samedi 30 mai 2009

Lava, Die to Death, Colohm, Frrt, 29/05/09, le Pixi, Bagnolet

Lava : c'est un fait notoire, je suis notoirement fait à chaque concert de Lava, et les morceaux me semblent presque toujours différents ; or donc, ce set hélas instrumental était le plus teigneux, le plus stripped down et cogneur qu'il m'ait été donné de voir jusqu'ici ; on regrettera, au moins un peu, qu'ils n'aient point daigné jouer leur reprise de November Rain mais, que voulez-vous, un groupe n'appartient pas à ses fans, n'est-il pas vrai ? Ça leur passera avant que ça me reprenne.

Die to Death : loupé le début, aussi drolatique que son nom l'indique, festif, et instrumental aussi, donc - putain de micro ...

Colohm : tenu deux secondes, malgré l'arrivée du micro

Frrt : fun, bourrin, versatile, talentueux, zoukant, la fête quoi

Et un gros "rôôôh" aux deux tire-au-flanc de l'étape.

jeudi 28 mai 2009

1349 : Revelations of the Black Flame


Un moment déjà que je tâchais à me convaincre de réécouter 1349 ; qui eût cru que je finirais par le faire pour les ambiances ?
Frost qui se met à faire ce qu'il réservait à Satyr (slowmotion sulfatation et wardrums en peau de bipèdes), Ravn qui fait du Mortuus en moins rabelaisien, étranglé par la fumée âcre, une reprise de Pink Floyd digne de Ufomammut au cœur du trou noir, un passage qu'un camarade, j'aurai la charité de ne pas le nommer, à qualifié de satien (comprenez qu'il y a du piano) ... Comme dirait Jésus II, il s'en passe, des choses pas catholiques, sur cet album - n'est-ce pas un gréement que j'ai entendu grincer sinistrement ? Bon sang mais c'est bien sûr, c'est sur une infernale galère que nous nous réveillons, sous ce firmament ensanglanté, couvercle fracassé par la tempête, frissonnant de grondements de guerre. Le sacrosaint saigne.

The Warlocks : The Mirror Explodes


On peut congeler même au désert, en barbe à papa gourde, en rosée chlorotique fatale, même celui des Doors, de Mazzy Star, de US Christmas, et sans jamais éteindre tout à fait le point brûlant cher à Claudel (comprenne qui peut). Il suffit de manger les kilos de coton hydrophile idoines, si vous me suivez - oh, pas bien loin, en contrebas, plus bas ...

Jean-Louis, 27/05/09, Paris

Mes live reports sont nuls - encore plus que mes reviews, that is - et j'ai déjà trop d'icelles en retard, donc je passe mon tour, le Moignon s'en chargera quand il aura le temps, ce qui est pas gagné vu qu'il a pas mal d'autre pain sur la planche lui aussi, et du concret.
Vous aviez qu'à venir, aussi, quelle idée sotte entre toutes, de louper Jean-Louis.

mercredi 27 mai 2009

Nox : Killin' Drive Power


L'Eau Rouge revisité par les Swans ? Filth rejoué par les Young Gods ?
Tribalisme anxiogène et ambiance Pompéï - chair, sang et lave - de l'un, tortionnarisme dissonant et bileux et mode rouleau compresseur de l'autre. Je causais de chair, il en est beaucoup question ici, chair consommée, des pires façons : collision, cannibalisme, meurtre à passion, une belle collection de moignons et de bocaux de formol. Agressions et suintements, guitares poisseuses se superposant, au son des rythmes moites et rituels, dans des processions carnivores du meilleur goût, celui du sang et des tripes : pas trace de gore-grind par ici pourtant, on est plutôt en zone no-wave-tribal-indus-whatever, une terre pas moins hostile, investie par des illuminés anthropophages, des chasseurs d'homme de tout poil, dansant, gesticulant, hurlant à tue-tête au nom du grand masque mortuaire de la lune. Ce n'est pourtant pas la forêt vierge, on est au cœur de l'Urbs, la grande écorchée vive, dépucelée sans consentement, tôle rouillée dans les chairs et sang huileux entre les cuisses, terre bafouée qui nous envoie ses enfants sauvages et dégénérés pour nous rappeler que quoi que nous fassions, ou que nous allions, la folie panique, avec un grand pan comme Pan, aura toujours le dessus.

mardi 26 mai 2009

Peuh! (copyright) endtroducing(copyright) .....


