ténébreux. Irisé. Souillé. Cosmique.

Sapristi !





Doom over Paris III, le Klub, 12/04/09

Mourning Dawn : a bien changé depuis la dernière fois que j'écoutai ; quasi exit l'éruption black purulente, "de jeunesse" aux dires inutilement gênés du Lolo, MD joue du doom death, ce qui hormis quelques favoris n'est pas ... mon genre favori, pas en ce moment à tout le moins ; ce nonobstant, tout comme Fatum Elisum il y a quelques mois au même endroit, ils font très bonne impression par la sincérité et l'engagement que mettent au moins deux gars du groupe, et je ne dis pas ça parce que j'ai déjà trinqués avec les prévenus ; par quelques incartades inorthodoxes survivantes, aussi, des accélérations hors cadre, not quite your usual doom death uptempo part kinda thing, et les pirouettes du Lolo, entre larmes de haine à la Marquis d'Ataraxie et hurlements de détresse à la suicidal-whatever - faudra juste un peu me décoincer et désemprunter cette voix claire, garçon.

Officium Triste : ah bah voilà ; tout ce que le doom death peut avoir d'hilarant, claviers neuneus ET cheap caracolants en tête : tout pareil que Pantheist, for la grâce ; tenu deux minutes.

Ataraxie : ah tiens, Ataraxie, j'avais même pas souvenir d'avoir calculé qu'ils étaient sur l'affiche ; ah tiens, un de mes favoris ; ah tiens, le type aux airs de Vincent Gallo danois qui assistait le Lolo pour les growls n'était autre que Marquis d'Ataraxie ; ah tiens, j'avais jamais capté qu'ils étaient tous aussi beaux gosses, pour des métalleux ; ah tiens, un morceau d'avant Anhédonie, je vais ainsi donc continuer à ignorer cette période ; ah tiens, les morceaux d'Anhédonie sont bien tout comme je me les rappelais, même dépouillés de l'aura ultra chic du disque : furieusement, carnassièrement, morbidement romantiques, idéalement death et gothiques à la fois (et hop, une chronique délicate d'esquivée) ; ah tiens, pas sûr que j'écoute Evoken une fois dans mes pénates, finalement.

Isole : doom à voix, tout se joue donc sur l'affinité ou pas avec icelle ; de ce que j'en ai entendu en attendant pour les gogues ...

Evoken : est-ce la crinière devant qui me remuait dans le nez sans discontinuer, et l'agacement y attenant, ou bien le son était-il vraiment désolamment pas assez intersidéral et cyclopéen ? Comme j'ai vu et aimé Esoteric deux fois, ce ne peut être simplement l'anti-charisme du chanteur sosie de Fred Durst qui m'ait gêné. Bref. Je me suis barré.

Brutal Truth : evolution through revolution


Le grind peut être death sans être sac à bière. Le grind peut être punk sans être bovin. Ou l'inverse. Le grind peut swinguer sans être gore. Le grind peut aimer danser des slows avec ses propres viscères sans être de la bande à Gaza. Le grind peut être taillé au rasoir sans être rasoir. Le grind peut être surhumain sans être inhumain. Le grind peut saturer à fond de balle sans être en mp3. Le grind peut même avoir une pochette tout juste digne de Sepultura sans être kiddie-friendly.
Le grind peut être ... vous m'avez vu venir, là, oui ? Non ??
Le grind peut être -core. Oui, encore. Comme on dit quand on est dans le vent, ramasse tes dents. Et crois-moi, tu vas y être, dans le vent. Celui qui arrache les dents.

dimanche 12 avril 2009

Psoriasis : Lethal Treatment


Psoriasis. Quel curieux choix de patronyme.
On est obligé de songer soit à un Carcass-like studieux (déjà que Carcass est de l'estudiantin-metal) ou à du bukkakelolmetal ; obligé de passer son tour, pour ainsi dire.
Alors que, si comme bibi l'on continue à être chagriné par la vérité de ce qu'on a découvert derrière l'imagerie de Slipknot, et à chercher ailleurs ce qui aurait dû s'y trouver, on peut avoir de très agréables surprises, genre Trepalium dans un genre légèrement autre, et débusquer un réjouissant pocpocpocpocpoc-death metal, tressautant, visqueux, cisaillant, brûlant, parfait pour faire admirer à sa parentèle, petits cousins d'abord, le fabuleux atelier de boucherie avec mini-bar qu'on s'est aménagé à la cave.

