jeudi 25 juin 2009

Obituary : darkest day


Le death étant une musique qui repose fondamentalement sur l'imbécillité, sans doute est-il fatal, même s'il est possible et recommandé pour tout un chacun d'y trouver la jouissance, qu'il attire une certaine proportion d'imbéciles. Je veux dire, qu'on déteste cet Obituary comme le précédent, je le méprise, mais je le comprends. Mais qu'on pérore qu'Obituary fait du Obituary ? Pas compris. Je veux dire bis, vous avez notoirement détesté les fameux solos heavy de Santolla sur le précédent ? Le premier morceau de Darkest Day commence par un solo. Pas capables de voir quand on vous administre une golden shower ? Pas capables de voir qu'il faut cesser d'attendre que Santolla se barre et arrête de "gâcher" des morceaux que de toutes façons vous n'aimez pas, qu'il fait une part non négligeable de ce qu'est Obituary aujourd'hui ? Obituary a tellement glissé vers autre chose qu'on ne pense plus à Celtic Frost (ok, je déconne, et heureusement) devant ce groove metal plus primaire que Six Feet Under et Pantera réunis, aux riffs débiloïdes et screugneugneu de plus en plus sudistes et calvitiques, truffé de gorilla-parts à la batterie (elles sont loin les tribaleries timides de World Demise, ce coup-là vous allez la jouer tambourinaire de galère en pleine parade nuptiale, sur le thorax), devant cet incroyable Muppet Show de la Famille Addams tourné par Rob Zombie, qui, s'il ne sent plus l'égout de Slowly We Rot, réserve encore ses doomy parts pas trop rigolotes, l'air de rien. D'ailleurs, on a aussi beaucoup craché sur le son, qui est le même que sur Executioner's Return : c'est normal les gars, Obituary n'a plus un son death pour les bigots, vous avez jamais entendu un disque de sludge les gars ? Ce genre de prod complètement engourdie est ce qui fait une bonne moitié du charme orgastique des bons disques de stoner sludge polytoxicomanes comme ... ahem, oubliez, vous devez pas les aimer non plus, vous verrez même pas si je vous dis Idiopathic.
Formidable album, pour le primate qui ne sommeille pas. Les autres, entre autres ceux qui pensent que le Cousin Machin se fatigue ... non, rien.

Rot in Hell : hallways of the always


Je vais pas y aller par quatre chemins et tenter de faire de l'inouï de ce qui ne l'est pas. Rot in Hell peut se situer les yeux fermés entre Integ' et Pulling Teeth, vous avouerez que ça fait une mesquine fenêtre de tir. A part, juste, que c'est beaaaaaucoup plus malpropre que ces deux-là - oui, même que Vicious Skin et Seasons, en fait j'aurais dû citer Throneum, Asphyx, Abscess, ce genre de vieux death punky sévèrement arraché. Rot in Hell, c'est une sensation saisissante de la moite sensualité confuse d'un pit surpeuplé, de ceux où même les plus acharnés karatékas sont condamnés au pogo marée haute, dans le trébuchant harassement, où t'arrives plus, ni à savoir si c'est le douzième beatdown de ce putain de morceau ou si c'est le douzième putain de morceau, ni à mettre des bourrades qui ressembleraient pas à des accolades poisseuses d'épuisement, le genre de concert où que t'auras pas vu la gueule du groupe au-delà des dix premières secondes. Ah merde, c'est un disque, c'est à s'y méprendre, dites ...

samedi 20 juin 2009

Allow me to insist

J'avais oublié quelques mots.

The Warlocks : Surgery


Remy Zero, le chanteur attitré des Fééries Dansantes des Sardines à Smallville, en version non censurée. Vous pensez bien que tous ces marivaudages plats à pleurer, ces James Dean castés Gus Van Sant, et ces oies en sucre aux rêves aussi chimiquement stables que Laura Palmer, ça ne peut que tourner aux suicides difficiles à ravoir.
Cruche ou pas, on met des heures à se vider, à voir en fin partir l'esprit au fond de l'évier, avec les souvenirs, tous sur fond de campagne à perte désespérée de vue.
Positivement à vous briser le coeur.