(Spéciale dédicace au MACOS)


Posé là, en 8ème place l'air de rien. Gluant, visqueux, indescriptible. Même si demain on ne devait garder de Prodigy que cette machine mécanique productrice de groove (première mondiale sur le marché de l'exportation de cette matière première venue d'angleterre) pour bas du front éméchés prêt à danser de façon embarrassante, on retiendra quand même cette plage. Du dub ? De grosses basses, un sens de l'effet juste et mené jusqu'au bout, puisque même la voix est traitée. Vicieuse. Hip hop? Le beat est basé sur une boucle, pourtant pas une habitude chez Howlett qui livre un sample presque propre, net, sans trop de punch mais sali par le son, la production. Oui, le son fait son travaille. Il dégage cette odeur analogique, qui dépasse des pores de la peau de chaque nano-seconde abattue sur l'album (music for jilted generation). Avant et après le pastiche eurodance, l'influence Public Enemy pulvérise le spectre sonore dessiné sur ce qui brode autour. La techno ? Soyons sérieux un instant. Howlett a toujours été fantastiquement rebuté par la simplicité technique et technologique de la musique électronique d'alors. De techno il n'a gardé que la fascination pour Meat Beat Manifesto et pour d'autres sonorités qui visaient directement l'abdomen au début des années 90. Le rock? Finalement, pourquoi pas. La parole est basé sur une simple phrase, répétée inlassablement par Maxim, Keith Palmer de son vrai nom, qui pour la première fois enregistre sa voix sur la musique du blanc bec de l'essex. Traumatisme immédiat. C'est quoi? Une voix venue d'ailleurs, trafiquée, malsaine, perturbante...et pourtant on est pas dans l'effet spéciale au vocodeur genre "we are the future", ça ne lève pas les bras au ciel, ça ne rêve pas d'Asimov, ça cherche plutôt en dessous, dans la vase qui traine entre les bottes. A pleine main, ça creuse. Les oreilles averties reconnaitront même un sample qui en dit long. "Jump Around" derrière ne se lasse pas non plus de s'abattre, de se répéter, de se perdre dans la masse, le magma de son, de fureur , de bruit. La force de Howlett est aussi là : faire du bruit sans bruit. La distorsion n'est jamais gratuite, pas de superposition de bruits blancs. Jamais. Toujours dans l'orchestration chaotique et puissante, comme si le bomb squad forniquait, salement, avec Art of noise. Poison est un chef d'œuvre, un morceau complexe qui même encore aujourd'hui reste une énigme musicale des plus hermétique, fermé, inouvrable, indéchiffrable. Expérience sonore. A faire; " à écouvrir absolument". Mais Howlett ne s'arrêtera pas là. Son œuvre, qu'on peut alors soupçonner être un sursaut artistique suite à un abus de stupéfiant, le fascine. Première retouche : l'année suivante, Howlett sort une nouvelle version de son morceau (différente sur le maxi CD du maxi 12" d'ailleurs). Pour accompagner le clip (aussi étrange que le sera breathe, ambiance lourde et psychotique) Mister H raccourcit sont morceau, lui offre un dynamisme quelque peu absent de sa première vision. L'aspect brut et hip hop gagne au même titre que la profonde infrabasse qui laboure le second mouvement. Le maxi s'accompagne de deux déclinaisons parmi les plus réussi de la carrière des Prodiges anglais. Le live donne aussi une nouvelle peau. La voix perd en étrangeté, s'insère mieux dans la logique du MCing agressif de Maxim, mais semble aussi perdre son statut de "chanson" pour n'apparaitre que comme une suite de beat. Mais l'énergie et le son font le reste. Encore récemment, présenté à un zenith en transe qui n'avait pas vu le groupe depuis plus de 10 ans sur son sol, Howlett a présente son morceau fétiche, son éternel insatisfaction de réussite, dans une forme des plus lourdes et à la tension la plus palpable qui soit. Autre essai : en 99, fatigué de tourner et avant un hiatus embarrassant de plusieurs années, H retraite son morceau sur un mix album, en le gonflant d'un beat franchement hip hop avant de le croiser à du Jane's addiction. Tout se recoupe, Howlett déclarant être fasciné par la section rythmique du combo de Ferrel. Dernier essai : en 2005, invité par une radio anglaise à présenter quelques morceaux (ala John PEEL), le trio, entouré d'un human-beat-flute-boxer et de leur éternel batteur transforme Poison en une version Mad Max chez les Hashisheen. Un chef d'œuvre éternellement retouché, toutes les versions sont bonnes à prendre, aucune n'a plus de sens qu'une autre, si ce n'est celle, la plus définitive peut-être, du maxi qui de toute façon est une des pièces les plus indispensables de la discographie du groupe.