Et de trois : 2009, un belle année pour le mormétal.

samedi 11 avril 2009

Red Hot Chili Peppers : By the Way


Leur album le plus pourri, si j'en crois les prix auxquels il part en occasion.
Leur meilleur album, rien que pour le faible quota de morceaux slapislapohohohovoilàundroledechapo ... n'eût été le fait que les meilleurs morceaux de la veine cucul sont sur Californication.
J'y reviendrai. Sur les deux, probablement.

Agoraphobic Nosebleed : Agorapocalypse


Porc.
Jusqu'ici le plaisant vocable était pour votre serviteur peu ou prou synonyme de Napalm Death. Tout au plus pouvait on également l'appliquer avec une moue à des choses comme Leng Tch'e.
Agoraphobic Nosebleed, le groupe dont l'absence jusque lors en ces pages pharmaceutiquement surmenées est un scandale que nul n'a eu la présence d'esprit de noter, l'ex-groupe dont les albums dureraient 3 minutes TTC s'ils affichaient les 12-15 pistes règlementaires, vient de sortir un album de 13 titres et 32 minutes ... de PORC.
Et musicalement, c'est aussi ardu à définir de façon rigoureuse que Napalm - est-ce du brutal punk metal ? du speed beatdown ? du spazz death metal ? du midtempo grind ?
En fait, non. Ça se définit fingers in the nose, tout juste comme Napalm. C'est du punk. Du hardcore putain de punk, la bande son d'un nouveau hooliganisme cyborg, bien plus sadien que tous les Kickback du monde, qui déboule dans le pit dégoulinant de bave, avec la pétoire de Robocop et des bousilles old school faites au marteau-piqueur.
Vicieux et furieux. Comme un porc.

Show some discipline

L'attention est quelque peu dissipée ces derniers temps, il se murmure que les cours sont chiants, on joue les fortes têtes ... Il suffit ! Sortez vos cahiers de textes, et écrivez : dissertation ;

Sujet 1 : I'm never gonna work, another day in my life, the gods told me to relax, they said i'm gonna get fixed up right, I'm never gonna work, another day in my life, I'm way too busy powertrippin'
Sujet 2 : in the night, come to me, you know I want your touch of evil, in the night, please set me free, I can't resist a touch of evil

Certains d'entre vous choisis au hasard passeront au tableau pour nous exposer le fruit de leur labeur. Certains d'entre vous peuvent d'ores et déjà se préoccuper des voies mystérieuses du hasard. Et je ne veux pas entendre persifler "chouchou" ou piauler "c'est même pas moi c'est dégueulasse", à chacun son heure.

vendredi 10 avril 2009

Judas Priest : painkiller


Au 3bis de la rue How the Gods Kill, dans un entresol plongé dans la pénombre aux murs couverts de masques de fer, vit le petit frère de Glen Allen Anzalone. Celui qui a été abandonné à la naissance, par des parents qui ne jugèrent pas assez vénitienne sa blondeur, et le laissèrent aux Anglais, celui qui a grandi avec des chats sauvages comme William Bruce Rose Junior, à écouter de la hard-wave.

Glen est le Batman, et rêve d'Elvis Aaron Presley et de loups superbes. Robert est le Joker, et rêve de Farouk Bulsara ; en tartare.

jeudi 9 avril 2009

Lava : the brainmelt boogaloo partycrash ep


Tu veux ce disque. Pasqu'il contient l'infamous ultimate sludge-a-billy boogiedown anthem, pour sûr, mais pas que. Pasque Lava, c'est bon pour ton gosier, et que t'aimes avaler.
Alors dis-leur, toi aussi. Ils nous en sortiront bien un exemplaire chacun, si on est assez relous.

