jeudi 8 octobre 2009

Cop Shoot Cop : Release


S'il m'était jusqu'ici impossible de déterminer lequel des trois premiers Cop Shoot Cop était leur meilleur, tant ceux-ci se font féroce concurrence, chacun à sa manière, une chose m'apparaît désormais évidente après écoute de ce dernier effort : c'est qu'il ne fait définitivement pas partie du podium.Tant mieux, vous me direz, ça me donnera moins matière à départager.
Release donc, dans cette folle course poursuite, s'avère effectivement le petit traînard de la foulée ; le groupe semble y avoir perdu de sa fraîcheur et de sa fougue de jeunesse, et lâche ici bien moins qu'un chant du cygne. On a certes toujours droit à cette vieille noise déglinguée, à ce son graveleux et corrosif, mais il manque la touche d'amidon, celle qui donnait une rigueur et une tension quasi flippante à la musique du groupe qui relâche désormais ses bourrelets en roulement libre : Cop Shoot Cop version pépère, les abdos en moins, la brioche kro en sus, le dos mal foutu et la mauvaise haleine qui commence sérieusement à pointer. Sans parler des remords, des bons sentiments, ceux qu'on aurait aimé exprimer auparavant pour éviter certaines erreurs passées, alors on se reprend comme on peut en espérant vainement que ça rattrapera quelque chose. Pauvre vieux.
Ceci dit.
Si Consumer Revolt était le balafré au sang chaud, qui ne commerce qu'au règlement de compte à la prune et au jeton - tatatatatatatatata, suivez mon onomatopée - , si White Noise était le sale petit truand de corporation en chemise et costard cravate, OCP-style - cf Robocop bande d'incultes - , si Ask Questions Later était le gangster magnifique, photogénique à souhait, le méchant charismatique embelli et enlaidi à la fois, tout droit sorti d'un film de super-héros, Release lui n'est qu'un petit malfrat de bar à big bands fatigués, mal rasé, mal fagoté, accaparé tant bien que mal à oublier dans l'alcool son dernier hold up raté. Il est le plus humain aussi finalement, un peu le bad guy but good guy, voyou au grand cœur, celui qui finira par fléchir pour les yeux de la belle dont il avait auparavant espéré tirer une belle rançon ; son bon fond le perdra mais sauvera la mise aux gentils pour que l'histoire se termine bien. La brebis galeuse de toute cette association de malfaiteur, en somme. Et c'est finalement pour ça qu'on a envie de lui rendre justice ; faillible, oui, mais humain après tout, et aussi terriblement attachant.

1 commentaire:

Potters field a dit…

Nique la police ?