vendredi 25 septembre 2009

Der Blutharsch : Flying High


On pourra tortiller tout ce que l'on veut que ça n'y changera rien : The Blutharshes, sur scène, ils assurent pas le belin. Les albums de Der Blutharsch, en revanche, c'est un autre salami.
Qu'est-ce donc que nous avons là, que cette chose qui avale instantanément en son obscurité rougeoyante ? Deutsch Nepal qui filtre Ufomammut, ou l'inverse ? De nouveaux Swans qui copulent avec des Hybryds en lunettes mauves, ou Starfish Pool agonisant dans l'aube d'Altamont ? La suite d'A Night in Fear, peut-être bien, la fin de la nuit, au moment où il faut que Blub, Alzbeth, qu'importe son nom, le bavard de service, se taise, le moment de la stupeur cosmique, la paisible noyade dans les dernières braises de l'univers, dans les basses goudron et velours tout ensemble qui sont tout ce que les synapses parviennent encore à annoner à la tête d'épingle de la conscience, caressée par le mol flottement des filandres de voix et de guitares languides ?
La dope la plus massive d'année, très probablement.

jeudi 24 septembre 2009

Crucifist : Demon-Haunted World


Ce disque mérite l'achat rien que pour le son de la basse, d'une viscosité caoutchouteuse, glougloutante, rampante, fritouillante, réverbéreuse, remugléenne, à en donner des crises de jalousie épileptiques à Chris Reifert. De longs doigts globuleux de couleur indéterminable et gluante qui te fouinent les intérieurs.
Mais il le vaut aussi pour l'âcre nom du groupe. Et pour la vomiteuse jaquette. Et pour tous ceux qui aiment leur black metal suisse, leurs mélodies nwobhm, leurs gargouilles rouspéteuses et rudimentaires du pénis, leur thrash au beurre rance, leurs souris chauves, et leur Chris Reifert.
Et merde, j'ai même pas trouvé moyen à caser un petit Cathedral quelque part dans tout ce boniment indigne ...

La 600ème est pour un hôte rare ...


Yoga : megafauna


Marcher dans une forêt de nuit ça vous a jamais trop fait peur, après tout c'est juste quelques arbres, 2-3 hiboux à la con et quelques renards galeux. Mais tout ça, c'est seulement ce que vous pouvez voir. Symphonies minérales, chants fantomatiques, ectoplasmes étincelants... Le monde de la nuit sur lequel Yoga lève le voile est celui des mythes les plus anciens et la forêt dépeinte dans cet album, celle des folklores oubliés, faite de pierres qui chantent, des murmures du petit peuple souterrain, d'entités cosmiques festoyant dans des cavernes avant de sacrifier leur prêtresse dans le feu primordial. C'est celle des émanations spectrales d'une faune éteinte et celle d'un bestiaire monstrueux et encore inconnu.
Et vous, vous êtes là, au cœur de tout ceci, de ce monde où le minéral, le végétal et l'animal ne forment plus qu'une entité pour entonner une litanie sépulcrale glorifiant la Nature et le Cosmos, chant qui s'élève aux étoiles et fend l'éther. Vous ne pouvez rien faire d'autre, sinon observer. L'humain n'a plus sa place dans ce monde magique et rejoindre le Dieu-Cerf dans ses demeures célestes ne se fera qu'au prix d'un sacrifice ultime. Et c'est surement ce sacrifice qu'aura accompli Yoga pour rapporter ces sons de manière aussi brute.

Non, décidément, les nuits en forêt ne seront plus les mêmes.


Herr Doktor Null

mardi 22 septembre 2009

Der Blutharsch, Deutsch Nepal, Bain Wolfkind, 21/9/9, le Zèbre de Belleville, Paris

Bain Wolfkind : écoute, petit autrichien ... tes lunettes et tes rouflaquettes clonées sur Albin Julius, tes chansons intitulées My Name is Poison, Ride the Big Black Train et Baby I'm so Bad, ta voix rocailleuse de fond de cave, ton frottis sur le pied de micro, tes guitares surf à la Jack N'a Qu'un Oeil ... ne font de toi ni Khan Oral, ni Alan Vega, ni Jim Thirlwell, ni LB Doll. Tu n'as ni charisme ni sens, et tu ne fais pas rire longtemps. Tu remballes.