Tortuga : Kings of Albany


Chronique je me tire une rafale dans le pied, action !
C'est pourtant la stricte vérité, c'est ce que c'est : un emo rockin' Botch bardé-barbelé de Neurosis.
Mais quand on dit Botch on pense clinique et mathématiques, et quand on dit Neurosis on pense préchi-précha. Et moi présentement je pense brûlant, hirsute, et malingre. Je préciserais bien : ce que Neurosis peut avoir de commun avec Cursed, mais on va penser cette fois aux albums où Cursed a fait des passages "à la" (en anglais dans le texte) Neurosis, quand j'ai en tête les moments où Neuneu a fait sans le savoir des passages à la premier Cursed ; et quand je dis rockin' je ne pense pas à JR Ewing, mais à The Hope Conspiracy, à savoir que ça rocke autant qu'un coup de pompe dans le bide, d'ailleurs la voix du chanteur sent les coups de pompe dans le bide.
Ah, et quand je dis emo il peut arriver que je pense Arkangel, mais faut pas prêter attention, c'est dysfonctionnel.
Botch ? Harkonen, ouais. Du Harkonen de caniveau, ouais.

Ca fait presque longtemps que je vous l'ai pas faite, celle du who's hardcore anyway, hé ? Retributioncore.

1969 Was Fine ... But 666 is Alright !


Salut les yéyés ! Juste pour vous signaler que ce truc de vandales est sorti, maintenant, et que je vais certes continuer à chroniquer des mp3 que j'écoute depuis la deuxième fois, parce que je n'existe que pour partager et que ça me fait bouillir, mais que, décidément, c'est comme les gens, c'est du caca, tellement c'est plus bath en vrai, tellement le sax' rutile encore plus de feu, tellement la batterie résonne plus turgescente encore ...
Et puis, si après vous ne faites pas valoir votre right to riot et allez toujours pas l'écouter, vous méritez juste de l'entendre lors de votre propre mise à sac. Ugh.

mercredi 8 avril 2009

John Frusciante : The Empyrean


Will Oldham as a surfer ? Y a de ça, sonny, il y a dans la voix fêlée autant de fausset que de faussé, il y a encore du beau gosse sous l'épiderme fatigué à blanc autant par le soleil que par la meumeu ; sous la douce peine des rivieras de cordes-caresses de celui qui n'a jamais trouvé les sirènes (dieu ! que je hais quand je m'aperçois que ma chère intuition mienne à moi unique était platement annoncée dans la tracklist depuis le début) et le voile de sourire de l'enjôleur spectre ; et la languide bise qui hante la tignasse aussi filasse que la voix délavée par le sel, est encore susceptible de s'emporter en brusques tempêtes fantasques, en miaulements âpres de désir fauve et écorché, en suave ébullition où apercevoir un instant presque nettes les perles délétères que respirent ces poumons sifflant après leur paix.
L'homme au bras d'or patiné est la vraie sirène ici, et ceci est son gospel baléarique, balayé par les songes ondoyants divaguant dans les glauques profondeurs du couchant sur cette plage qui attend la nuit et la foi.
Je veux croire, quand bien même malheureux vous ne seriez pas dans l'une de ces périodes où la beauté saute aux yeux de toutes parts où elle est, que vous serez nécessairement touchés par la chose de jade et de mauve, et d'une whiter shade of pale death, dont que je vous parle.