Iron Lung : sexless/no sex



Powerviolence ? A ce qu'il paraît. Possible, je ne connais rien à cette crèmerie - tout ce que je sais, c'est que je n'ai jamais pu supporter plus de deux minutes de Yacopsae.
Pas de sexe ? Pas grave, Iron Lung, qui n'a semble-t-il pas non plus de couverture, possède une mitrailleuse à gros sel pour réchauffer les culs le soir venu, quand le pouls caille et vire Godflesh dans les extrêmités.
Il serait temps que je la fasse, cette pile dans mes étagères, où je pourrai amoureusement ensemble ranger Amebix, Phobia, Dystopia, Rudi Peni ... et Iron Lung, gagné.

vendredi 19 juin 2009

Fenriz'Red Planet / Nattefrost : Engangsgrill


Enfumé pour qualifier du stoner, c'est comme pachydermique pour parler de doom et comme la pluie. C'est chiant. Mais pour décrire le stoner de Fenriz (relisez les trois derniers mots autant de fois que nécessaire, puis passez à la suite), je vois mal comment je pourrai y couper. Bordel, ce son est à vous coller des quintes de toux, on étouffe et on tombe la liquette vite vite ; les morceaux baignent dans des monceaux de nuages arides, tout à la fois cramés comme le dernier Ufomammut, i.e. à la façon d'un vieux court-circuit neuronal chimiquement induit, incantatoires comme du Om, et écroulés comme du Screamin' Jay Hawkins. Il y a même tellement de smog qu'il passe sous la porte et envahit la partie Nattefrost du disque, assourdissant son rock'n'roll speedfreak sarcastanique, dont il ne reste presque plus à ce régime, malmenant le grésillement idiot des guitares, que la basse qui marmonne des cochoncetés. Presque, puisque bien évidemment il reste l'impayable Nattefrost show, rots, pialleries, piaulades, criaillage, gargouillements, tout ce qui fait le Nattefrost qu'on a appris à adorer. Ca se finit naturellement en beumeu, mais tout de même en queue de poisson, les chiens ne font pas des chats - je me comprends, c'est l'essentiel.
Quand vous voulez, vous m'invitez à un de vos barbeucs débiles, mes salauds.

mercredi 17 juin 2009

Die Form : Noir Magnétique


Après des années de spirales expérimentales, Bach, l'inhumain, l'exhumain, les derniers retranchements de la médecine - le voici enfin, ce retour annoncé à la tyrannie du beat. Le successeur du succulent Confessions, alors ? En pire, oui.
De Confessions, Noir Magnétique n'a même pas l'outrance dans la vulgarité sonore en rubber, ce que les second degré et autres barbus trouveront certainement encore plus insupportable et ringarde, tant pis pour eux et mort au kitsch. Die Form n'est pas vraiment moustachu, et si Noir Magnétique est dancefloor c'est à coups autant de martèlement dur et scalpellisé que de cet inimitable talent à mêler new wave, dance, techno, goth, à son indus ; romantisme évaporé et vapeurs hospitalières. Bien plus qu'un album dancefloor plaisir patin couffin ; Noir Magnétique ne le cède à personne ; ni en dureté infectieuse à Ad Infinitum, ni en venin glauque à The Visionary Garden, ni en luisance vinyl fringante à Confessions, ni en romantisme ésotérique à Duality, ni en chirurgicalité labyrinthique à In/Exhuman, ni en noblesse à Bach Project. Mais tout cela sans esbrouffe, avec l'exquise et discrète séduction des libertins mûrs, finement entretissée de mélancolie, la fermeté de nerf intacte, l'épiderme toujours vif au frisson, le port irréprochable, la brûlure immarcescible.
Or donc, morbide, inhumain, altier, luxurieux, nauséeux, autoritaire, méticuleux, toxique : mais où donc avez-vous vu un "album dancefloor" ? Je ne vois là qu'un album de Die Form ; dans son plus irrésistible appareil, un album d'un grand groupe, donc, et visiblement au sommet de son art. Oui, Philippe et Eliane font partie de ma famille, depuis un peu moins de quinze ans, tout comme Roger, et Diamanda ; et puis alors ? vous êtes jaloux, c'est ça ?

