jeudi 30 avril 2009

Send me a postcard darling


From rock'n'roll'land.
Comme toutes les cartes postales, je ne vous y dirai rien dont vous ne vous doutiez, que tout se passe au poil pour moi là-bas, dans des termes communs et déjà entendus dont le choix importe peu, en l'occurrence un album sûrement déjà évoqué, et dans des figures éculées comme mes adidas - l'album punk, aaah l'album punk ... Quel groupe n'a pas le sien auprès des experts ? Il ne fait quasi pas de doute qu'ils n'accordent pas l'AOC à Iron Fist. M'en cague, je suis en vacances, pas vrai ?
C'est mon album punk du fada de l'amphé. Acre comme l'amère frustration du speed, glaireux comme la froide coulée sur la gorge brûlée, pérave de désir irascible et bousculé, éraillé comme la gigue titubante du vrai rock du ruisseau, insolent comme les authentiques mystiques du torchage. Et sur la carte de suivre comme de juste des images bien cliché, du goût de métal de pacotille et froid d'un début de longue nuit à battre la semelle à scruter toujours les deux mêmes bouts de la rue, à attendre l'ouverture des portes de la salle, ou l'arrivée du dealer, ou les deux, à se réchauffer à claquements de dents, à se préparer à l'échauffourée ordinaire, en fusillant des paquets entiers de cibiches, le même froid de rue qui pique de tristesse, alcoolique, déterminé sans se soucier d'à quoi, que le premier et si cockney album de Faith no More, tout aussi bon marché dans ses ivresses autant que ses flacons, dans son twist gauche, brusque, roide et prolétaire, dans sa forfanterie empressée de dragueur empêtré avec son élocution ponctuée congénitalement de mollards et de toux de speedfreak.
Et abruptement, car toute carte postale sent l'embarras, me reste plus qu'à signer faut que je bouge, de mes gros doigts gercés, avec de gros bisoux rudes et enthousiastes.

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