mercredi 2 septembre 2009

Plateau de fromage, Monsieur ?

J'imagine qu'on pourra dire que je l'ai cherché ...


Queen : a kind of magic

J’aurais pu choisir Innuendo, mais son côté chant du cygne et le malaise sous-jacent ne donnent pas vraiment envie de voler, ou alors comme le papillon qui sait qu’il le fera pour la dernière fois…

Oui, cette pochette est merdique, et elle ne laisse pas deviner grand-chose du contenu, sa beauté pouvant être assoiffée d’or, de sang et de mécaniques, sa décadence, son animalité, seule est montrée la face cucul la praline... Mais Queen n’ont jamais été doués pour les pochettes, tout bien réfléchi. On peut donc rêver à une cover style Battle Out Of Hell, pour se consoler, ou mettre celle de Painkiller à la place, même si ça serait oublier qu’on a pas mal de guimauve ici pour équilibrer le métal… Painkiller, disais-je – souvenez-vous : Gégé vous parlait de musique de Héros pour lui, tout comme pour Rust In Peace. Et il avait raison, l’vieux con. Queen aussi est hero-music, même mieux que ça, quand les riffs du grand Brian rugissent : une certaine idée de la chevauchée du paradis des Hardos sur une bécane rutilante ailée façon licorne… Une vision à la Métal Hurlant en mieux, quoi. Avec pas mal de guimauve rose, en collines.

Aucune surprise quand on sait que la moitié de cette rondelle a servi de BO pour Highlander. Mieux que le controversé Chrichri Lambert, les effets 100% eighties et les bacchantes peignées du Freddie, qui sait faire monter le Mercure à des niveaux indécents, la croupe huilée prête à se faire cravacher, le regard tour à tout polisson, tout à tout félin, tour à tour romance, tour à tour catin… Toujours ces petits ponts opéra chers à la Reine, mais – si on prend le soin de prendre cet album pour un mini, c'est-à-dire de retirer 2 morceaux pour n’en garder que 7, soit la niaiserie coutumière « Pain Is So Close To Pleasure » qui aurait il faut bien l’admettre fait meilleure figure sur un Fine Young Cannibals, et Friends Will Be Friends, une de leurs chanson pour gradins qui me laissent complètement tiède - ici le hard des morceaux en question n’est plus glam : il sent l’acier, la sueur froide, bref les eighties - et la voix de Freddie est plus lumineuse que jamais, un faisceau aussi aveuglant que celui de sa cousine diva Halford ; les synthés ronronnent quand ils le doivent, et ces salopes n’hésitent pas à faire dans le hard-EBM pour montrer qu’elles l’ont dure sous le spandex, avec un Don’t Lose Your Head à faire chier Doug McCarthy dans son froc, et passer Turbo Love pour un hymne de pédales ! (ahem, j’ai rien dit, oubliez). Dans un de ces élans de journalisme tue l’amour qui me sont chers, j’invoquerai le grand Gimme The Prize, ainsi que Who Wants To Live Forever, ballade que certains malappris n’hésitent pas à juger cucul et kitsch mais qui est en réalité céleste, pour ne pas dire paradisiaque. Il en est quasi de même pour One Year Of Love, slow aussi mielleux et sucreteux que le plus sirop-d’orgeatesque des Sting, que Fredérique sauve pourtant du flop intégral grâce à son (ses ?) organe magique. Il est juste dommage que cet EP n’ait pas été un album, finalement. Du grand art malgré tout, avec le final orgiaque que vous connaissez tous.


Jean-Jean


1 commentaire:

Potters field a dit…

ah mais le plateau de fromage, c'est une vraie religion pour moi. et on plaisante pas avec la religion.