vendredi 20 novembre 2009

Paradise Lost : FDUDUU


Se fût-il maintenu dans le ton de sa première grosse moitié qu'on eût tenu là une sorte de meilleur album. Ces sept premiers morceaux ont tout de l'album dit "de la maturité", de la maîtrise des moyens. Il a de ceci les qualités et les défauts. La dernière partie du disque n'en a que les défauts.
Certes, Nick est à présent assez sûr de ses techniques (pouf, pouf) pour ressortir sa bonne vieille rocaille, en juste ce qu'il faut de plus peaufinée, patinée aux quinze ans d'âge de qualité supérieure probablement, et aussi il réussit enfin à faire du bon Gahan ; certes les mélodies sont épiques, grandiloquentes, blessées ; certes, on recommence à envoyer du gras héroïque et de la moquette musquée. Mais vous pouvez ajouter, à chacun de ces charmes pleins d'assurance, la mention trop. Manquent ici, fatalement, la naïveté juvénile mais déjà dépourvu de lèvres, ce sont tout de même des Britanniques, les riffs qui grincent comme un essieu gauchi, les cols remontés dans le vent, qui barrent l'expression de six pieds de long et la rendent plus torve, le rut de plomb qui obstrue la gorge d'une boule de colère.
Et puis, la fin vire à l'américain.
On me dira et l'on aura raison, que c'est le ton de l'album, l'efficacité, les vis partout resserrés. Fort bien. J'attendrai encore un peu l'album de vieux, et que la panse relâche de force cette ceinture de marque.

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