jeudi 2 avril 2009

Robinson : The Great City


La plupart du temps, les ceusses qui s'attaquent à la taille d'une ville y mettent les formes - tremolos, ton ominous, pathos - et les moyens - artillerie lourde, revers appuyés, longue haleine.
Avec Robinson, ça prend pas dix minutes. Un tombereau ininterrompu de haine vomie dans un torrent de sang, un essaim de limaille en furie, et tout est fini. Sans bombes, sans menaces, sans rien. Tout à mains nues - et dents ; une tempête impitoyable qui ne marque de temps d'arrêt que ceux qui créent la faille où elle s'engouffre toute entière en une fraction de seconde. En dix minutes tout est lacéré, violé, pillé. Converge, Clinging to the Trees of a Forest Fire, Watchmaker, Buried Inside, Uranus, Destroyer Destroyer, Crowpath, tout le monde est laminé, éparpillé en pièces.
On est alors arrivé à la moitié du disque, et il y a comme un flottement, où les proies hagardes, perdues, titubent et contemplent le peu de leur chair qu'a laissé le vent coriolis sur leurs os derrière lui ; mais quelque chose tourne, couve, enfle, au milieu du calme revenu, dans cette rythmique qui claque souple et sèche, tranquille menace dans l'hébétude funèbre qui s'attarde et semble fredonner que ce n'est pas fini. Sont-ce les vautours, que l'on sent venir ?
Non.
Trop de borborygmes dans cette incantation, trop de démence dans ces spectres. Un bourdonnement d'ailes, qui revient, qui brouille l'air ... Et c'est le déluge de fureur qui vient tout embraser, plus énorme que jamais, l'instant d'éternité, l'aplatissement, la fin, enfin.

2 commentaires:

Crown_Me a dit…

Quand Neron aura fini de la cramer, cette foutue ville, il restera toujours ce skeud, l'un des plus ultimes que j'aie jamais entendu. Hystérie, intensité, désespoir poussés dans leurs derniers retranchements et balancés dans un déluge de violence hallucinant. J'ai l'impression que je pourrais causer infiniment de cette poignée de minutes. Ces mecs avaient pigé ce qui manquait à toute la scène techgrindspazzcore toussa toussa: haine et noirceur. Ouais, "avaient", je crois que leur avenir est bien compromis, ils font les morts depuis une paye, leur bassiste s'est tiré dans un groupe de metalcore pourri et les survivants préfèrent s'amuser à jouer du stoner plutôt que de torcher un successeur à The Great City. Faich'. Gracias pour le name-dropping par contre, je connaissais pas Watchtower, et...j'en recause au-dessus, everything in its right place.

gégé a dit…

gracias à toi mecton, pour le namedropping de Robbie je sais plus où sur VS