samedi 31 octobre 2009

Andrew Weatherall : A Pox on the Pioneers


Ah ... L'Angleterre.
La nation à qui nous devons, terrassés de gratitude humiliée (il y a là un pléonasme, maintenant que vous le dites) : New Order, Douglas McCarthy, l'eau chaude, Mick Harris, le club de golf, "London Calling", la soul minière, le flegme, "Jimmy Jazz", l'art sans pareil et jovial du gris lumineux, Renton, le nightclubbing, l'accent cockney ... Cette classe, la seule l'unique, quand on n'a pas eu l'heur de naître là-bas on sait que jamais on ne l'aura.
Par chance il est de ces disques, pénétrants comme le crachin, qui donnent la sensation bénie que c'est comme si qu'on l'était. Un putain de rosbif.

vendredi 30 octobre 2009

Skitliv : Skandinavisk Misantropi


Anacoluthe : procédé rhétorique consistant à rompre la syntaxe primitivement adoptée par une phrase, pour en emprunter une autre. Exemple fameux et double : Maniac, qui c'est, si tu savais comme j'en ai rien à cirer, t'aurais une idée de l'infini.
Des disques apparentés beumeu comme celui-ci en revanche, je m'en astique sans faiblir quand j'en rencontre. Des disques qui me rappellent, non pas l'hilarant défilé de couteaux de Musclor sur fond de blast qui marqua, il y a quelques dix ans à la Loco, mon initiation au "bm" (comment s'appelait ce groupe déjà, Mayhem je crois - ça existe, au moins ? un truc dans le genre en tous les cas), mais plutôt pourquoi j'ai plongé comme un couillon dans le gothique à ma première rencontre avec Das Ich, Virgin Prunes, Sigillum S, Skinny Puppy, Sopor, Sex Gang, Dive ... ce genre de merde, voyez, obsessionnelle et vile, dénuée de toute la pêche folâtre dont l'écrasante majorité des groupes de hard rock échoue à se défaire ; cet amour crasse de l'hypocondrie, cette complaisance toxique, irrésistible comme le vertige de Poe, comme jouer à la dinette avec la folie la plus ordinaire, qu'on ne retrouve qu'à la rigueur chez quelques groupes de sludge. Maniac est un type qui, malgré un pseudonyme gaulois comme du metal, est parvenu avec quelques compères, dont certains pourtant très en cheveux aussi, à nous barbouiller un beau disque qui tient de l'obscène donc du gothique ; voire de l'industriel, ce qui ne veut bien sûr pas dire garage à beats, non plus que riffs sortis d'un sac Dunlop, mais langueur de scier le métal (et le metal ?) et voix multi-mèches (je ne parle plus cheveux, là) ; et amoureuse nausée. Il serait aussi farfelu d'y chercher le black metal que chez, hmm, Shining, Funeral Mist, Urfaust ou Dodheimsgard. Il suffit pour se le prouver de contempler son propre soulagement lorsqu'avec Densetsu survient l'explosion de négritude, et le bol d'air énorme qu'elle charrie - malgré la tragédie qui continue de ramper sous le gospel - après le long marigot de riffs de cimenterie, doomy, arrogants de misérabilisme et de masochisme auto-indulgent - le gothique, c'est encore plus lourd que heavy, c'est lourdingue ... et juste avant le finale sur "Scumdrug", dont le nom seul, et la teneur musicale pendant qu'on y est, explicitent mieux que tout mon fatras le propos de ce cloaque d'album, avec ses parfums de paradis sans fin.

The XX : self titled


mercredi 28 octobre 2009

Gorse : Bovine Soul


On y a presque cru, ce coup. Que Gorse (si vous suivez, vous les avez déjà repérés cet été dans les parages) s'était ébroué pour de bon de sa torpeur ensaturnée, avachie mélancoliquement sur le tracteur vermoulu, qu'il avait dépoussiéré icelui et allait soit foutre le champ sens dessus-dessous, soit descendre au bourg solder quelques ardoises en souffrance, avec quelques Rose et quelques Maggie, et aussi quelques Randall et quelques Gavin, de cette humeur qu'on croirait d'un QotSA fruste et frais, la barbe comme une fleur au vent.
Mais bientôt bon sang ne sut mentir, et on le retrouve à tracer benoîtement perdu dans le vaste vert, gelé de rosée, à se grattouiller distraitement l'âme d'un doigt terreux, à caresser la brume qui l'entoure telle un chien fidèle, à humer le matin qui lui souffle des rataillons de mélodies et lui met sa douce rouille au cœur. Incorrigible rêveur.