Il est 21 heures, je picole depuis 14, et suis donc dans l'état rêvé pour
Deutsch Nepal : Peter, déjà sur album je trouvais que tu faisais bien de nous exposer de plus en plus souvent ton organe, mais là tu m'as décoiffé. Deutsch Nepal live, c'est le Mexique sans escale en première classe, en mode Wardruna.

Der Blutharsch : pas entendu le Wonderland espéré ; dépouillé le cérémoniel des disques, de leur rigueur funèbre et érotique, reste un groupe qui joue du rock primaire de façon bien trop coincée et encravatée pour que ce soit primal. Pas d'aura, pas de voix, je ne sais pas si Pascal et Damien de Kickback ont aimé, moi pas.

Soirée Nazis, poil au zizi (au Zèbre de Belleville)

Bof.


Bain Wolfkind

De la surf musique sauce martialo-indus poil-à-l'anus, sympa deux chansons pas plus, un crooner grognard au charisme guère convaincant, et des vidéos de femmes dénudées s'agitant les excroissances mammaires, que l'on qualifiera ici de nichons ou roberts, tant la séance de voyeurisme vire à la vulgarité beauf et écœurante... De quoi "chauffer la salle" des façons les plus basiques et évidentes, très peu pour moi, ou alors juste 5 minutes pour rigoler.


Deutch Nepal

Merci à lui, le Général, Le Lina Baby Doll, seul bon élément de la troupe, sauveur de la soirée ; chouette setlist, empruntant au récent Erotikon mais aussi aux albums plus anciens, set appliqué, ce qui est surprenant, vu la réputation du bonhomme à saborder ses performances au même titre que son pote Roger, mais non, il nous en donne pour notre argent : trip total, avec ce chant mielleux du genre à cacher de vilaines saloperies, qui fera toujours son effet bœuf sur ma personne, une atmosphère plombée, mystique, psyché même oserait-je, une belle messe dark ambient qui finit en apothéose sur un morceau particulièrement rythmé et nerveux, vraisemblablement tiré de Benevolence.


Ka-Der Hussel

Flop.
Disons-le carrément, c'était pas fameux : la faute notamment au son de la salle, déjà un peu juste pour son prédécesseur, mais qui vire à la catastrophe ici, on distingue avec peine les parties vocales, le son des guitares est atrocement saturé, bref c'est la merde. La faute au son donc, mais pas que. Si les interprétations de deux morceaux de "when did wonderland end?" en guise d'ouverture passent encore, malgré une poussivité déjà flagrante, la suite laisse franchement perplexe : exit tout élément folk, on fait du rock, martial oui mais aussi psyché. Psyché ? Il y a autant de psyché là-dedans que de poils de cul sur le crâne de Tony, et ce n'est pas les quelques bidouilles space wah-wah et les autres riffs groovey vaguement stoner qu'on pourrait y trouver qui changeront quelque chose. Non, tout ça dégage quelque chose de trop facile, trop basique et surtout trop putassier, au mieux du sous joy division version rock saturé -j'ai bien dit sous. On se laisse prendre çà et là par deux ou trois passages efficaces, mais qui ne feront pas mouche longtemps. Je vous passerai les détails pour ce qui est de nous jouer le soi-disant tube de "When did Wonderland end?", so bring your iron rain etc., quant au rappel... Comme on dit, il arrive parfois un moment ou il faut savoir s'arrêter.
Cela dit, le disque qu'ils étaient sensés représenter ce soir n'est au final pas si excessif et insupportable, bien plus riche et moins caricatural que cette lamentable prestation, et j'irai même jusqu'à dire : rien à voir ; encore un groupe d'indus à ranger parmis ceusses qui ne brillent qu'en studio ?