Stentchulé!

Katharsis : Fourth Reich


Gare ! la bourrasque revient sur nos têtes.
Cette fois elle ne moissonne pas le champ de ses adorateurs sous le ciel immense, mais elle s'engouffre de toute sa violence dans une église dont les ogives calcinées se perdent hors de vue dans l'obscurité, probablement celle-même qui servit de décor à cette nouvelle de Robert Bloch et à Great Death II ; dans l'ombre des bas-côtés l'on croit distinguer des scènes de barbarie déchaînées, avec la confusion labile des spectres ; et au loin à la croisée, en direction de la lueur des vitraux dégondés, l'on entr'ouit, à nouveau, les imprécations démentes, l'incantation emportée au tourbillon de sa propre fureur, l'exultation mauvaise, le choeur en une seule voix de la communion insane. La pâmoison finale se fait sur un grand solo heavy, puis les grandes orgues. Pas d'erreur : celebration time again.

lundi 25 mai 2009

Teitanblood : Seven Chalices


L'on se bat ici ou là pour déterminer si Teitanblood est black ou death.
Il est vrai que la bestialité ci-devant débridée est celle, gargouillante, grésillante, rauque, crématoire, d'Incantation et d'Autopsy - et de Fistula si vous voulez mon avis, mais baste ! ne compliquons pas encore les choses plus qu'elles ne le sont déjà : pensez simplement coeurs ruisselants extraits tout vifs, braseros, fumées grasses qui piquent les yeux.
Il est également vrai que la façon de blaster est beumeu ; ou plus exactement Katharsistique ; même tempête coriolis sans répit, où les ralentissements sont tout aussi trance-inducing que la tornade orgiaque. Et, au vu des interludes, il est fort probable que Teitanblood ne soient pas satanistes, surmenés que les voilà avec Lilith, Baal, Baphomet, Kali, Shub-Niggurath, Dur, Seth, et toute leur primesautière parentèle - et je ne vous parle même pas du livret, dont la pochette donne un pâle (pouf pouf) avant-goût, monument régalatoire qui parvient à se montrer aussi grouillant, baveux et gourmand que le disque qu'il accompagne.
Jarboe fait du indiana-metal (oui, Jones) ; Teitanblood fait du abdul-metal (Alhazred, espèces de cornichons).

Totenmond : Fleischwald


L'on pourrait, j'imagine, soutenir que ceci est du death metal. Mais comment passer sous silence la parenté du batteur avec la beatbox de Godflesh, patente tant dans la roideur exécutrice des hautes oeuvres de la frappe, que dans la sonorité sidérurgique vintage ? Et que le grain des guitares est de la même eau, malade, avec sa saveur sludge industrieux au diesel toute souabe ? Une revisite thrash des impossibles Zaraza ? Des reprises de Laibach par Entombed ?
Tout ça pour dire que c'est punk, martial, plombé, enroué, rustaud, et donc mortellement groovy, que ça pédale en binaire à fond les bananes ou que ça vasouille solennellement dans le broyeur à déchets.
On en fait de très chouettes cocktails, avec une choucroutière et un presse-purée, dites-moi ...

dimanche 24 mai 2009

Kill the Trend Festival, Paris, Glaz'Art, 23/05/09

Every Reason To : generic-core

Celeste : pas des masses mieux ; retourner voir leurs loupiotes frontales et leurs strobos, et entendre le gratouillis de basse sur magma de guitares, pourquoi pas ; mais acquérir un album, hors de question, surtout que paraît-il ils parlent comme au bas des cités de Nantes, brrr ...

Comity : tels qu'en eux-mêmes, plus abominables que jamais ; ont joué trois morceaux je crois, probablement donc trois albums ?