dimanche 25 octobre 2009

Lava, 24/10/09, le Parvis de Bagnolet, Bagnolet


Apprendre la vie avec Lava ... On n'est donc jamais au bout de ses surprises avec ces poissards-là et leurs morceaux à personnalités multiples. Et comme un vrai sludger n'est à la maison que dans la claire et présente poisse, ce concert partait sous les meilleurs auspices : des heures de poireautage, des cymbales grattées in extremis, un go-go dancer bourré dans le public, deux grattes en moins ou peu s'en est fallu ... il n'en fallait pas plus, justement, pour que le Moignon nous révèle l'Evangélisateur de frontman intenable qui se cachait en Lui, tous les spectateurs présents en ont été choqués d'évidence, et les gaziers derrière, discrets tels les Jean-Louis derrière Tonton Yow, ont assuré avec la même fermeté que les susdits, galvanisés aussi par la présence cultissime sur leurs arrières de Le Batteur Historique de Lava pour une date exceptionnelle à tous points de vue, qui, si elles ne nous a pas donné droit au désormais rare sludgeabilly, nous a fait oublier le manque avec une tout bonnement époustouflifiante tranche de semoule Griefique, avec les fausses accélérations et le tempo flottant et tout, et sans rien de l'application plagiaire de tous leurs pathétiques correligionaires. Lava c'est ça, un groupe qui fait du Grief dans l'esprit et pas la lettre, tout en jouant du swamp punk plus gluant que Pissed Jeans, et qui peut faire passer son finale pour un inédit incunable de Celtic Frost composé avec Lee Dorrian, hold-up total. Mes cervicales ont subi leur pillage habituel.
Il est grand temps de lancer cette carrière internationale.

Marduk : Rom 5:12


L'album par qui le scandale arrive. A la faveur d'un certain Arioch, Marduk, la fidèle Renault Fuego du black metal, se transmue en Aston Martin V16. Pour peu qu'on goûte l'armagnac aussi profond que la ronce de noyer, les chromes aussi amoureusement lustrés que la loupe d'orme, et le chaud craquement du Connolly, c'est à ronronner.

vendredi 23 octobre 2009

Rammstein : rosenrot


R+ (oui, ce machin que tous les gosses arboraient il fut un temps, ça ne me pose aucun problème et vous ?) est de ces groupes dont on peut avoir plusieurs meilleurs albums, pour différentes raisons et différentes humeurs.
R+ (oui, ce machin ...) abattait avec Rosenrot son album le plus ... adulte ? Le plus vieux et fatigué, même, arthritique, voire, courbattu, raide, déprimé, maugréant, usé de l'espoir, du bel esprit et du bel entrechat, le plus linéaire et empâté : rouillé, et pris par la glace de l'âge, très exactement.
Le moins germanique, dans le cliché qu'ils s'appliquaient avec amour à en donner à la galerie jusqu'ici, le moins folklorique, touristique, exotique, le plus européen au sens Europe 2 du terme, admettons-le, et pourtant il renferme ce qu'ils ont pu écrire de plus ridicule et dépassant toutes les bornes dans l'exotisme wtf : Te Quiero Puta. Le plus germanique, dans le cliché qu'on peut en avoir sans s'appliquer, dans cette roideur binaire et épaisse du riff et de la tristesse, dans cet envol lourd de chansons à-la-triste-figure sans grâce aucune. Rammstein ne joue pas de son identité, ne cabriole ni ne parade ni ne pavanne avec, ni même ne l'assume : il la subit, comme vous et moi, sapristi ! Irai-je jusqu'à dire que si vous n'aimez pas cet album vous n'aimez pas Rammstein ? Irai-je jusqu'à vous dégainer cette vérité bien tassée au coin du lieu commun sur les clowns, qu'on connaît tous ? J'irai jusqu'à dire que cet album de Rammstein est leur plus Kickback (oui, ça devient une manie, et vous savez ce que je vous dis) : tu kiffes pas, tu remballes.
Rammstein, qui n'a jamais eu de grâce ou de distinction que de singées et second degrées pour assumer sa lourdauderie et en rire avec la galerie, Rammstein est triste hélas et a lu tous les culs, et plus d'humeur à feindre, Rammstein est vieux et triste, un vieux ça n'est ni beau ni drôle et même si c'est ce qui est beau Rammstein a juste envie de dévider la longue plainte comme un long étron, un terne et puissant rouleau de morose douleur.
Ah, au fait, c'est Till Lindemann, le chanteur, sur cet album aussi. Vous voyez, ce type carrossé comme un homme de main spécialisé dans les recouvrements de fonds délicats retraité en crooner moujik, cet oeil hanté, cette peau itou, cette mèche à la gomina fatiguée à la sueur rance ? Avec un autre, peut-être bien toute cette maturité m'eût-elle assommé moi-même ; lui rend plus que touchante et aimable cette tuile de vie, et même une pantalonnade aussi extrémiste et vilement pathétique que Te Quiero Puta (R+ se gausserait-il cruellement à cet endroit, de sa propre sempiternelle dérision ? je suis pas loin de le penser, dépressifs comme ils sont).
¡ Hombre, me gustas !