mardi 16 juin 2009

Kickback : No Surrender


Ce disque, je pourrais bien l'acheter dans un avenir proche ; cependant, pour le coup chroniquer en mp3 ne relevait pas du vice, mais du devoir : le monde n'est acceptable qu'à la condition que rien n'y soit respecté, n'est-il pas ? Ce préambule évacué, procédons.
Ce disque, on s'attendait peut-être à ce que je le couvre de quolibets, d'acrimonie, l'agonisse d'injures. Pas moi. J'y étais prêt, autant qu'à l'aimer. Et c'est ce que le sort a décidé, peu importent (ou pas) mes sentiments proprement mitigés et troubles à l'endroit du citoyen Bessac. Puisqu'il me donne ce que j'attendais à force de me faire rebattre les oreilles à propos de ... Celeste.
Du screamo fruste, cru, ulcéreux. Moins overmarstensiblement plombé que les susdits, avec ces surprenants riffs acides qui flottent entre Deftones, Breach, et toute la noise post-hxc nineties, moins tâcheronnement beumeu mural, plutôt reptilien, grâce à la touche du docteur Lesermann, discrète et langoureusement fondue à l'ensemble tragico-rustique - et bien plus félinement rythmé que les susnommés constipés aux titres en alexandrins, grâce à un forgeron plus que compétent. Pour finir d'être tout à fait beau joueur (c'est hors de propos, et alors ? moi non plus je crois en rien), je dois même admettre que la vociférante façon bain de trempette belge du teigneux en chef, dégage un petit quelque chose qui n'est pas pour rien dans l'ambiance bad trip du tout, avec les samples saturniens et les passages déglingue dérivante.
On m'épargnera, en retour, les considérations de type Guiness Book, merci. Ce disque fait le crossover, saugrenu et troublant, entre Buried Inside et Boulogne Boys, c'est en soi une réussite suffisamment digne de respect.
Envoyez les caillasses.

Complete Failure : heal no evil


La version pour l'instant auto-produite et éditée à 100 exemplaires, exactement. C'est à dire la version du groupe pas produite par l'homme qui valait trois milliards, celui qui ne veut plus fabriquer de compacts, vous avez deviné. Ça veut dire fini le son sale au petit poil, finie la saveur norvégienne crue, vous avez deviné, ça fait de Complete Failure ce qu'ils étaient en germe : un Cursed Converger de plus dans la légion.
Et vous savez quoi ? Ca fait putain de bien. Les choses sont à présent claires et il ne reste plus que, vous devinez quoi ? Ma vieille lubie ? L'essentiel, exactement. Ce qui se passe vraiment. La même chose que devant Complete Failure sur une scène. De la purée de cervicales, et de lombaires avec, une inondation de fluides organiques aigres, un goût de sang dans la bouche avec une envie de davantage, une virulence vocale à la Arkangel en moins chihuahua-bannon, à la Kickback des cavernes, bref tout ce qui ne se quantifie ni ne se nomme ni ne s'explique. Ce truc qui fait sourire et claquer des mâchoires, cette pulsion incurable. Du hardcore en forme de chat de gouttières.

lundi 15 juin 2009

Shantidas, Sink, DDJ Trio, l'Oreille-Paupière, 15/06/09, le Rigoletto, Paris

Shantidas : black ambient noise ? mais pourquoi ça, black ? parce que c'est un blackeux qui s'affaire, sur cet établis de bricoleur ? ou bien parce qu'on a l'impression, en écoutant son death nindustrial sournois, de partager un vaste vivarium avec la bestiole du Volcano de Satyricon, si vous voyez, tantôt chuchotante au loin, tantôt rôdant paresseusement hors de vue dans un parage trop court, tantôt prise d'une fulgurante rougne prédatrice - vivent les embardées bourrines sur les potards d'infrabasse, les beats stalactite qui goutte qui s'en vont et s'en viennent, les ambiances calmes à la Monstrous Soul - et vivat surtout pour les petits pétards suramplifiés, même s'ils en fonctiooent pas toujours ; rafraîchissant et agrippant à la fois, ce n'est pas à la portée de tout le monde.

Sink : m'ont donné bien envie de réenvisager leur pénultième album ; car évidemment ils pouvaient difficilement jouer beaucoup de The Process (j'avoue que le résultat m'inquiétait un brin), ledit album étant constitué aux trois quarts de silence ; c'était donc nettement moins mortuairement zen, et effectivement black metal, un black qui saurait jouer du Neurosis comme peu : en conservant uniquement les moments de tension sans libération, de peur, d'odeur de mort, de révulsion, incantatoirement nihiliste comme du Godflesh - car il y a de cela aussi, pas seulement dans un chanteur sorte de Steve Von Till rachitique et titubant, phobiaque et malaisé comme le Broadrick, qui opine à ses propres marmottements quand il n'est pas dans le micro, et fait hululer les larsens d'outre-étoile morte quand il y est, parachevant subliminalement un maelstrom digne d'un Esoteric de charogne abandonnée au froid du Pôle. Je suis au plaisir de vous dire que mon concurrent au titre de Puciato de la soirée a bien vite déguerpi sans demander son reste.

