vendredi 17 avril 2009

De Litoribus Repositis

Un salon qui se pique haut et fort d'être all about love, et qui se priverait de se nourrir au lait de l'autre (sexe, ballot), avez-vous jamais ouï pareille chose ? Pas celui-ci, assurément.


(The) Arcade Fire : funeral

Robert Smith, Franck Black, Bernard Sumner et Thom Yorke sont morts depuis belle lurette. Ose dire le contraire pour voir. Réessaye en ayant l’air convaincu. Ha tu vois ! Tu t’es jamais demandé pourquoi t’écoutais toujours leurs mêmes albums ? Allons, allons, toi-même tu sais. T’es resté bloqué quelque part, mais où ? Réfléchis bien…
Vous êtes tous morts mes amis. Si, si, j’vous jure. Au moins une fois. Comment tu connaîtrais SOUM sinon ? Tu commences à piger le truc ? Ca te fait bizarre sans te faire mal ? Tu savais même pas que tu t’étais résigné à la longue, et t’es un peu surpris c’est normal. Nous sommes tous dans l’au-delà si tu préfères. Oui, j’en suis sûre : je vous ai bien observés cet hiver, à essayer de vous prouver que vous étiez toujours en vie. Que t’étais bien vivant, merde, que t’étais encore dans le coup. Tu faisais le beau en voyant passer la fille et elle elle te passait au travers sans même t’avoir touché. Et toi alors ? Tu saluais souvent quelqu’un que t’avais pas vu depuis un bail, et eux changeaient toujours de trottoir, comme si de rien n’était. Toi aussi, t’essayais en vain d’apercevoir ton profil sur les vitrines. À te dire qu’il faisait trop froid pour pleurer. Tu sais comment c’est : Ian s’est suicidé mais la vie continue. Tu t’en veux de pas y penser à chaque minute n’est-ce pas ? À tous ceux qui sont plus là, à tous ceux dont tu ne partageras plus le quotidien. Certains, t’en parles encore, tu les aimais bien plus que tu ne t’aimes. Et y’a des matins où tu penses à autre chose qu’à eux. Tu deviendrais fou sans ça, mais tu culpabilises quand même. Comme si la mort pouvait mettre un terme à ça… T’es dead man. Haha : tu pensais que ça serait différent ? Non non, calme-toi, c’est juste qu’on a tous pensé la même chose quand on est arrivé. Tu t’habitueras va. T’es pas meilleur, pas pire qu’un autre. Y’a aussi de la perspective ici… Je sais pas moi, t’as pas des tombes à aller visiter ? Des gens à hanter ? Moi je dis ça, je dis rien. Tu feras comme tout le monde, à essayer de pas perdre la réalité de vue. A essayer de saisir toutes les suites de ta vie. À chercher à la revoir, juste avant de faire semblant de dormir. Y’a que eux que ça rassure de penser que toi tu dors.
Je suis plus là moi non plus. Et j’aurai jamais pensé que ça serait le monde réel qui aurait l’air de flamber. Alors je ne m’en approche plus trop, j’ai passé l’âge et l’arme à gauche, j’essaye de faire une croix sur le passé. Ca me chagrine ce qui se passe du côté de chez Jim. Moi j’aimerai pas trop tu vois. Ou alors je suis définitivement jalouse je sais plus. Par contre, si on retrouve mon corps, me faudra une belle fête. Un truc qui change, qui me change de ce que j’écoute en boucle, parce que je peux plus trop m’en détacher maintenant… c’est la vie. Faudra que ce soit frappé, aussi glacé, avec un soupçon de Björk sans que ça soit du Björk. Quelque chose qui reste fidèle à ce que j’aimais. Qui rende hommage. Qui me fasse croire que tu ne vis plus sans moi et que toi tu ne m’oublieras jamais. Que je t’ai laissé inconsolable. Parce que mourir c’est super égoïste. Parce que mourir c’est surfait. À la vie, à la mort mon amour. Oui entre les deux ça serait bien. Au point G. A l’allée G. Un enterrement de tous les diables.

Madonna ai Laghi

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