The Blinding Light : Junebug

J'ai manqué me faire rosser, un soir dans le RER, par un ex-roadie de Neurosis, tandis que je caquetais pour la joie de Raoul des sottises impliquant la participation de Slayer et de moshparts.
J'avais pourtant raison, sandwich man, à preuve ce nouveau The Blinding Light. Mais, blague à part, qu'ai-je à vous dire de neuf sur cet album tout neuf (qui comme l'a judicieusement noté un estimé confrère et lecteur, ne bénéficie plus de l'exposition Deathwish) ?
Je m'en rends désormais compte, la teinte épi de l'emballage ne m'a pas qu'un peu gêné, dans les premiers moments de notre rencontre, lui et moi ; et pourtant il faut l'avouer, elle est on ne peut mieux venue. Oui, le Slayer in a moissonneuse-batteuse mood dont il est toujours question se voit cette fois enluminé de diverses parties héroïques et glorieuses, l'atmosphère générale est moins strangulatoire.
Moins ostensiblement, disons. Car outres les fameuses moulinantes et grésillantes moshparts, chez TBL sont toujours les non moins fameuses phantomparts, et ce sont elles qui sont de plus en plus singulières - toujours lunaires, ces sérénades, mais elles aussi moins ouvertement déviantes et maladives que sur The Ascension Attempt, bien plus suaves en vérité, telles le miel d'acacia de la jaquette sus-incriminée. Crac. Surprise, you're not dead et c'est le pire. D'un coup la mouche prend sens aussi : elle est engluée. Vous êtes fait.
You're everything
That's why I cling to you
When I emerge
My thoughts converge to you
To you
The world is so small
Compared to you
And everybody's wrong
Compared to you
To you
I begin to see through your eyes
All the former mysteries are no surprise
So now, you listen
Cuz I'm omniscient
Hey look at me lady
I'm just a little baby
You're lucky to have me
I'm cute and sweet as candy
As charming as a fable
I'm innocent and disabled
So hug me and kiss me
Then wipe my butt and piss me
I hope you never leave
Cuz who would hear me scream?
Nobody understands
Except the toys in my hands
So now you listen
Cuz I'm omniscient
Hey look at me lady
I'm just a little baby
If I smile, then you smile
Then I'll get mad for awhile
I melt in your mouth
And in your hands whenever I can
But I really do nothing
Except kickin' and fussin'
I like to make a mess
I laugh at your distress
I sit all day in my crib
Absorbing all you give
I'm helpless
I'm flawless
I'm a machine
Give me, I need my toys...
Keep me hot
Keep me strong
Keep me everlong
So now you listen
Cuz I'm omniscient

mardi 7 avril 2009

Funebrarum : the sleep of morbid dreams


Si j'écris juste greeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuh, vous allez barguigner ?
Bon sang, vous avez le nom du groupe ; le nom du disque ; le logo du groupe ; la jaquette du disque. Dites, vous voulez pas aussi que je vous dise de quoi on parle, non ?

Sachez simplement que Funebrarum font les choses comme elles doivent l'être, faites : à coeur, ruisselantes, arables, pulvérulentes, fongiques, dans le crépitement continu de borborygmes abominables et de hurlements de guitares rugissantes ; la texture des rillettes attardées au soleil et pourtant gluant de froid ; trépidant et cave, rauque et gouleyant, fondant au chocolat et boudin noir en une seule grande bouffesque bauge ; succulent chaudron de remugles que voilà, jovial comme une bataille de polochons avec des charognes d'ours putréfiés en guise d'arsenal.
Greeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuh.

The Horrors : primary colours


Est-ce en écoutant le dernier zZz en descente, ou en mangeant des plats chinois surgelés sans micro-ondes, en descente, que les rockab' crêpés des Horrors ont attrapé mal ? Ou bien est-ce juste la descente ? Toujours est-il que leur batcave s'est sérieusement frigorifiée. Le disque prend les airs sur de la techno ambient, direct les couches gourdes de l'atmosphère.
Ils y rockent toujours, mais en grelottant, mais quasiment sans guitare, qu'une basse janséniste forcément entêtante, et un wagon de coton synthétique bourdonnant. zZz ? Les nuées d'ici sont assez modérément scintillantes. Le sentimentalisme hagard est étranglé (strangled, get it ?) tout comme les quelques niaiseries éberluées à la Suicide par la grisaille du fog à l'âme, par une voix anguleuse et émaciée, par les gonflements récurrents comme une obsession, de cacophonie discordante et religieuse ; les murmures japonais sont assourdis de sirènes grinçantes, de harpies séraphiques.
Primary Colours ? Ne vous laissez pas leurrer par la jaquette : ça veut dire de la couleur de Primary, de qui vous savez - indice coincidental et concordanciel : le groupe dont on parle a un morceau intitulé Descent.