Le reste de l'affiche ? Même moins vanné-rompu et plus déontologique, pas sûr que j'eusse eu grande envie de l'entendre.

jeudi 11 juin 2009

Moss : tomb of the blind drugged


Est-ce qu'il est agréable d'être insecte, cloué, écrasé, par une chaleur qui n'est pas de ce monde et rôtit l'air-même ?
Question sans objet. L'insecte, sa conscience, qui n'est pas, sa notion de la béatitude, qui est plate, mate, butée, cannelée ... qui se hasarde en cette crypte de poussière brûlante en saura plus qu'il ne le pourrait désirer, de force, en un battement de paupière écailleuse perdu parmi le tapis grouillant de dos en élytres figés en adoration du terne ronronnement obèse qui fond tout horizon en vaste néant idiot.

mercredi 10 juin 2009

:Wumpscut: : schädling


Les recommandations amazon et le désoeuvrement post-nolife ont du bon. J'étais pourtant certain, sapristi ! de l'avoir désinvoltement checké, par acquis de conscience, comme je le fais à chaque parution de Rudy, comme je le fais pour Claus Larsen - à la différence, il faut le noter, que Claus chéri a sorti bien moins de disques bitables ces dernières années. Faut croire que ce n'était pas le bon jour. Je suis passé à côté de ça.
Ça, c'est un album qui refoule gaiement le Leaether Strip tendance générique de Champs Elysées/Aventure des Plantes, le yelworC et le Dive, soit les grosses influences du :W: du bon vieux temps, et les marie avec une trance qui met sa déculottée facile à Velvet Acid Christ, quand bien même voilà 10 ans que je n'ai pas écouté la période fluo de VAC et que je la supporterais possiblement bien mieux aujourd'hui qu'à l'époque : tout simplement parce que VAC est américain, et partant ne capte rien à l'eurodance. Ça en fait une autre, de différence. Et puis les ambiances sonores qui réussissent le mieux à Rudy, ces sons fantômatiques tout à la fois vénéneux, maladifs, et lover et techno chiadée.
Qui aurait cru, quand j'écoutais Music for a Slaughtering Tribe, il y a bientôt quinze ans, que je verrais l'élève un soir dépasser le maître ?

mardi 9 juin 2009

Warbringer : walking through nightmares


La batterie est autant un essaim de frelons qu'une matraque qui virevolte en crépitant. Les vocaux sont vraisemblablement produits en pressurant sur le micro de la pulpe de rate éclatée. Les guitares ont la largeur de vues d'une meute de chiens des stups. La basse ? Un échaffaudage de barres métalliques à travers lequel tu dégringoles comme un pantin.
Par-dessus la tête de ma sempiternelle logorrhée de comparaisons en forme de gargarismes ? Vous avez raison. Warbringer c'est du thrash metal et rien d'autre. Du bon thrash metal. Oh, que oui ... Du putain de bon.

lundi 8 juin 2009

Venetian Snares : Horsey Noises


Aaron était plongé dans le coma entre Hospitality et My Downfall, et, ça devient de plus en plus clair depuis trois sorties, c'est à coups d'électrochocs (selon toute probabilité, de 1961 volts) qu'on l'en a tiré ; la réalité qui se saigne pour être en cohérence avec moi, moi je trouve ça chou.
Pour les ramollos qu'ont pas pigé : ici encore plus nettement que sur Detrimentalist puis Filth, Vsnares est electro acid. T'as qu'à voir, Aaron nous a même ressorti son suave organe vocal décavé, celui de "Dad" ; entre ça et un petit sample nonsensique, façon Dada (roooololo, je suis trop fort) à machette, aussi bien frappé que le fameux coup de la machine qui fait des vaches (allez, je ne résiste pas : "I've made you a drawing of a giraffe fucking an elephant ; look how his mustache looks juste like mine !"), l'ambiance de la séance est pour ainsi dire pliée : onirique et doucereusement inquiétante, d'autant que, l'on s'en doute, l'electro en question ne pas bien longtemps pour se faire bousculer, rudoyer, outrager, mignardement électrocuter ; du slender Alien Force, en vérité, sous le soleil de Saturne très exactement, avec les cylindres de chrome et leur regard creux, mais avec la délicatesse intranquille de Winter. Avec la vie est revenu le vice, ce cochon, c'était fatal. Et maintenant FAIS LE CHEVAL !