jeudi 22 octobre 2009

PY : PPP


Punish est d'humeur ministérielle. Et ne vous y trompez pas, ce n'est pas pour repeindre l'identité nationale en rose. C'est le Ministère de la Punition qui est à portée de main - de poing - et celui-là personne le mettra en cage, c'est Rabies avec du lubrifiant, c'est glissant comme un constricteur. PPP, comme dirait Emmanouel l'Obskourrr, a plus à voir avec une recontextualisation de 1969 Was Fine dans une toponymie cyberpunk, qu'avec la Monstermagnétisation des lieux de ribaude interstellaires de GBG. Finie la rigolade rock'n'roll, les ratonnages de hippies dans la nuit incendiée d'Altamont. La nuit appartient ici à la ronde implacable des replicants, l'escouade sillonne toute la Metropolis, leurs uniformes de vinyl vont être rayés de sang, et les sourires ne sont pas prévus par leur pseudo-tissu facial. Pan-Pan cucul, le SM n'est pas ici housey et moustachu à la Asche ou Die Form, on désarticule et on écartèle avec rudesse, Purge, ce soir on va pas danser à Naziland quand la milice rose mais noir va arriver en ville, et ce sont les contusions qui vont être sévèrement fluorescentes. Welcome to now.

Converge : axe to fall


J'ai beau me pressouiller le citron, je vois pas ce qu'il y aurait que la ci-contre ne dirait pas. Du Converge tout ce qu'il y a de classique et sympa comme tout, mais qui laboure en bleu électrique.
Ah, si : à la fin en bonus, vous avez gagné un morceau des Twilight Singers en méforme où un célèbre barbu vient faire son tristement habituel numéro de Tom Waits des steppes du Bronx - je vous confirme qu'à entendre aussi, c'est incongru - et un inédit très chouette de Genghis Tron, les élèves qui vont bientôt finir par dépasser le maître si ça continue à ce train, même s'il n'auront jamais la même couche de rouille sanieuse, à laquelle au reste ils ne prétendent pas, que Converge a ... eu.