Et de trois : 2009, une belle année pour la new-wave.

lundi 6 avril 2009

Be there or be square

Punish Yourself, Moshpit, Bran Terror, salle Victoire 2, Saint Jean de Védas, 4/4/9

Petite virée tsoudoune pour saluer dignement en bermuda l'approche de l'été.
Bran Terror, vu la fin, ç'avait l'air aussi risible et inutile que sur disque.
Le reste, pas vu grand'chose, d'une vaut mieux surveiller ses pieds dans un pogo, particulièrement quand ils sont nus, de deux je tends dirait-on à de plus en plus souvent fermer les yeux quand la musique est bonne, bonne, bonne, quand la musique donne, donne, donne - et : non, je ne viens pas de me contredire, silence ou je fais évacuer la salle.
Et puis surtout, vu l'affiche, que croyiez-vous donc ? Le rock'n'roll, ça se danse. J'en ai encore des bleus et des courbatures partout - et un bon lambeau de peau en moins dans le dos, goddammit, mais toujours tous mes orteils, toi-même tu sais, mi barrio, tac et tout.

Ah, oui : Join the Pink Panther Party s'annonce fort bien, mais est-ce une rélle info ?

jeudi 2 avril 2009

Planes Mistaken for Stars : Mercy


Si Greg Dulli devenait un punk rocker, la nuit, une fois poussés ses chants du crépuscule, 'des chances qu'il aurait mal de regarder les étoiles, dans le ciel.

Watchmaker : Erased from the Memory of Man


War-punk.
- Comme dans war-metal, gégé ?
Oui fiston ; revenge has a foul taste of Revenge. This is as mean as it gets.
Turn loose the evil.

Robinson : The Great City


La plupart du temps, les ceusses qui s'attaquent à la taille d'une ville y mettent les formes - tremolos, ton ominous, pathos - et les moyens - artillerie lourde, revers appuyés, longue haleine.
Avec Robinson, ça prend pas dix minutes. Un tombereau ininterrompu de haine vomie dans un torrent de sang, un essaim de limaille en furie, et tout est fini. Sans bombes, sans menaces, sans rien. Tout à mains nues - et dents ; une tempête impitoyable qui ne marque de temps d'arrêt que ceux qui créent la faille où elle s'engouffre toute entière en une fraction de seconde. En dix minutes tout est lacéré, violé, pillé. Converge, Clinging to the Trees of a Forest Fire, Watchmaker, Buried Inside, Uranus, Destroyer Destroyer, Crowpath, tout le monde est laminé, éparpillé en pièces.
On est alors arrivé à la moitié du disque, et il y a comme un flottement, où les proies hagardes, perdues, titubent et contemplent le peu de leur chair qu'a laissé le vent coriolis sur leurs os derrière lui ; mais quelque chose tourne, couve, enfle, au milieu du calme revenu, dans cette rythmique qui claque souple et sèche, tranquille menace dans l'hébétude funèbre qui s'attarde et semble fredonner que ce n'est pas fini. Sont-ce les vautours, que l'on sent venir ?
Non.
Trop de borborygmes dans cette incantation, trop de démence dans ces spectres. Un bourdonnement d'ailes, qui revient, qui brouille l'air ... Et c'est le déluge de fureur qui vient tout embraser, plus énorme que jamais, l'instant d'éternité, l'aplatissement, la fin, enfin.

Hip Hop loves me

Vuveny, ou quelque chose comme ça : assez gentiment bluffé par le drum programming dub-dancehall-gothrip-hop, mais c'était peut-être parce que je n'avais plus beaucoup écouté Haujobb depuis '98 ; persistamment trouvé qu'il manquait quelque voire quelques choses à tout ça, mais c'était peut-être parce que j'ai perdu l'habitude d'écouter de la musique instrumlentale

Oddateee : presque pas reconnu le gars physiquement, ce n'est pas là le clochard plus famélique que Blubird et qui avait tarté tout le monde présent à certaine première partie d'Isis ; mais ça tarta quand même, une fois passé un mix ma foi agréable, old school et consensuel - oh, un Dälek, oh, un Cypress, oh des classiques probables que je ne connais pas, oh du dancefloor, oh du afrotriumphant, on voit le topo - mais dès qu'il fait son oddity, c'est toujours le même numéro unique, auquel aucun disque ne rend justice. Truculent, habité, gouailleur, fervent, irrésistible. Word up, homie.