vendredi 18 septembre 2009

Funeral Mist : Maranatha



Tout metalleux qui se respecte et comprend quelque chose au metal vous le dira : le black metal, ce n'est pas entraînant, pas mélodieux, pas varié, pas tout un paquet de trucs.
Ca tombe bien, le black metal, ça ne convenait pas à l'éxubérance d'Arioch, qui se privait de ses moyens, sur Salvation. Aujourd'hui, Funeral Mist joue enfin son blinding light-metal, tout en intros hippie-folk, en prédications enfièvrées, en choeurs religieux louchant avec ferveur tantôt dans Enigma, tantôt dans Bregovic, Vangelis ou Akira, en transes woodstockiennes tendance altamontiennes, tout ivresse, extase, exaltation, exultation - ex- encore et encore, oui, ex- tout un paquet de trucs. Une musique qui sort, qui vise ailleurs, plus haut en français, orgastique, du pink-metal sans l'ombre d'un doute, inondé de salives, brûlant, turgescent, palpitant, agité de saccades comme des lames de fond, montant sans fin ni satieté, rouge comme de grandes lampées au goût de fer, un divin tournis, une écumante poussée de cannibalisme, une éruption langoureuse de violence violemment hilare, qui saque et boute et hue et dia, déferle en dérapant allègrement, laboure dans le festin de chair, de graillon, d'ichor, d'entrailles au fumets musqués ...
Le metalleux, si on lui parle de joy-metal, il va voir des casques à cornes, des tresses et de la mousse. Arioch, lui, voit les choses en grand ; et surtout la communion.



P.S : quoi, vous l'aviez pas sentie venir, la vieille fatality ? Des disques pareils, vous en verrez pas des masses, et faudra bien que ça se sache. Mardraum, Incipit Satan ... Maranatha.

Marduk : wormwood


Pour son auteur, cet album est honnête voire bon. Ou plutôt, pour Marduk, dont on sait qu'ils n'ont de black que l'imbécillité, et de brutal que le nom. Le hic, c'est que son auteur, aujourd'hui, c'est donc, aussi, Arioch. Et que ça s'entend, mais que ce qui s'entend aussi, c'est qu'il n'est pas ici libre de sa dépravation et des fantaisies d'icelle, qu'il se contient tant bien que mal dans les bornes de la gentillesse guerrière qui sied à un album de Marduk, tout comme la navrance de la pochette.
Par endroits aussi tubesque que Maranatha, évidemment, mais assurément son petit frère qui ne sèche pas les cours et surtout pas d'EPS. Les odeurs de vestiaires ont sinon un charme certain, du moins un certain charme, mais ... enfin bref, vous m'avez compris.
Il va sans dire que je vais l'acheter, après tout ce site est rose, n'est-il pas ?

jeudi 17 septembre 2009

Funeral Mist : Maranatha

Brainbombs : urge to kill


Mon voisin adore Brainbombs.
Sans déconner.
Il me l'a dit.

Il ignorait cependant qu'on pouvait trouver du Stooges là-dedans ; il y en a, vraiment ? Enfin peu importe, parce qu'il adore, franchement ; seulement, il voudrait savoir si c'est lui ou si le volume de ma chaîne n'est pas un peu fort, parce qu'il entend tout depuis son appartement, qui est contigü au mien. Pas que ça le dérange au contraire, il adore - parole! - , mais il essayait de dormir, compte tenu du fait qu'il est trois heures du matin et qu'avec le son qui filtre au travers les murs, il n'y parvient pas ; mais sinon, pas de problème, vraiment, il adore Brainbombs.

C'est ce qu'il me dit. Alors pourquoi ai-je l'impression, dans ses yeux hagards, que quelque chose le tracasse?

