mercredi 17 juin 2009

Die Form : Noir Magnétique


Après des années de spirales expérimentales, Bach, l'inhumain, l'exhumain, les derniers retranchements de la médecine - le voici enfin, ce retour annoncé à la tyrannie du beat. Le successeur du succulent Confessions, alors ? En pire, oui.
De Confessions, Noir Magnétique n'a même pas l'outrance dans la vulgarité sonore en rubber, ce que les second degré et autres barbus trouveront certainement encore plus insupportable et ringarde, tant pis pour eux et mort au kitsch. Die Form n'est pas vraiment moustachu, et si Noir Magnétique est dancefloor c'est à coups autant de martèlement dur et scalpellisé que de cet inimitable talent à mêler new wave, dance, techno, goth, à son indus ; romantisme évaporé et vapeurs hospitalières. Bien plus qu'un album dancefloor plaisir patin couffin ; Noir Magnétique ne le cède à personne ; ni en dureté infectieuse à Ad Infinitum, ni en venin glauque à The Visionary Garden, ni en luisance vinyl fringante à Confessions, ni en romantisme ésotérique à Duality, ni en chirurgicalité labyrinthique à In/Exhuman, ni en noblesse à Bach Project. Mais tout cela sans esbrouffe, avec l'exquise et discrète séduction des libertins mûrs, finement entretissée de mélancolie, la fermeté de nerf intacte, l'épiderme toujours vif au frisson, le port irréprochable, la brûlure immarcescible.
Or donc, morbide, inhumain, altier, luxurieux, nauséeux, autoritaire, méticuleux, toxique : mais où donc avez-vous vu un "album dancefloor" ? Je ne vois là qu'un album de Die Form ; dans son plus irrésistible appareil, un album d'un grand groupe, donc, et visiblement au sommet de son art. Oui, Philippe et Eliane font partie de ma famille, depuis un peu moins de quinze ans, tout comme Roger, et Diamanda ; et puis alors ? vous êtes jaloux, c'est ça ?

1 commentaire:

paul a dit…

merci pour ta réponse