Dälek : Dictatorshit. Godflesh n'existe plus. Heureusement, il y a Dälek. Autant de métalleux dans l'assistance. Aussi brumeux. Aussi lourd. Aussi funk. Aussi lumineux. Word.
(Ca veut dire tais-toi, si tu crois que t'as quelque chose à jacasser.)

mercredi 1 avril 2009

Dalëk, Oddateee, Vuneny, hier au nouvau Caz'. Moignon au rapport


Bon alors, résultat des courses.


Vunenni :

Mmmoui.
Plaisant.
Sympathique.
Gentil
petit
apéritif.





...


... Pas plus court, non ?

Ah oui, plus court, ç'aurait été bien, en fait, merci.


Oddateee :

Je m'en rends pas tout de suite compte, mais Oddateee, en fait de set, démarre par une session deejaying ; ce n'est que lorsqu'un pote blasé s'éloignant de la scène me le souffle à l'oreille que je pige la situation : en vrai, il chante et tout, mais là non, il mixe. ça sonne pas trop mauvais, mais bon, c'est sûr, quel intérêt ? Je profite d'un moment ou la zique tourne un peu raggavinaigrette pour imiter mon pote. Une façon peut-être pour Oddateee de tester le public ? Pourtant, en chemin, j'engage la discute à des connaissances journalistiques plutôt branchées DJ lifestyle, toi-même tu sais, qui semblent tout aussi dégoûtées, à plus forte raison qu'elles sont venues pour lui, la simple évocation de Dälek ne suscitant que des "connais pas trop", "aime pas trop", "trop dark", "suicidaire", etc. etc.
Toujours est-il que, alors que je me retrouve finalement au fin fond de la salle à partager l'amertume d'une bonne poignée de déçus, v'là-t-y pas que c't'andouille se décide enfin à empoigner son mic et à faire son show ; chacun se remet alors à sa place, au sens propre comme au figuré, car c'est là que démarre réellement le set d'Oddateee, ow tou ze dobeul dee tou zi ay to ze tee tou ze twipeul ee, dixit himself. Les instrus sont bien street, rythmiques lourdes limite Techno Animal, Ambiances austères, on se mange même un peu de synthé radioactif dans un moment de pur hip hop pour mutant post-nucléé. Je pige pas tout ce qu'il dit mais ça n'a pas l'air très jouasse non plus ("you can die now... Die ! Die ! It's my girlfriend... get out!", feignant quelques coups de lattes dans je ne sais quoi, de quoi faire travailler l'imagination je suppose)
Bref, grosse régalade.


Dälek :

Basses de porc. Mur du son. La grosse claquasse. Oktopus l'a jouée fin vénère ce soir, tant sur son attitude scénique, convulsée, habitée, que sur le volume sonore des instrus, qui tendent hélas un peu à occulter le flow d'un MC Dälek qui semble, ceci mis à part, au mieux de sa forme ; le son des instrus est d'ailleurs tellement excessif qu'on a le choix entre se boucher les oreilles et souffrir d'une distinction auditive un peu confuse, ou alors se niquer purement et simplement les tympans, au profit d'une compréhension plus fluide. Peu importe, dans les deux cas, on se mange quand même un très gros son noise dans la gueule.
Et puis il y a cette instru, un moment, ces larsens, on se serait cru à Birmingham, en train de se bouffer Pitch Shifter ou bien leur mentor divin et charnu ; ce moment j'ai dit, mais d'autres aussi, pas une minute de relâche, pas le temps de souffler, d'ailleurs, le groupe avait enchaîné direct sur la fin du set de leur poteau des rues.
Le final, c'est simple, c'est subversive script, avec la clique des premières parties qui débarque en featuring, en guise de générique de fin, comme, vous savez, celui de inland empire, ou on retrouve tous les personnages, du film, gentils, méchants, glauques, victimes, en train de danser sur un air de soul, et on se dit que décidément, on a rien capté à ce à quoi on vient d'assister - Dalëk en a d'ailleurs sûrement profité, le gredin, pour nous glisser quelques vilaines vannes pendant qu'on était occupés à acclamer béatement la moindre de ses déblatérations -, mais que c'était de toute façon quelque chose, non pas de bien, non pas de génial, simplement de nécessaire.