Hahaha. Mais non voyons, m'assure-t-il, tout va pour le mieux. Non, la puanteur qui embaume mon intérieur et qui vient maintenant pointer sur le palier ne l'importune aucunement. La déco ? Il adore, il trouve très jolis les collages photos de jeunes adolescentes décapitées copulant sur le papier peint ; je lui réponds fièrement les avoir fait moi-même, en découpant au hasard dans mes fanzines punk pédophiles. Oh oui, mon voisin adorerait que je les lui prête, à l'occasion peut-être ?

Mince alors. Un confrère.

S'il veut entrer prendre un verre ? Ce serait avec joie, mais mon voisin ne peut pas dans l'immédiat ; plus tard, peut-être ? Non, vraiment, ce n'est pas à cause du désordre qu'il se désiste, il a l'habitude, lui aussi, de laisser traîner des tessons de bouteilles de bière ensanglantés sur la moquette ; ce n'est pas non plus à cause de la jeune fi... - salope de traînée? D'accord, oui, si je veux - accrochée au porte manteau, il trouve ça même très décoratif. Sincèrement, mon voisin ne verrait aucun inconvénient à passer un peu de temps avec moi, mais il vient de se rendre compte qu'il avait une course urgente à faire. Si je peux garder la musique à haut volume ? Ca ne lui pose plus de problème, compte tenu du fait qu'il sort de chez lui et qu'il ne sera pas rentré avant un bon moment.

Ca tombe bien, parce que j'ai encore un pute en attente de se faire écorcher dans ma baignoire, et j'avais besoin de laisser le son à balle pour masquer ses cris ; surtout un disque avec des aigüs pareils, c'est l'idéal. Ce n'est pas mon voisin d'à côté que ça dérangera finalement - d'ailleurs, il faudra que je lui montre deux-trois trucs à l'occase, s'il veut pratiquer lui aussi - mais je ne connais pas encore bien mes voisins d'en dessous, peut-être n'approuveraient-ils pas ? Mais je suis probablement trop scrupuleux, en général, mes voisins approuvent TOUJOURS ce que je fais.

Et ils aiment TOUS Brainbombs.
Heureusement pour eux, tiens.

Jesu : Infinity


Cet album est ici parce qu'il le doit, et qu'il sera peut-être dans mon palmarès de fin d'année. Et non parce que je sais fichtre quoi en dire. Pas envie de rassurer en déflorant, de donner des garanties aux gens de peu de foi, qui suivent Jesu d'une moue dubitative, de comparer, de cadrer, de rapprocher, d'analyser, et je ne suis pas non plus un bon éxégète de mon coeur d'artichaut. Que ceux qui placent encore tout comme moi une aimante confiance en Justin soient simplement persuadés qu'ils en seront récompensés et trouveront ici tout ce que promet le contenant : la grisaille de plomb, l'abrutissement gazeux, l'épuisement humide de la dépression, et l'élévation, la foi, la triste et lumineuse paix. Go spread your wings.









Oh, et puis si, je ne résiste pas : on la fait façon kyoku.
Ce morceau, qui fait voir Heartache pour le brouillon que j'ai toujours flairé, aurait pu (dû ?) sortir chez Godflesh - enfin, ça, on s'en fout, ceux qui savent entendre savent déjà le peu de différence entre Jesu et Godflesh - juste après Selfless.