mardi 20 octobre 2009

Rammstein : liebe ist für alle da



Bien sûr, l'ouverture n'est pas d'un chef d'œuvre. Normal, elle marie les moments les plus Garbit de Sehnsucht à l'ambiance schwarzwald de Herzeleid, la carpe et le lapin, même Rammstein peut pas réussir à tout coup que voulez-vous, elle a fini en face b ailleurs, d'ailleurs.
Mais tout le reste ... Une succulence ininterrompue, un genre de Mutter avec, à la place des maladresses, la délicatesse de Reise Reise, et le retour des grimaces de bidasse retourné à la vie des bois, de bûcheron violeur de fées, qu'arborait Herzeleid en couverture et en ambiance. A ce niveau-là, ce n'est plus du tube, c'est de l'oléoduc - à ce niveau-là, vous avez deviné qu'on ne vous épargnera aucun poncif du champ lexical sidérurgique et colossal, Rammstein est sidérurgique, colossal et poncif, et vous aimez ça, qu'ils vous poncent le postérieur, ja meine Hündchen ? Rien que Pussy, tube goth tout le monde sur la grande piste de la Loco comme ni Sisters of Merci Bien ni Apoptygma Berkberk n'en feront plus, avec en cadeau un refrain à révulser ontologiquement et typologiquement tout goth bon teint ; et les nombreux passages touchés par la grâce, par cet esprit naufrageons en Mer du Nord soit mais avec un sourire bravache et canaille, dont ils sont les artistes, eux qui nous offrent là leur album le plus généreux en refrains nautiques, le plus iodé tout en renouant avec les sapins les plus drus ... Et attendez d'avoir entendu les choeurs de crève-la-faim total rubber de Führe Mich, les drakkars sur Donaukinder et le Cecil B. De Mille gothmetal de Halt, car cet album est aussi le plus peplum - ah, oui, quand un album est aussi formidable, on ne mégote pas sur l'édition avec du rab, mâtin ! Et les petits entrechats villageoiso-Ace of Base de Waidmanns Heil, et les gimmicks de guitare sèche à faire verdir et reverdir même le premier Oomph!, et les touches electro bien au-dessus du niveau habillage metalinduslol - ho, on parle de Rammstein là ou quoi ? ces messieurs sont des bioniqués certifiés DDR, les skateboards ils les cassent avec deux doigts et le skater - et les multiples barrissements de Barbe-Bleue de Till, qui a l'air de jouer à loup-y-es-tu-m-entends-tu et d'avoir grand faim, et encore, et encore ... Et Till, tiens, il n'y a pas grand monde pour faire sonner et claquer l'allemand avec cette puissance, gourmandise, malice, conviction, Monsieur est ce qu'était Patton à la bonne époque, celle de Zombie Eaters et The Real Thing, un monstre de virtuosité à la coule et d'indécente expressivité, et à côté de ça quand il cite Edith Piaf c'est beau comme du Diamanda Galas, et il se permet encore de taquiner à plusieurs reprises en couinement sociopathe le canard revenu de l'amour de Stendal Blast, le compliment n'est pas mince, Rammstein non plus. Cet album assourdit tous les lance-flammes qu'ils pourront exhiber sur scène.
Bref, ce n'est pas dans l'une de mes chroniques, même la plus diarrhéique, que vous trouverez compte-rendu exhaustif d'un disque, ce n'est pas mon propos, j'ai seulement bien de la peine pour qui passe à côté, pour une raison qui m'est obscure, de l'évidence simple et saine de cette splendeur d'album. Tokio Hotel, m'a-t-on jeté avec mépris ? Je les ai encore vus l'autre fois chez Denisot, tiens : des petites tapettes goth avec même pas les balloches de jouer du goth. Rammstein c'est peut-être des gars de la marine mais ils jouent du vrai goth, radiophonique et stadier mais avec du romantisme, qui sent l'homme.
Dupont, qui vient de se viander avec un album guindé et aussi frigide que son titre, a intérêt à avoir gardé le ticket de caisse, parce qu'il va falloir ramener le cockring au magasin, et en prendre un à leur taille, bien plus petit.




P.S : à celui qui ne manquera pas de bouillir à la lecture de ceci, inutile de s'énerver encore plus que ce n'est déjà le cas, ceci a été écrit avant lecture de votre chronique mon ami, même la coda, il n'y a là aucunes représailles, juste la chronique que cet album méritait, tout comme vous lui avez donné la vôtre. Merci au passage de m'avoir épargné la corvée d'expliquer que Rammstein joue de la pop.

samedi 17 octobre 2009

Lingouf : Ange et Gruikk


C'est l'histoire d'une free dans un grand manoir baroque, Eyes Wide Shut style en mieux, dans certaines pièces y a même des cascades et des arcs-en-ciel de nuit gazouillants, grand raffinement, luxueux, vraiment, chapeau ; mais peu à peu tu saisis le twist, et pourquoi la musique est si diaphane et liquide, le beat si mol et dolent, pourquoi tous ces danseurs qui ne s'aperçoivent pas réellement de la présence les uns des autres comme dans toute free, vont jusqu'à régulièrement se passer au travers les uns des autres dans leurs divagations, sans en être le moindrement perturbés de leur lente contorsion, pourquoi tout flotte ici dans l'air glacé et l'indifférence, avec de sirupeux grincements et des scintillements d'os ...
Tu vois des dead people, mon petit pote. Tu es tout seul, ici, et les caresses subtiles et angéliques, ce sont les toiles d'araignées ; ou peut-être autre chose.

jeudi 15 octobre 2009

Yello : Claro que Si


Sur une idée originale d'Albator, adaptée par Roman Polanski. Série Noire. Sous les étoiles en plastique, par une pleine lune en plastique, des tangos au cabaret Non Stop Erotic aux étages du club The Knife, d'androïdes de la Stasi déguisés en barbouzes du KGB beurrés, en hommes en Ford Falcon, entre filatures de cultistes de Calva y Nada enturbannés, avec la Daytona, et vols planés sur la Twilight Zone laiteuse, j'en passe et des cha-cha-cha ... Canardo mène l'enquête, dégingandée et pédonculée, sur une ténébreuse affaire en plastique.