Esoteric : à quoi bon tenter de faire entendre aux innocents ce qu'est Esoteric live, comment ils froissent l'espace et le font tinter en extase, se débattre avec d'imparfaites traudctions des mots "shattering" et "crushing" ? la version headbanger d'Inade, tout simplement ; sans oublier une touche Godflesh que j'ai toujours soupçonnée et qui devient de plus en plus évidente

Jarboe : graou, graou, que c'est relou ... nanar intégral ; toujours personne qui l'a prévenue, à propos de Starkweather, et des albums que Neurosis a sorti sans elle ?

le THC liquide : c'est nul

Kap Bambino : étaient, je l'espère, assez expérimentaux au goût de mon petit couple d'Américains égarés au royaume du post-kéké

samedi 23 mai 2009

Grim Funeral : A Grim Funeral to the Soul of this World


La batterie est un effrayant brouhaha de voix au loin dans les ténèbres ; les guitares des arbres mauvais qui grimpent en cathédrale à l'infini, leurs rameaux grimaçants cisaillant en indistincte dentelle le bleu de la nuit ; la voix un glapissement sans yeux, un gémissement de rage qui claque des mâchoires comme le froid féroce du coeur des pierres ; les morceaux un inexorable feu d'artifice d'encre qui grignote en pluie de cendre tout le champ de la perception, de l'humeur, qui dévore et remplace toutes humeurs, une lame glaciaire qui monte et de toute sa puissance saisit la pensée, et la fige dans un néant abruti, engourdi, sans plus d'appui.
Un disque, on l'aura compris, où qu'il fait noir.

108 : A New Beat from a Dead Heart


Du hardcore qui vient du coeur ... Ultravirulent, forcément, et sans en céder une seconde une chiquenaude de beauté illuminée, de beauté inflammatoire, de poésie orageuse des espoirs et des colères. Libre comme Diego, comme le vers, comme le combat, comme, si vous y tenez, tous ces trucs qui font du plein ciel, Meatjack, Hammerhead, Helms Alee, Fugazi, Dazzlingkillmen, Neurosis, Black Flag ... Krishna-core ? Pour la galerie, ouais ... Le hardcore, garder son coeur vivant, sont une pratique en soi bien suffisante et accaparante - la pratique de la liberté, ça demande autant d'énergie que c'en donne. Ça brûle bien un peu les muscles aussi, c'est peut-être bien aussi un peu ce qu'on cherche, assourdir les brûlures que son propre coeur vaillant comme pas deux peut imprimer.

Chrome Hoof : Pre-emptive False Rupture


Une basse funky de bavure policière (tu saisis l'allusion épaisse à un groupe précis ? si tu penses aux Swans, tu brûles), des choeurs de kermesse du village kobaïen, des cuivres sous l'empire ultracrispé de crotalito, des violons qui rivalisent forcément en grinçouillerie avec les derniers cités, une Pythie no-voodoo en transes nuptiales à l'office ... Quand deux hippies déboulent de Cathedral et sont impromptu possédés de la fantaisie de faire de la techno à l'ancienne, je veux dire à l'antique ... le squelette prend cher. Rarement entendu aussi bacchique - je veux dire panique.

vendredi 22 mai 2009

Wormwood : Starvation

Les groupes qui font penser à Neurosis, c'est pas ce qui manque - vous me connaissez, j'ai mes obsessions, comme toute vieille baderne.
Aussi étonnant que ce puisse paraître, on en trouve des bons. A condition naturellement de ne pas partir les chercher du côté de tous ceux, légion, qui n'ont rien pigé ; qui reprennent ce qui, chez Neurosis, n'est que défaut attachant, personnalité et non musique. Les barbes, l'atlantis-metal, le préchi-précha, la bedaine, la courtauderie ampoulée.
Non, il y a aussi tous les Damad, Kylesa, Amebix, Axegrinder ... Tous ceux chez qui la parenté n'est pas recherchée (quoique je nourisse quelques doutes, concernant Amebix ...), mais naturelle, tous les ursidés mal embouchés, les clochards stellaires, les joueurs de crust des bois - enfin, surtout pour Wormwood, les bois. Ils en sont presque médiévaux. La faute à ces pianos goths mal fagottés à la Woods of Infinity, à cette basse ronchonne, à la puissance aux fraises, à ces vagissements de violon, à ces synthés doom anglais qui sentent la vieille souche mangée aux champignons et qui dispensent avec largesse la sensation d'avoir le cul trempé dans un paysage trempé, à ces cris de bêtes à la Sanctum (pas le groupe de war-metal), à ces sanglots à la Lifelover - ce genre de forêt, voilà, ce genre de latitudes. Crust et doom se laissent rarement bien longtemps sans nouvelles l'un de l'autre.
Frisquet comme du vieux Cure, comme il se doit.