vendredi 5 juin 2009

Rudimentary Peni : archaic


Je pourrais probablement bricoler un truc laborieux et qui ne serait pas encore assez de guingois pour vous décrire plus tangiblement ce qu'est Rudy Peni, mais j'ai juste envie de vous dire que punk ne saurait céans se mieux traduire que par "gueux".
Et de devoir jurer une nouvelle fois que le nom du disque ne m'est revenu en tête qu'après avoir accouché de cette si profonde considération.

Coalesce : Ox


Les surprises se sont enchaînées, déjà. Coalesce s'est mis à Led Zep. Coalesce s'est mis au funk.
Sur Ox, la surprise la plus saillante fut l'irruption de voix claires. Shocking ? La vraie surprise c'est que Coalesce est ... aéré. Gosh. Un peu à la Botch, ou plutôt à la post-botch - Helms Alee, Narrows, voyez. Ou plutôt à la Intronaut, car sans en rabattre un belin ni sur le hard seventiesant ni sur le funk. Ni sur la grosse musique à coins carrés bien tranchants. Ni sur les grosses rythmiques patapouf-papouf-kaboum qui te plient le portrait en douze dans la saccade et la bonhomie.
C'est complètement aberrant et désinvolte, et on ne résiste pas longtemps à ce hardocre à la beauté rurale. Cabrioles en tracteur dans le grand air et les petites fleurs.

mercredi 3 juin 2009

La vérité !

C'est pas mes poulains, mais c'est mes poulains, et c'est les meilleurs, écoute-moi bien !
(ou : la version sans licence poétique de l'article ci-dessous)

mardi 2 juin 2009

Lava : Demo


Chroniquer des demos, sur un blog, c'est bon pour la crédibilité.
Chroniquer la demo de Lava, sur SOUM ... Passons, la crédibilité, moi je l'appelle Thérèse. Tu m'as compris.
D'entrée le son pose le modus operandi - comme on pose un sabot sur une figure, c'est à dire. Grim comme du black pas grimé, métallique et rude comme de l'indus rock canal historique, déchiqueté comme les deux. On pourrait prosaïquement dire raw comme une demo, c'est surtout raw comme Lava live. Les riffs coup-du-lapin-chicagoan ont beau céder notablement l'espace vital aux riffs sudistes pataugeoires, sur les quatre titres ici retenus, ne pas compter sur votre usuel sludge de western crépusculaire sa mère ici, l'humeur est clairement, si j'ose dire, à la nuit de fait divers familial sordide, et si la première et congrue moitié du disque est un aimable dîner grimaçant et encore animé, au rythme primesautier des échanges d'insultes ordinaires qui sont le lot d'une maisonnée de culs-terreux tarés bon teint - les rots aussi sont là rassurez-vous, et aussi les écrasages de museaux dans la purée au fromage de tête ou sur le gril-viande, et les fourchettes qui finissent plantées dans les yeux comme toujours avec les mômes un tantinet taquins, le ton monte promptement comme bobonne s'en mêle ... et le fusil à papa sort bientôt de sous la table pour la danse, pendant "My God is ..." et son dérapage vocal dans la folie sanguinaire goguenarde, qui suit immédiatement l'éparpillage de toute la portée de pleurards dans une soudaine bouffée de barbarie exaspérée, afin que papa puisse s'expliquer un peu tranquille avec maman ; et le finale voit les murs de la petite cuisine se badigeonner de raisiné avec toute la lenteur d'un bon vieux retour au calme dans le soulagement de la démence la plus vile, prélude idéal au vieil avalage de canon qui est la récompense du bon pater familias son devoir accompli.

Mi Ami : watersports

Comme il paraît évident que la chanteuse de Bardo Pond souffre d'un léger Clérambault, on décide de la traiter aux électrochocs. Pas de bol, ç'aura pour seul effet de l'allumer telle un flipper liquide et d'ajouter à ses embêtements la névrose d'un incurable et invivable funk primal, qui la laissera rincée et aussi languide que devant.