mardi 13 octobre 2009

Rammstein : liebe ist für alle da


Ils sont Rammstein, tout le monde les connaît. Ils sortent d'un album humilant, tout le monde sait ça aussi.
Ils sont de retour, pas du tout démontés. Achetez vous des élastiques d'avance, ça se fait plus du tout depuis longtemps d'avoir un sourire idiot aussi béat - moi ? Je me fais plus du tout depuis longtemps non plus.
Il en faut, de la distinction et de la délicatesse, pour faire une sauce aussi ... oh, et puis mettez l'adjectif que vous voulez, c'est Rammstein, j'ai à peu près espoir nul de parvenir à écraser les mots-mémoire homérico-méprisants que chacun s'est déjà choisi depuis beau temps pour les ramener à sa taille ; mais il en faut, vous pouvez me croire, même si vous ne le faites pas.


P.S : la vraie chronique viendra ; sûrement ; peut-être ; peu importe. Liebe ist für alle da.

Rions un brin

Mais pas avec n'importe qui


Heavenly : virus

Mouhahahahahahahahahahahaha.

Quand j'étais petit j'étais un jedi. Tellement nerveux que lorsqu'il
pleuvait souvent je m'électrocutais. Hélas, je ne parvins jamais à la
cheville de Maître Stratovarius et Maître Helloween. Depuis, je parcours sans relâche les Terres de Gaule, en quête du Saint-Album d'Angra qui, selon la légende, reposerait sur la plage arrière d'une Golf GTI. Seule une rhapsodie de feu pourrait éveiller la Force...



Madonna ai Laghi

lundi 12 octobre 2009

Unsane : Occupational Hazard


... Le moins saillant, le moins identité proéminente, le plus terne, mat et anonyme, le plus casquettes, le plus work wear, et le plus nu, le plus blues à visière baissée, aride squelette de blues, ouvriers bluesmen opiniâtres qui jouent de l'essence de musique, sans carosserie, crue douceâtre écoeurante et puissante comme la viande, le moins souligné et le plus droit tendu, le plus sobrement, laconiquement maîtrisé et deadly, le plus low kick low kick low kick low kick low kick, le plus coup de trique, le plus effacé par son but, le plus l'oeil rivé à la cible et aux frettes et le moins à son propre oeil injecté de sang dans la glace, le plus abruti et acharné ... Et un radieux matin, donc, on dormira quand on sera mort, pour repartir au turbin avec l'égoût buccal en pâte de carton acide et les rayons de ce débonnaire enculé de soleil qui jouent au pistolet à clous entre les sourcils, dans l'infernal pli, et un absurde fou rire de vaurien en lieu de toute pensée ... Merde, mais c'est moi en randori, ce disque.

zZz : Sound of Zzz


J'aimerais, vous torcher un truc pas trop terre-à-terre pour parler de ce truc tellurique, ne pas déballer des banalités qui finissent en -oors, ni des énormités en -abilly ...
Mais je ne peux pas arrêter de penser à "House of Sin", et à son putain de EY putain de EXPLOSIF, sans le moindre h.
Bon, allez si, je balance : Jim et Ray ont pris un taz, une fois. Il était carton et ils ont mis le feu à la piste avec un numéro de coqs endiablés.

Unsane : occupational hazard


Un gonze sur un site communautaire s'en faisait récemment la réflexion, je la soutiens vigoureusement : ce disque est le meilleur album d'Unsane. Lâchons-moi la grappe avec les sympathiques harmonicas bayou-y-es-tu de SSC, le feeling norwegian teen tape de Total Destruction, le post-rock de Visqueen : ceci est Unsane à son plus Godflesh, à son plus Kickback, à son plus AC/DC, à son plus joyeusement méthodique sur le démonte-pneu. Lumineusement urbain et acharné, un poumon bien dilaté pour engouler à grandes baffrées l'odeur de la pluie sur le goudron craquelé, les petits matins qui chantent les ordures sous les échangeurs routiers et la gnôle du matin, la meilleure, et le bonheur dans le mal aux cheveux qui fait mal aux yeux. Comme ils disent chez Saint Morêt, les meilleures choses dans la vie, sont les plus simples.

dimanche 11 octobre 2009

Portal : Swarth


Tu es glaise dans les mains du Maître. Et le Maître a décidé que ta face aurait nom Tempête. Tourment. Et Peur.