Viisikko : IIIII


Les avisés qui se sont procuré le split avec les décroissants Hebosagil l'attendaient patiemment : il est arrivé. Le premier album des improbables Viisikko.
Viisikko sont finlandais, et si ça ne suffisait pas à vous assurer de la qualité du machin, apprenez qu'ils sonnent comme une harpie grind'n'roll'n'roll'n'roll à la Tinner ( 'seraient pas finlandais aussi, d'ailleurs ? vous vérifierez vous-mêmes, merci), avec le même genre de gorge vernie au tabasco, le même genre de jovialité alcoolique furibarde foutraque, et une bonne giclée de sludge vitriolé et vautrescent en sus parce que y a pas de raison et que ça se marie si bien avec le rock'n'roll, tout le monde sait ça. Pas de poésie, que de l'allégresse saccageuse.

Ca s'achète en Finlande, comme de juste, vous y trouverez par la même occasion le définitif premier e.p d'Hebosagil, le nouveau Spiritus Mortis qui a gagné autant qu'on l'attendait avec le recrutement d'Albert Witchfinder, et même l'album d'Ordo Tyrannis à pas-cher-pas-cher. Faisez tous comme moi, dansez la carioca.

mardi 19 mai 2009

Elektroplasma : mechaniballs


A vue de rythmique, on entend presque le cri du logo Ant-Zen ou Hands Productions, on parierait vaguement sur Exclipsect ... Mais plutôt Laurent Hô, à y réfléchir. Car on est en réalité chez Ytterbium70, et on fait honneur au dit blason. Peut-être pas aussi freaky-funky qu'on pourrait le rêver, mais largement plus bouncey que toutes les calvinisteries harsh-ebm pré-citées, largement assez weirdo-brutal pour n'importe quel adepte du holetrekking. Une question de sonorités ? Il est vrai qu'elles sont tellement sèches, lyophyllisées, qu'elles ont la texture de toutes ces choses synthétiques qui tapissent les sinus de certains amateurs de premiers mais à la campagne. Une question de feeling ? Assurément, l'attaque des Mechaniballs retranscrit admirablement la sensation de recroquevillement vitrificulatoire du réseau nerveux quand d'un coup sec tu grimpes au poteau de special k, le chant stridulé du neurone passé au fer à friser, le mugissement aride et rauque de la matière qui absorbe et amalgame à son mastic, le mucus d'homme-araignée dans ton mouchoir ... Les touristes, les prudents, foncez, ce sera tout juste comme si vous y étiez.
Les amateurs de mental, les go-gos du caoutchouc fondu, les thugs en sachet défraîchi ... Move don't stop.

Elektroplasma : Ambient Cinema


Oh le beau monochrome de Kundelic que le gulo nous a sorti là de sa vieille collection d'obscurités (pouf pouf), avec son beau titre Port Salut pour nous souffler qu'il n'est que pour servir, de toile vierge à nos non moins obscurs imaginaires.
Je pourrais donc me contenter de lâcher un sybillin "remake Nouvelle Vague des 444 Jours du Savak", mais manqueraient en vérité à l'appel les manes de Laurent Jadot et Acid Kirk, pour la fluidité original acid mental de ce bain d'encre, Megaptera, comme indice de l'ambiance (re-pouf) de la plongée (jeu : sauras-tu reconnaître la référence cachée à l'heureux papa de ce premier album répondant au nom de First Album ?) - et early Black Lung, pour me la donner vieux docte.
Le scenario vous appartient, à présent. Pensez grâcieusement à moi quand vous entendrez, juste avant la pleine lune finale, l'irrésistible appel adamatin du Nazgûl fractal - que de souvenirs de couchers aux anges ...

Popoï Sdioh : s/t



Une de mes grosses claques gothiques de ces dernières années. Faut dire que je ne me tiens plus trop au courant sur le mouvement, avec le temps on a juste l'impression de voir défiler les mauvaises copies, ou les mélanges contre-nature et de parfait mauvais goût. On parle de mélange contre-nature, ici on y est un peu, le principe de base étant la fusion du goth rock et de l'indus. Beuark. À vue de nez, ça sent très mauvais.

