dimanche 15 novembre 2009

C'est doomanche

Il fait moche, on se blottit les uns contre les autres chez soi et on écoute nos invités, qui se souviennent, et qui savent raconter les histoires ...



The Pogues : rum sodomy & the lash

Soyons bref, mais soyons honnête ... Je n'ai pas toujours aimé Rum Sodomy & The Lash, déçu que j'étais au lycée par ce disque, copieusement gravé sur un ami du genre fiable musicalement, sans même l'avoir écouté. Je m'attendais à du Stranglers en plus crade encore, vu cette pile de corps éplorés et à bout sur la pochette, invraisemblable blasphème à la gueule du grand Géricault, ce pervers pépère qui se faisait amener des bouts de macchabées dans son atelier pour mieux peindre la pas très reluisante condition humaine. Bien sûr, niveau corps empilés, morts ou vifs, je fus servi. Niveau crasse, aussi. Mais en ce temps-là, je chiais sur les textes... Ce fut donc l'étagère, et la prise de poussière qui s'ensuit. Puis, des années plus tard, je pêchai la bête en vinyle. La pochette dégageait quelque chose de plus malsain encore, et si je me laissais aller je ferai des lignes et des lignes dessus. Mais back to the music. Enfin, je fis connaissance avec la prose laminée par la vie de Shane McGowan, véritable pilier de ce comptoir mal famé. Il y a là quelque chose, je me suis dit. Quelque chose qui n'a rien demandé à personne, un genre d'image d'épinal de l'Irlande et du temps des marins, avec force drames et moult malt. Si j'étais un tant soi peu professionnel je me serai murgé la face avant de vous écrire cette broutille (une autre fois qui sait?), histoire de pouvoir beugler ces refrains qui semblent tous dirent "t'as le droit de chanter d'être heureux pour ce soir, corniaud, demain ça sera ton heure"... L'immanence de la mort est partout dans les histoires de McGowan, ainsi que la promesse du malheur certain. D'où l'idée de jouir du moment sans entrave, ce dont nos mièvres modes de vies manquent tant, finalement. Mais je m'égare à nouveau... Il y a aussi pas mal de chansons traditionnelles bien sur, et ce ne sont pas les moins bien gaulées sous leur tablier de serveuse, voire sous leur tenue de hussard, comme la bassiste, qui entonne un I'm a man you don't meet everyday à vous faire virer de l'autre bord derechef ... Ah Cait O'Riordan... "elle était mince, elle était belle, elle sentait bon la guiness chaude..."

libellés : houblon, whisky

Innamorato




Katatonia : brave murder day

Les vieux parlent aux vieux. Et de quoi parlent-ils ? Et ben de trucs de vieux... Et plus précisément de tous ces groupes que vous avez écoutés pendant dix ou quinze ans, que vous avez connus lorsqu'ils jouaient du black metal cradingue, du doom poisseux ou du death qui colle. Ces mêmes groupes dont les derniers disques vous pouvez emballer de la nénette dessus tellement il y a des tubes. Vous voyez de quoi je cause ? Oui, de tous ces mecs qui sont partis d'un truc primaire et borné pour arriver avec les années à quelque chose de plus rock, voire de pop pour certains et de carrément électro pour d'autres.... ces keums à la Paradise lost, Tiamat ou Katatonia. Et ben moi s'il y a bien un truc que je kiffe dans la vie, c'est à coup sûr les albums de transition, ceux où on voit apparaître les premières tentatives de changement mais dans lesquels résident encore la patte et la hargne des débuts, voire la maladresse. Oui pile poil ceux qui ont le cul entre deux chaises en fait, ou mieux entre le rocking-chair et le pouf, une fesse sur chaque et le trou de balle qui prend l'air. Alors coup de bol pour nos gueules le Brave murder day il est en plein dedans. Pas dans le trou de balle, bande de vicieux, mais dans la catégorie. Genre Entombed quand ils commencent à faire du rock'n roll et qu'ils vous sortent un Wolverine blues que tout ce temps après vous vous en êtes pas encore remis. Putain celui là aussi va falloir que je vous en parle un de ces quatre parce que merde. Ben ce disque, contrairement au blues du glouton sus-nommé, c'est l'antigroove par excellence. La batterie minimaliste, les riffs froids et monotones, la voix qui vous prend là, oui juste là où ça fait un putain de mal et qui appuie dessus parce que ça la fait marrer. Et pourtant ce truc déborde d'une espèce de feeling, catchy qu'il en peut plus, avec le pied qui commence à taper tout seul comme un con, phénomène aussi inexplicable que quand vous moshez au ralenti sur du Bolt thrower. Brave murder day, c'est une rondelle qui en a chamboulé plus d'un, croyez-moi, avec son mélange de dénuement extrême, d'esthétisme rachitique et de bon goût clairement assumé. En plus, la pochette elle va trop bien avec le fond mauve du site. Meilleur moment pour écouter le disque: les soirs d'automne.

libellés : strychnine, cognac, cire fondue.

Little-Axe

1 commentaire:

Le Moignon a dit…

Gargl, me suis fait devancer sur la chronique du Pogues... Faudra que je me décide à en pondre une aussi un de ces quatre... Bien ouéj l'innamorato