mercredi 16 septembre 2009

samedi 12 septembre 2009

Pissed Jeans : king of jeans


Alors comme ça, paraît qu'on est muets comme des carpes ? Que les quartiers SOUMiens ne sont pas encore suffisamment doux et vivant foyer pour la convenance de môssieur Goulot ? Et puis alors ? Faudrait qu'on s'en excuse aussi ? Ou qu'on s'en justifie, tant qu'on y est ? Merde, fuck! Et puis oui, non, fuck, on était pas là, c'est tout, merde. On croyait l'établissement fermé pour juillet-août. Et alors, on n'a pas le droit à ses fucking congés annuels alors, et puis quoi? Et puis merde, fuck.
Et puis voilà. C'est la rentrée, la fucking reprise, la tension revient dans l'air, cette putain de fucking tension. Je reviens de mes fucking vacances, j'ai à peine le temps de poser mes fucking valises, et v'là que ce fucKing of jeans déboule sans crier gare - on m'avait pas prévenu, putain de fuck - et que je me le prends bien comme y faut dans la fucking poire, à pleine fucking gencives. Fuckl.
King of Jeans, c'est donc un peu le disque de la rentrée. Pissed Jeans n'a pas changé ou presque, depuis leur précédent disque, noise lizardienne en mode vénère, influences Black Flag oblige, j'imagine, musclée et tendue, dégraissée de tout groove huileux, sans fioriture quoi. Niveau tube de la rentrée ? J'en vois trois qui flottent déjà dans le lot, trois bonnes grosses matraques à s'empifrer jusqu'à la garde, jusqu'au pétage de la carotide ou déchaussement des incisives : d'abord False Jesii part.2, qui démarre le disque sur un rythme effréné d'autobus fou, avec à son bord le classique kamikaze intégriste, salamalecs braillards et doigts crispés prêts à faire sauter le plastron plastiqué ; ça, mais aussi pleasure race - court, trop court, putain ! - et lip ring, lancinants et enragés, tendus comme la chaîne d'attache d'un pitbull en face d'un jardin d'enfant, je vous laisse décider du dénouement. Et le reste alors ? C'est de la merde collée sur les poils du balai à chiottes à GGAllin ? Presque, tout aussi collector en tout cas, au taquet sévère, avec toujours cette propension à vous crisper un rictus malsain jusqu'aux oreilles, dents serrées, à vous donner envie de tout saccager, de vous jeter à terre et de vous y tortiller tel un serpent, prêt à planter ses chicots dans le premier mollet qui se présentera. Si j'étais pharmacien, je dirais que ce disque n'est pas à mélanger avec l'alcool, mais ce n'est pas mon cas, donc faites à votre guise ; malgré tout, vous êtes prévenus.

vendredi 11 septembre 2009

Palmarès 2009

Il reste encore 3 mois, il va y avoir encore un Gates of Slumber, un Converge, un Coalesce, un Portal, un Raison d'Être, un Punish, et d'autres que j'oublie, à ajouter aux Coalesce, Cable, Obituary, Engangsgrill, Gossip, et d'autres que j'oublie, ça va encore être assez bousculé cette année, mais pour le podium c'est déjà plié :

Vive la Fête, Kickback, Funeral Mist.

mardi 8 septembre 2009

Gorgoroth : Incipit Satan


On peut bien le dire, allez, maintenant que le groupe repose en paix : Incipit Satan est le Grand Œuvre de Gorgoroth.
Il transmute l'air en pluie de flocons de chair calcinée dans un mol tourbillon de fumées grasses, où il s'avance, dominateur et moqueur au milieu de la dévastation à perte de vue. Nul besoin comme Marduk d'échantillonner des bruits de vertèbres rompues : l'on sent très bien passer les roues du char grimaçant au milieu des crânes. Et puis, merde, quoi, l'armée c'est pour tuer, merde, quoi, sur le char il y a le Gaahl, fatal, qui fredonne dédaigneusement "When Love Rages Wild in my Heart", sur l'air bonhomme de l'artificier partant travailler ... et ça c'est des trucs à vous faire féliciter d'être mort ce jour-là.

A moins ... que ce ne soit Ad Majo ? Nous aurons peut-être l'occasion d'y revenir.

Potentiam : Years in the Shadows

dimanche 6 septembre 2009

Les grands esprits se rencontrent ?

Ca commence à traîner, cette histoire ...



1. ...Than a Thousand Suns
2. Shiva only is God
3. End of the Western World
4. (My Name is) Legion
5. A Russian Lullaby (feat. Ambassador 21)
6. Zmeya
7. Born in Thorns / Torn to Pieces
8. Deadmeatpetroleum
9. This is my Body, this is my Gasoline
10. Satan Buddies
11. You ain't got me
12. Welcome to now

le 19 octobre

samedi 5 septembre 2009

Soulsavers : broken


Est-ce qu'on peut foirer un disque avec Mark Lanegan ?


