Et pourtant.

La question n'est plus tant sur la nature du mélange que sur les personnes responsables de la popote. Popoï Sdioh, c'est un nom qui ne paie pas de mine, sans parler de la pochette minimale et facile, bonne pour un album d'electronica à trois francs six sous. Mais ces types-là savent de quoi on cause.
Il y a de ça une poignées d'ans, j'avais pondu une chronique-fleuve de ce disque pour un webzine dont je ne retrouve plus trace, pleine d'enthousiasme et de dithyrambe, encore sous l'effet de la découverte, à d'autant plus forte raison que dans ces styles, on pouvait s'attendre à tout et n'importe quoi. Or donc, je ressors aujourd'hui cette galette, histoire de vérifier si elle a tenu le coup, passé la surprise de la formule réussie. Et pour tenir, elle tient encore, putain, foutrement intense et inspirée, c'est rien de le dire. La Batcave et le Deathrock à leur plus râpeux, tout pathos gothomélancolique ayant été soigneusement écarté : noir comme un Corpus Delicti, timbré comme un Virgin Prunes, hanté comme un Christian Death... et poisseux comme un Big Black. Cherchez l'erreur ? Pas d'erreur. On causait bien de mélange ? il y en a bien ici, et du furieusement jouissif, entre les interludes noisy bizarroïdes, rythmiques parfois technoïdes avec toutefois toujours un son bien punk, et une agressivité rare dans les formations de ce genre, à commencer par les vocalistes, dont l'un se prend parfois au mimétisme des brusqueries oursines d'un Jaz Coleman. Millenium version batcave ? Pas loin : brutal, païen, tribal, orgiaque, comme icelui, mais avec une ambiance grotesque et théâtrale de cabaret décadent, charnel et carnassier. Entrez le night club et sa ronde des monstres, ou bossus, goules et banshies copulent à l'aveugle et à corps convulsés sous l'œil approbateur du grand Chevreau, dans le grand trou noir de la nuit.

vendredi 15 mai 2009

Celebrity Murders : Time to Kill Space


Inconsolables de la sauvagerie crue du premier Cursed, celui d'avant les grim'n'roll robes et le make-up, au rapport.
Celebrity Murders annonce la couleur, écarlate, le nom du groupe, le nom du disque, sans compliquer des choses qui ne le sont pas ( "everybody tells me to relax, I'm supposed to clench my teeth and take it up the ass", c'est limpide comme du Pulling Teeth), le son ne perd pas de temps à se potasser et à se faire beau, le tempo vise droit dans le lard sans aucune manière. A quelques moments on croit l'entendre faire mine de ralentir : pas la peine de compter sur le morceau cowboyapocalyptisludgemonboule ; y en a encore qu'en ont rien à cirer de ce genre de coquetteries, qu'ont pas un moment un souffle de libre pour faire dans l'ambiance. Dans le lard, à fond, jusqu'à enfin peut-être tomber. Pas de Mammoth à l'horizon, en revanche pour ce qui est de grinder ... De bien réelles pertes expresses à prévoir - litres de sueur, vertèbres, organes internes divers et variés. Amateurs de Napalm, comptez-vous.

jeudi 14 mai 2009

Ellipses narratives

Ce sera fort probablement passé inaperçu, mais une quantité non négligeable d'articles a disparu hier des cales du Soum. Leur auteur, notre bon vieux Raoul, a jugé utile de les exposer ailleurs, et à raison puisqu'ils y ont été bien plus salués qu'ils ne le furent ici.
Comme j'ai l'arrogance jalouse d'exiger que ce qu'on donne à ma page le soit avec l'exclusivité, j'ai dû en conséquence les ôter du fil du récit dont ils faisaient partie - tout comme, pour me mettre au diapason, quelques uns des miens que j'avais eu la paresse de publier également sur Slow End.
Merci de votre attention.

mardi 12 mai 2009

Sieghetnar : Todessehnsucht


Du beumeu doux comme un enfançon mais un sélénite, lacté comme la Voie, ouateux comme un Bohren qui aurait avalé Darkspace en un grésillement gourd ; terrifiant tellement ça ne l'est pas, tellement c'est candide, simpliste, irrésistible ; une aile subtile, labile comme le néant, et lumineuse comme le paradis, pour filer immobile et paisible, en étoile ténue, au fin fond du rêve éternel et sans retour.

