mardi 26 mai 2009

Peuh! (copyright) endtroducing(copyright) .....


(Spéciale dédicace au MACOS)


Posé là, en 8ème place l'air de rien. Gluant, visqueux, indescriptible. Même si demain on ne devait garder de Prodigy que cette machine mécanique productrice de groove (première mondiale sur le marché de l'exportation de cette matière première venue d'angleterre) pour bas du front éméchés prêt à danser de façon embarrassante, on retiendra quand même cette plage. Du dub ? De grosses basses, un sens de l'effet juste et mené jusqu'au bout, puisque même la voix est traitée. Vicieuse. Hip hop? Le beat est basé sur une boucle, pourtant pas une habitude chez Howlett qui livre un sample presque propre, net, sans trop de punch mais sali par le son, la production. Oui, le son fait son travaille. Il dégage cette odeur analogique, qui dépasse des pores de la peau de chaque nano-seconde abattue sur l'album (music for jilted generation). Avant et après le pastiche eurodance, l'influence Public Enemy pulvérise le spectre sonore dessiné sur ce qui brode autour. La techno ? Soyons sérieux un instant. Howlett a toujours été fantastiquement rebuté par la simplicité technique et technologique de la musique électronique d'alors. De techno il n'a gardé que la fascination pour Meat Beat Manifesto et pour d'autres sonorités qui visaient directement l'abdomen au début des années 90. Le rock? Finalement, pourquoi pas. La parole est basé sur une simple phrase, répétée inlassablement par Maxim, Keith Palmer de son vrai nom, qui pour la première fois enregistre sa voix sur la musique du blanc bec de l'essex. Traumatisme immédiat. C'est quoi? Une voix venue d'ailleurs, trafiquée, malsaine, perturbante...et pourtant on est pas dans l'effet spéciale au vocodeur genre "we are the future", ça ne lève pas les bras au ciel, ça ne rêve pas d'Asimov, ça cherche plutôt en dessous, dans la vase qui traine entre les bottes. A pleine main, ça creuse. Les oreilles averties reconnaitront même un sample qui en dit long. "Jump Around" derrière ne se lasse pas non plus de s'abattre, de se répéter, de se perdre dans la masse, le magma de son, de fureur , de bruit. La force de Howlett est aussi là : faire du bruit sans bruit. La distorsion n'est jamais gratuite, pas de superposition de bruits blancs. Jamais. Toujours dans l'orchestration chaotique et puissante, comme si le bomb squad forniquait, salement, avec Art of noise. Poison est un chef d'œuvre, un morceau complexe qui même encore aujourd'hui reste une énigme musicale des plus hermétique, fermé, inouvrable, indéchiffrable. Expérience sonore. A faire; " à écouvrir absolument". Mais Howlett ne s'arrêtera pas là. Son œuvre, qu'on peut alors soupçonner être un sursaut artistique suite à un abus de stupéfiant, le fascine. Première retouche : l'année suivante, Howlett sort une nouvelle version de son morceau (différente sur le maxi CD du maxi 12" d'ailleurs). Pour accompagner le clip (aussi étrange que le sera breathe, ambiance lourde et psychotique) Mister H raccourcit sont morceau, lui offre un dynamisme quelque peu absent de sa première vision. L'aspect brut et hip hop gagne au même titre que la profonde infrabasse qui laboure le second mouvement. Le maxi s'accompagne de deux déclinaisons parmi les plus réussi de la carrière des Prodiges anglais. Le live donne aussi une nouvelle peau. La voix perd en étrangeté, s'insère mieux dans la logique du MCing agressif de Maxim, mais semble aussi perdre son statut de "chanson" pour n'apparaitre que comme une suite de beat. Mais l'énergie et le son font le reste. Encore récemment, présenté à un zenith en transe qui n'avait pas vu le groupe depuis plus de 10 ans sur son sol, Howlett a présente son morceau fétiche, son éternel insatisfaction de réussite, dans une forme des plus lourdes et à la tension la plus palpable qui soit. Autre essai : en 99, fatigué de tourner et avant un hiatus embarrassant de plusieurs années, H retraite son morceau sur un mix album, en le gonflant d'un beat franchement hip hop avant de le croiser à du Jane's addiction. Tout se recoupe, Howlett déclarant être fasciné par la section rythmique du combo de Ferrel. Dernier essai : en 2005, invité par une radio anglaise à présenter quelques morceaux (ala John PEEL), le trio, entouré d'un human-beat-flute-boxer et de leur éternel batteur transforme Poison en une version Mad Max chez les Hashisheen. Un chef d'œuvre éternellement retouché, toutes les versions sont bonnes à prendre, aucune n'a plus de sens qu'une autre, si ce n'est celle, la plus définitive peut-être, du maxi qui de toute façon est une des pièces les plus indispensables de la discographie du groupe.

Stentchulé!

5 commentaires:

Raven a dit…

yo

Le Moignon a dit…

MothaFocka on da place, yo!
Bienvenue dans la team

DMDFC a dit…

Je ne prends que des commandes! Livraison à domicile. La biz!

Le Moignon a dit…

Pas grave, les featurings, ça nous fait plaisir aussi ;)

Macho))) a dit…

Dire que ca m'est arrivé de dire : "the diamond sea on pourrait faire une dissert dessus" je me tairais la prochaine fois.