jeudi 8 octobre 2009

Cop Shoot Cop : Release


S'il m'était jusqu'ici impossible de déterminer lequel des trois premiers Cop Shoot Cop était leur meilleur, tant ceux-ci se font féroce concurrence, chacun à sa manière, une chose m'apparaît désormais évidente après écoute de ce dernier effort : c'est qu'il ne fait définitivement pas partie du podium.Tant mieux, vous me direz, ça me donnera moins matière à départager.
Release donc, dans cette folle course poursuite, s'avère effectivement le petit traînard de la foulée ; le groupe semble y avoir perdu de sa fraîcheur et de sa fougue de jeunesse, et lâche ici bien moins qu'un chant du cygne. On a certes toujours droit à cette vieille noise déglinguée, à ce son graveleux et corrosif, mais il manque la touche d'amidon, celle qui donnait une rigueur et une tension quasi flippante à la musique du groupe qui relâche désormais ses bourrelets en roulement libre : Cop Shoot Cop version pépère, les abdos en moins, la brioche kro en sus, le dos mal foutu et la mauvaise haleine qui commence sérieusement à pointer. Sans parler des remords, des bons sentiments, ceux qu'on aurait aimé exprimer auparavant pour éviter certaines erreurs passées, alors on se reprend comme on peut en espérant vainement que ça rattrapera quelque chose. Pauvre vieux.
Ceci dit.
Si Consumer Revolt était le balafré au sang chaud, qui ne commerce qu'au règlement de compte à la prune et au jeton - tatatatatatatatata, suivez mon onomatopée - , si White Noise était le sale petit truand de corporation en chemise et costard cravate, OCP-style - cf Robocop bande d'incultes - , si Ask Questions Later était le gangster magnifique, photogénique à souhait, le méchant charismatique embelli et enlaidi à la fois, tout droit sorti d'un film de super-héros, Release lui n'est qu'un petit malfrat de bar à big bands fatigués, mal rasé, mal fagoté, accaparé tant bien que mal à oublier dans l'alcool son dernier hold up raté. Il est le plus humain aussi finalement, un peu le bad guy but good guy, voyou au grand cœur, celui qui finira par fléchir pour les yeux de la belle dont il avait auparavant espéré tirer une belle rançon ; son bon fond le perdra mais sauvera la mise aux gentils pour que l'histoire se termine bien. La brebis galeuse de toute cette association de malfaiteur, en somme. Et c'est finalement pour ça qu'on a envie de lui rendre justice ; faillible, oui, mais humain après tout, et aussi terriblement attachant.

Orthodox : sentencia


Est-ce le crépuscule ou l'aube, ce gris fantasmagorique sur la steppe ? C'est l'histoire d'une bande de pithécanthropes pelés pris de tragique flamenco - et de panique sourde, entassés grelottants sur le piano de Keith Jarrett en train de naufrager, éventré avec la contrebasse et la clarinette, dans une fondrière ; d'un langoureux et torpide orage, au baroque primitif et onirique.

mercredi 7 octobre 2009

Devil's Blood : the time of no time evermore


Mon premier est un groupe des 00's.
Mon second le rock 70's qu'ils jouent.
Mon troisième l'à bout de souffle à l'assaut du soleil 80's avec lequel ils le jouent.
Mon tout est liquidement occulte, immodérément vibratile et fébrile, et, est-il besoin de le préciser, génial.
Mon tout est pour dire, une fois de plus, que pas fait exprès, le titre, tout ça. L'allitération ridicule, en revanche ...

mardi 6 octobre 2009

Elitist : Elitist


Il faudra tout de même qu'on m'explique pourquoi cette brève chose est vendue comme black crust.
Il est vrai que le nom, et la jaquette. Il est vrai que de nos jours crust est fréquemment écorché en Cursed, et qu'on pense massivement pendant le disque à d'autres choses en jaquette noire, Weekend Nachos, Watchmaker, Complete Failure, pour les nommer (non je ne racolle pas, j'y peux quoi si vous avez les mêmes rillettes que moi ?).
Warcore eût tout de même été plus convenable, vu la fournaise.
Ça va sans le dire, les quelques minutes en question dépiautent plus proprement tes côtelettes que toute la discographie d'Anaal Nathrakh. Mais ça va mieux en le disant.

The Ruins of Beverast : foulest semen of a sheltered elite


Steeeeeeeeeiiiiiiiiiiiiiiiiiiin um Stein,
Maue Ich dich ein.

Ainsi chantait Till L.
Ainsi faisait le golem agonisant ; avec infinie délicatesse, et le souffle rauque de sa minérale tendresse ; et un solennel harassement.
Avec des pierres de cathédrale.