Bien sûr qu'on peut. Y a cette citation sur les cons, vous devez la connaître ...

SSS : Short Sharp Shock


Faut reconnaître une chose aux rosbifs, ils ont un art sans pareil pour dépouiller de toute couleur le riff punk le plus effréné et décérébré. Ils ont tellement la grisaille dans la moëlle qu'ils te plombent même un disque de thrash avec chanteur bodycountesque à s'y méprendre (quel dommage, que je vous l'ai faite récemment, celle du medley Exploited sur Judgement Night, parce que là, on est mais en plein dedans). Ça va passer pour un racolage de plus, ça n'en est pas : si vous voyez le point commun entre Napalm Death, Amebix, Godflesh et Motörhead circa Iron Fist, alors vous voyez ce qui différencie SSS de Municipal Waste, malgré leur même côté gravissimement addicted to mosh. C'est presque aussi festif, tout aussi primate, juste c'est de bien plus méchante humeur.

AC/DC : stiff upper lip

Warhorse : As Heaven Turns to Ash

Aluk Todolo / Habsyll, 04/09/09, le Pixi, Bagnolet

J'avais fumé, je serai donc hyperbolique.

Habsyll : extreme hostile drone, avec une touche de Halo meets In Slaughter Natives ; massivement cookie monster, et concassant, mais vraiment ; mais vraiment aucune envie d'écouter ça à la maison, sans le plafond bas et l'inconfort du Pixi (ah, les monceaux de fumigène, ça vous y a tout de suite une autre gueule que dans la Grande Halle de la Villette), sans le volume extravagant auquel le batteur équarrit et les gratteux jouent au gabber ultra-ralenti avec leurs ondes.

Aluk Todolo : au fur et à mesure, d'un long et torrentiel morceau de grumeau primordial façon Lightning Bolt meets Inade circa Aldebaran, émerge un machin aux multiples grooves de mollusque torve de bon cru broadrickien, saisis obsessionnellement de fièvres trancejazz psychnoise ; on pense vaguement aux concerts de Sister Iodine de la grande époque, et on se fait rincer la tête et les cervicales.

vendredi 4 septembre 2009

War Pigs : Degeneration // Music Hates You : Send More Paramedics



Rocker comme l'huile sur le feu aux poudres, comme la goutte de gnôle qui fait déborder et cascader le trop petit vase humain ; dans une fureur orgiaque, à s'en péter le frein, à s'en fêler le cabochon sur le crépi, à s'en tripoter furieusement partout tous ongles dehors, à s'en faire sauter les yeux, à s'en rincer le nez avec des poteaux de napalm et en faire hurler le méat ... Fuck me ! Kyuss, ai-je tout d'abord pensé, pendant quelques écoutes ? Kyuss aurait pu s'approcher du truc, sur Wretch, s'ils n'avaient pas été si occupés du vent et de leurs cheveux, dans le rétro. N'y a pas de rétro, dans la chiotte que je vous parle. N'y a pas non plus de pneus, et elle roule à tombeau ouvert.

mercredi 2 septembre 2009

Plateau de fromage, Monsieur ?

J'imagine qu'on pourra dire que je l'ai cherché ...