Marissa Nadler, Lisa Papineau, Peter Broderick, 11/05/09, Paris, le Nouveau Casino

Peter Broderick : débarque de Smallville et joue jambes serrées pieds en canard ; rien d'autre à déclarer

Lisa Papineau : delicate italo-folk-crunk, numbing bohrenmuzak-funk, et n'oublie pas de me mettre une dose de Battles, une de Twilight Singers et une d'Emotional Joystick, s'il te plaît merci ; et pour le petit bout de bonne femme qui spasmodie au milieu, think, errrrrrr ... Sia, Marina Foïs, Lhasa, Camille, la mère à Buck, et Siouxsie ; plus un sou vaillant, ce qui me délivre du dilemme de choisir lequel de ses deux disques acheter

Marissa Nadler : forcément moins magique que dans la Maroquinerie, qui, avec elle ou Fiend, prend immédiatement des atours utérins, et où elle jouait seule comme Lilith, la précédente fois que je la vis ; mais la voir jouer une sorte de Mazzy Star élégiaque a ses charmes aussi

samedi 9 mai 2009

The Eighties Matchbox B-line Disaster : The Royal Society


Lovabilly ? Et plus encore.
Lost in the garden of eden. La pop comme j'ai le tort de ne pas en chercher. Luxueuse, luxuriante, un son limpide et riche de secrets, élégant sans une once d'ostentation, truffé de recoins charmants, de fleurs crapuleuses et de petits serpents polissons - plus exactement un hermaphrodite rock et pop, enjôleur comme l'enfer, bandé comme un arc dans des cambrures gothiques ruisselantes de morgue et des cabrioles de punk déluré, hermaphrodite en vérité bien plus qu'androgyne, fourchu des pieds, de la langue et de la queue, fripon et flippant, ombrageux par jeu, sérieux comme l'authentique dandy, libertin à la voyou, doux et vertigineux comme le nectar, en un mot comme en mille la très grande aristocratie caprine.
C'est qu'on en oublierait presque de remarquer les chauve-souris qui disent qu'il fait nuit sur le jardin. Attention maintenant, la chèvre est prompte à jouer du surin, autant qu'à faire de l'oeil avec le genou, un éclair et c'est tes tripes qui se faufilent entre tes doigts. Ces bêtes-là sont toutes psychotiques.

jeudi 7 mai 2009

Origin : Antithesis


Le brutal death parvenu au point de frénésie apoplectique diluvienne où il ne dégage plus aucune brutalité metalleuse, où il s'élève à une sorte - bon, d'accord, de redoutable platitude, pendant le début de l'album ; puis va savoir pourquoi, la montée des basses comme une encre, les mélodies de guitares evil froides comme le chrome, ou cette platitude inexpressive-même ? Il se met à synthétiser une forme de beauté, noire et aveugle, fourmillante, sans âme ni conscience, comme une version tractopelle du bombardement phototnique de Zymosiz, comme une inerte fin de match de catch contre le dragon, en fin de course sous ...

Salt my wounds

Brighter, Death, Now

lundi 4 mai 2009

Kilslug : Answer the Call


Jesus Lizard goes Père Ducrasse. C'est bien simple, malgré les épices moins nombreuses on croirait presque du Slugbutter, tant c'est torve.

Cianide : Hell's Rebirth


Pétarade de death metal tribal pour se badigeonner de boudin noir au clair de lune et danser des sarabandes autour du feu en secouant les tronçonneuses.
Au fait, quand j'ai dit tribal, vous n'avez pas, j'espère, songé à quelque Brésilien ennemi du shampooing ? Parce que moi, je pensais à Sacrifice.

Iszoloscope : The Audient Void


La nuit où les extraterrestres devaient venir dépeupler et digérer la Terre, des illuminés amateurs de trance ont fait une free party, dans un coin reculé, perdu, oublié, pour y exulter de toute leur impatience de l'événement, le plus longtemps possible, avec les miettes cliquetantes, crissantes de leurs consciences qui progressivement se dilacéraient dans un néant mécanique, dans l'écho divin du vide immense.
La grande Danse d'Azag-Thoth les emporta.