Queen : a kind of magic

J’aurais pu choisir Innuendo, mais son côté chant du cygne et le malaise sous-jacent ne donnent pas vraiment envie de voler, ou alors comme le papillon qui sait qu’il le fera pour la dernière fois…

Oui, cette pochette est merdique, et elle ne laisse pas deviner grand-chose du contenu, sa beauté pouvant être assoiffée d’or, de sang et de mécaniques, sa décadence, son animalité, seule est montrée la face cucul la praline... Mais Queen n’ont jamais été doués pour les pochettes, tout bien réfléchi. On peut donc rêver à une cover style Battle Out Of Hell, pour se consoler, ou mettre celle de Painkiller à la place, même si ça serait oublier qu’on a pas mal de guimauve ici pour équilibrer le métal… Painkiller, disais-je – souvenez-vous : Gégé vous parlait de musique de Héros pour lui, tout comme pour Rust In Peace. Et il avait raison, l’vieux con. Queen aussi est hero-music, même mieux que ça, quand les riffs du grand Brian rugissent : une certaine idée de la chevauchée du paradis des Hardos sur une bécane rutilante ailée façon licorne… Une vision à la Métal Hurlant en mieux, quoi. Avec pas mal de guimauve rose, en collines.

Aucune surprise quand on sait que la moitié de cette rondelle a servi de BO pour Highlander. Mieux que le controversé Chrichri Lambert, les effets 100% eighties et les bacchantes peignées du Freddie, qui sait faire monter le Mercure à des niveaux indécents, la croupe huilée prête à se faire cravacher, le regard tour à tout polisson, tout à tout félin, tour à tour romance, tour à tour catin… Toujours ces petits ponts opéra chers à la Reine, mais – si on prend le soin de prendre cet album pour un mini, c'est-à-dire de retirer 2 morceaux pour n’en garder que 7, soit la niaiserie coutumière « Pain Is So Close To Pleasure » qui aurait il faut bien l’admettre fait meilleure figure sur un Fine Young Cannibals, et Friends Will Be Friends, une de leurs chanson pour gradins qui me laissent complètement tiède - ici le hard des morceaux en question n’est plus glam : il sent l’acier, la sueur froide, bref les eighties - et la voix de Freddie est plus lumineuse que jamais, un faisceau aussi aveuglant que celui de sa cousine diva Halford ; les synthés ronronnent quand ils le doivent, et ces salopes n’hésitent pas à faire dans le hard-EBM pour montrer qu’elles l’ont dure sous le spandex, avec un Don’t Lose Your Head à faire chier Doug McCarthy dans son froc, et passer Turbo Love pour un hymne de pédales ! (ahem, j’ai rien dit, oubliez). Dans un de ces élans de journalisme tue l’amour qui me sont chers, j’invoquerai le grand Gimme The Prize, ainsi que Who Wants To Live Forever, ballade que certains malappris n’hésitent pas à juger cucul et kitsch mais qui est en réalité céleste, pour ne pas dire paradisiaque. Il en est quasi de même pour One Year Of Love, slow aussi mielleux et sucreteux que le plus sirop-d’orgeatesque des Sting, que Fredérique sauve pourtant du flop intégral grâce à son (ses ?) organe magique. Il est juste dommage que cet EP n’ait pas été un album, finalement. Du grand art malgré tout, avec le final orgiaque que vous connaissez tous.


Jean-Jean


mardi 1 septembre 2009

Crass : Penis Envy


Du punk, ainsi qu'il est communément admis ? Probablement, oui : Penis Envy, cette musique vénéneuse et anguleuse qui dépeint à l'eau-forte les enterrements tout vif sans cape ni canines en plastique, l'esclavage sans vinyl ni multiples zips, les sabbats dont l'archiprêtre est communiste, la magie qui est du noir de l'impasse où tu vis, et la femme dans le radiateur qui est la tienne devant monsieur le maire ... cette incantation-là est bien trop effrayante pour être du gothique.

Future of the Left : Travels with Myself and Another


Un film social anglais ?
Oui, avec toutes les chevilles épiques ; les manifs, les craquages homériques au pub, les baignades inopinées dans le ruisseau derrière l'usine fermée, les courses de dératé dans l'ingrate bourgade, les harangues, la détermination des humbles, l'amertume, le moral qu'on entretient au sarcasme, à l'élégance prolétaire. Et la joie.
Oui, mais tourné à Chicago, et monté avec une scie sauteuse de marque Big Black flambant neuve.